https://www.facebook.com/@gaspardroyant1
https://www.facebook.com/@gaspardroyant1
https://fr-fr.facebook.com/maxwellfarringtonmusic/

On termine, pour cette année, notre série sur les albums de Noël avec le véritable cadeau, le chef d’œuvre : « A Christmas gift for you ». Sorti en 1963 et produit par le légendaire Phil Spector, l’album met à contribution, par ordre d’apparition Darlene Love, The Ronettes, Bob B. Soxx and The Blue Jeans et The Crystals. Un casting plutôt orienté rhythm and blues au service d’un répertoire de Noël, ma foi assez classique, et produit comme un album de pop californienne. Car l’album est en quelque sorte le paradigme du disque de producteur. Toutes les techniques du fameux « Wall of Sound » sont ici à leur apogée. Harmonies vocales, les amateurs de belles voix seront servis, luxuriants arrangements de cordes et de cuivres, auxquels se mêlent les traditionnelles clochettes de saison, donnent des résultats spectaculaires en particulier sur « Sleigh Ride » et « Marshmallow World ». La réédition cd ayant de plus la bonne idée de conserver le mixage mono d’origine, c’est, pour le coup, un véritable mur du son, dense et compact, qui vous saute aux oreilles. A l’arrière de la scène, on compte parmi les musiciens le pianiste Leon Russell, Jack Nitzsche et Sonny Bono aux percussions entre autres. Un petit mot pour finir sur le livret qui illustre bien la paranoïa entourant les albums de Noël. En effet, afin être prêt pour une sortie en décembre, ces derniers sont souvent enregistrés pendant l’été. C’est ainsi que l’on voit dans le livret tout ce beau petit monde se balader en chemisettes, les lunettes de soleil sur le nez. Y’a plus de saisons serait-on tenté de dire. En même temps, il est dommage de laisser un album aussi réussi prendre la poussière sur une étagère onze mois par an…

Découvert, entre autres pépites, sur le site de ma talentueuse copine Saab, « Many Times, Many Ways » est un album de Noël enregistré à deux par la chanteuse Halie Loren accompagnée pour l’occasion du pianiste Matt Treder. Un disque intime à deux mains et une voix. La touche play appuyée, et aussitôt l’album vous enveloppe de son élégant charme jazzy hérité des années 30. La voix d’Halie se révèle soyeuse et profonde, grave et sexy avec un registre assez large et une grande capacité à accompagner les changements rythmiques. La réussite de l’opus doit beaucoup au sex-appeal qui s’en dégage. Au piano Matt Treder fait montre d’une habilité dans les doigts de tous les instants, à l’aise aussi bien dans un registre swing ou plus lent légèrement teinté de mélancolie. Ruptures, changement de rythmes se succèdent ainsi le plus naturellement du monde sans jamais désarçonner son auditeur. Le rythme est la grande affaire de cet album, tellement les silences entre les notes sont finalement aussi importants que les notes elles-mêmes. Composé de neuf reprises et de deux instrumentaux originaux, composés par Treder, la grande réussite de l’album réside dans sa brièveté, un peu plus d’une demi-heure. C’est suffisamment court pour ne pas lasser et dans le même temps pas assez long tellement l’envie de rester lové dans ce son est forte. Lorsque le disque arrive à son terme, c’est un peu le rêve qui se termine. Voici le compagnon idéal pour un réveillon douillet à la lumière des bougies… Joyeux Noël à tous.

Venant d’un grand songwriter, connu et célébré, « Christmas in the Heart », l’album de Noël de Bob Dylan se présente comme une incongruité dans la carrière de ce dernier : le disque est entièrement composé de reprises. Même pas un seul original à se mettre sous la dent. Il faut donc le prendre pour ce qu’il est : un exercice de style. Et à ce petit jeu, Monsieur Dylan, à qui on ne la fait plus depuis belle lurette, se révèle plutôt doué. Le réveillon de Bob Dylan est étrange, intriguant. Sa voix tout d’abord, éraillée, écorchée, il incarne un drôle de conteur. Pour un peu il ferait peur aux enfants. Musicalement, cet effort navigue en eaux troubles, folk bien sur mais aussi country, blues (la séduisante « The Christmas Blues ») et musique Hawaiienne (« Christmas Island »). L’ensemble est assez baroque, « O’Come All Ye Faithful (adeste fideles) », « Must be Santa », et finalement sonne un peu comme du Tom Waits. On a comme l’impression que Dylan n’est pas vraiment à sa place. Et pourtant, si le disque est entièrement composé de reprises, ces dernières ont été réarrangées en profondeur au point que Dylan se les ait totalement appropriées. Et pour au final accoucher d’un excellent opus.

Véritable institution outre-atlantique, le « Christmas Album » a souvent donné des résultats prévisibles, les disques s’appuyant toujours, peu ou prou, sur le même répertoire. Afin d’aborder la soirée de samedi dans les meilleurs conditions, ce blog adopte des couleurs de saison, et vous propose cette semaine un petit florilège d’albums de Noël.
On commence cette série avec les Fleshtones et leur opus « Stocking Stuffer ». Les Fleshtones tout d’abord se sont formés à la fin des années 70 et font depuis figure de vétérans de la scène garage/rock n’roll US. On est ici en plein territoire déglingué et à cet effet, cet effort est à classer tout près de celui des Bellrays. Contrairement à la coutume, cet album se base sur un répertoire original, seulement trois reprises sur onze titres. D’ailleurs est-ce un vrai album de Noël ? A l’exception d’utiliser les mots « christmas » et « santa claus » à tire larigot, les Fleshtones ont appliqués leur principes à la lettre : ça joue vite, ça joue fort, les voix éraillées dans le mike, « Super rock » Santa pour paraphraser un de leur titre. A peine ont-ils rajouté quelques clochettes de ci de là et ont repris, de façon très rigolote, le thème de jingle bells à la basse en intro de « You’re all i want for Christmas ». Pour le reste on retrouve les Fleshtones comme on les aime entre rock n’roll furieux, tendance 50s (« Mr Santa Claus », « Super rock Santa », « Christmas with bazooka Joe ») et ballades bluesy (« Champagne Christmas », « You’re all i want for Christmas »). Avec toujours cet orgue qui apporte un peu de chaleur au milieu d’une tempête de Neige. Bref et intense, moins de trente minutes, cet opus procure un plaisir immédiat. Un excellent moyen de se mettre en jambe pour le réveillon. Et accessoirement un cadeau de Noël tout trouvé pour remplir les chaussettes.
www.thefleshtones.org

