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dimanche 16 août 2020

The Jayhawks : « Xoxo »



En trente cinq années de carrière, ont aurait pu légitimement penser que Gary Louris et sa bande avaient fait le tour de la question. Fort heureusement, il n'en est rien et ce nouvel album nous en apporte une nouvelle preuve. Nous avions laissé le groupe avec un magnifique effort « Paging Mr Proust » conciliant folk et noise façon Sonic Youth. Par comparaison ce nouvel album semble bien classique et sonne comme un retour à la source des années 1960 et 1970 pour le groupe entre folk et country alternative. Ce qui peu sembler à une régression n'en est pas une, en effet, pour une fois, le leader Gary Louris a baissé la garde et ouvert la porte aux compositions, et au chant, de ses comparses trouvant ainsi le matériau pour expérimenter, encore et toujours, tout en restant sur le terrain classique que l'on attend d'eux. Et le groupe de nous étonner encore avec ces assauts garage électriques (« Dog Town Days ») comme acoustiques (« Society Pages ») assez peu habituels contrastant avec les ballades à vocation psychédélique (« Homecoming ») et titres plus conventionnels au piano (« Ruby » ; « Across my field ») ou à la guitare folk (« Illuminate» ; « Bitter Pill »). Un éventail assez large, certes classique mais d'une fraîcheur et d'une solidité à toute épreuve, couvrant ce vaste territoire que l'on appelle Americana et dont ils restent un des plus digne représentants à ce jour. Recommandé. 

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dimanche 11 septembre 2016

The Jayhawks + Joana Serrat, Le divan du monde, 9 septembre 2016.



On commence par souligner la prestance de la jeune Joana Serrat, artiste Catalane, originaire de Barcelone que l'on a pu admirer en première partie. Seule avec sa guitare en main, Joana nous a fait voyager le long de routes imaginaires, sur un mode tantôt mélancolique, cordes arpégées, tantôt sur une dynamique plus enlevée les cordes frappées à pleines mains. Visiblement un peu impressionnée par le lieu, son harmonica a failli tomber en plein morceau, la pauvre en était toute contrite, Joana nous a ravit, une petite demi-heure durant, par la variété de paysages qu'évoque sa musique nerveuse et rêveuse à la fois. Tout chez elle est suggéré plutôt que violemment affirmé et se joue sur la retenue. Si les fantômes du passé ne rôdent jamais bien loin, Joana ne recycle pas le folk sixties à l'envie pour autant et réussit à exprimer des émotions personnelles par le biais de sa guitare. Un beau moment et un jeune talent à suivre…

Le show commence avec l'enregistrement du carillon d'une église. « Ce sont les cloches juste sous ma fenêtre à Minneapolis » affirme le chanteur Gary Louris. Les Jayhawks et la France, c'est une histoire en pointillés, la chronique d'une romance ratée tout simplement par ce que les Jayhawks sont très rarement venus nous voir (on a retrouvé les traces de passages au Hot Brass, l'actuel Trabendo, en 1995 et à la boule noire en 2000). Les occasions de voir ce groupe en concert en France étant extrêmement rares autant dire que la prestation du soir revêt un caractère exceptionnel… C'est donc tout ébahis et les yeux grands ouverts que l'on a admiré pendant près de deux heures ce groupe fantastique. En effet les Jayhawks sont avant tout un assemblage d'excellents musiciens, le bassiste Marc Perlman en particulier nous a impressionnés par son sens du placement, le groove inné de ses lignes et la puissance avec lesquelles ces dernières sont délivrées. Le batteur Tim O'Reagan possède un art de la descente à l'avenant : cette section rythmique pratique un swing puissant à toute épreuve !

Lorsqu'on évoque les Jayhawks et ce style de country/rock/folk, les clichés abondent sans tarder, il est alors question de ruralité, de CSN, bla bla bla... Très clairement, les Jayhawks boxent dans une toute autre catégorie. Bien loin d'être de simples revivalistes, le quintet mené par Gary Louris transcende les traditions en injectant une bonne dose de modernité noisy (tout à fait étonnante) dans ses guitares, à la limite du showgaze expérimental, tout en restant fidèles au format chanson. Idem pour les claviers, dont les boucles sont utilisées avec à propos, évitant toute surenchère, toujours à bon escient : c'est fort ! Comme le disait Gary Louris : « On devrait revenir plus souvent ! »...


jeudi 8 septembre 2016

The Jayhawks : « Paging Mr. Proust »



Longtemps les Jayhawks ont été le groupe d'une hydre à deux têtes, Mark Olson et Gary Louris. Leur musique était le résultat d'une magnifique complémentarité, un guitariste acoustique/harmoniciste d'un côté (Olson) et un autre guitariste, au son électrique et furieux de l'autre (Louris). Entre délicatesse folk et fulgurances fuzz, la musique des Jayhawks offrait un panorama à 360° de tout ce que l'on aime dans le rock étasunien, l'album « Hollywood town hall » (1992) faisant office de chef d’œuvre, un peu oublié de nos jours. Puis Olson est parti, revenu, reparti. Le groupe s'est séparé, rabiboché, trente ans après leurs débuts, les Jayhawks sont toujours là, sous la férule du seul Louris. Même amputé de son co-fondateur (l'historique bassiste Marc Perlman est par contre toujours là, lui) les Jayhawks sont toujours capables de très beaux moments de musique. Seul à la manœuvre, Louris emmène le groupe sur un terrain différent mais similaire. Les influences country et folk s'effacent peu à peu ("The devil is in her eyes" ressemble toutefois au Jayhawks d'avant) au profit d'une démarche plus ouvertement rock voire indie (« Lost the summer »), un apport de Peter Buck (ex-REM) qui a co-produit le disque ? Ailleurs (« Leaving the monster behind », « Pretty roses in your hair ») le groupe évoque toujours les grands espaces et la route empruntant une voie hybride entre pop et americana (« Isabel's daughter », l'étonnante « Ace » délicatement noise). A la fois novateur et fidèle à leur tradition, les Jayhawks sont de retour avec un chef d’œuvre de plus. On n'en attendait pas moins de ce groupe, une valeur sûre établie depuis de longues années…
En concert le 9 septembre à Paris (Divan du monde)