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dimanche 4 février 2018

Delgrès + Patrick Ruffino, Festival au fil des voix, l'Alhambra, 29 janvier 2018.


Par sa capacité à tisser des ponts entre les cultures tout en privilégiant des formes musicales qui nous sont chères (soul, blues, jazz), le festival Au Fil Des Voix s'est imposé comme un des rendez-vous incontournables de l'année. Preuve nous en est donné cette année encore avec ce magnifique plateau, intelligemment programmé, réunissant Delgrès et Patrick Ruffino. 

Le trio Delgrès, quelle magnifique découverte ! Mené par Pascal Danaë, Delgrès (nommé en hommage au colonel Louis du même nom) joue un blues chanté en créole sur un groove dévastateur rappelant celui de la Nouvelle-Orléans, savoureux programme en perspective ! La formation est à la fois classique (guitare, batterie) et originale puisque la basse est remplacée par un soubassophone (un énorme tuba) ; instrument faisant le lien avec les fanfares et autres second-line de la cité du croissant. La guitare, slidée le plus souvent, se fait joueuse virant du côté saturé du rock n'roll (un titre est décalqué sur « Whole lotta love » de Led Zeppelin). Mais le groupe est aussi très à l'aise dans un registre plus émotionnel, intime et jazzy lorsque le bugle remplace le tuba. Prenant, dansant mais aussi profond, si on ne comprend pas forcément les paroles, on saisit très bien en revanche les émotions, Delgrès nous a littéralement séduits, vivement l'album ! 

Direction l'Afrique pour la suite en compagnie du bassiste Patrick Ruffino. Excellent instumentiste (basse et contrebasse), chanteur au grain de voix chaud et charmant, Patrick Ruffino fait voyager sa musique, mélangeant sa culture africaine au sons occidentaux, blues, funk ou rock, sous l'égide des années 70, influence parfaitement intégrée et transfigurée. Là encore une très belle découverte faisant le grand écart entre morceaux dansants, dévastateurs et chansons plus intimes.

https://www.delgresmusic.com/
https://www.facebook.com/delgresband
https://twitter.com/delgresband
https://www.patrickruffino.com/
https://www.facebook.com/PatrickRuffinoOfficial/



mercredi 25 janvier 2017

Awa Ly + Mariana Ramos, Festival Au Fil Des Voix, Alhambra, 24 janvier 2017.


Tournant autour d'une thématique soul/jazz/world, mettant en valeur la diversité culturelle par le biais du chant (féminin comme masculin), le festival Au Fil Des Voix fête ses dix ans ! Et nous a encore réservé une programmation dont il a le secret avec une superbe affiche réunissant les chanteuses Awa Ly (on avait parlé de son EP par ici) et Mariana Ramos.

Chez Awa Ly, le chant et la musique sont les fruits d'une démarche profondément humaine prenant tout son sens une fois sur scène. Très charismatique, la chanteuse exhale la passion de tout son être, se mouvant avec grâce, effectuant de nombreux et précis mouvements de mains tout en chantant. L'accompagnement musical est à la fois classe et élégant, alternant entre soul, jazz et une pointe de reggae. Dans ce contexte, le batteur Ismaël Nobour fait forte impression, son jeu est à la fois fin et épuré et dégage un groove feutré mais puissant. Il trouve toujours la note juste sans en faire des tonnes. Ni trop, ni trop peu mais juste ce qu'il faut, quand il faut. Son association avec la contrebasse (assurée par Clément Landais) est parfaite, cette dernière dégage un swing précis, mélancolique à l'occasion par le biais de l'archet. Le guitariste David Remy est, quant à lui, aussi efficace en version électrique, tirant vers le blues et le rock, qu'en configuration acoustique, tirant vers l'intime et l'émotion. Un accompagnement à la fois éclectique et cohérent mettant parfaitement en valeur la voix, si douce et mélodique d'Awa pouvant tout aussi bien jouer d'une note sexy ou descendre dans les graves lorsque le ton se fait plus dur (« Help you out »). Profondément humaine, chantant l'amour comme personne et toujours prompte à s'émouvoir du sort des populations réfugiées (« Here » en duo avec son « frère » Faada Freddy, venu pour l'occasion), Awa Ly nous a fait vivre un grand moment de musique, débordant d'humanité et de chaleur humaine. Sublime.

Dans un style différent mais tout aussi émouvant, Mariana Ramos a pris la suite. Direction le Cap-Vert pour un style plus rythmé, latin, primesautier ou le piano (Toy Vieira) prédomine. Toujours très bavarde sur scène, c'est elle qui l'affirme, Mariana nous a régalé de ses anecdotes clôturant ainsi la soirée sur une note festive.



samedi 6 février 2016

Festival au fil des voix : Matt Elliott+Gabby Young and Other Animals, l'Alhambra, 5 février 2016.

Matt Elliott (c) Léa Jiqqir


Pour sa deuxième soirée, le festival au fil des voix nous offre une programmation so british. On commence avec Matt Elliott, un pionnier de la drum&bass sous le nom de Third Eye Foundation, méconnaissable depuis sa transformation en chanteur folk il y a une douzaine d'années. Sagement assis derrière son instrument à cordes de nylon, Matt, tel un artiste, peint une impressionnante toile sonore. Orfèvre de l'arpège, ses cordes délicatement pincées, partent dans d'impressionnantes arabesques sonores avant-gardistes et expérimentales, convoquant à l'occasion Leonard Cohen. La flûte apporte une note étrangement surannée. Le musicien n'est absolument pas effrayé par la durée, régulièrement ses titres dépassent les dix minutes. La transposition sur scène de ce genre de musique atmosphérique n'est jamais évidente. Cependant, le résultat sonne absolument fascinant à nos oreilles, pour peu que l'on soit disposé à lui accorder l'attention qu'il mérite.

Gabby Young

Gabby Young


Changement radical d'ambiance par la suite avec l'arrivée, telle une tornade, du cabaret / swing /art déco / steampunk de Gabby Young et de son groupe Other Animals. Le batteur se présente seul sur scène pour un long solo de batterie en guise d'introduction. On se croirait dans Whiplash ! Puis le reste de la troupe arrive contrebasse, guitare acoustique et accordéon. Et c'est parti pour un grand moment festif à base de jazz swing, les années folles ne sont jamais bien loin, mâtiné d'influences balkanique et de western spaghetti. La troupe de saltimbanques n'a pas son pareil pour mettre le public dans l'ambiance, la grande farandole autour des fauteuils en plein « I've improved » restera dans nos mémoires ! La charmante Gabby, ses cheveux rouges et son kazoo en plastique nous ont offert un grand moment de partage collectif, bonne humeur assurée ! Mais la belle sait aussi atteindre une corde sensible lorsque le swing se calme. Elle est déjà une grande star en Grande Bretagne, espérons qu'elle rencontrera le même succès en France où vit son frère, présent dans la salle et d'ailleurs mis à contribution au cours du spectacle. C'était chouette.
http://www.aufildesvoix.com/paris2016/
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http://www.gabbyyoung.com/
http://www.thirdeyefoundation.com/
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