vendredi 29 mars 2024

Térez Montcalm : « Step Out »

 


Qualifiée de « plus rock des chanteuses de jazz », qualification qu’elle réfute, Térez Montcalm est, avant toute chose, une remarquable chanteuse à la voix fêlée et rocailleuse, dans un registre proche de Janis Joplin, un aspect hélas un peu trop forcé sur ce nouvel album, tant son timbre unique ne laisse pas indifférent, dans un sens ou dans l’autre. Se considérant elle-même avant tout comme une interprète (ce qui ne l’empêche pas de signer quelques titres de sa plume), la chanteuse, éclectique à l’aise aussi bien dans le jazz, la soul que le rock, brille naturellement dans le domaine de la reprise. Et c’est précisément dans cet exercice de la reprise que s’inscrit l’identité québecoise de la chanteuse. Le Québec ce territoire francophone isolé en Amérique du Nord, situé au confluent de plusieurs cultures, où le français et l’anglais s’amalgament. Exactement ce que l’on retrouve sur le nouveau disque de la chanteuse que l’on voit s’attaquer aussi bien aux caciques de la chanson française, « J’attendrai » de Claude François (qui n’est autre que l’adaptation française de « Reach out, I’ll be there » des Four Tops) qu’aux classiques du rock anglais (« She’s not there » des Zombies) ou américain (« Trouble » d’Elvis Presley). Entouré d’un trio de musiciens (guitare, basse et batterie) absolument remarquable, les mêmes que l’on retrouve sur scène, la chanteuse, également guitariste, donne une nouvelle jeunesse à ces classiques, méconnaissables, et mus par une énergie contemporaine ne négligeant pas le swing et le groove. Ainsi, l’excellente impression laissée par le disque sera confirmée par le concert du 26 mars au Studio de l’Ermitage où l’aspect un peu forcé du chant sur disque sera atténué, pour le plus grand bien de la musique. En sus des titres ci-dessus mentionnés, la chanteuse, dotée d’un sens de l’humour ravageur, s’attaquera également à une version française de « Fever » (différente de celle de Marie France) ainsi qu’à Jimi Hendrix ! En résumé toutes les musiques que l’on aime dans la même soirée, cette dernière ne pouvait qu’être réussie !

https://terezmontcalm.net/

https://www.facebook.com/TerezMontcalm/


mardi 12 mars 2024

Gjenferd : « Starless »

 




Il est probable qu’en appuyant sur la touche play, l’auditeur ne s’attendait pas à ça… Tout droit venu de Norvège ce single de Gjenferd se pose là en termes d’odyssée musicale. Loin des codes imposés par l’industrie musicale la chanson dure sept minutes, soit largement le temps pour le groupe d’explorer toutes sortes de facettes de leur art. Ainsi après une intro marqué par le métal et le doom lancinant, le groupe s’échappe dans une longue dérive psychédélique, comme dans les 70s, où se croisent métal et blues, orgue acide et groovy à l’appui avant le coup de rein final. C’est du grand art !

https://www.facebook.com/gjenferdband




lundi 11 mars 2024

Monseigneur : « Nous ne vieillirons pas ensemble »



C’est dans la mince frontière séparant le psychédélisme (cf. les percussions en intro) au rock puissant chargé en guitare sous influence Led Zeppelin, que s’engouffre avec bonheur Monseigneur avec tout premier single. Le texte en français (c’est, hélas, suffisamment rare pour être souligné) rappelle le regretté Alain Bashung. S’il est difficile d’affirmer après un seul titre que nous tenons là la nouvelle pépite du rock français, notre curiosité est définitivement éveillée.

https://www.facebook.com/monseigneurmusic


vendredi 8 mars 2024

Maxwell Farrington & le SuperHomard : « Please, Wait... »

 


La collaboration entre l’hyperactif chanteur australien exilé et le musicien français avait fait des étincelles en 2021 avec un album de très haute tenue suivi d’un EP d’excellente facture sorti quelques mois plus tard ; deux sorties couronnées d’un succès critique sans appel. Autant dire que le duo était attendu au tournant avec ce deuxième album en commun. Loin d’évoluer dans les mêmes sphères, ce nouveau disque marque une évolution stylistique significative. Moins immédiat, moins facile d’accès, le duo délaisse la pop/folk primesautière des débuts pour une sorte de sophistication froide proche, dans l’esprit, de Scott Walker. Une évolution perceptible dans le chant de Maxwell Farrington, plus crooner que jamais. Pour le reste, le SuperHomard (Christophe Vaillant pour l'état civil) sort le grand jeu : piano, envolées de cordes, une pointe synthétique discrète de temps en temps, clavecin. La production est à n’en point douter classieuse (la merveilleuse « Postprandial Promenade » enluminée par la présence de la non moins merveilleuse Nadine Khouri) ; nous saluons la prise de risques tout en regrettant que les nouvelles compositions ne soient plus aussi euphorisantes.

En concert le 30/05 à La Maroquinerie

https://www.facebook.com/lesuperhomard/





jeudi 7 mars 2024

Nick Wheeldon & The Living Paintings : « Waiting for the piano to fall »

 


Adepte des expériences insolites, Nick Wheeldon, l’Anglais de Sheffield installé en France, nous invite une nouvelle fois à une sorte d’happening. Changer de costume est une habitude pour l’Anglais qui n’a de cesse de monter (ou de démonter) les groupes qui l’accompagne, et de travailler sur plusieurs albums en même temps. Ainsi les membres de la formation qui l’occupe en ce moment, The Living Paintings, ne s’étaient jamais rencontrés auparavant et, bien évidemment, n’avaient jamais joué ensemble. Le nom du groupe se révèle particulièrement bien trouvé. Car écouter l’album qui en découle, enregistré en direct en cinq jours, c’est un peu comme assister à un happening sonore. Une expérience en soi, du douloureux cri d’ouverture (« Stamping on Daffodils », Alex Chilton n’est pas bien loin) à la plus enlevée « Isaak » (excellente soit dit en passant). Chanteur et musicien caméléon, Nick Wheeldon est toujours à la recherche de la surprise, une manière de fuir le confort et la routine. Une recette gagnante tant ce nouvel effort regorge de pépites folk déconstruites sous les coups de butoir des musiciens, emportés par la folie du moment, telle une tempête emportant tout sur son passage. Excellent.

En concert solo le 8 mars à la Pointe Lafayette.

https://nickwheeldon.bandcamp.com/album/waiting-for-the-piano-to-fall-2

https://www.nickwheeldon.com/

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https://twitter.com/WheeldonNick





mercredi 6 mars 2024

Freddy Miller : « Just be yourself »

 


Naguère chanteur de feu Shake your hips ! Freddy Miller poursuit son parcours en solo avec ce nouvel effort. Sois toi-même nous indique le titre de ce nouvel effort, sorte de leitmotiv pour le chanteur venu du blues qui a choisi de se placer au confluent de plusieurs cultures pour ce projet solo. De blues il est bien évidemment question (cf. la deuxième piste tutélaire), mais le genre constitue plutôt une trame générale pour le projet qui ne s’interdit pas d’aller picorer ailleurs au gré des envies de la soul / rhythm’n’blues, cuivres rutilants à l’appui, aux riffs rock’n’roll de guitares surpuissantes. Autant d’idiomes que le chanteur s’approprie avec bonheur grâce à son grain de voix rauque et puissant, à l’aise dans tous les registres. Un très bel album produit avec soin et passion.

https://freddymiller.fr/

https://www.facebook.com/FreddyMillerBand





lundi 4 mars 2024

François Premiers : « Salamander Shuffle »

 


Il existe dans nos contrées un formidable groupe de rock’n’roll dont on parle relativement peu : François Premiers ! Manière de supergroupe havrais la formation s’articule autour de deux François, survivants des années 1980 : François Lebas (Fixed Up, Backsliders) et Frandol (Roadrunners) qui est justement l’auteur de cette nouvelle chanson. Relativement rare sur scène (du moins à Paris), le groupe l’est également sur disque ne sortant jusqu’à présent que des 45 tours. Le quatrième est prévu à la fin du mois et est, une nouvelle fois, une petite merveille de rock’n’roll aux effluves psychédéliques (ah cette mandoline électrique !) toute droit sortie des années 60.

https://poseurrecords.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/FrancoisPremiers