lundi 22 septembre 2008

Spain



L’un des groupes dont je regrette le plus la disparition est sans conteste Spain. Apparu au mitan des années 90, originaire des Etats-Unis, sans que l’on sache exactement d’où, le quartet Spain était mené par le bassiste/chanteur Josh Haden, une personnage qui mérite que l’on s’arrête un petite seconde. Elevé dans une famille musicale à l’extrême, Josh est le fils de Charlie Haden, un contrebassiste de jazz assez célèbre et le frère de Petra et Tanya Haden qui se sont illustrées un temps avec le groupe indé That Dog. Spain, groupe indépendant, a trouvé de suite un créneau peu usité entre rock et jazz. C’est une filiation entre le père Charlie et le fils Josh qui s’établie, une même fascination pour le silence (pas forcément incompatible avec la musique) où, la note silencieuse est aussi importante que celle qui sera finalement jouée. Spain proposait un univers très marqué, la bande son d’une nuit d’insomnie, enfumée et d’une soirée que l’on finira, encore une fois, seul. Les pochettes étaient toujours évocatrices et superbes, j’ai un faible pour celle du premier disque « The blue moods of Spain », démonstrations graphiques d’un univers hiératique, codifié à l’extrême, et d’une certaine manière, une invite à la lenteur et à la paresse. Peut-être une vision de l’Espagne rêvée, fantasmée ou un hommage au « Sketches of Spain » de Miles Davis. Sur scène, Josh Haden parlait peu, bougeait encore moins, se contentant de battre la mesure du pied, mais chantait les yeux fermés, vivant intensément ses textes et sa musique, quelque part c’était beau et émouvant. Des trois albums de Spain, il n’y a rien à jeter, aucun déchet. Les deux premiers « The blue moods of Spain » et « She haunts my dreams » sont sans conteste les plus jazzy, le deuxième ayant été enregistré à Stockholm avec l’aide du trio d’Esbjorn Svensson, qui nous a quitté récemment. Sur le troisième et dernier disque « I Believe », Spain, délaisse un peu le jazz du début pour un folk d’ambiance proche, dans l’esprit, de Nick Drake. Hélas, en septembre 2001, un peu avant un concert prévu au divan du monde, Spain a annoncé sa séparation aussi soudaine qu’abrupte, alors que l’album « I Believe » venait de sortir. Depuis peu de nouvelles de Josh Haden qui a refait surface l’année dernière avec un album solo, dont on reparlera bientôt. Il aurait également remis Spain sur les rails avec de nouveaux musiciens. Espérons que tout cela effacera la sensation d’inachevé donnée par leur séparation.

Spain : Untitled #1 (The Blue moods of Spain)


Spain : Make your body move (I Believe)







Spain : Before it all went wrong (She haunts my dreams)







Spain : Nobody has to know (She haunts my dreams)








http://homepage.mac.com/jhaden/Menu1.html
http://www.saghaug.no/spain/


Spain : Everytime i try

samedi 20 septembre 2008

James Hunter : « The Hard Way »


Dingue de rock n’roll 50’s, de soul music et de rhythm & blues, le britannique James Hunter œuvre dans les styles précédemment cités depuis le milieu des années 90, dans un anonymat total. Les choses pourraient cependant changer pour lui avec la sortie de son nouvel album « The Hard Way », tant ce dernier fait preuve de maturité sur cet excellent opus. A l’instar d’une Sharon Jones ou d’une Nicole Willis, James Hunter sonne plus « vintage » que nature au point que si l’on peut facilement imaginer que « The Hard Way » est l’œuvre d’un artiste obscur et oublié du début des années 60. Le swing sur ce disque est impeccable, la section de cuivres juste à point. Quant à Hunter et bien ma foi, son chant convoque les fantômes d’Otis Redding et de Sam Cooke. Oui rien que ça et c’est assez troublant quand on se rappelle cinq minutes qu’Hunter est Blanc. James Hunter n’est pas qu’un excellent chanteur, c’est aussi un excellent guitariste qui parsème son disque de solos inspirés entre autres par Bo Diddley ou Chuck Berry comme sur « Don’t do me no favours », l’une des meilleures chansons de l’album. Ce dernier regorge également d’arrangements de cordes somptueux (« Carina ») évoquant la Motown de la grande époque. Enfin, cerise sur le gâteau, James a invité le grand Allen Toussaint, à se joindre au festin. Grand manitou de la Nouvelle-Orléans, génial producteur des Meters (entre autres), Allen Toussaint fait groover les pianos (classiques ou électriques) sur ce disque comme lui seul sait le faire. Le son est estampillé, reconnaissable entre mille, et fini de donner à cet album un charme unique. Considérer que ce disque nous arrive au terme d’une année qui a déjà vu débarquer en trombe sur nos platines Baby Charles, Eli « Paperboy » Reed et Jamie Lidell et on est à deux doigts de considérer tout cela comme un petit miracle…
http://www.jameshuntermusic.com/
http://www.myspace.com/jameshuntermusic
Et un grand merci à Saab et à son wonderful blog "with music in my mind" pour cette nouvelle découverte !!!!!!

James Hunter : « Carina »


James Hunter : « The Hard Way »

vendredi 19 septembre 2008

The Verve : « Forth »







Longtemps, The Verve n’a été connu que grâce à l’album, formidable il est vrai, « Urban Hymns » porté par les tubes « Bittersweet symphony » et « The Drugs don’t work ». Longtemps, « Urban Hymns » a fait figure d’accident dans la discographie de The Verve, leur meilleur album, le plus abouti. Pourtant The Verve existe depuis le début des années 90 mais leurs premiers essais sont brouillés, le groupe tâtonne alors dans un rock psychédélique ou s’empilent des strates et des strates d’instruments, de couches sonores planantes au mieux, mais soporifiques la plupart du temps et ce, même si l’album « A northern soul » avait aussi ses bons moments. Et puis l’histoire de The Verve est dominée par les relations amour/haine entre le leader Richard Ashcroft et le guitariste Nick McCabe, qui ont conduit le groupe à se séparer puis à se reformer par deux fois. En 1997, lors de leur précédente reformation The Verve semblait reparti sur de bonnes bases, « Urban Hymns », leur meilleur album, cartonne un peu partout et les charts enfin s’ouvrent pour ces grands potes d’Oasis. Avant de retomber dans de nouvelles querelles qui semblaient pour le coup avoir eu la peau du groupe pour de bon. La fâcherie durera onze années. Ashcroft poursuivait depuis une carrière solo honorable, avec ses deux très bons premiers albums solos « Alone with everybody » et « Human Conditions » (incluant la perle « Check the Meaning »). Ses anciens comparses ont tenté l’aventure d’un nouveau groupe The Shining, avec un bon opus, « True Skies », qui, hélas, ne trouvera pas son public. Bref il fallait se faire à l’idée que The Verve avait disparu pour de bon du paysage.

Puis, l’année dernière la vie de Richard Ashcroft bascule. Son médecin lui annonce qu’il va mourir d’un cancer s’il ne stoppe pas la cigarette toutes affaires cessantes. La nouvelle bouleverse Ashcroft qui erre les pieds nus dans Londres pendant plusieurs jours, il est retrouvé complètement délirant. A ce point de l’histoire il n’est peut-être pas inopportun de rappeler que le surnom d’Ashcroft est, depuis ses débuts, Mad Richard. La vérité lui apparaît alors sous la forme d’une hallucination : « Fuck, je dois reformer mon groupe ! ». Il est vrai également qu’à l’instar d’un Billy Corgan, Richard Ashcroft, sonne comme la moitié de lui-même sans son groupe.

Donc, ce nouveau disque « Forth » tombe à point nommé. Mais gageons qu’il sera loin de faire l’unanimité. Car « Forth » reprend les choses très exactement là où « Urban Hymns » les avait laissées il y a de cela une décennie. Et il s’en est passé des choses depuis, une nouvelle génération plus brute, plus violente et nettement moins pop (Bellrays, Lords of Altamont, Black Keys, Jet…) a pris possession des lieux. Et quelle place peut bien occuper The Verve dans ce nouveau panorama ? La question, si elle mérite d’être posée, ne doit cependant pas occulter le fait que ce nouveau CD est plutôt homogène et agréable à l’oreille. De cette nouvelle collection de chansons aucun titre ne se dégage franchement du lot comme un tube évident. Finalement, la toune la moins convaincante, et de loin, est ce nouveau single « Love is Noise » un choix particulièrement mal inspiré, une chanson gâchée par des arrangements branchés insipides.

http://www.theverve.tv/

The Verve : « Love is Noise »


Quelques souvenirs :

The Verve : « Bittersweet Symphony »


The Verve : « Lucky Man »


The Verve : « Sonnet »


The Verve : « The Drugs don’t work »

dimanche 7 septembre 2008

EARTH TO THE DANDY WARHOLS


Le groupe de Portland, autre protagoniste du film « DIG ! », avec le Brian Jonestown Massacre dont il est souvent question ici, les Dandy Warhols donc sont de retour avec un sixième album. Ce nouvel opus, nettement plus convaincant que son prédécesseur, marque leur retour dans la sphère indépendante puisqu’ils ont quitté la major Capitol et ont lancé leur propre label « Beat the world records». Si ils oeuvrent toujours dans un étrange mélange entre rock spatial et psychédélique, les Dandy Warhols ont néanmoins perdu ce sens de l’accroche pop-rock n’roll qui rendait les albums « Come down » et « Thirteen tales from the urban bohemia » particulièrement irrésistibles. Les Dandy tissent désormais une toile psyché ou les couches d’instruments se superposent, s’étirent. Les guitares sont lancinantes et la voix est également très travaillée, à aucun moment Courtney Taylor ne chante normalement mais son organe est constamment maquillé, masqué par des tonnes d’effets. Le disque si il est loin d’être désagréable, ne semble pas tellement « radio friendly » dans le sens ou leur approche, tellement particulière et unique, leur proscrit d’office d’obtenir un « hit » exception faite du discoïde « Welcome to the third world » peut-être. Mais les Dandy Warhols ont-ils été un jour une machine à tubes ? Evidemment, non. Même si on aime sincèrement le groupe il faut reconnaître qu’ils sont si spéciaux qu’ils sont incapables de reproduire ce son sur scène. Les deux concerts du groupe auxquels j’ai assisté me laissent un goût amer, ce n’est pas leur faire injure, mais ils sont loin d’être des bêtes de scène. Mais ils ont toutefois sorti un nouveau très bon album, avec entre autres réussites « Wasp in the Lotus », « And then i dreamt of Yes », « Talk radio » et « Love song ».
http://www.dandywarhols.com/





dimanche 31 août 2008

Poni Hoax : « Images of Sigrid »



C’était dans les backstages de « One Shot Not », l’excellente émission musicale du batteur Manu Katché diffusée sur Arte. Une bande de petits minets s’observent dans un miroir. Et l’un d’eux de s’exclamer, sur le ton de la catastrophe, « Putain, j’ai perdu ma mèche !!!! ». Les petits dandys, c’était le groupe francilien Poni Hoax, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils affichaient alors des considérations assez proches de celles de ce blog. Bah oui, c’est bien connu, je passe mon temps à parler de coiffure ! Plus sérieusement, il se trouve que les Poni Hoax sont en ce moment au cœur d’une hype pas possible depuis la sortie de leur deuxième album « Images of Sigrid ». C’est sûr, tout ce que notre belle Capitale compte de dandys/minets/branchouilles (et Dieu sait que l’on est bien fourni en la matière) va se précipiter aux concerts de Poni Hoax. Musicalement, l’album en question tient bien la route, rien à redire. Dans la lignée d’un Electric Six ou d’un Franz Ferdinand, Poni Hoax mélange avec habileté new wave, disco et électro-rock. Bon dit comme ça, cela semble assez indigeste. D’ailleurs l’album peine à démarrer, ce n’est qu’à partir de la troisième plage « Pretty Tall Girls » et son déluge de guitares que le groupe commence à donner sa pleine mesure. « Antibodies » dégage un venin assez irrésistible. Je trouve juste le chanteur Nicolas un peu limite, mais bon ce n’est qu’un avis personnel. Autre excellent titre « You’re gonna miss my love » mené tambour battant. « Crash-Pad Driver » et "The Soundtrack of your fears" sont des moments d’une grande délicatesse. Malgré tout, l’album n’aurait pas souffert d’être un peu plus court, une heure dix, c’est long et il n’est pas toujours évident de tenir sur la distance. Néanmoins, l’affaire est suffisamment bien menée pour que l’on puisse se permettre de dire que la France tient en Poni Hoax un groupe électro-rock à la hauteur de ses modèles. La mode est au revival eighties, très présent ici, donc « Images of Sigrid » tombe à point nommé. Maintenant, reste à voir combien de temps cela durera et comment tout cela va vieillir.

http://www.ponihoax.com/

Poni Hoax : "Pretty Tall Girls" (One Shot Not)


Poni Hoax "Antibodies" (One Shot Not)

samedi 30 août 2008

The Cure

Alors qu’ils s’apprêtent à sortir leur treizième album, les vétérans de The Cure ont adopté une démarche originale sortant un single tous les 13 du mois avant le nouvel opus prévu (sous réserve pour le moment) le 13 septembre prochain. Petite revue d’effectif avant ce qui sera à coup sur l’événement de la rentrée.


Premier single à être sorti « The Only One » est une chanson plutôt pop dans la lignée de « Friday i’m in love ». Les guitares sont plutôt bien mises en avant, Porl Thompson est de retour au sein du groupe et cela s’entend. La face B, inédite, « N.Y Trip » est assez psychédélique, une basse énorme signée Gallup et un entrelacs de guitare wha-wha.

Le deuxième single « Freakshow » se distingue par son rythme assez particulier, assez saccadé plutôt inhabituel pour le groupe, mention spéciale au batteur Jason Cooper. Porl Thompson est encore une fois assez barré sur ce titre sa guitare wha-wha est en forme olympique. « All kinds of stuff » la face B démarre à fond la caisse dans la lignée de la chanson précédente, le tempo est assez démentiel, le son, assez agressif.


Troisième single « Sleep when i’m dead » et le rythme ne ralentit toujours pas. L’intro est assez surprenante avec beaucoup d’écho sur la voix, toujours impeccable, de Robert. J’ai beaucoup apprécié le petit motif de sitar sur le refrain. La chanson est assez trippante et emmène l’auditeur assez loin, une constante chez ce groupe. La face B « Down Under » est sympa sans plus. Le titre, assez anecdotique, m’apparaît comme le plus faible du lot, mais il est possible que je fasse la fine bouche.


Enfin dernier single « The Perfect Boy » se distingue du reste de la livrée par son aspect « naturel ». Une petite rythmique de guitare toute simple sans tous les effets des titres précédents. La chanson est très agréable au tempo assez cool, Robert est excellent. La face B « Without you » continue dans la même veine, rythmique jouée sur guitare folk, excellent motif de sitar sur le refrain (j’avoue j’ai un faible pour le sitar). Vers le milieu du morceau le groupe s’excite un peu au moment où une guitare électrique fait son apparition avant le climax et un final plutôt apaisé.

D’après ce que j’ai pu entendre, je pense que ce nouvel album va s’inscrire dans la veine « rock » du groupe, j’ai notamment l’album « Wish » en tête. Le son des quatre simples est assez homogène, les guitares sont de sortie. J’aimerais également insister sur le fait que les faces B, qui normalement ne figureront pas sur le tracklisting de l’album, sont d’excellentes facture, même « Down Under » qui est un peu faiblarde, et que seul un grand groupe comme les Cure peut se permettre de mettre de côté des chansons de cette qualité. Vivement la suite !!!

http://www.thecure.com/



The Cure : "The Only One"


The Cure : "Freakshow"


The Cure : "Sleep when i'm dead"


The Cure : "The Perfect Boy"

vendredi 29 août 2008

Gossip, Le casino de Paris, 25 Août 2008.


La soirée a commencée par une énorme ovation du public surexcité à l’idée de revoir sur scène l’explosif trio étasunien. Avant d’envoyer la sauce, la chanteuse Beth Ditto affirme qu’elle restera rousse jusqu’à la sortie d’un nouvel album et que, hélas, cela risque de se prolonger un petit peu avant de s’adresser, en français (on apprécie l’effort), au public : « bonsoir comment ça va ? ». Le trio a ensuite embrayé sur une nouvelle chanson, surprise aux tonalités électro sans guitare mais avec synthé. C’est assez surprenant, désarçonnant même, mais on reste malgré tout en terrain connu grâce à la formidable scansion de la batteuse Hannah. Nathan, qui s’est fait chambrer toute la soirée par Beth pour avoir commencé à fumer à 29 ans, a également évolué dans son jeu de guitare, instrument qu’il n’a pas oublié contrairement à ce que pourraient laisser penser les nouvelles chansons électro, ou il n’hésite plus à se lancer dans des trips noisy/psyché que ne renieraient pas My Bloody Valentine. Notons également que ce soir le groupe est de nouveau accompagné sur quelques morceaux par un excellent bassiste. Sinon, « Listen Up » (avec le refrain en français : « un, deux, trois, écoute-moi »), « Standing in the way of control », « Jealous girls » s’apparentent toujours à char d’assaut lancé à pleine vitesse qui défonce tout sur son passage, Beth est impressionnante et se donne à fond, sans réserve aucune. « Coal to diamonds » offre une respiration émouvante appréciable dans laquelle transpercent les inspirations soul du trio, je n’ai de cesse de le répéter, sans que personne ne me croie, mais, moi, j’entends de la soul chez Gossip. Mais pour moi le summum de l’émotion a été atteint avec la reprise d’Aaliyah, « are you that somebody ? ». Je ne l’ai réalisé que le lendemain, mais c’était ce jour même, le 25 août, le septième anniversaire de sa tragique disparition. Déjà sept ans qu’elle nous a quitté dans un accident d’avion, elle est partie beaucoup trop tôt et quelque part je suis heureux qu’elle ne soit pas complètement oubliée. Ou qu’elle soit, je pense qu’elle est fière de la prestation de Gossip.

www.myspace.com/gossipband
http://www.thegossipmusic.com/


Gossip : "Are you that somebody ?"


Aaliyah : "Are you that somebody ?"

vendredi 22 août 2008

Dennis Wilson : Pacific Ocean Blue



Au sein des Beach Boys, le crédit est souvent donné à Brian Wilson, Dennis, le frère et batteur du groupe, est souvent sous-estimé, un peu à l’image d’un George Harrison chez les Beatles. Dennis était pourtant le seul authentique surfeur du groupe, en un sens il est le véritable Beach Boy, l’âme du groupe. Au-delà de l’anecdote amusante, il est également le premier à s’être lancé en solo avec l’album « Pacific Ocean Blue » sorti en 1977, qui bénéficie aujourd’hui d’une luxueuse réédition en CD.

Cet album, autant l’avouer, personne n’en attendait grand-chose. C’est un tort, car on affaire là à un chef d’œuvre oublié. « Pacific Ocean Blue », avec un titre pareil on peut s’attendre à un album gai, ensoleillé, chaud comme un rayon de soleil estival. Que nenni. L’album dégage une sorte de mélancolie contagieuse, comme une plage sous la pluie, « Pacific Ocean Blues » (par ailleurs l’une des meilleures pièces bluesy de l’album), plutôt que « Blue ». Musicalement, l’album fait un petit pas de côté comparé aux enregistrements de son groupe. Pop, plutôt rêveuse, avec de nombreux arrangements vocaux, moins cependant que chez les Beach Boys (mètre étalon en la matière). Les pianos, claviers divers, cuivres et cordes occupent ici une place de choix. Les nappes de sons se superposent créant ainsi une toile sur laquelle paresse la voix traînante de Dennis. « River Song », « Thoughts of you », « Time », les perles s’enchaînent le long de l’heure que dure le disque sans « filler ». Certains arrangements « You and I », « Mexico » par exemple, sont un peu datés mais cela participe pleinement au charme de l’ensemble.

C’est devenu une mode, notre époque est celle des « Editions Deluxe ». C’est la plupart du temps gênant dans la mesure où on se sent obligé de racheter un CD que l’on possède déjà. Ici, pour une fois, la major a fait son boulot de manière exemplaire. La sortie en version « Deluxe » correspondant à la réédition d’un album oublié qui n’existait pas en CD. C’est assez rare pour être souligné, mais, pour le coup, le consommateur (comprendre qui achète ses disques et paye sa musique) n’a pas l’impression d’être pris pour une vache à lait. Donc l’album, parfaitement remasterisé, est accompagné d’un second CD regroupant des titres de son deuxième album « Bambu », album que Dennis n’a jamais réussi a terminer et qui n’était jamais sorti. On peut entendre en bonus sur ce deuxième disque une nouvelle version de l’instrumental « Holy Man » ou Taylor Hawkins, batteur des foo fighters, a posé sa voix et pour laquelle il a écrit des paroles. La présentation du disque est à l’avenant. Packaging luxueux et élaboré, livret très fourni avec de nombreuses photos. L’ensemble forme un hommage remarquable à Dennis Wilson décédé le 28 décembre 1983. Dennis est mort noyé, comme s’il n’avait jamais voulu quitter cette plage fantasmatique. Il avait 39 ans.

http://www.pacificoceanblue.net/

Dennis Wilson : "Thoughts of You"


Dennis Wilson : "River song"


Dennis Wilson : "Are you real"

mercredi 20 août 2008

Paul Weller : 22 Dreams




Le nouvel album de Paul Weller nous donne une fois de plus l’occasion de souligner l’incroyable vivacité de ce musicien après trois décennies passées au service du rock n’roll. J’avais déjà évoquée sa carrière l’année dernière (voir mon message du 24 février 2007) et ce nouveau disque ne fait que confirmer ce que l’on sait déjà : Paul Weller est un grand ! Avec l’aide du fidèle Steve Cradock (Ocean Colour Scene), du légendaire Robert Wyatt (Soft Machine), de ses potes d’Oasis (Noel Gallagher, Gem Archer), des nouveaux venus Little Barrie (voir mes messages des 4 mars, 8 juin 2007 et 5 juin 2008) et Graham Coxon (ex-Blur) ; le « Modfather » nous gratifie d’un grand cru. A l’instar des doubles albums classiques des années 60, le menu est particulièrement copieux cette fois-ci : 21 titres (petite référence au titre dudit opus) et autant d’occasions de varier les plaisirs et les prises de risques. Bien loin de se contenter de ce qu’il sait faire à la perfection, Paul Weller joue sur différents registres. L’album s’ouvre avec « Light Nights », chanson acoustique aux relents de Nick Drake qui est bien loin de donner le ton de cet opus. En effet dès le deuxième titre « 22 dreams » on change de registre pour retrouver le Paul Weller dingue de soul et de rhythm n’blues bien aidé pour l’occasion par le trio Little Barrie, pas spécialement manchot en la matière. Notons également un hommage à John Coltrane sur l’instrumental jazzy « Song for Alice » ; « Invisible » titre interprété seul au piano sous influence Beatles ; la pop rêveuse de « Black River » et « The dark pages of september lead to the new leaves of spring ». Avec « Lullaby für Kinder » Weller ose même s’attaquer à la musique classique, arrangements de cordes à l’appui. « 111 » offre la facette la plus expérimentale de Weller à base d’orgues Moog et Mellotron. Mais la palme revient à mon avis à « Cold Moments », chanson la plus classique du disque mais diablement efficace. Il ne s’agit là évidemment d’un petit aperçu car ce disque n’offre aucun temps mort ou faible, chaque morceau nous emmène vers des nouveaux horizons et mérite d’être écouté tant Weller fait montre d’un impeccable savoir-faire en matière de songwriting. Un album bouillonnant, foisonnant et au final passionnant. La bande-son de vos rêves.

http://www.paulweller.com/
www.myspace.com/paulweller

Paul Weller : "22 Dreams"

Paul Weller : "Have you made up your mind"


Paul Weller : "Echoes around the sun"

lundi 18 août 2008

Golden Animals


Les Golden Animals sont un nouveau duo Batterie/Guitare composé de Linda Beecroft et Tommy Eisner, originaires du sud de la Californie. Fans des Bees et autres Brian Jonestown Massacre, retenez bien ce nom car dans le genre psyché 60s, les Golden Animals se révèlent aussi convaincant que les cinglés cités précédemment. Ecouter les Golden Animals les yeux fermés, c’est comme voyager dans le temps et retrouver le San Francisco des années 60. On pense alors pêle-mêle au Grateful Dead, au Jefferson Airplane, aux Byrds et il y a comme un soupçon de Jim Morrisson dans la voix du chanteur. Comme leurs aînés, les Golden Animals sont aussi très influencés par le Blues, il y a comme qui dirait du Cream qui sommeille en eux. Leur approche minimaliste est éminemment sympathique, leur EP donne l’impression d’avoir été enregistré au groupe électrogène dans une grange au milieu du désert, il n’y a pas de calcul dans leur démarche, c’est frais et authentique, ça fait du bien.

En attendant la sortie du premier album prévue pour la fin du mois, le premier EP des Golden Animals, malheuresement introuvable, peut être téléchargé gratuitement ici.

Et un grand merci à Saab pour cette nouvelle excellente découverte !!!!!!!!!

www.myspace.com/goldenanimals

Golden Animals : "Big Red Nose"

dimanche 17 août 2008

Foxboro Hot Tubs : « Stop Drop and Roll »




Un riff de guitare tranchant, une batterie qui dévaste tout sur son passage et un chanteur exalté. C’est ainsi que débute « Stop Drop and Roll » (la chanson), le premier titre de « Stop Drop and Roll » ; premier album des Foxboro Hot Tubs. Mais, en fait, qui sont les Foxboro Hot Tubs ? Surprise, surprise, la vie est pleine de surprises… Retenez votre souffle, vous êtes prêts ? Bon, je lâche la bombe : Foxboro Hot Tubs, c’est le projet parallèle de GREEN DAY ! Oui, je sais c’est étonnant, moi aussi je déteste Green Day… D’ailleurs, j’aurai su cela avant, je n’aurais jamais acheté ce CD. Et cela aurait été dommage, car je serai passé à côté de quelque chose. Car j’adore l’album de leur nouveau groupe. Bon il faut dire qu’ils partaient avec des a priori favorable les FXHT, une pochette imitation 33 tours au look sixties, un CD « vinyl replica », tout ceci ne pouvait que, forcément, me plaire. Au niveau du son c’est à l’avenant, aucun titre ne dépasse les trois minutes, l’affaire est expédiée en moins de trente minutes, c’est revitalisant comme un shoot d’adrénaline. Le tout sonne très roots, très sixties : guitare, basse, batterie, un peu d’orgue histoire de faire groover le tout un minimum et un type qui gueule dans le micro, voilà c’est tout, emballé c’est pesé. Les Hots Tubs poussent même le vice jusqu’à plagier « Summertime Blues » d’Eddie Cochran sur « Sally » et « You really got me » des Kinks sur « The Pedestrian ». Mais bon, c’est tellement euphorisant qu’on leur pardonne.
http://www.foxborohottubs.com/
www.myspace.com/foxborohottubs
Foxboro Hot Tubs : "Mother Mary" (live in Dallas) :

samedi 16 août 2008

Weezer : The Red Album


Troisième album éponyme de Weezer (voir mes messages des 24 avril et 16 mai) et autant de couleurs primaires. Après le « Blue » et le « Green » voici donc venu le « Red ». Un album attendu mais un résultat, autant le dire tout de suite, plutôt décevant, à l’image de « Make Believe » l’album précédant du groupe. Donc Weezer, groupe power pop chargé en « grosses » guitares, style dont ils sont en quelque sorte devenus les parangons. Weezer, c’est quatre albums remarquables, le « Blue », « Pinkerton », le «Green » et « Maladroit », c’est ensuite que les choses se sont un peu gâtées. Premier gros changement chez Weezer, Rivers Cuomo n’est plus le seul chanteur du groupe, les autres membres du groupe ont également le droit de pousser la chansonnette sur un titre chacun. Bon pourquoi pas après tout ? Weezer a bâti sa réputation sur des chansons courtes de 2 ou 3 minutes maximum, des « hooks » facilement mémorisables que l’on ne peut s’empêcher de chantonner tout de suite après les avoir écoutées. A ce titre le « Green Album » est remarquable de concision puisqu’il dépasse à peine les 29 minutes. Tout le contraire de ce « Red Album » ou Cuomo, désireux de sortir des schémas tout tracés, finit par sortir un album confus et ampoulé. Tout n’est pourtant pas à jeter dans ce nouvel opus. Weezer a toujours la magie du single qui tue en l’occurrence ici intitulé « Pork and Beans ». « Troublemaker » et « Dreamin’ » sont d’autres exemples d’une efficacité proverbiale. « Heart Songs » plus acoustique est touchante. Mais c’est hélas à peu près tout. « Everybody get dangerous » n’est pas mal, même si il est plutôt surprenant d’entendre Rivers Cuomo rapper (voilà ou ça mène de copiner avec Limp Bizkit !) et ce, même si le costume de rappeur n’est pas celui qui sied le mieux à Rivers. Mais ce n’est pas le pire, c’est quoi ce « The greatest man that ever lived », d’un pompeux que l’on avait plus entendu depuis Queen. Vous espériez tirer Freddie Mercury de sa tombe ou quoi ? Et ce « Cold Dark World » ? Elles sortent d’où ces nappes de synthés pourries indignes d’un sous sous sous Cure ? (ne vous détrompez pas j’adore les Cure) Hein ? Bon allez les gars, sortez un bon concert comme vous savez le faire et je vous jure tout sera pardonné…
http://www.weezer.com/
www.myspace.com/weezer

Le nouveau video clip "Pork and Beans" peut être vu ici.

vendredi 15 août 2008

Isaac Hayes (1942-2008)


Le Black Moses n’est plus. C’est avec une tristesse infinie que l’on a appris cette semaine le décès d’Isaac Hayes, un géant de la soul music et compositeur de la, géniale, bande originale du film « Shaft » (ah cette fameuse guitare wha-wha…). Pourtant Isaac Hayes vaut bien plus que cela. Enrôlé dans l’écurie Stax, Hayes et son binôme David Porter, a cosigné des dizaines de titres pour les artistes maison. Pianiste, saxophoniste, il a également exercé, avec un talent certain, comme producteur et arrangeur chez Stax. Il a pourtant galéré longtemps avant d’avoir finalement sa chance comme artiste. Mais lorsque celle-ci est finalement arrivée, c’est avec brio qu’Isaac Hayes a su la saisir. Son album « Hot Buttered Soul », sorti en 1969, a fait basculer la soul music dans une autre dimension, créant un groove différent. Moins nerveux et plus langoureux, délaissant les cuivres au profit de luxueux arrangement de cordes, précurseurs du « Philly Sound ». Entre ses mains expertes, « By the time I get to Phoenix », composée par Burt Bacharach, devient un morceau de bravoure frôlant les 20 minutes avec de longs passages parlés, annonciateurs du rap, et créant ainsi, sur la longueur, une sorte de transe hypnotique. Et puis il y a sa voix, chaude, grave et profonde, il a ouvert la voix aux crooners soul type Barry White. Il fut la star, attendue comme le Messie, du film « Wattstax ». Hayes était également acteur dans quelques navets blaxploitation et a prêté sa voix au personnage Chef dans le dessin animé « South Park » dans lequel il se parodiait. Il avait 65 ans. RIP.


Isaac Hayes : "Shaft" (live 1973 Wattstax)

samedi 2 août 2008

Let’s get lost de Bruce Weber

Le documentaire de Bruce Weber, l'un des rares longs métrages du photographe, consacré au jazzman Chet Baker, bénéficie d’une discrète ressortie cet été. C’est tout simplement l’un des plus beau et émouvant film jamais consacré à la musique.

Au début du métrage, filmé dans un noir et blanc somptueux, Chet Baker est un véritable adonis. Beau gosse, belle gueule, pétri de talent, excellent trompettiste et doté en plus d’une belle voix, qui vocalise presque aussi bien que Roy Orbison. Le James Dean du jazz. Le parangon d’une certaine forme de jazz cool, typiquement West Coast, évoquant un Los Angeles romantique à souhait, une Californie qui n’existe plus maintenant. Dans une des toutes premières scènes du film, dans un studio d’enregistrement, on y croise un Chris Isaak débutant véritablement impressionné d’être en compagnie d’une légende vivante. Puis Chet Baker change, embarqué dans un enfer cocaïné. L’histoire d’une déchéance.

Interrogé face à la camera, Vera Baker, la maman de Chet est au bord des larmes :
« Votre garçon est un brillant musicien et a gagné de nombreux prix. Mais vous a-t-il déçu en tant que fils ? »
Le silence est lourd, pesant. La réponse est sans appel :
« Oui. Mais je n’ai pas envie d’en parler… »

Chet Baker est ainsi. Usant de son charme et de ses bonnes manières pour carotter tout son entourage, prêt à tout pour se payer sa dose. Et se mettre finalement pratiquement tout le monde à dos. Et le film de raconter comment il s’est fait casser la gueule, et toutes ses dents, à San Francisco, à la suite d’un deal qui a mal tourné. Comment il a du réapprendre à souffler dans sa trompette avec un dentier, ce qui l’a éloigné de la scène pendant de longs mois. Et les seize mois de prison passé à Lucques (Italie) après s’être fait arrêté en train de se faire un fix dans les toilettes d’une station service.




A la fin du film, Chet Baker n’est plus que l’ombre de lui-même. Ridé, les joues creuses. Il n’a plus rien du jeune premier des débuts. Affalé sur la banquette arrière d’une Cadillac entouré de jolies pépées, la vie n’a pourtant plus l’air aussi belle. Pourtant, inexplicablement, son talent est intact, sa voix, son jeu de trompette n’a pas bougé d’un iota. Malgré tout, il accuse le poids des excès, bouge lentement, a du mal à s’exprimer, cherche ses mots. Ses phrases sont ponctuées de longs blancs évocateurs :

« Chet, quand tu reverras ce film, dans quelques années, est-ce que cela restera un bon souvenir pour toi ? »
« Oui, comment pourrait-il en être autrement. »

Pourtant Chet Baker ne verra jamais le film, tourné en 1987. Sa trajectoire se termine dans une flaque de sang, sur un trottoir d’Amsterdam, après une chute dont on ne saura jamais si elle fut accidentelle ou non. C’était le 13 mai 1988. Et ce soir là, tous les clubs de jazz de Paris, qu’il avait bien connu, sont restés silencieux. Il avait 58 ans. Il nous reste la musique et si j’ai un seul conseil à vous donner c’est d’écouter d’urgence son album « Strollin’ ».


La bande-annonce :

mercredi 30 juillet 2008

Tom Waits, le Grand Rex, 25 juillet 2008.





C’est un privilège de voir le grand Tom Waits sur scène, il n’avait plus foulé une scène parisienne depuis le début de la décennie, encore étudiant à l’époque, faute de moyens, je n’avais pas pu y aller. Le parcours de Tom Waits débute à l’orée des années 70. C’est à l’époque, un jeune pianiste, inspiré par le blues et surtout le jazz. A contre courant du mouvement hippie de l’époque, Waits se réclame plutôt des beatniks et se distingue ses ballades qui mettent en valeur ses talents non seulement de songwriter mais aussi de story teller. Car les chansons de Waits racontent des histoires, celles qu’il entend au cours de sa vie de bohème chic qu’il mène dans les hôtels de Los Angeles avec ses potes Chuck E. Weiss et Rickie Lee Jones. Frank Zappa, pour qui il a ouvert au début de sa carrière l’appelait « l’ivrogne ». Et c’est vrai qu’il en a la « grosse » voix. Depuis le début des années 80, Waits a changé un peu de registre et s’oriente vers des musiques plus expérimentales aux instrumentations ouvragées. Dans cette optique certains pensent qu’il a atteint son climax avec l’album « Swordfishtrombones ». Et c’est vrai que ledit disque est bouillonnant de créativité et passionnant à plusieurs égards. Mais je garde tout de même une nostalgie particulière pour les albums des 70s. Enfin bon tout ça, c’est des querelles de clochers et l’important est ailleurs…

La salle est surchauffée ce soir et prête à porter en triomphe le bougre qui prend son temps avant d’arriver sur scène et prend un malin plaisir à nous faire bouillonner. Il est ce soir en grande forme accompagné par un orchestre complet, batterie, contre basse, clavier, guitare et un dernier musicien qui alterne entre harmonica, clarinette et saxophone. Au programme toujours des blues cabossés et du jazz de déglingue qui lorgne parfois vers des sons plus manouches, world ou même des valses. Et toujours cette voix de poivrot incroyable. Il faut dire que c’est un sacré personnage le Tom, son show tient aussi du stand up et de la comédie, raconte des blagues en s’accompagnant au piano, pas trop tout de même par ce que le public français ne comprends pas très bien l’anglais, fait mine de perdre un œil de verre factice et de jongler avec pendant que les musiciens se chargent d’illustrer la scène d’un point de vue sonore. Je n’exprime qu’un petit regret j’aurai bien aimé l’entendre jouer un peu plus, l’intermède ou il fut seul au piano avec le contrebassiste fut trop bref à mon goût. C’est vrai, les tarifs étaient plutôt exorbitant, mais Waits a tenu la scène plus de deux heures et à ce rythme là, on en a pour son argent. Cette honnêteté là, c’est le signe de la valeur des artistes « old school ».

Tom Waits : "Chocolate Jesus"

vendredi 25 juillet 2008

The Heavy : « Great vengeance and furious fire »







Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, voici venu The Heavy, nouvel avatar soul-rock en provenance de Grande-Bretagne. Soul et Rock, deux genres qui de plus en plus se mélangent depuis que les Bellrays et Dirtbombs ont posé les bases du genre lors de la décennie précédente. The Heavy, donc, énigmatique duo composé des mystérieux Kelvin et D Daniel, d’après le livret impossible de savoir qui fait quoi… Petite blaguounette facile, The Heavy, c’est du lourd. C’est facile mais c’est justifié. Le premier titre « That kind of man », nous ramène direct à l’époque de la blaxploitation, avec cuivres, guitare wha-wha et tout le tralala. Vient ensuite l’autre tuerie du disque « Coleen », puis « Set me free », plus acoustique. A l’évidence, The Heavy, trouve un malin plaisir à multiplier les pistes pour mieux perdre l’auditeur. Car, qu’entend-t-on au juste ? Un peu de tout, de la soul, du hip-hop, du blues, du rock voire même du métal. Et surtout la voix de tête, aux tons soul assez marqués, du chanteur. Le mix est très épais, dense, note après note, The Heavy construit un véritable mur du son. Vous trouvez que ça fait beaucoup tout ces mélanges ? Oui et Non. Car on a rarement l’occasion d’entendre un groupe s’amuser avec tant de genres différents et dans le même temps maîtriser la chose avec une telle maestria. A découvrir…

www.myspace.com/theheavy73


The Heavy : "That Kind of Man" (Live Transmusicales 2007)


The Heavy : "Coleen" (live transmusicales 2007)

mercredi 23 juillet 2008

Trus’me : « Working nights »


Trus’me. Fais-moi confiance. Mais qui se cache sous ce mystérieux patronyme ? D’où viennent ces sons étranges ? Trus’me, fais-moi confiance, c’est ce que j’ai fait en achetant ce CD sans jamais en avoir entendu parler avant (ou même depuis) ; pris que j’étais par un esprit aventureux assez soudain, mais surtout inspiré par la pochette (et encore, vous n’avez pas vu le verso). Maintenant qu’en est-il exactement, de cet opus, est-il digne de confiance ? Première chose, l’album est instrumental et mélange sons electro et sensibilité soul. Le tout est parsemé de samples de dialogues de films, en interlude, qui donne à ce disque son aspect cinématographique, comme la bande originale d’une série B d’exploitation 70’s imaginaire. Le son, les rythmes surtout, sont assez modernes, on n’est plus ici dans une approche rétro/vintage, Trus’me est résolument tourné vers le présent, le futur, sans pour autant oublier les bases, bien souvent samplées. L’ensemble sonne très ambiant, voire hypnotique par moments, mais ménage quelques portes de sorties vers des ambiances plus disco et des sonorités africaines. Bien qu’étant plus naturellement porté vers des grooves plus « organiques », j’ai malgré tout trouvé mon compte à quelques reprises dans ce « Working nights ».
www.myspace.com/trusme

lundi 21 juillet 2008

Raul Midon, Paris Jazz Festival, Parc Floral, 20 juillet 2008.






Décidément, la programmation du Paris Jazz Festival au Parc Floral fait toujours preuve de bon goût, réussissant tous les ans à attirer quelques pointures. Après Buddy Guy et Dave Holland, les années précédentes, on a pu, le week-end dernier, admirer Raul Midon. Ajoutez à cela le fait que les concerts sont gratuits (après s’être acquitté des cinq euros que coûtent l’entrée au parc), pour peu qu’il fasse beau, en plein air et avec de la bonne musique, voilà de quoi passer un excellent week-end. Pour ce qui est de la météo, on n’a pas été très chanceux, plutôt frais et assez venteux. Par contre, niveau musique, notre ami Raul s’est très bien occupé de nous. Seul à la guitare folk, Midon a, ce dimanche après-midi, convoqué quelques esprits, celui de Stevie Wonder, à qui il est souvent comparé, pour le côté pop/soul, ceux de Terry Callier et Richie Havens pour l’aspect acoustique de sa musique. Personnellement, j’entends aussi un peu de Gil Scott-Heron chez lui. Sur scène, Midon est assez impressionnant. Vous le savez, il est malvoyant, et de le voir hésitant, tâtonnant son manche de guitare pour trouver la bonne position, on ne peut s’empêcher de penser à tout ce qu’il doit traverser au quotidien pour faire entendre sa musique. Quelque part, c’est un petit miracle qu’il arrive jusqu’à nous, ou peut-être, faut-il y voir la preuve d’un courage immense. Il a toujours l’air un peu perdu sans sa guitare et a constamment besoin d’aide pour se guider. Musicalement, j’ai été frappé par son jeu de guitare percutant, ce type « percute » autant ses cordes, sans médiator, qu’il les joue. Sa voix est aussi très puissante et mélodique et il imite aussi très bien la trompette. Enfin, Midon nous a proposé un set inspiré puisé dans ses deux albums « State of Mind » et « A world within a world », agrémenté d’un inédit « Why ? », plus folk et moins soul que sa production habituelle. Raul nous l’a confié, il est très inspiré par le folk en ce moment, serait-ce le signe d’une évolution en vue de son prochain disque ?

http://www.raulmidon.com/
www.myspace.com/raulmidon

dimanche 20 juillet 2008

Eli « Paperboy » Reed & The True Loves : « Roll With You »



Lorsque l’on évoque Eli « Paperboy » Reed, la même expression revient régulièrement : « La révélation soul de l’année ». Ce qui est vrai, mais en partie seulement. Car entre Jamie Lidell et Baby Charles, l’an 2008 a déjà été riche en la matière. Malgré tout, ce « Paperboy » Reed mérite que l’on s’y attarde un instant. Tout dans son premier album, absolument tout, rappelle l’age d’or de la soul, les années 60. En ce sens, il se pose comme le pendant masculin d’une Sharon Jones (voir mes messages des 16 octobre 2007 et 10 avril 2008), d’une Nicole Willis (voir mes messages des 14 janvier et 28 juillet 2007) ou bien de la dernière venue Baby Charles. Ce que ne sont pas tout à fait ni Jamie Lidell, ni Raul Midon, les autres « soulmen » de notre époque. Donc, à l’image des classiques sixties, « Roll with you » est un album court, expédié en moins de quarante minutes. Comme un shoot. Ensuite, il y a la voix au dessus de laquelle plane, un peu trop peut-être, le fantôme d’Otis Redding. Enfin, dernier ingrédient, le son. Du pur son, ça joue, et pas qu’un peu. Reed s’avère un guitariste habile rythmiquement parlant. Les cuivres sont tranchants, les batteries entraînantes. Et le détail qui tue, il n’y a pas de basse, tu rigoles ou quoi, un basse c’est trop moderne. Et non mon pote, ici c’est de la bonne vieille et énorme contrebasse. Niveau son, c’est imparable. Ecoutez l’intro d’« i’ll roll with you », vous allez tout de suite comprendre. L’ensemble sonne comme venu d’un autre age, celui ou les disques étaient enregistrés live en studio. Pour ce qui est du songwriting, Reed n’a pas inventé la poudre. Ceci étant, il n’en a pas vraiment besoin. Les bonnes vieilles ficelles fonctionnent encore très bien. Les « hooks » sont bien trouvés, le tout s’imprime durablement à l’oreille, même après une seule écoute. Reed évolue entre rhythm n’blues accrocheur et dansant « The Satisfier », « I’m gonna getcha Back », « Take my love with you », et titres plus « slow », plus mélancoliques : « She Walks », « I’ll roll with you ». Dans le fond, ce « Roll With You » est assez addictif.
http://www.elipaperboyreed.com/
www.myspace.com/elipaperboyreed




vendredi 18 juillet 2008

Baby Charles



C’est grâce au blog de mon excellente consoeur Saab, que j’ai mis une oreille sur Baby Charles, nouvelle sensation soul british. Dans la même foulée « vintage » qu’une Sharon Jones (voir mes messages des 10 avril 2008 et 16 octobre 2007 ) ou qu’une Nicole Willis (voir mes messages des 14 janvier et 28 juillet 2007), la chanteuse Dionne Charles et son groupe « Baby », en imposent dès leur premier album. Spirales de guitares entraînantes, giclée acides d’orgues, cuivres qui tranchent dans le vif, groove infernal de la section rythmique, Baby Charles se pose d’emblée comme des sérieux challengers ! Tout au long de ce disque, assez intense, le groupe semble au bord de l’apoplexie. Et j’aime mieux vous dire que l’auditeur, après quarante-cinq minutes d’écoute, est à peine plus frais. Et ressent l’absolue nécessité de posséder l’intégralité des enregistrements de Baby Charles ; encore un lieu de perdition pour votre carte bleue ! Absolument étourdissant, Baby Charles, éveille des tonnes de questions : putain, mais c’est qui ces mecs, d’où ils sortent ? Pourquoi je n’en ai pas entendu parler avant ? Et surtout : « C’est quand, c’est où, le prochain concert ? »

http://www.babycharles.co.uk/
www.myspace.com/babycharlesband

Baby Charles : « This time » (live)

mercredi 16 juillet 2008

Jill Scott, Le Grand Rex, 15 juillet 2008.


Performance de grande classe, hier soir dans un Grand Rex en fusion, chauffé à blanc, pour le retour de la grande Jill Scott (voir mon post du 3 mai 2008) dans la capitale.

Le big band au grand complet, trois choristes, trois cuivres, claviers, guitare, basse, percussions et batterie est là. Les musiciens prennent place, les uns après les autres, et sont en position, dans l’attente du starter. On a de suite, l’impression que l’on va assister à quelque chose de grand… Les lumières s’éteignent et la musique commence. Après quelques mesures, Jill Scott fait son apparition portée par un tonnerre d’applaudissements, de cris, de hurlements, ce que Jill qualifiera de « Love Fest ». Le public ne restera pas assis très longtemps, pourtant les fauteuils en cuirs du Grand Rex, sont plutôt confortables, trop pour Jill qui ne manquera pas de le faire remarquer, invitant le public à se lever. L’audience se lève alors comme un seul homme, c’est vrai que c’est quand même plus vivant. Viendra ensuite « Let it be », qui ouvre le dernier album « The Real Thing », avec une frappe totalement dingue du batteur et du percussionniste, enchaînée ensuite avec le très bluesy « The Real Thing » (extrait de l’album du même nom) et sa guitare lancinante. Malgré la très bonne ambiance, Jill poussera pourtant une petite gueulante contre les appareils photos, invitant le public à les éteindre pour mieux profiter de l’instant présent. Gueulante qui même si elle restera sympathique (et justifiée) ira jusqu'à faire cesser la musique pendant quelques minutes devant un public médusé. Et oui, Jill Scott est une femme de caractère.

Le show durera plus de deux heures et autant de bons moments, citons la nouvelle version de « The Way », plus axée sur les cuivres que sur les guitares, et celle, raccourcie, de « Golden » amputée de son final jazzy. « Hate on Me » fut énorme, les cuivres monstrueux. On a également eu droit à un medley de soul old school, et en rappel, « What i heard », commencée puis finie a cappella avec pour seule accompagnement le battement de mains du public alors que les membres du groupe élaboraient une sortie de scène très chorégraphiée. Le lien entre Jill Scott et son public est alors très fort, total, et sa voix plus forte et émouvante que jamais…

http://www.jillscott.com/
www.myspace.com/whoisjillscott
http://www.hiddenbeach.com/

Jill Scott : « The Real Thing » (live)

dimanche 13 juillet 2008

Z.Z. TOP, Le Zénith, 10 juillet 2008.





Attention, ils reviennent ! ZZ Top, l’un des groupes qui a bercé mon adolescence, revient en concert dans un Zénith comble. ZZ Top, Monument à la gloire de la beaufitude machiste à base de belles pépées et de gros moteurs. Le Top de la quéquette (ou du zizi si vous voulez) en quelque sorte. ZZ Top, Mon Dieu, je n’ai pas réécouté ce groupe depuis, depuis quand déjà ? Depuis que j’ai arrêté d’écouter des cassettes audio ! Sans me tromper, je pense que c’était le siècle dernier ! Je ne sais ce qui m’est passé par la tête quand j’ai décidé de m’infliger un concert de ZZ Top, mais j’ai eu drôlement raison ! Bah oui, je sais, j’ai un peu honte, là comme ça de l’avouer, mais bon ben voilà, c’était vachement bien. Ca y est, c’est dit ! Ouf, quel soulagement ! Ben oui, on peut leur reprocher plein de choses à ZZ Top, mais il y a quand même une vérité fondamentale, ce groupe là est bien plus ancré dans le blues que dans le métal. Et ça, ça change tout. Allez on peut bien l’avouer « La Grange », « Jesus just left Chicago », « I’m bad, I’m nationwide », « Cheap Sunglasses », ça a quand même bien vieilli. Du bon rock n’roll. C’est ça, marrez-vous, vous rigolerez moins quand je vous aurai topé à faire de l’air-guitar sur « La Grange » ! Et puis les barbus, là, ils ont quand même le sens de l’humour :

- Vous êtes arrivés quand ?
- Billy Gibbons (voix, guitares) en français : Aujourd’hui.
- Vous êtes venus en avion ?
- BG : Non.
- En bateau ?
- BG : Non.
- Comment, alors ?
- BG : Dans ma Twingo !

Entièrement vêtus de cuir noir, le trio texan, à délivré une prestation, certes très heavy, mais très blues. Un son relativement roots, sans aucune pédale d’effet. La barbe blanche, le bassiste Dusty Hill, ressemble à un Père Noël maléfique, sorti tout droit de l’enfer. Avec le guitariste Billy Gibbons, ils ont leurs petites chorégraphies, en un sens c’est « mignon ». Quant au batteur Frank Beard, malgré l’étalage de matos absolument invraisemblable des caisses en veux-tu en voilà, des cymbales dans tous les sens, maîtrise toutes les bases. Ce concert là, c’était un road-movie immobile.

ZZ TOP : "La Grange"


ZZ TOP : "Jesus just left Chicago" (live 1980)

samedi 12 juillet 2008

Willy Deville, La Cigale, 8 juillet 2008.


Drôle d’itinéraire que celui de Willy Deville. D’origine portoricaine, né à New York, il fût l’une des figures du Bowery, le quartier des alcooliques, là ou se trouvait jadis le CBGB, communément défini comme le lieu de naissance du punk. Pourtant Deville à depuis une dizaine d’année quitté New York pour la Nouvelle-Orléans, où la griffe a pris à merveille. Aujourd’hui sa musique est un mélange de toutes ses pérégrinations, rythmes latins -il a fait un carton avec une reprise d’Hey Joe (Jimi Hendrix) à la sauce mariachi-, influences cajun et, toujours, le blues chevillé à l’âme. Grand gaillard squelettique, boucles d’oreilles, tatouages, sapé comme un corbeau chemise à jabot blanche veste ample et pantalons noirs, Deville envoûte de sa voix nicotinée. Car loi sur le tabac ou non, Willy n’en a cure et fume sur scène comme au premier soir. Ceci pour l’ambiance. Côté musique, Deville a abandonné la séduisante formule trio pour un groupe plus étoffé : guitare, batterie, percussion, basse, piano et deux chanteuses gospel qui assurent les chœurs.

Willy DeVille : "You better move on" (solo acoustic)


Willy DeVille : "Cadillac Walk" (solo acoustic)

vendredi 11 juillet 2008

The Blakes + Brian Jonestown Massacre, Le Bataclan, 3 juillet 2008.


Belle soirée de rock n’roll en perspective au Bataclan avec par ordre d’apparition, The Blakes, l’une des révélation de l’année (voir mes messages des 20 mars et 11 mai) puis les revenants du Brian Jonestown Massacre (voir mon message du 14 avril).



The Blakes, donc, après la première partie de Gossip à l’Olympia, continue son apprentissage sous des tutelles des plus respectables. Le trio se révèle à nouveau excellent sur scène ou ses compositions sont nettement plus musclées que sur disque, notamment grâce au batteur, Bob Husak, un sacré client dès lors qu’il s’agit de jouer des coudes. Le tout début de leur set a été un peu « flottant » avant de gagner en consistance grâce à leur titre phare « two times », le véritable révélateur du groupe.


Vint ensuite, les stars de la soirée, le Brian Jonestown Massacre, avec, divine surprise, le retour du « tambourine man », Joel Gion, coupable pour le coup d’une petite infidélité à ses Dilletantes. Si le dernier opus de BJM, « My Bloody Underground », m’a laissé perplexe, force est de constater que sur scène, BJM tisse une toile toujours plus psychédélique dans laquelle il fait bon se noyer. La setlist fait la part belle aux anciens morceaux de bravoure de groupe, les « Who ? », « Vaccum boots », « When jokers attacks », « Anenome » ceci expliquant peut-être cela. Anton Newcombe, le leader du groupe a, tristement, fait une nouvelle fois honneur à sa réputation détestable. Pas un mot envers le public, auquel il tourne le dos les trois quarts du temps, sauf pour lui asséner un « fuck off, i’m talking » définitif. L’air hagard, perdu, assis sur son ampli entre deux chansons, Newcombe a boudé toute la soirée. Au point de quitter la scène à plusieurs reprises, laissant ses compagnons de galère, qu’évidemment il ne présente pas, se débrouiller, assez mal, sans lui. D’où de nombreux moments de flottements au milieu du show, le reste du groupe s’embourbant dans des instrumentaux sans fin, noisy et pénibles. Anton Newcombe, la preuve vivante que décrocher de l’héroïne ne rend pas spécialement sympathique. Plus d’une fois, Newcombe a été à deux doigts de déraper, le guitariste intervenant, se mettant à jouer à plein volume, histoire de lui couper le sifflet… Ambiance… Le sommet a été atteint lorsque le groupe, désemparé, attendait le bon vouloir de Monsieur Newcombe pour attaquer l’unique rappel. Il fallu toute la force de persuasion de Joel Gion, pour que Monsieur veuille bien revenir des backstage. Joel Gion qui a déployé des trésors d’humour pour faire patienter le public : « Vous savez, nous aussi on attend. Come on Brother ». Décidemment, pour le meilleur et pour le pire, un concert de BJM ne ressemble à aucun autre, ce qui fait de ce groupe une expérience unique en live.
http://www.brianjonestownmassacre.com/
www.myspace.com/brianjonestownmassacre
www.myspace.com/theblakes

dimanche 6 juillet 2008

Wraygunn, La Maroquinerie, 20 juin 2008.


Enfin, le moment tant attendu, désiré arrive enfin : les portugais de Wraygunn sont en ville ! Wraygunn (voir mon message du 7 novembre 2007), groupe de grande classe, inventif et excitant m’a scotché il y a quelques années avec l’album ecclesiastes 1.11, et depuis ce jour, j’attendais impatiemment de voir enfin le phénomène en live. Et bien les enfants je n’ai pas été déçu. Le concert a commencé tout doucement avec Paolo Furtado qui a commencé en solo, sur une superbe demi-caisse bleue nuit, son blues « Just a gamblin’man » avant d’être rejoint par le reste de la troupe. Ils ont ensuite enchaîné avec « Ain’t gonna break my soul » ou le percussionniste Joao Doce s’en ai donné à cœur joie, apportant une note latine bienvenue à l’alchimie Wraygunn entre rock n’roll, blues, soul et gospel. Ca y est, la machine tourne à plein régime, l’ouragan est en ville et pour notre plus grand bonheur, s’apprête à tout emporter sur son passage. Quel groupe ! Mais, on touche vraiment au sublime lorsque les filles, à savoir les chanteuses Raquel Ralha et Selma Uamusse prennent le pouvoir, superbes versions, gorgées de soul et de gospel, de « Keep on Prayin’ », « No more my Lord » et « Love is my new drug ». Et puis il y a eu le petit moment chaud de la soirée quand Paolo a sauté dans le public puis est resté un petit moment dans la fosse avant de tomber sur une fille, pas farouche, qui lui a roulé une pelle, refusant de le laisser retourner sur scène. La soirée s’est enfin achevée avec la reprise du classique des Kinks « You really got me ».