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jeudi 4 mai 2017

Fufanu, Le Point Ephémère, 29/04/2017.


Consacré aux cultures nordiques, le festival Polar s'est achevé par une soirée islandaise dont le point d'orgue fût la prestation de Fufanu qui ne manquera pas de rappeler de nombreux souvenirs aux nostalgiques des années cold wave. En effet, avec ses compositions rappelant pèle-mêle The Cure, Joy Division ou Bauhaus, Fufanu dispose de tous les arguments pour ravir les nostalgiques des années 1980. Mais pas que. A ces références classiques, le quatuor islandais apporte sa touche personnelle, par le biais d'arrangements évoquant l'électro, trahissant le passé technoïde des protagonistes de l'affaire. Sur scène, la chose prend une tournure exaltante par le biais d'une section rythmique, la batterie notamment, donnant un sacré coup de trique aux compositions. Ainsi dynamité, le terrain est parfaitement balisé pour les brusques explosions de guitares et les boucles électro répétitives faisant passer régulièrement passer la musique d'un état contemplatif à une déflagration sonore. Mines affectées, regards absents (mention spéciale au guitariste dont on se demande s'il n'est que sous influence musicale), les quatre membres du groupe feraient passer Ian Curtis pour un joyeux luron, ce qui n'altère en rien l'excitation procurée par l'expérience live. Un concert à la fois solide et excellent.
https://twitter.com/fufanumusic

jeudi 26 janvier 2017

Fufanu : « Sports »



Passés de la techno au rock dans des conditions rocambolesques, les Islandais de Fufanu affinent encore un peu plus leur démarche musicale sur ce deuxième album produit par Nick Zinner (Yeah Yeah Yeahs). N'en déplaisent les couleurs vivent de la pochette, ce deuxième effort voit le groupe plonger la tête la première dans un abîme de noirceur. Marqué par un effacement progressif des guitares, toujours présentes mais reléguées au deuxième plan, au profit d'un son synthétique (« Tokyo »), ce nouvel album se veut plus dense, resserré, pratiquant une sorte d'épure où la tension, rentrée, sous-jacente, ne demande qu'à exploser (« Gone for more », "Liability"). Impression encore renforcée par le chant traînant et comme effacé, quoique mélodique, du chanteur Kaktus Einarsson. De quoi transformer cette excellente formation en dignes héritiers de la cold wave des années 80, Joy Division et Bauhaus en tête. Excellent.

mercredi 16 décembre 2015

Fufanu : « Few more days to go »



C'est depuis la lointaine Islande que nous arrive Fufanu, un groupe de rock, comme une exception sur l'île de l'Atlantique Nord plus réputée pour sa scène folk ou ses expérimentations électroniques. Mais peut-être pas tant que ça dans le fond. Car, avant de plonger avec délices dans les joies de la guitare électrique et de la batterie, le quintet a œuvré sur la scène techno locale sous le nom de Captain Fufanu. C'était avant qu'un funeste cambriolage aux conséquences désastreuses, matériel volé, les fichiers contenant la musique également, ne les oblige à changer drastiquement d'orientation. Du passé technoïde du groupe il ne reste aujourd'hui plus rien ou si peu, quelques synthés discrets agrémentant les arrangements des chansons. Et c'est ainsi que Fufanu est devenu un groupe de rock et sacrément impressionnant qui plus est. Fufanu pratique une musique sombre et froide (« In the light of the night »), jamais totalement apaisée même dans les moments faussement calmes (cf. l'incroyable tension rentrée de « Wire Skulls »). Alternant les plages atmosphériques et les attaques forcenées de guitares décapantes quasiment post punk (« Blinking »), Fufanu entraîne l'auditeur dans un crescendo infernal comme sur « Now » le terrifiant morceau d'ouverture. L'ombre de la cold wave des années 80 plane sur ce disque (n'en déplaise au chanteur qui n'avait jamais entendu parler de Ian Curtis avant), genre qu'ils ont su faire évoluer et faire entrer de plein pied en 2015 au lieu de chercher à recréer un passé révolu quoi qu'il en soit. Fufanu, le nouveau groupe préféré des âmes damnées d'aujourd'hui.
https://www.facebook.com/fufanumusic