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mercredi 9 février 2022

Gizelle Smith : « Revealing »

 


Elle nous avait charmé, en 2010, avec un premier album en compagnie du combo deep funk allemand The Mighty Mocambos. Une décennie plus tard, les capacités vocales de la Britannique sont toujours là et le charme opère, par intermittence, et dans un genre sensiblement différent. Le début énergique de l’album (« Agony Road » / « Superstar ») nous prouve que c’est bien dans le rythme, le groove, que réside la préoccupation principale de la chanteuse. La musique suit une pulsation endiablée tout en prenant ses distances avec l’esthétique héritée des années 1960 qui la caractérisait jusqu’alors. La porte de l’invitation grande ouverte, disco, pop voire rock, pas toujours pour le mieux cependant (cf. la pale « The Girl who cried slow ») s’invitent à la fête sans oublier la soul qui reste le nœud gordien de toute cette affaire (« Better Remember » ; "Three Tiny Seeds", la meilleure de cette nouvelle livrée) que l’on retrouve dans le moindre de ses coups de gorge. Hélas le résultat est mitigé, parfois aseptisé, parfois fade, parfois victime de choix douteux au goût incertain (« Maybe Baby » ; « King of the Mountain »). Entendons-nous bien, qu’importe l’habillage, Gizelle Smith reste une vocaliste de haut vol et ce troisième album est d’une facture honnête. Mais elle nous avait habitué à mieux…

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vendredi 14 février 2020

Bernard Adamus + Kelly Finnigan, Les Nuits de l'Alligator, La Maroquinerie, 13/02/2020


Du lourd à La Maroquinerie ! Pour sa quatorzième édition, le festival des Nuits de l'Alligator nous a concocté un plateau au petits oignons, dont ils ont le secret, à la fois éclectique et cohérent couvrant un spectre large allant du folk blues à la soul music, autant de genres qui nous tiennent à cœur… 

On commence avec le Québécois Bernard Adamus, grande vedette dans son pays natal, en dix ans de carrière, encore un peu méconnu dans nos contrées. Possédant ce petit grain de folie décalée, typique des artistes québécois, Adamus met son humour ravageur et corrosif (cf. « T'es aussi conne que ta pauvre mère ! ») au service de compositions situées à l'exact croisement du blues, du jazz (cf. la contrebasse), du folk et de la country (cf. le banjo) ; le tout chanté de son timbre de gorge et en français, langage fleuri québécois à la clef, hostie ! Entre deux démonstrations virtuoses sans l'air d'y toucher et sans se prendre au sérieux, Bernard nous emmène en virée au milieu de son obsession habituelle pour l'hiver (le vrai, le québécois!) Une belle découverte saluée par des applaudissements nourris de l'audience, sous le charme du charismatique duo ! 

Armé de son savoir-faire acquis au fil de collaborations prestigieuses, le CV long comme un jour sans pain (George Clinton, Monophonics), Kelly Finnigan déboule, son premier album en solo sous le bras. Un exercice soul de haute volée, festif et enjoué dans un registre moins dramatique que celui de son ancien boss, le regretté Charles Bradley. Alors que les cuivres roulent des mécaniques et que le groove s'active sous le rythme aux doigts de fées de notre homme Kelly à l'orgue, le public hurle, pète un câble et on en est qu'à la première chanson ! Voilà qui promet ! Le groupe est d'ampleur, deux guitares, basse, batterie, deux cuivres et deux choristes (dont la magnifique Britannique Gizelle Smith, chanteuse des Mighty Mocambos) ; les grands moyens sont de mises pour donner du corps aux compositions classieuses de Finnigan, à sa voix puissante, où se mêlent la joie et les peines donnant matière à exorciser son blues dans la danse. Magnifique !



jeudi 22 avril 2010

Gizelle Smith & The Mighty Mocambos


Et dire qu’il y a à peine dix ans, la soul, le funk étaient au point mort… Et je ne parle même pas du véritable trou noir traversé par ces musiques au long des années 90. Et maintenant, depuis l’émergence de Sharon Jones et plus généralement du label Daptone, les sorties se succèdent, avec il est vrai, son lot de déceptions (Black Joe Lewis, The Dynamites) qui commence à poindre. A peine à-t-on le temps de s’enthousiasmer pour Sharon Jones, que Nicole Willis fait son apparition. On découvre Jamie Lidell et Raul Midon et voilà qu’Eli « Paperboy » Reed déboule avec un premier album sonnant d’emblée comme un classique oublié. Sur ce on redécouvre James Hunter, Raphael Saadiq, Lee Fields tous auteurs d’albums remarquables. Et là-dessus arrive Mayer Hawthorne et ainsi de suite… Jusqu’au dernier coup de cœur en date éprouvé pour le disque de Gizelle Smith. Cette dernière est accompagnée par un excellent groupe Allemand, The Mighty Mocambos, originaires d’Hambourg (écoutez l’instrumental « Free Vibes »). A l’instar d’une Sharon Jones (avec une voix plus aïgue), Gizelle Smith œuvre dans un funk dynamique d’inspiration James Brownienne. Le son est organique : batterie, basse, guitares, cuivres, orgues… Le groupe joue avec ferveur et le disque est animé d’une joie communicative. C’est entraînant et donne à l’auditeur un sourire grand comme ça, d’une oreille à l’autre. Dommage que leur tournée ne passe pas par Paris…
www.myspace.com/gizellesmithmusic