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mardi 24 décembre 2024

Gaspard Royant : « All the best for Christmas »

 


Gaspard Royant incarne une sorte d’incongruité sur la scène rock française : c’est un crooner ! Une sorte de pendant français de Chris Isaak et de Richard Hawley, une voix remarquable, qui n’hésite pas à mâtiner son timbre de guitares rock’n’roll. Après un album très personnel, touchant mais en demi-teinte, notre homme Gaspard signe son grand retour en forme avec un album de Noël ; reprenant à son compte une tradition bien ancrée dans le showbiz US, mais relativement peu usitée ici. Une prise de risque, donc. De cet exercice pour le moins codifié, Gaspard s’en sort la tête haute et avec les honneurs ! Bien entouré (Bobbie, Aurélie Saada, Nicole Atkins, Maxwell Farrington – qui avait déjà sorti son album de Noël à lui - et le SuperHomard) Gaspard soigne ses mélodies (« Next Train to Memory Lane ») et varie les ambiances, tournant autour du thème imposé, en suivant des angles originaux. A l’exception de deux reprises, l’album propose un répertoire original, clochettes de rigueur, et toutes guitares dehors. Le genre sied à ravir à son timbre de stentor (l’emphase exhalant de sa reprise de « White Christmas »), l’album n’est pas avare, ni en émotions (« Wishing you a Merry Christmas », duo de charme avec Aurélie Saada, l’émouvante « Christmas Prayer » qui ponctue le disque) ni en groove (« Perfect Christmas Song » avec Nicole Atkins). Une excellente collection de chansons folk-rock qui devrait survivre à l’obsolescence programmée qui frappe généralement les albums de Noël dès le 26 décembre.

https://www.facebook.com/@gaspardroyant1





jeudi 15 décembre 2022

Maxwell Farrington : « Yuletide & I’ll tide with Yann »

 


En solo, en duo avec le SuperHomard, au sein de son groupe Dewaere, ou en duo avec son nouveau partenaire dans le crime Yann Ollivier (The Craftmen Club, Pandapendu, Thomas Howard Memorial), Maxwell Farrington (par ailleurs cuisinier de profession dans le civil) est, de loin, l’expatrié australien le plus prolifique du moment ! Un personnage atypique, attachant, toujours en action avec plusieurs projets sur le feu. Sa dernière lubie en date : enregistrer un album de Noël ! Mais, connaissant le personnage, impossible de faire un disque gentillet à siffloter au coin de la cheminée. Non, le Noël de Maxwell est forcément unique en son genre, décalé. Le résultat tient en cette collection pharaonique de 16 titres, dont certains dépassent à peine la minute, qui brille par son éclectisme. Folk, psychédélique, ou électro kitsch, à fond les synthés 80s (« On and On »), Maxwell brille d’un point de vue vocal. Un véritable crooner ! Le disque se révèle festif, vous devriez lui réserver une place à table pour le réveillon. Avec Maxwell aux manettes, on n’a pas fini de rigoler ! Joyeux Noël !

https://fr-fr.facebook.com/maxwellfarringtonmusic/






lundi 25 décembre 2017

Liz McComb : « Merry Christmas »



Véritable marronnier (le genre de sujet qui revient inévitablement sur la table tous les ans à la même époque) l'album de Noël est un passage obligé pour les artistes établis en même temps qu'un véritable casse-tête pour les véritables amateurs de musique. Répertoire convenu, grelots obligatoire toutes les trente secondes, rares sont les véritables surprises, dignes d'intérêt. Aussi on se risquera pas à déclarer que ce nouvel album de Liz McComb figure parmi les grandes réussites de l'artiste. En revanche, on peut affirmer sans problème que le présent disque figure sans aucun doute dans le haut du panier des albums de Noël et il y a plusieurs bonnes raisons à cela. Déjà parce que Liz McComb est une merveilleuse chanteuse au grain de voix à la fois doux et mélodique et qui révèle pourtant une petite cassure typiquement soul au fond de la gorge trahissant le vécu de l'artiste et rendant l'interprétation inoubliable (« Feliz Navidad »). Un timbre pareil est à même de transcender n'importe quelle scie indigeste. Cette voix magnifique, la chanteuse la met au service d'un répertoire (convenu, certes, mais avec des chansons originales tout de même) qu'elle s'approprie totalement soit avec délicatesse (« Oh holy night ») soit avec une imparable ferveur gospel (« Joy to the world »). Les chansons sont parfois très brèves, à peine plus d'une minute par moment, mais l'interprétation est impeccable, d'une impressionnante virtuosité (« Do you hear what I hear »), pleine de swing, sans faute de goût aucune. L'exercice de style reste la seule limite du disque, qui s'il ne révolutionnera pas le concept d'album de Noël, contribue néanmoins à le rendre plus agréable. 

http://www.lizmccomb.com/
https://www.facebook.com/liz.mccomb.official/
https://twitter.com/lizmccomb


lundi 26 décembre 2016

Jazz loves Disney




Quiconque à un jour vu « Fantasia » (1940) connaît les liens étroits entre la musique et l’œuvre de Walt Disney. La présente compilation voit le producteur Jay Newland réunir une kyrielle de superstars du jazz vocal (China Moses, Hugh Coltman, Stacey Kent, Anne Sila etc...) se réapproprier le répertoire issu des bandes originales des films Disney. Le résultat est assez harmonieux quoiqu'un peu sage. Ce qui n'empêche pas les excellentes surprises. Gregory Porter se révèle une fois de plus un vocaliste d'exception sur la reprise de « When you wish upon a star » (Pinocchio), Jamie Cullum réinvente le thème des « Aristochats » (« Everybody wants to be a cat ») avec un petit grain de folie rythmique bienvenu qui fait trop souvent défaut sur cet album. Enfin seule (« He's a tramp » - La belle et le clochard) ou accompagnée par la classe latine de Rafael Gualazzi (« The Bare Necessities » - Le livre de la jungle) Melody Gardot révèle une sensualité vocale digne d'une femme fatale. La seule à pouvoir rivaliser dans le registre est, peut-être, China Moses (« Why don't you do right » - Qui veut la peau de Roger Rabbit). Pour finir, signalons la reprise, en français s'il vous plaît, de « Un jour mon prince viendra » par Nikki Yanofsky. Classique, l'écoute de l'album se révèle néanmoins agréable en dépit d'un manque d'éclat. La bande son idéale pour les fêtes de fin d'année.

vendredi 25 décembre 2015

Sharon Jones & The Dap-Kings : « It's a Holiday Soul Party »



C'est le grand classique de saison, l'indispensable exercice de style du show biz étasunien : l'album de Noël. Pas franchement rock dans l'esprit, le genre a pourtant donné naissance à quelques disques indispensables signés par Chris Isaak, The Fleshtones, The BellRays ou The Ventures et Phil Spector dans les sixties. Cette année, c'est la diva soul Sharon Jones qui s'y colle et lorsqu'on connaît le savoir-faire du label Daptone en matière de soul/funk à l'ancienne on ne peut qu'être impatient d'écouter le résultat. Première constatation, Miss Jones n'a pas absolument cherché à tout prix un disque de Noël avec des clochettes partout et autres clichés du genre. C'est plutôt l'inverse, de la même façon que l'on décore un sapin, les Dap-Kings ont subtilement intégré quelques références aux fêtes de fin d'année dans un album qui reste, essentiellement, un disque de soul vintage. Ainsi les quelques classiques intégrées au track-listing, « White Christmas », « Silent Night » (version blues) et autres « Silver Bells » sont méconnaissables. « Little drummer boy » devient de la sorte « funky ». Afin d'éviter les clichés, le groupe a cherché à intégrer l'esprit de Noël dans une sorte de réalisme ambiant : « 8 days of Hanukkah », « Ain't no chimneys in the projects », et oui, il n'y a pas de cheminées dans les cités. Et comme l'ambiance est malgré tout à la fête, Sharon Jones a injecté pour finir une note délirante à l'album cela donne la jazzy (on note au passage la diversité musicale de la chose) « Big Bulbs » (grosses boules, tda) ! Quasiment donnée pour morte il y a deux ans après une grave maladie et un disque médiocre (« Give the people what they want » le plus décevant de sa carrière), Sharon Jones effectue ici un spectaculaire retour au premier plan. Voilà au moins une excellente raison de se réjouir en ce jour particulier.

jeudi 25 décembre 2014

America : « Holiday Harmony »




Véritable maronnier de saison et classique du showbiz étasunien, il était inévitable que ces vieux bardes folk d'America se mettent un jour à l'album de Noël. Tache dont ils se sont acquittés en 2002 avec un album à leur image, à base de guitares folk et de percussions tentant d'émuler leur grand hit « An horse with no name ». Trois originaux émaillent cette collection de titres traditionnels « Let it snow » (notre chanson de Noël préférée), « White Christmas » et autres « Silver Bells ». Lisse, sans aspérité ni grande passion, l'album sera parfait en fond sonore pour quiconque rêve d'un « Christmas in California ».

jeudi 26 décembre 2013

Joe and Chris : « Get close to you »


La jeune chanteuse/songwriter Joeleen fait équipe en ce Noël avec une légende vivante, Chris James (chanteur des Natural Four dans les années 1960) pour la sortie de ce « Christmas single ». Le résultat est soigné, le groove langoureux, dans la lignée des productions de la fin des années 70/début 80. La chanson est surtout touchante grâce aux harmonies vocales (jolie falsetto de Joeleen presque aussi impressionnant que celui de Minnie Ripperton) et à l'interconnexion entre les deux interprètes qui échangent, se répondent dans des éclats de rires contrôlés qui font sourire l'auditeur...

www.joeleenworld.com

mercredi 25 décembre 2013

Lindi Ortega : « Tennessee Christmas »


 
Noël n'est pas forcément synonyme de sapin, de neige et de froid glacial. Si, par les temps qui courent il suffit de jeter un regard par la fenêtre pour s'en convaincre, Lindi Ortega nous en offre une preuve beaucoup plus conséquente avec ces quatre titres placés sous le signe de la country music. Et vive le désert et les cactus de Noël ! C'est donc à un réveillon au son des violons et des banjos, pas de batterie, que nous invite la charmante Canadienne au regard de braise. Inspirée, trois compositions originales pour une seule reprise, suffisamment rare dans le domaine des Christmas album pour être souligné, le chant de Lindi brille ici de mille feux de son joli timbre mélodique. Et puisque Lindi ne souhaite qu'un cow-boy pour Noël, je vais de ce pas m'acheter les bottes et le chapeau idoine...



mardi 25 décembre 2012

The Pepper Pots : « Waiting for the Christmas Light »




Les Pepper Pots sont un trio de chanteuses, aux harmonies vocales renversantes, originaires de Barcelone. Assez renommées, elles ont collaboré avec des personnalités marquantes de la scène soul étasunienne telles que Binky Griptite (le guitariste des Dap-Kings) ou Eli « Paperboy » Reed. Une réputation, qui a, hélas, bien du mal à passer les Pyrénées puisque aucun de leurs albums n’est disponible ici. Dommage. En attendant on peut toujours se consoler en allant sur visiter leur site internet et télécharger leur EP de Noël, « Waiting for the Christmas Light ». Excellent petit EP de trois titres, dans un esprit très girls group sixties, qui fait des Pepper Pots les dignes héritières des Ronettes et autres Crystals, les vedettes vocales de l’album « A christmas gift for you » de Phil Spector. La production est très soignée à grand renfort de cuivres, cordes et le chant des trois demoiselles est aussi magnifique que leur plastique. Bref, voici l’occasion rêvée pour découvrir les Pepper Pots et mettre un peu de Soul vintage dans votre journée de Noël.

Olympic Cyclone Band : « Season’s Greetings »




Dans la longue litanie des albums de Noël, voici le plus original (et le plus rythmé) qu’il m’ait été donné d’écouter ces dernières années. L’Olympic Cyclone Band, puisque ce sont eux les coupables, est un groupe funky anglais qui a enregistré un album à son image : funky et dansant, parfois à la limite du disco. Le résultat est particulièrement étonnant surtout sur les classiques de Noël tel que « Little drummer boy » ou « Jingle Bells ». Groupe live réputé à Londres, l’idée de cet album leur est venue une fin de nuit après l’une de leurs résidences un matin de Noël, cela ne s’invente pas. Majoritairement instrumental, l’album bénéficie toutefois des participations des chanteuses Stéphanie Davies et Fiona Egan (2 titres chacunes). Sur les quelques originaux enregistrés pour l’occasion, on s’éloigne un peu de l’ambiance Noël pour aller vers quelque chose de plus classiquement soul/funk parfois teinté de jazz (l’excellente « Away in a Manger »). Un album de saison, assez amusant.
https://soundcloud.com/olympic-cyclone-band

dimanche 25 décembre 2011

A Very She and Him Christmas




Avec le duo She and Him, c’est à un réveillon tout en douceur auquel nous sommes conviés. Composé du musicien M. Ward et de la très jolie actrice Zooey Deschanel, She and Him est un duo, délicieusement rétro, à la fois pop et folk. M. Ward et Zooey se partagent les rôles, à Zooey le piano et le ukulélé, et à M. l’orgue et la guitare. Quant aux voix, elles sont partagées, même si Zooey chante le plus. Ca tombe bien, son timbre un peu diaphane fait fureur. Tout au long de ce disque le duo revisite les chants classiques (pas un seul original à se mettre sous la dent) de cette époque de l’année : « Have yourself a merry little Christmas », « Baby it’s cold outside », « Blue Christmas » et autres « I’ll be home for christmas » sur un mode minimal et intimiste. L’album est enregistré en mode plutôt unplugged, on distingue ça et là quelques traces de rockabilly ou de country. Le ukulélé apporte une touche hawaïenne exotique vu le répertoire. Un album plein de charme à défaut d’être indispensable. Mais de quoi passer une bien douce soirée.
  

samedi 24 décembre 2011

The Legendary Tiger Man : « Fuck christmas, I got the blues »




Ouh le vilain petit canard que je suis ! Ouh le méchant garçon qui cherche à lui tout seul à bousiller le temps des fêtes en publiant sciemment ce jour la chronique d’un album intitulé « J’emmerde Noël, j’ai le blues » (enfin pas tout à fait, mais bon faut bien rester un peu poli quand même). Bref, je le répète tous les ans mais je ne suis pas spécialement fan des fêtes de fin d’année et je suis bien content d’avoir trouvé dans le legendary tiger man un allié de circonstance. Un allié qui d’ailleurs s’est bien gardé d’avoir enregistré un album de Noël, le mot « Christmas » n’apparaît qu’une seule fois dans le morceau/règlement de compte qui donne son titre au disque.

Commençons donc cette chronique par un petit rappel, derrière le patronyme The Legendary Tiger Man se cache Paulo Furtado qui est aussi par ailleurs le leader des fantastiques Wraygunn (qui seront soit dit en passant de retour en 2012). Legendary Tiger Man est le projet solo de Paulo dans lequel il fait tout tout seul où presque et « Fuck Christmas I got the blues » est le deuxième album de l’homme tigre dont la sortie remonte à 2003. Sur ce disque Paulo rend hommage au blues, la mère de toutes les musiques dans des formes assez variées. L’album s’ouvre sur deux titres acoustiques « In cold blood » et le fameux « Fuck christmas i got the blues » avec un bon coup de main de l’harmoniciste Guilherme Barbosa qui intervient également sur l’excellente « Keep’em dogs on it ». Par la suite le ton se durcit un peu et les guitares prennent un bon coup d’électricité notamment « Crawdad Hole », un titre particulièrement rageur et un des meilleurs de Tiger qui aujourd’hui encore fait un tabac pendant les concerts. Avec « Love Train » Paulo explore un nouveau terrain et accouche d’un morceau particulièrement intriguant sombre, lent et crépusculaire dominé par guitare électrique slidée. L’album contient également deux reprises une étonnante relecture du « I walk the line » de Johnny Cash et une excellente version du « Ramble » de Link Wray. Tout au long du disque, l’économie de moyen et la récupération de tout bord semblent avoir été les véritables forces motrices du projet. L’utilisation d’un micro datant de la seconde guerre mondiale donne un son sale et vraiment étonnant mais qui participe au charme du disque et de l’artiste en général. Par la suite, The Legendary Tiger Man continuera son parcours avec deux excellents albums « Masquerade » et « Femina ». Ses deux premiers opus « Naked Blues » et le présent album ont été récemment réédités.
disponible sur le lien suivant :

samedi 25 décembre 2010

A Christmas gift for you from Phil Spector


On termine, pour cette année, notre série sur les albums de Noël avec le véritable cadeau, le chef d’œuvre : « A Christmas gift for you ». Sorti en 1963 et produit par le légendaire Phil Spector, l’album met à contribution, par ordre d’apparition Darlene Love, The Ronettes, Bob B. Soxx and The Blue Jeans et The Crystals. Un casting plutôt orienté rhythm and blues au service d’un répertoire de Noël, ma foi assez classique, et produit comme un album de pop californienne. Car l’album est en quelque sorte le paradigme du disque de producteur. Toutes les techniques du fameux « Wall of Sound » sont ici à leur apogée. Harmonies vocales, les amateurs de belles voix seront servis, luxuriants arrangements de cordes et de cuivres, auxquels se mêlent les traditionnelles clochettes de saison, donnent des résultats spectaculaires en particulier sur « Sleigh Ride » et « Marshmallow World ». La réédition cd ayant de plus la bonne idée de conserver le mixage mono d’origine, c’est, pour le coup, un véritable mur du son, dense et compact, qui vous saute aux oreilles. A l’arrière de la scène, on compte parmi les musiciens le pianiste Leon Russell, Jack Nitzsche et Sonny Bono aux percussions entre autres. Un petit mot pour finir sur le livret qui illustre bien la paranoïa entourant les albums de Noël. En effet, afin être prêt pour une sortie en décembre, ces derniers sont souvent enregistrés pendant l’été. C’est ainsi que l’on voit dans le livret tout ce beau petit monde se balader en chemisettes, les lunettes de soleil sur le nez. Y’a plus de saisons serait-on tenté de dire. En même temps, il est dommage de laisser un album aussi réussi prendre la poussière sur une étagère onze mois par an…

vendredi 24 décembre 2010

Halie Loren & Matt Treder : « Many Times, Many Ways »


Découvert, entre autres pépites, sur le site de ma talentueuse copine Saab, « Many Times, Many Ways » est un album de Noël enregistré à deux par la chanteuse Halie Loren accompagnée pour l’occasion du pianiste Matt Treder. Un disque intime à deux mains et une voix. La touche play appuyée, et aussitôt l’album vous enveloppe de son élégant charme jazzy hérité des années 30. La voix d’Halie se révèle soyeuse et profonde, grave et sexy avec un registre assez large et une grande capacité à accompagner les changements rythmiques. La réussite de l’opus doit beaucoup au sex-appeal qui s’en dégage. Au piano Matt Treder fait montre d’une habilité dans les doigts de tous les instants, à l’aise aussi bien dans un registre swing ou plus lent légèrement teinté de mélancolie. Ruptures, changement de rythmes se succèdent ainsi le plus naturellement du monde sans jamais désarçonner son auditeur. Le rythme est la grande affaire de cet album, tellement les silences entre les notes sont finalement aussi importants que les notes elles-mêmes. Composé de neuf reprises et de deux instrumentaux originaux, composés par Treder, la grande réussite de l’album réside dans sa brièveté, un peu plus d’une demi-heure. C’est suffisamment court pour ne pas lasser et dans le même temps pas assez long tellement l’envie de rester lové dans ce son est forte. Lorsque le disque arrive à son terme, c’est un peu le rêve qui se termine. Voici le compagnon idéal pour un réveillon douillet à la lumière des bougies… Joyeux Noël à tous.

http://www.halieloren.com/

www.myspace.com/halieloren

mercredi 22 décembre 2010

Bob Dylan : « Christmas in the heart »


Venant d’un grand songwriter, connu et célébré, « Christmas in the Heart », l’album de Noël de Bob Dylan se présente comme une incongruité dans la carrière de ce dernier : le disque est entièrement composé de reprises. Même pas un seul original à se mettre sous la dent. Il faut donc le prendre pour ce qu’il est : un exercice de style. Et à ce petit jeu, Monsieur Dylan, à qui on ne la fait plus depuis belle lurette, se révèle plutôt doué. Le réveillon de Bob Dylan est étrange, intriguant. Sa voix tout d’abord, éraillée, écorchée, il incarne un drôle de conteur. Pour un peu il ferait peur aux enfants. Musicalement, cet effort navigue en eaux troubles, folk bien sur mais aussi country, blues (la séduisante « The Christmas Blues ») et musique Hawaiienne (« Christmas Island »). L’ensemble est assez baroque, « O’Come All Ye Faithful (adeste fideles) », « Must be Santa », et finalement sonne un peu comme du Tom Waits. On a comme l’impression que Dylan n’est pas vraiment à sa place. Et pourtant, si le disque est entièrement composé de reprises, ces dernières ont été réarrangées en profondeur au point que Dylan se les ait totalement appropriées. Et pour au final accoucher d’un excellent opus.

www.bobdylan.com

The Fleshtones : « Stocking stuffer »


Véritable institution outre-atlantique, le « Christmas Album » a souvent donné des résultats prévisibles, les disques s’appuyant toujours, peu ou prou, sur le même répertoire. Afin d’aborder la soirée de samedi dans les meilleurs conditions, ce blog adopte des couleurs de saison, et vous propose cette semaine un petit florilège d’albums de Noël.

On commence cette série avec les Fleshtones et leur opus « Stocking Stuffer ». Les Fleshtones tout d’abord se sont formés à la fin des années 70 et font depuis figure de vétérans de la scène garage/rock n’roll US. On est ici en plein territoire déglingué et à cet effet, cet effort est à classer tout près de celui des Bellrays. Contrairement à la coutume, cet album se base sur un répertoire original, seulement trois reprises sur onze titres. D’ailleurs est-ce un vrai album de Noël ? A l’exception d’utiliser les mots « christmas » et « santa claus » à tire larigot, les Fleshtones ont appliqués leur principes à la lettre : ça joue vite, ça joue fort, les voix éraillées dans le mike, « Super rock » Santa pour paraphraser un de leur titre. A peine ont-ils rajouté quelques clochettes de ci de là et ont repris, de façon très rigolote, le thème de jingle bells à la basse en intro de « You’re all i want for Christmas ». Pour le reste on retrouve les Fleshtones comme on les aime entre rock n’roll furieux, tendance 50s (« Mr Santa Claus », « Super rock Santa », « Christmas with bazooka Joe ») et ballades bluesy (« Champagne Christmas », « You’re all i want for Christmas »). Avec toujours cet orgue qui apporte un peu de chaleur au milieu d’une tempête de Neige. Bref et intense, moins de trente minutes, cet opus procure un plaisir immédiat. Un excellent moyen de se mettre en jambe pour le réveillon. Et accessoirement un cadeau de Noël tout trouvé pour remplir les chaussettes.

www.thefleshtones.org

vendredi 25 décembre 2009

Chris Isaak Christmas



En règle générale, il n’y a rien à attendre d’album de Noël. Ce dernier est un exercice quasi-obligé pour tous les artistes étasuniens. Et bien souvent, la déception est au rendez-vous, il faut dire que le répertoire de Noël n’est pas spécialement rock n’roll, et donc plutôt en décalage avec les goûts personnels de l’auteur de ces lignes, déjà pas très fan des fêtes de fin d’année pour commencer. Mais bon, pour rester dans le ton, je vous propose donc de découvrir mon disque de Noël préféré (à égalité avec celui des BellRays, chroniqué l’année dernière à la même époque) celui de Chris Isaak. Si vous imaginiez Chris Isaak en doudoune, le nez tout rouge et transi de froid sous cinquante centimètres de neige, et bien vous avez tout faux. Le sieur Isaak reste fidèle à son image et, veinard, fête Noël en tongs et à la plage. C’est donc à un réveillon au feu de bois, sous les palmiers, et en tête à tête avec l’océan pacifique que nous sommes conviés. Cette fidélité à lui-même se retrouve jusque dans les paroles où Chris nous refait le coup de l’amoureux éconduit mais l’adapte à la saison (It’s Christmas i’m lonely without you). Evidemment, le thème est éculé, mais tant que les filles nous quittent, et croyez-moi ça arrive, on n’a pas vraiment de raison d’écouter autre chose. Je dirais même que c’est charitable de penser aux cœurs brisés en cette saison. Revenons aux choses sérieuses, en dehors des grands classiques, « Auld Lang Syne » ; « Let it snow » ; « Rudolph the red-noised Reindeer », Chris sort sa plume pour l’occasion et livre cinq chansons originales et c’est un petit air frais qui souffle en ce jour particulier. Musicalement l’album se place sur le terrain du crooner et cela lui va à merveille, on pense aux grands anciens, Elvis, Roy Orbison… La musique est très roots, orgue, guitare hawaiienne, batterie jouée aux balais, pas de chi-chi on joue et on se fait plaisir. Au final, cet album, censé être un projet de second ordre dans sa discographie, se révèle être beaucoup plus convaincant que le dernier disque en date de Mister Isaak. Mais il est vrai qu’avec une voix pareille, c’est un peu Noël tous les jours…
http://www.chrisisaak.com/
www.myspace.com/chrisisaak






jeudi 25 décembre 2008

Merry Christmas from The Bellrays


C’est un sympathique cadeau que le Père Noël a laissé dans la hotte cette année. Pour fêter Noël, les Bellrays nous offrent ce tout nouvel EP (bon à dire la vérité le disque en question a été acheté à leur concert au début du mois), composé de neuf « Christmas songs » inédites, le tout dure un peu moins d’une demi-heure. Fidèles à leur réputation, un Noël version Bellrays c’est à la fois funky et rock n’roll. Le traîneau en forme de guitare électrique, battant la mesure de la tête sur les beats de l’infernal batteur Craig Waters, le Père Noël s’est pris un sacré coup de speed en 2008. Voilà en tout cas le mini-album de Noël le plus cool que j’ai jamais entendu. Joyeux Noël à tous.


The Bellrays : « Santa’s got a big old bag »


The Bellrays : « Gimme some funk for Xmass »