C'est le grand
classique de saison, l'indispensable exercice de style du show biz
étasunien : l'album de Noël. Pas franchement rock dans
l'esprit, le genre a pourtant donné naissance à quelques disques
indispensables signés par Chris Isaak, The Fleshtones, The BellRays
ou The Ventures et Phil Spector dans les sixties. Cette année, c'est
la diva soul Sharon Jones qui s'y colle et lorsqu'on connaît le
savoir-faire du label Daptone en matière de soul/funk à l'ancienne
on ne peut qu'être impatient d'écouter le résultat. Première
constatation, Miss Jones n'a pas absolument cherché à tout prix un
disque de Noël avec des clochettes partout et autres clichés du
genre. C'est plutôt l'inverse, de la même façon que l'on décore
un sapin, les Dap-Kings ont subtilement intégré quelques références
aux fêtes de fin d'année dans un album qui reste, essentiellement,
un disque de soul vintage. Ainsi les quelques classiques intégrées
au track-listing, « White Christmas », « Silent
Night » (version blues) et autres « Silver Bells »
sont méconnaissables. « Little drummer boy » devient de
la sorte « funky ». Afin d'éviter les clichés, le
groupe a cherché à intégrer l'esprit de Noël dans une sorte de
réalisme ambiant : « 8 days of Hanukkah », « Ain't
no chimneys in the projects », et oui, il n'y a pas de
cheminées dans les cités. Et comme l'ambiance est malgré tout à
la fête, Sharon Jones a injecté pour finir une note délirante à
l'album cela donne la jazzy (on note au passage la diversité
musicale de la chose) « Big Bulbs » (grosses boules,
tda) ! Quasiment donnée pour morte il y a deux ans après une
grave maladie et un disque médiocre (« Give the
people what they want » le plus décevant de sa carrière), Sharon Jones effectue ici un
spectaculaire retour au premier plan. Voilà au moins une excellente
raison de se réjouir en ce jour particulier.
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vendredi 25 décembre 2015
mercredi 14 mars 2012
Sharon Jones and the Dap-Kings, La Cigale, 12 mars 2012.
Sharon Jones, la soul sister number one, est récemment
revenue dans l’actualité grâce à la sortie de l’album « Soul time »,
compilation de faces B et d’inédits. Si ce matériel, à haute teneur funky,
n’est certainement pas le meilleur de Sharon et est très certainement quelques
crans en dessous de ses fabuleux trois derniers albums, « Soul time »
bénéficie des standards de qualité du label Daptone. Et cela nous donne
également l’occasion de revoir Sharon Jones et son groupe les Dap-Kings sur
scène. Et c’est à peu près ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle en
matière de soul music. Ce retour sur scène se fait dans des circonstances
dramatiques car, comme elle l’a confié sur scène, Sharon Jones vient de perdre
sa maman mais a cependant tenue coûte que coûte à terminer cette tournée, car
comme elle l’explique : « elle n’en serait pas là sans elle ».
Comme toujours avec les artistes du label Daptone, le concert se présente sous
la forme d’une soul revue à l’ancienne. On commence par quelques morceaux
instrumentaux des Dap Kings puis c’est au tour du guitariste Binky Griptite
(également auteur de plusieurs 45T en solo) d’assurer le chant sur un titre.
L’ambiance commence à monter quand les choristes font leur entrée sur scène et
qui ont également le droit de chanter une chanson chacune. Le public est alors
chaud bouillant pour accueillir Sharon Jones qui, sous les vivas de la foule,
fait une véritable entrée de star. Il n’y a pas à redire mais nos amis Américains
s’y entendent vraiment lorsqu’il s’agît de faire le show. Si Sharon Jones a
montré une évolution musicale intéressante sur ces derniers albums avec des
arrangements toujours plus fins et plus soul à base de cordes, sur scène, la
formule reste des plus funky ce qui transparaît à travers le line up
choisi : deux guitares, basse, batterie, congas et trois cuivres. Avec ça,
ça devrait dépoter (un orgue par exemple aurait apporté une note plus smooth).
D’autant plus que Miss Jones est particulièrement physique sur scène. Chante,
saute partout et danse (un fameux medley à base de danse sixties : swim,
funky chicken, boogaloo, twist). Il n’y a guère que des talons un peu trop
hauts pour l’arrêter et encore de façon très provisoire. Après un set
particulièrement énergique, mais parsemé de moments d’émotion pure lorsque
Sharon évoque sa maman, Miss Jones est revenu sur scène pour des rappels
particulièrement émouvants. Seule accompagnée par le guitariste Binky Griptite
et des deux choristes Sharon a rendu hommage à Amy Winehouse (qui a tourné avec
les Dap Kings en backing band) reprenant « You know i’m no good ».
Moment qui a du être très émouvant également pour le guitariste Binky Griptite
qui a participé à l’enregistrement de l’album « Back to black » même
si il n’a rien laissé transparaître. Après viendra l’hommage à Etta James puis
Whitney Houston, elle fait le « I’ll always love you » aussi bien que
l’original. L’occasion de constater une fois de plus que Sharon a une voix à se
pâmer et que, même à cappella, elle peut mettre tout le monde à genoux. Les rappels ont en outre montré une autre facette de Sharon Jones, plus dépouillée et plus gospel, que l'on entends pas forcément sur disque. Assurément une grande voix de la soul music, toute période confondues, à voir
absolument sur scène au moins une fois.
lundi 10 mai 2010
Daptone Gold

Cette compilation de 23 titres multi-artistes, tombe à point nommée pour souligner l’importance du label Daptone (from Brooklyn) dans le revival de la soul à l’ancienne depuis le début du millénaire. Tout d’abord, l’extrême homogénéité de l’ensemble est mise en valeur ici, c’est normal puisque Daptone fonctionne comme une famille et, à l’instar de la Stax et autres Motown, les mêmes musiciens jouent sur quasiment tout les disques du label passant d’un projet à l’autre. Ensuite le disque prouve qu’en à peine dix ans, Daptone s’est constitué un catalogue absolument extraordinaire, et je pèse mes mots, en appliquant toujours le même processus : récupérer des vocalistes expérimentés dont la carrière n’a jamais décollée : Charles Bradley, Lee Fields, Sharon Jones, Naomi Shelton, Cynthia Langston. Concernant le track-listing, c’est bien évidemment la Star Sharon Jones qui se taille la part du lion avec pas moins de 7 titres représentés. Le disque, et c’est une petite déception, ne compte pas vraiment de nouveautés où d’inédits mais vaut pour les nombreux titres qui jusqu’ici n’étaient disponibles qu’en 45 tours, notamment ceux du guitariste Binky Griptite et de Charles Bradley (accompagné du Menahan Street Band) dont on attend les premiers albums respectifs. C’est également avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve Lee Fields dont les enregistrements studio sont très rares…
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mardi 20 avril 2010
Sharon Jones and The Dap-Kings : « I Learned the hard way »

C’est le coup de cœur de ce printemps, en même temps que les beaux jours reviennent, la sublime Sharon Jones est de retour avec un nouvel album, une fois de plus excellent de bout en bout, comme quoi une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. Qu’il semble loin le temps où Sharon Jones, telle une prêtresse funky, se déchaînait en émule féminin de James Brown. Depuis son second effort, Sharon Jones n’a de cesse d’aller vers plus de soul. Et ce nouvel opus, le quatrième, confirme cette tendance. « I learned the hard way » commence fort dans l’intensité dramatique avec les deux premières plages « The game gets old » / « I learned the hard way ». Dès le troisième titre « Better Things », les choses s’arrangent, géniale accroche des cuivres, la chanson s’ancre durablement dans l’oreille de l’auditeur dès la première écoute. Un peu comme l’intégrité de ce cd, finalement. Les Dap-Kings, sont au sommet de leur art et groovent avec classe, comme le prouve l’instrumental « The Reason ». Cet album est celui de la maturité, les arrangements de cuivres et de cordes, les nappes de claviers, assez timides sur les albums des débuts, sont dorénavant luxuriants. Mais Sharon Jones brille également dans le minimalisme l’inattendu « Mama don’t like my man » clôt le disque sur une note intime. Accompagnée d’une seule guitare, Miss Jones dégage une émotion irrésistible. Excellentes compositions, groove généreux et le timbre, soulful et inimitable, de voix de Sharon Jones, tout est réuni pour faire de cet album un classique immédiat de soul vintage sixties. A écouter, il va de soi, sans modération aucune…
www.myspace.com/sharonjonesandthedapkings
www.sharonjonesandthedapkings.com
mercredi 14 avril 2010
Sharon Jones and The Dap-Kings, Le Trabendo, 13 avril 2010.

Chaude, chaude ambiance dans un Trabendo plein comme un œuf et prêt à fêter comme il se doit le retour de la new-yorkaise Sharon Jones qui célèbre la sortie de son quatrième album, l’excellent, on y reviendra bientôt, « I learned the hard way ». Donc un Trabendo plein à craquer, la queue interminable au bar, où les quatre pauvres bar maid et men paraissent bien esseulés devant la foule de soiffards, aura raison de toutes les soifs. Même effervescence devant le « Daptone supersoul superstore » (le stand à tee-shirts et disques) où la foule calme d’emblée toute fièvre vynilique. Bref pendant ce temps, sur scène, le MC et guitariste Binky Griptite annonce, avec beaucoup d’humour, le programme de la soirée de sa voix de stentor avant d’attaquer la première partie, soit deux chansons de son répertoire personnel. Ils sont huit musiciens sur scène, les trois cuivres alignés sur la droite de la scène, le bassiste et les deux guitaristes alignés sur la gauche et dans le fond le batteur accompagné du percussionniste. Tout est parfaitement en place, le groove est absolument terrible, il ne s’agit pourtant que de la deuxième date de la tournée, quand arrive la star de la soirée Mrs Sharon Jones. Première constatation, elle est toute petite en vrai et il faut souvent se tordre le cou pour l’apercevoir entre deux nuques. Sur scène, cette grande Dame partage beaucoup avec le public et chante souvent penchée vers les premiers rangs en tendant les bras. Le show est participatif et, régulièrement, le public monte sur scène, à l’invitation de Miss Jones, pour partager une danse avec la star. Très physique Sharon Jones bouge tout le temps et danse énormément, même, comme c’est le cas ce soir, quand ses nouvelles chaussures lui font mal aux pieds. Derrière elle, les Dap-Kings assurent, tournent pendant qu’elle parle et raconte des histoires au public. Pourtant on a un peu de mal à rentrer dans ce concert beaucoup de compositions du nouvel album, sorti depuis quatre jours, encore peu connues du public sont jouées. Lorsque le groupe attaque le répertoire plus ancien et connu du public, l’ambiance change radicalement, les cris succèdent aux applaudissements, ce qui a le don de stimuler les musiciens qui se lancent à tour de rôle dans des solos enfiévrés (chapeau les cuivres !). Vraiment, les Dap-Kings sont un groupe redoutable et quand il se met au service d’une Voix comme celle de Sharon Jones, les soirées ne peuvent qu’être réussies…
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jeudi 10 avril 2008
Sharon Jones & The Dap-Kings
Aujourd'hui, les enfants, je vous gâte ! Un énorme cadeau, je vous propose de visionner l'intégralité d'un show-case donné par la sublime Sharon Jones et son groupe les Dap-Kings (voir mes messages des 4 février et 16 octobre 2007) au magasin Amoeba Music d'Hollywood (voir mon message du 18 avril 2007). Une petite demi-heure de pur bonheur. It's funky Baby !
mardi 16 octobre 2007
Sharon Jones & The Dap-Kings : 100 DAYS 100 NIGHTS.

Enfin le grand retour de Sharon Jones ! Sharon est à la soul music et au rythm’n’blues ce qu’Oasis, Lenny Kravitz ou bien encore les Black Crowes furent au rock. A savoir une plongée dans les années 60 une recréation d’un groove « à l’ancienne » que l’on croyait perdu à tout jamais. Sauf que Sharon, désormais quinquagénaire, aurait, dans un monde parfait, déjà fait une longue carrière. Il n’en est rien puisque les aléas de l’existence ont fait que « 100 days 100 nights » n’est que le troisième album de la soul sister #1. Enfin le quatrième si l’on tient compte de son premier disque « Let’s Get a Groove On » introuvable et véritable éden des collectionneurs (même moi je ne l’ai pas, c’est dire !). Bref, notre soul sister #1, tient son surnom de la ville d’Augusta en Georgia, son lieu de naissance, qu’elle a en commun avec le soul brother #1, Mister James Brown. Très vite elle déménage à New York avec ses parents et chante le gospel à l’église le dimanche matin. Puis s’engage dans une vie faite de petits boulots, entre autres à la prison de Rikers dont elle fut gardienne et chante lorsqu’elle en a le loisir. Et réussi finalement a se faire embaucher comme choriste de Lee Fields puis à se lancer en solo. Musicalement, les dap-kings sont toujours aussi impeccables et distillent ce groove que l’on jurerait d’époque. Les grandes influences de Sharon sont Tina Turner, Otis Redding et James Brown. Après un premier morceau plutôt gospel, c’est une nouveauté chez elle, les pépites funk s’enchaînent sans temps mort. Inutile d’entrer dans une énumération vaine, tout est impeccable, ce disque est fait d’une matière rare, celle qui s’attache aux oreilles et refuse de quitter la platine. Achetez-le c’est plus simple.
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dimanche 4 février 2007
Playlist
Etant un jeune homme moderne, il m’arrive parfois de laisser tomber mon tourne disque et mes vinyles (et vous êtes priés de ne pas rire car je tiens beaucoup à ma platine et à mes 33 tours ainsi qu’à mes guitares). J’ai donc récemment fait l’acquisition d’un téléphone, lecteur MP3. Voici ma playlist, qui n’est ni parfaite, ni idéale car jamais rien ne l’est dans la vie (à commencer par ledit téléphone que j’ai toutes les peines du monde à faire fonctionner).
1-Bettye LaVette : Joy
On commence par un extrait du dernier album en date de Bettye, « I’ve got my own hell to raise ». Le titre est porté tout du long par un riff de guitare gras et bluesy à souhait. Bettye excelle dans ces conditions minimales qui mettent sa Voix le plus en valeur. Cette Voix cassée, laisse passer toute une palette d’émotions bien plus que les paroles (They took my joy/i want it back), faisant, je pense, référence à sa carrière en dents de scie, ne le laissent présager de prime abord. Cette Voix, entre cri de douleur et rage de vivre, c’est de la Soul, du Blues à l’état pur. J’ai eu la chance de rencontrer une fois Bettye un soir après un concert au New Morning, elle m’avait accueilli avec un monumental « Hello Sweetheart », je ne m’en suis jamais remis ! Maximum respect à cette Grande Dame.
2 – The BellRays : Tell a lie
Ah les BellRays ! Bien qu’originaire de Californie, les BellRays respirent Detroit, la motown mais aussi (surtout) les groupes de rock furieux (MC5, Stooges) de la fin des années 60. Un peu comme si Aretha Franklin était tombée dans le grand bain punk. Aussi improbable que cela puisse paraître, force est de constater que la formule, qu’ils ont baptisée « Maximum Rock n’Soul » (En fait tout ce que j’aime), fonctionne. Et même particulièrement bien sur ce « Tell a lie » tout en groove, basse énorme, guitares wha-wha et cuivres à l’appui. Créant ainsi le parfait écrin pour la chanteuse Lisa Kekaula, une des grandes Voix de notre époque. Attention, le groupe est particulièrement explosif sur scène.
3-Tower Of Power : To say the least you’re the most
Prenons maintenant la direction de la baie de San Francisco (Oakland). Bien plus que les chanteurs (interchangeables), c’est la section de cuivres qui est la star du groupe. Requins de studio ils ont enregistré et/ou partagé la scène avec les trois-quarts de l’industrie. De James Brown à John Lee Hooker en passant par les Meters et même Eddy Mitchell ! Extrait de l’album « Urban Renewal » (1975), T.O.P est à son apogée. Swing impeccable, assuré par le batteur David Garibaldi, solo de sax à perdre haleine, chant sur le fil, ce morceau dégage un groove à s’en faire péter les articulations. La suite sera beaucoup moins glorieuse le groupe glissera peu à peu vers un disco/funk enregistré au mètre.
4-Sharon Jones and the dap-kings : Natural Born Lover
Faites le test auprès de vos amis, passez le disque et demandez-leur de deviner la décennie où il a été enregistré. « Les années 60 » ! S’exclameront-ils en cœur. Tout faux, Sharon est une chanteuse de New York et bien de notre époque. Mais tout de la pochette au son ressemble à la grande époque du Rythm & Blues. Petit détail amusant, la pochette (comme toutes les productions Daptones Records) n’indique pas l’année de sortie du disque (2005) afin de nous induire un petit peu plus en erreur.
5-Sharon Jones and the dap-kings : Stranded in your love
Toujours extrait de l’excellent album “Naturally”, voici un duo entre Sharon et Lee Fields particulièrement cinématographique, basé sur un schéma « scène de ménage/réconciliation » alternant les dialogues et le chant. A noter l’excellent travail de production de Bosco Mann où la multiplicité d’arrangements (piano, cuivres, cordes) trouve naturellement sa place sans que l’ensemble ne sonne surproduit. Du grand art.
6 – Brian Jonestown Massacre : In India You
Les spectateurs ayant vu le documentaire “Dig!” le savent, Anton Newcombe, leader de BJM est aussi cintré que génial. Et nous en apporte la preuve avec ce « In India You », grand barnum psychédélique à base de sitar, guitare acoustique, orgue, flûte, percussions diverses et variées et voix éthérée. Hallucinant (dans tous les sens du terme) !
7-Brian Jonestown Massacre : Feelers
Toujours extrait de l’album « Their satanic majesties second request » (quel titre !) sorti en 1996, le groupe de San Francisco nous fait un cirque à peu près semblable à celui du titre précédent. Mais comme je ne m’en lasse pas, j’en reprends une part !
8-The Richmond Sluts : You drive me wild
Les Richmond Sluts furent, très brièvement, les “Rolling Stooges” de San Francisco. Extrait de leur unique album, sorti en 2001, « You drive me wild » porte particulièrement bien son titre. Tout le sel du groupe vient de cet orgue, apportant une petite touche groovy et psychédélique à une formation très orientée garage/rock n’roll par ailleurs. Quelques informations glanées sur My Space, m’apprennent que Shea (guitare/voix) et Chris (basse) ont depuis laissé tomber la musique. Dommage.
1-Bettye LaVette : Joy
On commence par un extrait du dernier album en date de Bettye, « I’ve got my own hell to raise ». Le titre est porté tout du long par un riff de guitare gras et bluesy à souhait. Bettye excelle dans ces conditions minimales qui mettent sa Voix le plus en valeur. Cette Voix cassée, laisse passer toute une palette d’émotions bien plus que les paroles (They took my joy/i want it back), faisant, je pense, référence à sa carrière en dents de scie, ne le laissent présager de prime abord. Cette Voix, entre cri de douleur et rage de vivre, c’est de la Soul, du Blues à l’état pur. J’ai eu la chance de rencontrer une fois Bettye un soir après un concert au New Morning, elle m’avait accueilli avec un monumental « Hello Sweetheart », je ne m’en suis jamais remis ! Maximum respect à cette Grande Dame.2 – The BellRays : Tell a lie
Ah les BellRays ! Bien qu’originaire de Californie, les BellRays respirent Detroit, la motown mais aussi (surtout) les groupes de rock furieux (MC5, Stooges) de la fin des années 60. Un peu comme si Aretha Franklin était tombée dans le grand bain punk. Aussi improbable que cela puisse paraître, force est de constater que la formule, qu’ils ont baptisée « Maximum Rock n’Soul » (En fait tout ce que j’aime), fonctionne. Et même particulièrement bien sur ce « Tell a lie » tout en groove, basse énorme, guitares wha-wha et cuivres à l’appui. Créant ainsi le parfait écrin pour la chanteuse Lisa Kekaula, une des grandes Voix de notre époque. Attention, le groupe est particulièrement explosif sur scène.3-Tower Of Power : To say the least you’re the most
Prenons maintenant la direction de la baie de San Francisco (Oakland). Bien plus que les chanteurs (interchangeables), c’est la section de cuivres qui est la star du groupe. Requins de studio ils ont enregistré et/ou partagé la scène avec les trois-quarts de l’industrie. De James Brown à John Lee Hooker en passant par les Meters et même Eddy Mitchell ! Extrait de l’album « Urban Renewal » (1975), T.O.P est à son apogée. Swing impeccable, assuré par le batteur David Garibaldi, solo de sax à perdre haleine, chant sur le fil, ce morceau dégage un groove à s’en faire péter les articulations. La suite sera beaucoup moins glorieuse le groupe glissera peu à peu vers un disco/funk enregistré au mètre.4-Sharon Jones and the dap-kings : Natural Born Lover
Faites le test auprès de vos amis, passez le disque et demandez-leur de deviner la décennie où il a été enregistré. « Les années 60 » ! S’exclameront-ils en cœur. Tout faux, Sharon est une chanteuse de New York et bien de notre époque. Mais tout de la pochette au son ressemble à la grande époque du Rythm & Blues. Petit détail amusant, la pochette (comme toutes les productions Daptones Records) n’indique pas l’année de sortie du disque (2005) afin de nous induire un petit peu plus en erreur.5-Sharon Jones and the dap-kings : Stranded in your love
Toujours extrait de l’excellent album “Naturally”, voici un duo entre Sharon et Lee Fields particulièrement cinématographique, basé sur un schéma « scène de ménage/réconciliation » alternant les dialogues et le chant. A noter l’excellent travail de production de Bosco Mann où la multiplicité d’arrangements (piano, cuivres, cordes) trouve naturellement sa place sans que l’ensemble ne sonne surproduit. Du grand art.
6 – Brian Jonestown Massacre : In India You
Les spectateurs ayant vu le documentaire “Dig!” le savent, Anton Newcombe, leader de BJM est aussi cintré que génial. Et nous en apporte la preuve avec ce « In India You », grand barnum psychédélique à base de sitar, guitare acoustique, orgue, flûte, percussions diverses et variées et voix éthérée. Hallucinant (dans tous les sens du terme) !7-Brian Jonestown Massacre : Feelers
Toujours extrait de l’album « Their satanic majesties second request » (quel titre !) sorti en 1996, le groupe de San Francisco nous fait un cirque à peu près semblable à celui du titre précédent. Mais comme je ne m’en lasse pas, j’en reprends une part !
8-The Richmond Sluts : You drive me wild
Les Richmond Sluts furent, très brièvement, les “Rolling Stooges” de San Francisco. Extrait de leur unique album, sorti en 2001, « You drive me wild » porte particulièrement bien son titre. Tout le sel du groupe vient de cet orgue, apportant une petite touche groovy et psychédélique à une formation très orientée garage/rock n’roll par ailleurs. Quelques informations glanées sur My Space, m’apprennent que Shea (guitare/voix) et Chris (basse) ont depuis laissé tomber la musique. Dommage.9-The Lords of Altamont : Time
Reprise du classique des Chambers Brothers (un groupe de rock black des années 60) pour ce groupe rock n’roll tendance bikers de Los Angeles mené par Bobby Cavaliere (chant/orgue). Les guitares sont encore plus grasses et énormes que chez les Richmond Sluts mais l’orgue farsifa permet de calmer quelque peu les choses (enfin tout est relatif). 10-Wraygunn : Keep on Prayin’
Les Wraygunn sont originaires de Coimbra (Portugal) et chantent en Anglais. Dans le genre échappé de l’asile, leur leader Paulo Furtado (a.k.a The Legendary Tiger Man) fait une sérieuse concurrence à Anton Newcombe. Ce titre, extrait de l’album ecclésiastes 1.11 sorti en 2006, mélange habilement rock et cœurs gospel. Avec orgue hammond et quelques scratches pour la note moderne. Et la sublime Voix de la non moins sublime Raquel…
Les Wraygunn sont originaires de Coimbra (Portugal) et chantent en Anglais. Dans le genre échappé de l’asile, leur leader Paulo Furtado (a.k.a The Legendary Tiger Man) fait une sérieuse concurrence à Anton Newcombe. Ce titre, extrait de l’album ecclésiastes 1.11 sorti en 2006, mélange habilement rock et cœurs gospel. Avec orgue hammond et quelques scratches pour la note moderne. Et la sublime Voix de la non moins sublime Raquel…11-Pamela Hute : My Dear
Petite note frenchy pour finir avec un extrait de l’excellent maxi sorti par Pamela l’année dernière, qui n’a pas, hélas, la distribution que son talent mérite. My Dear est un concentré d’efficacité rock de 1 minute 43 secondes ponctué par une hallucinante descente de guitare/basse. Bravo ! 
Petite note frenchy pour finir avec un extrait de l’excellent maxi sorti par Pamela l’année dernière, qui n’a pas, hélas, la distribution que son talent mérite. My Dear est un concentré d’efficacité rock de 1 minute 43 secondes ponctué par une hallucinante descente de guitare/basse. Bravo !
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