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lundi 20 avril 2026

Natacha Tertone : « La Patience n’existe pas »

 


La patience n’existe pas, nous affirme Natacha Tertone et s’il y a bien une artiste qui peut nous parler de patience c’est bien Natacha qui a attendu 26 ans pour sortir son deuxième album. Il s’en est, en effet, passé bien des choses depuis l’an 2000 qui avait vu apparaître la comète Natacha Tertone et son album « Le Grand Déballage ». Mais que s’est-il passé ? La question sous-tend la totalité du disque, comme un fil invisible reliant les chansons les unes aux autres (« Ne jamais dire jamais » ; « L’attente » ; « La Patience » ; « Laisse » ; « La Valse de 25 ans »). Au milieu de tout ça se trouve « Quand tu fais le mort » seul titre rescapé de ce qui aurait dû être le deuxième album de Natacha, en 2001, et dont l’enregistrement est resté inachevé. Ainsi le temps qui passe, la résilience, les opportunités, perdues ou miraculeuses, sont les thèmes au cœur de ce nouveau disque. Les chansons sont comme autant de polaroids décrivant, en creux, le portrait, émouvant forcément, de l’artiste et de ses doutes et questionnements. Sur le plan musical, le présent album marque une évolution significative de l’artiste qui n’a pas oublié en cours de route les guitares du premier album (« Ne Jamais dire jamais » ; « 1 2 3 Soleil » une autre réflexion sur le temps) mais trouve une note bien particulière dans ce curieux mélange de synthwave dark (« Là »), de groove (la batterie de l’excellent Bruno Mathieu) et de chansons électro. Un disque aussi touchant qu’émouvant.

En concert le 21 avril au Zèbre de Belleville








jeudi 11 avril 2024

The Reed Conservation Society + Natacha Tertone + Corde, Petit Bain, 10 avril 2024.

Quelques semaines après avoir sorti un premier album, chanté en entier dans la langue de Molière, The Reed Conservation Society continue sa révolution copernicienne en se présentant pour la première fois en quatuor, avec une vraie section rythmique, basse (Nicolas) et batterie (Cédric). Un changement loin d’être anodin et qui bouleverse la donne d’un groupe qui jusqu’à présent nous avait séduit par son atmosphère folk psyché délicate et ouatée. Un feeling qu’ils ont su garder intact sur certains morceaux (« Aux Rochers Rouges ») alors que d’autres (« Astronomy Divine ») ressortent transfigurés par ce véritable coup de fouet en forme de cure de jouvence. Cet aspect rock est hautement appréciable et la coda discoïde, le pied au plancher, du « Mont de piété » (en duo avec Natacha Tertone) restera longtemps dans la mémoire collective. Pour le reste Stéphane (guitare et voix) et Mathieu (guitare et trompette) font montre de leur virtuosité habituelle, entre arpèges délicats et trompette dégainée à l’occasion, chassant sur des terre mexicaines fantasmées. Un set de très haute tenue par un groupe en perpétuel mouvement.

https://www.facebook.com/TRCSfrenchband/


La scène du Petit Bain a été par la suite le lieu d’un petit événement, la renaissance scénique de Natacha Tertone pour son premier passage parisien depuis l’an 2000, année de la sortie de son premier, et pour le moment unique, album qui vient tout juste d’être réédité en digital, procédé balbutiant en 2000. Contrairement à l’époque, le groupe, autrefois un trio, se présente dorénavant en duo avec le batteur multi-instrumentiste Bruno Mathieu, l’unique rescapé de l’aventure. Une économie de moyens dopée par une instrumentation diverse, et parfois bricolée, flûte, glockenspiel, boite à musique et claviers divers. Les qualités vocales de Natacha sont intactes et transportent l’auditeur dans son univers entre candeur et brusques accès de fièvre électrique. Si le concert ne fut pas avare de bons moments (notre préféré restera ce rappel au débotté en allemand, joué en toute simplicité) on sent le projet encore en rodage, il ne s’agît après tout que de leur troisième concert après 24 ans de pause. Espérons pouvoir les retrouver, plus aguerris, très prochainement. Les occasions ne devraient pas manquer, un nouvel album étant annoncé pour l’an prochain.

https://www.facebook.com/NatachaTertone/


Avouons-le nous n’avions jamais écouté le trio lillois Corde avant ce soir, et la description qui nous en avait été faîte, évoquant à la fois le folk instrumental et le post-rock, nous laissait pour le moins perplexe. Aussi antinomique que puisse paraître la chose, c’est pourtant bien de cela qu’il s’agît, Corde symbolisant la rencontre de l’acoustique (le violon) et des claviers et autres boucles électro sur tempo flirtant avec un bpm techno. Accompagné d’un flot incessant d’images projetées sur le mur du fond, nous sommes proches d’un ciné-concert, le trio propose un véritable voyage, d’ailleurs le groupe utilise autant le mot « histoires » que « morceaux » pour décrire sa musique, en terra incognita musicale ; dans lequel on croit déceler quelques inspirations celtiques (le violon). Climats et atmosphères alternent du plus doux et éthéré, à de brusques accélérations dues à la batterie et à la basse électrique. Une proposition musicale ambitieuse, forte et très dense, qui nécessite du temps et une écoute répétée, au calme et posée, pour être pleinement digérée et appréciée. Rares sont les groupes à projeter une telle ambition, utilisant un instrument lead, le violon, assez inusité dans le post-rock, nous la saluons et l’apprécions à sa juste mesure.

https://www.facebook.com/cordemusique



jeudi 4 avril 2024

Natacha Tertone : « Le grand déballage » (2000)

 


Et dire que l’album débute par ce titre, involontairement prémonitoire, intitulé « Les occasions manquées » ! Sorti en 2000, ce premier, et pour l’instant unique, album a valu à la Lilloise quelques honneurs, des passages aux festivals des Inrocks, Chorus 92 ou Dour, et des chroniques élogieuses. Et puis plus rien. Tensions artistiques avec les membres de son groupe, son label B pourquoi B parti en carafe, Natacha a progressivement abandonné la musique, laissant en plan un deuxième album inachevé. Et puis, vint la renaissance artistique inattendue. Cette année 2024, on l’a écouté chanter avec ses amis de The Reed Conservation Society, avant de retrouver la scène le temps d’une tournée et la sortie annoncée d’un nouveau disque pour l’année prochaine.

En attendant nous pouvons nous délecter de la réédition de ce fameux premier album dont l’écoute nous plonge dans un entre-deux étrange. Tout d’abord parce que quelques indices indiquent le passage du temps (cf. « Les cartes postales à deux francs ») sans pour autant que l’album ne subissent l’outrage de ce dernier. Le fait est que la proposition musicale de Natacha Tertone est suffisamment singulière, forte en personnalité, pour ne rentrer dans aucune case et éviter tout vieillissement prématuré. La question se pose au fur et à mesure que l’auditeur progresse dans sa (re)découverte de l’album. Qu’est-on en train d’écouter au juste ? De la chanson française ? De la pop indie et lo-fi (« C’est ») cédant parfois aux accents rock bruitistes de guitares déchaînées (« Déjà le temps) ? Un peu tout en même temps en fait, et, mis bout à bout, un univers singulier, un labyrinthe musical dans lequel il fait bon se perdre, se met en place devant nos oreilles ébahies. Avec une constante, cette mélancolie prémonitoire qui prend à la gorge (« Tous ces moments ») et qui, 24 ans après, n’a rien perdu de son acuité. Et puisqu’on en est aux vœux pieux, souhaitons à Rachel des Bois de ressortir des limbes à son tour…

En concert le 10 avril au Petit Bain (première partie de The Reed Conservation Society)

https://www.facebook.com/NatachaTertone/