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mercredi 31 août 2016

Rock en Seine 2016

Une chaleur accablante (c) Victor Picon

Vendredi 26 Août.

Déjà six ans que l'on parcours en long, en large et en travers le parc de Saint-Cloud à la fin de l'été. La rentrée est déjà là et Rock en Seine aussi, sous une soleil de plomb et une chaleur accablante…

Two Door Cinema Club (c) Victor Picon

Theo Lawrence & The Hearts (c) Olivier Hoffschir
The Strumbellas (c) Olivier Hoffschir
Brian Jonestown Massacre (c) Olivier Hoffschir

Brian Jonestown Massacre (c) Olivier Hoffschir
Jack Garratt (c) Olivier Hoffschir
On commence par des retrouvailles avec une vieille connaissance Theo Lawrence and the Hearts, que l'on avait découvert ici même avec son ancien groupe, les Velvet Veins, qui ont d'ailleurs joué leur dernier concert à Rock en Seine, sur la scène Île-de-France. C'était il y a deux ans et depuis, Theo a pris le temps de laisser mûrir son nouveau projet. Résultat, c'est avec l'aplomb d'un vieux briscard que Theo, toujours très classe, cheveux parfaitement gominés et chemisette à carreaux, a pris possession de la scène de l'industrie. L'artiste a évolué dans l'intervalle, on retrouve ses influences blues/rock 60s qui désormais se parent de nouvelles couleurs issues de la soul. La voix de Theo s'est également métamorphosée entre-temps. Une prestation très classieuse, hélas polluée par des problèmes de sons et une présence trop imposante de la basse qui a tendance à avaler toutes les autres fréquences (hélas ça ne sera pas la dernière fois du week-end, une conséquence de la canicule). On continue par un petit saut de puce en direction de la scène pression live pour découvrir The Strumbellas, une formation Canadienne assez nombreuse pratiquant un folk choral post-hippie. La présence du violon ajoute une note originale évoquant tour à tour la country ou le folk celtique. Assez plaisant… On continue dans cette veine post-hippie avec nos héros Brian Jonestown Massacre. Et désolé de le dire mais il s'agît là du plus mauvais concert donné par la troupe menée par Anton Newcombe (on en a vu un certain nombre) qu'il nous ai hélas été donné de voir. Pire encore, le groupe n'y est absolument pour rien. Mais on retrouve les problèmes de son évoqués plus avant, une présence trop forte de la basse, avalant toutes les fréquences. Dès que ce pauvre bassiste à la malheur de frôler une corde on n'entends plus rien, un véritable massacre (c'est le cas de le dire). Le même problème se reproduit avec la batterie (la grosse caisse et le tome basse). Une véritable cacophonie. On s'étonne encore qu'Anton Newcombe, pourtant coutumier du fait, n'ait pas piqué une crise de nerfs. On l'a déjà vu péter les plombs pour moins que cela… Faisons ensuite connaissance avec un véritable équilibriste du son Jack Garratt, un one-man-band d'un genre particulier entre pop et électro. Un main sur le synthé, l'autre sur la batterie Jack fait tout absolument tout seul et surtout, sait communiquer son enthousiasme avec le public ! L'apparition sporadique d'une guitare, jouée également par ses soins, ajoute une note heavy voire bluesy aussi étonnante dans ce contexte que bienvenue. Sa voix tirant plutôt vers la soul Jack mélange les influences pour un résultat autant unique que personnel. Rafraîchissant. On termine cette première journée avec Two Door Cinema Club. Le concert nous confirme ce que l'on savait déjà, les Irlandais sont nettement plus impressionnants sur scène que sur disque, les partis-pris de production très FM 80s ayant tendance à gommer leur agressivité naturelle. Le groupe trouve son équilibre entre synthés, datés, et un son de guitare personnel qui a fait leur fortune (cf. leur synchro très connu dans la pub). Le groupe a trouvé sa formule et la répète à l'envi, les nouvelles compositions jouées ce soir (le nouvel album sort en octobre) ne faisant que confirmer cet état de fait. Efficace à défaut d'être surprenant.

(c) Victor Picon

Kaviar Special (c) Olivier Hoffschir

La Femme (c) Christophe Crénel
L7 (c) Olivier Hoffschir
L7 (c) Olivier Hoffschir

Samedi 27 Août.

On commence la journée avec une grosse pensée pour Sharon Jones & The Dap-Kings qu'hélas on n'applaudira pas cette année après l'annulation pour raison de santé… L'après-midi débute par un énorme coup de cœur pour les Rennais de Kaviar Special. Leur prestation rageuse entre rock, garage, psyché et surf a réussi à créer l'illusion d'une plage en pleine banlieue parisienne. Il n'en faut pas plus pour s'attirer les vivas d'un public nombreux en plein cagnard. Enjouée, avec ce délicat équilibre entre swing rythmique et gros son, la prestation du groupe a durablement marqué les oreilles de votre serviteur. Excellent ! Ce soir La Femme vous donne du plaisir… Rassurez-vous, vous êtes bien à la bonne adresse, La Femme (de Biarritz) étant le groupe le plus bigarré du week-end, chevelure arc-en-ciel, bretelles tricolores, ce genre de choses. Un univers décalé et coloré qui se prolonge au niveau du son, la formation prenant un malin plaisir à brouiller les pistes entre surf music, new wave et électro-psychédélisme… Il faut imaginer quelque chose comme « Rebop » (Marie et les Garçons) repris par les Challengers (ou inversement), porté par un équilibre fragile entre les trois synthés et une guitare aux interventions sporadiques mais judicieuses. Une chose est sûre La Femme va à tout les coups nous donner beaucoup de plaisir pour de nombreuses soirées encore… Leur deuxième album sort ces jours-ci et on est curieux de l'écouter… C'était le rendez-vous immanquable pour tous les kids des 90s biberonnés au grunge : L7 est de retour ! Pionnières du mouvement riot girls, le quatuor de punkettes vieillit bien, toujours aussi abrasif après quelque trente années de carrière. On a bien kiffé (comprendre headbanggé) : c'était l'heure nostalgique du week-end ! Réservée aux groupes locaux en développement, la scène Ile-de-France, un chapiteau reproduisant le décor d'une salle de concert, a été le théâtre de nombreuses surprises ces dernières années (Marietta, Velvet Veins, Blackfeet Revolution etc.). Et encore une fois c'était là qu'il fallait être pour avoir sa dose de rock n'roll ! Le groupe s'appelle The Psychotic Monks et on avait déjà évoqué deux de leurs Eps auparavant. Entre les mains, jeunes mais expertes, des Psychotic Monks le rock n'roll devient cette matière éruptive, une boule de feu explosive prête à vous brûler les tympans et le reste. La petite demi-heure passe trop vite, en forme de grand huit, faîte de hauts et de bas, de passages calmes et aériens et de crashs spectaculaires, les yeux révulsés, les cheveux en pagaille. Un grand moment !

Blues Pills (c) Olivier Hoffschir
Kevin Morby (c) Olivier Hoffschir
Gregory Porter (c) Olivier Hoffschir

Gregory Porter (c) Olivier Hoffschir
Iggy Pop (c) Olivier Hoffschir


Dimanche 29 Août.


En bon fan de rock on attendait le moment avec impatience, la venue, toujours assez rare de Blues Pills en dépit de la présence de l'excellent guitariste français Dorian Sorriaux au sein de la formation. Entre psyché et hard rock, marqué par les sixties, Led Zeppelin n'est jamais bien loin, Blues Pills est l'un des meilleurs groupes dans le genre à l'heure actuelle (avec les Rival Sons) dont on parle hélas assez peu. La musicalité du groupe est extrême, la virtuosité à l'avenant, entre attaques de guitare et séquences planantes au clavier. L'audience est sous le charme de la chanteuse Elin Larsson, les pieds nus, et de sa combinaison moulante. On prend ensuite nos quartiers sur la scène de la cascade ou nous attend Kevin Morby, une magnifique plume entre pop et folk, excellent songwriter, héritier de Dylan. Afin de rendre le set live plus dynamique, Kevin et son quatuor optent pour une option électrique ce qui ne change pas fondamentalement la donne ni le pouvoir d'attraction de sa musique. Extrêmement bien écrite, ses chansons prennent la forme de petits bijoux indémodables gageons que sa musique vieillira bien. Vint ensuite l'heure de retrouver une présence étonnante en ces lieux, celle du jazzman Gregory Porter, mais un peu de swing ne fait jamais de mal. Saxophone, piano, autant d'instruments que l'on a peu eu l'occasion d'entendre ce week-end et qui font tous le sel de la musique de Gregory Porter. Showman né et chanteur au timbre impressionnant de puissance, Porter aurait dû nous combler si son set n'avait pas été pollué par ces problèmes récurrents de sonorisation de la contrebasse. Cette dernière avalant toutes les fréquences et transformant la musique, pourtant oh combien subtile et délicate de Porter, en imbuvable cacophonie. Une belle occasion de ratée, on enrage… Dernier survivant, qui l'eut crû, du trio formé avec Lou Reed et David Bowie, Iggy Pop a toujours la pêche et une furieuse envie d'en découdre. Revisitant avec panache sa carrière avec les Stooges (« I wanna be your dog » en ouverture) ou en solo (« Lust for life », « The Passenger ») Iggy devient une sorte de créature, animal rock sur qui le temps n'a pas de prise. Les compositions n'ont pas pris une ride et sont délivrées avec autant de patate qu'au premier jour. Enfin du moins au début du show. Toujours excentrique et prince du second degré Iggy multiplie les mimiques sur l'avancée de scène avec une fraîcheur qui fait plaisir : « S'il vous plaît la sécurité laissez-là monter sur scène »… En revanche se produire torse nu à son age semble au-delà du raisonnable… Mais tentez donc de faire entendre raison à Iggy… Un seul regret, le répertoire de son excellent dernier album (« Post pop depression ») est un peu délaissé au profit des vieux tubes. Dommage même si on est toujours heureux de réécouter ces grands classiques indémodables...

(c) Christophe Crénel

mercredi 28 avril 2010

Brian Jonestown Massacre, le Bataclan, 27 avril 2010


Après une longue intro, une plage de plusieurs minutes, les huit musiciens du Brian Jonestown Massacre font leur entrée en scène à la queue leu leu. Un constat s’impose rarement un groupe aura présenté un visage sur scène aussi différent que celui du studio. Une vraie dichotomie. Sur scène le Brian Jonestown Massacre est ce qu’il n’est plus qu’occasionnellement sur disque à savoir un groupe de rock n’roll, tendance psyché pastichant les années 60. Car si Anton Newcombe, le leader, n’a jamais perdu de vue ses aspirations psychédéliques, ces dernières prennent depuis deux albums (« My Bloody Underground » et « Who killed Sergent Pepper ») et demis (le maxi « We are the radio ») des contours plus ombrageux, quitte à désarçonner nombre de fans. Le Brian Jonestown Massacre est aussi, accessoirement, devenu un remarquable assemblage de musiciens. Pourtant pas facile de se mettre en place à huit (quatre guitares, orgue, basse, batterie, tambourins). La technique est de simplifier chaque partie jouée individuellement par chacun. Une fois toutes les pièces du puzzle mises en place, l’auditeur se retrouve face à un véritable mur du son. Après le retour du « tambourine man » Joel Gion, c’est à Matt Hollywood, ex bassiste devenu guitariste, et salué par une belle ovation, de revenir au bercail. C’est une bonne nouvelle pour le groupe qui a le mérite d’élargir le répertoire du groupe qui ne jouait plus ses chansons depuis son départ. Ce dernier relaie régulièrement Anton au chant qui, du coup, peu cloper tranquille, entre deux accords, faisant fi des interdictions. Le concert met en lumière le contraste entre Matt, songwriter pop sous influence Beatles, et Anton, adepte d’une approche beaucoup plus radicale et expérimentale à base de samples et de boucles électro. A part cela un excellent concert qui fleure bon la nostalgie des 90s, pratiquement aucune chanson récente n’a été jouée. Une bonne soirée en définitive ne serait-ce que le proverbial pétage de plomb d’Anton Newcombe qui, mécontent du son, quitte la scène au beau milieu de « When Jockers attacks » et laisse les autres se démerder sans lui (tout le contraire de ce que m’enseignent depuis des années mes profs de musique). Le reste du groupe ne se démonte pas et continue la chanson. C’est juste dommage que tout cela ait lieu au milieu de ma compo préférée du groupe. Matt pose alors sa guitare et va rechercher Anton dans les loges. Ce dernier revient en bougonnant dès le titre suivant. Ne nous plaignons pas, lors du précédent concert au Bataclan, la crise de nerfs avait duré beaucoup plus longtemps… En fait Anton Newcombe est tellement obsédé par le son, qu’il en devient maniaque obsessionnel. Il faut le voir régler, un par un, tous les potards de la guitare puis de l’ampli, au millimètre près, pendant plusieurs minutes entre les titres. Ce type ne supporte pas la moindre erreur : tout doit être parfait. C’est tout simplement impossible. Vers la fin du concert Anton préfère zapper une chanson, dès les premières mesures, plutôt que de se planter. Matt hausse les épaules et ne se pose pas plus de questions que cela, l’habitude certainement, et enchaîne sur le dernier titre. Pas de rappels mais un concert de deux heures pleines. Avant de quitter la scène Matt prend le temps de faire quelques photos du public. Il me semble bien que c’est son premier concert dans nos contrées. Espérons que le voyage lui a plu. Nous en tout cas on a été ravis…
http://www.brianjonestownmassacre.com/
www.myspace.com/brianjonestownmassacre

samedi 13 mars 2010

Brian Jonestown Massacre : Who killed Sergent Pepper ?




Il faut bien l’admettre, c’est toujours accompagné d’une certaine inquiétude que l’on découvre un nouvel album du Brian Jonestown Massacre. C’est de notoriété publique, ce groupe est capable de tout. Des albums brillants, des concerts inoubliables mais aussi de morceaux complètements incompréhensibles « Black Hole Symphony », « Sound of Confusion », méprisants les fondements même de la musique, le rythme et la mélodie, ou bien encore de chansons en Islandais puisque telle semble être la nouvelle marotte d’Anton Newcombe, le fantasque leader du groupe, au passage l’un des personnages les plus intrigants du rock US. Ce groupe sent le souffre, et ce n’est pas le graphisme assez dérangeant de cette nouvelle pochette qui va améliorer les choses. Si Newcombe est moins focalisé sur les années 60 que par le passé et semble être rangé des sitars, le Brian Jonestown Massacre a conservé ses vues psychédéliques, parmi les plus brillantes de l’époque. Ce nouvel album, le dixième, c’est soixante et onze minutes de rock planant (au-dessus de la mêlée), de plages synthétiques, de guitares répétitives et de batteries obsédantes. Et un plagiat éhonté de la Joy Division : « This is the one thing we did not want to have happen ». Les amateurs de bizarreries seront servis avec «white music » et « fett tipped pictures of ufos » un collage sonore de la voix de John Lennon sur fond de boucles répétititves. L’étrangeté est de retour…
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vendredi 11 juillet 2008

The Blakes + Brian Jonestown Massacre, Le Bataclan, 3 juillet 2008.


Belle soirée de rock n’roll en perspective au Bataclan avec par ordre d’apparition, The Blakes, l’une des révélation de l’année (voir mes messages des 20 mars et 11 mai) puis les revenants du Brian Jonestown Massacre (voir mon message du 14 avril).



The Blakes, donc, après la première partie de Gossip à l’Olympia, continue son apprentissage sous des tutelles des plus respectables. Le trio se révèle à nouveau excellent sur scène ou ses compositions sont nettement plus musclées que sur disque, notamment grâce au batteur, Bob Husak, un sacré client dès lors qu’il s’agit de jouer des coudes. Le tout début de leur set a été un peu « flottant » avant de gagner en consistance grâce à leur titre phare « two times », le véritable révélateur du groupe.


Vint ensuite, les stars de la soirée, le Brian Jonestown Massacre, avec, divine surprise, le retour du « tambourine man », Joel Gion, coupable pour le coup d’une petite infidélité à ses Dilletantes. Si le dernier opus de BJM, « My Bloody Underground », m’a laissé perplexe, force est de constater que sur scène, BJM tisse une toile toujours plus psychédélique dans laquelle il fait bon se noyer. La setlist fait la part belle aux anciens morceaux de bravoure de groupe, les « Who ? », « Vaccum boots », « When jokers attacks », « Anenome » ceci expliquant peut-être cela. Anton Newcombe, le leader du groupe a, tristement, fait une nouvelle fois honneur à sa réputation détestable. Pas un mot envers le public, auquel il tourne le dos les trois quarts du temps, sauf pour lui asséner un « fuck off, i’m talking » définitif. L’air hagard, perdu, assis sur son ampli entre deux chansons, Newcombe a boudé toute la soirée. Au point de quitter la scène à plusieurs reprises, laissant ses compagnons de galère, qu’évidemment il ne présente pas, se débrouiller, assez mal, sans lui. D’où de nombreux moments de flottements au milieu du show, le reste du groupe s’embourbant dans des instrumentaux sans fin, noisy et pénibles. Anton Newcombe, la preuve vivante que décrocher de l’héroïne ne rend pas spécialement sympathique. Plus d’une fois, Newcombe a été à deux doigts de déraper, le guitariste intervenant, se mettant à jouer à plein volume, histoire de lui couper le sifflet… Ambiance… Le sommet a été atteint lorsque le groupe, désemparé, attendait le bon vouloir de Monsieur Newcombe pour attaquer l’unique rappel. Il fallu toute la force de persuasion de Joel Gion, pour que Monsieur veuille bien revenir des backstage. Joel Gion qui a déployé des trésors d’humour pour faire patienter le public : « Vous savez, nous aussi on attend. Come on Brother ». Décidemment, pour le meilleur et pour le pire, un concert de BJM ne ressemble à aucun autre, ce qui fait de ce groupe une expérience unique en live.
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lundi 14 avril 2008

The Brian Jonestown Massacre : My Bloody Underground






En 2005, dans une salle obscure, j’ai assisté à un des plus gros chocs musicaux de ces dernières années. Pour une fois il ce n’était pas dans une salle de concert mais dans un cinéma. Il s’agissait du film « Dig ! », documentaire rock, filmé par Ondi Timoner sur une période de sept ans, mettant en scène deux groupes amis puis rivaux : The Dandy Warhols de Portland et le Brian Jonestown Massacre de San Francisco. J’ai tout de suite était frappé par la folie du leader du BJM, Anton Newcombe, mais aussi par son immense talent de songwriter. Son talent unique pour mélanger folk, rock psychédélique, country tout en mélangeant les guitares à tout un tas d’instruments exotiques (sitar, flûte…) et de percussions issues de la world music. L’ensemble pastichait les années 60 avec beaucoup de talent. C’était un sacré groupe que je venais de découvrir.

Et en ce printemps 2008, l’histoire se continue avec la sortie du premier vrai album du Brian Jonestown Massacre (voir mon message du 4 février 2007) depuis « And this is our music » sorti en 2003 ; « We are the radio » (2005) n’était qu’un EP d’un petit quart d’heure. Pour un groupe qui dans ses grandes heures tournait au rythme insensé de trois albums par an, le temps commençait à être long ! Newcombe a pour l’occasion mis les petits plats dans les grands : 13 titres, en grande partie instrumentaux, et 78 minutes de musique. Et au final c’est un sentiment de confusion qui prédomine. Bon c’est vrai, BJM n’a jamais été connu comme un groupe « concis » balançant des singles de trois minutes. « My Bloody Underground », le titre du nouvel opus, mélange avec un bonheur inégal psychédélisme contemporain « shoegaze », ce qu’ils n’avaient plus fait depuis « Methodrone » leur premier disque, et titres plus 60s. Le meilleur du lot étant « Yeah-Yeah », qui rappelle les meilleures heures du groupe. Enfin, l’album se termine sur une plage totalement inutile « black hole symphony », pas de paroles ni même de mélodie, juste un larsen interminable de plusieurs minutes. Cet album mérite certainement de nombreuses écoutes attentives avant d’en saisir tout le sel. A moins qu’il faille être complètement défoncé.

Brian Jonestown Massacre : "Yeah Yeah"


Brian Jonestown Massacre : "Dropping bombs on the White House"


Brian Jonestown Massacre : "Who fucking pissed in my well"

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www.cargorecords.co.uk/bjm
http://www.myspace.com/brianjonestownmassacre

dimanche 4 février 2007

Playlist

Etant un jeune homme moderne, il m’arrive parfois de laisser tomber mon tourne disque et mes vinyles (et vous êtes priés de ne pas rire car je tiens beaucoup à ma platine et à mes 33 tours ainsi qu’à mes guitares). J’ai donc récemment fait l’acquisition d’un téléphone, lecteur MP3. Voici ma playlist, qui n’est ni parfaite, ni idéale car jamais rien ne l’est dans la vie (à commencer par ledit téléphone que j’ai toutes les peines du monde à faire fonctionner).

1-Bettye LaVette : Joy
On commence par un extrait du dernier album en date de Bettye, « I’ve got my own hell to raise ». Le titre est porté tout du long par un riff de guitare gras et bluesy à souhait. Bettye excelle dans ces conditions minimales qui mettent sa Voix le plus en valeur. Cette Voix cassée, laisse passer toute une palette d’émotions bien plus que les paroles (They took my joy/i want it back), faisant, je pense, référence à sa carrière en dents de scie, ne le laissent présager de prime abord. Cette Voix, entre cri de douleur et rage de vivre, c’est de la Soul, du Blues à l’état pur. J’ai eu la chance de rencontrer une fois Bettye un soir après un concert au New Morning, elle m’avait accueilli avec un monumental « Hello Sweetheart », je ne m’en suis jamais remis ! Maximum respect à cette Grande Dame.

2 – The BellRays : Tell a lie
Ah les BellRays ! Bien qu’originaire de Californie, les BellRays respirent Detroit, la motown mais aussi (surtout) les groupes de rock furieux (MC5, Stooges) de la fin des années 60. Un peu comme si Aretha Franklin était tombée dans le grand bain punk. Aussi improbable que cela puisse paraître, force est de constater que la formule, qu’ils ont baptisée « Maximum Rock n’Soul » (En fait tout ce que j’aime), fonctionne. Et même particulièrement bien sur ce « Tell a lie » tout en groove, basse énorme, guitares wha-wha et cuivres à l’appui. Créant ainsi le parfait écrin pour la chanteuse Lisa Kekaula, une des grandes Voix de notre époque. Attention, le groupe est particulièrement explosif sur scène.

3-Tower Of Power : To say the least you’re the most
Prenons maintenant la direction de la baie de San Francisco (Oakland). Bien plus que les chanteurs (interchangeables), c’est la section de cuivres qui est la star du groupe. Requins de studio ils ont enregistré et/ou partagé la scène avec les trois-quarts de l’industrie. De James Brown à John Lee Hooker en passant par les Meters et même Eddy Mitchell ! Extrait de l’album « Urban Renewal » (1975), T.O.P est à son apogée. Swing impeccable, assuré par le batteur David Garibaldi, solo de sax à perdre haleine, chant sur le fil, ce morceau dégage un groove à s’en faire péter les articulations. La suite sera beaucoup moins glorieuse le groupe glissera peu à peu vers un disco/funk enregistré au mètre.

4-Sharon Jones and the dap-kings : Natural Born Lover
Faites le test auprès de vos amis, passez le disque et demandez-leur de deviner la décennie où il a été enregistré. « Les années 60 » ! S’exclameront-ils en cœur. Tout faux, Sharon est une chanteuse de New York et bien de notre époque. Mais tout de la pochette au son ressemble à la grande époque du Rythm & Blues. Petit détail amusant, la pochette (comme toutes les productions Daptones Records) n’indique pas l’année de sortie du disque (2005) afin de nous induire un petit peu plus en erreur.

5-Sharon Jones and the dap-kings : Stranded in your love
Toujours extrait de l’excellent album “Naturally”, voici un duo entre Sharon et Lee Fields particulièrement cinématographique, basé sur un schéma « scène de ménage/réconciliation » alternant les dialogues et le chant. A noter l’excellent travail de production de Bosco Mann où la multiplicité d’arrangements (piano, cuivres, cordes) trouve naturellement sa place sans que l’ensemble ne sonne surproduit. Du grand art.

6 – Brian Jonestown Massacre : In India You
Les spectateurs ayant vu le documentaire “Dig!” le savent, Anton Newcombe, leader de BJM est aussi cintré que génial. Et nous en apporte la preuve avec ce « In India You », grand barnum psychédélique à base de sitar, guitare acoustique, orgue, flûte, percussions diverses et variées et voix éthérée. Hallucinant (dans tous les sens du terme) !

7-Brian Jonestown Massacre : Feelers
Toujours extrait de l’album « Their satanic majesties second request » (quel titre !) sorti en 1996, le groupe de San Francisco nous fait un cirque à peu près semblable à celui du titre précédent. Mais comme je ne m’en lasse pas, j’en reprends une part !

8-The Richmond Sluts : You drive me wild
Les Richmond Sluts furent, très brièvement, les “Rolling Stooges” de San Francisco. Extrait de leur unique album, sorti en 2001, « You drive me wild » porte particulièrement bien son titre. Tout le sel du groupe vient de cet orgue, apportant une petite touche groovy et psychédélique à une formation très orientée garage/rock n’roll par ailleurs. Quelques informations glanées sur My Space, m’apprennent que Shea (guitare/voix) et Chris (basse) ont depuis laissé tomber la musique. Dommage.

9-The Lords of Altamont : Time
Reprise du classique des Chambers Brothers (un groupe de rock black des années 60) pour ce groupe rock n’roll tendance bikers de Los Angeles mené par Bobby Cavaliere (chant/orgue). Les guitares sont encore plus grasses et énormes que chez les Richmond Sluts mais l’orgue farsifa permet de calmer quelque peu les choses (enfin tout est relatif).






10-Wraygunn : Keep on Prayin’
Les Wraygunn sont originaires de Coimbra (Portugal) et chantent en Anglais. Dans le genre échappé de l’asile, leur leader Paulo Furtado (a.k.a The Legendary Tiger Man) fait une sérieuse concurrence à Anton Newcombe. Ce titre, extrait de l’album ecclésiastes 1.11 sorti en 2006, mélange habilement rock et cœurs gospel. Avec orgue hammond et quelques scratches pour la note moderne. Et la sublime Voix de la non moins sublime Raquel…




11-Pamela Hute : My Dear
Petite note frenchy pour finir avec un extrait de l’excellent maxi sorti par Pamela l’année dernière, qui n’a pas, hélas, la distribution que son talent mérite. My Dear est un concentré d’efficacité rock de 1 minute 43 secondes ponctué par une hallucinante descente de guitare/basse. Bravo ! Ajouter une image