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jeudi 23 mai 2024

Peter Deaves, L’Archipel, 22 mai 2024.

Avant même de débuter le concert, Peter Deaves demande au public de lui réserver « une vraie entrée de scène », puis, le chanteur de descendre de l’estrade et le public de crier son prénom à corps et à cri. Pas une seule note de jouée et déjà un accueil triomphal et le public dans sa poche. Quel métier ce Peter ! Et la musique commence, en solo pour le premier titre et avec le groupe au complet ensuite et c’est un ravissement continu pendant une heure et demie. La musique de Peter voyage beaucoup, reste nostalgique de Liverpool tout en rêvant des Etats-Unis. Ce qui se ressent fortement dans l’instrumentation choisie : mandoline, violon, contrebasse, guitare et piano. Enlevez le clavier et vous avez affaire à une formation bluegrass. Ainsi, le petit miracle de son premier album continue sur scène où la diversité des influences s’amalgame dans un ensemble cohérent. Le tout est incarné à la perfection par Peter, charmant, drôle, d’une blondeur charismatique, et parfaitement en voix. Le chanteur est capable de stupéfiantes mutations, aussi grave d’un stentor mais également d’une grande douceur dans le chant. Le concert se termine dans l’euphorie générale, Peter, une pinte à la main, chantant « Bury me under the Mersey » au milieu du public dans une chaude ambiance n’ayant rien à envier à celle d’un pub irlandais. Une soirée à graver dans le marbre !

https://www.facebook.com/peterdeavesmusic


samedi 18 mai 2024

Peter Deaves : « Ceol Agus Grá »

 




Surtout ne pas se fier aux apparences. Avec son titre en gaélique (« Ceol Agus Grá », soit « Musique et Amour », un titre bienvenu en cette époque troublée) et sa photo de pochette prise de vue à la chambre, il serait aisé de croire que le premier album du chanteur britannique est un disque de ballades irlandaises. Il n’en est rien et, si la guitare folk constitue bien le cœur battant de l’album, ce dernier est surprenant de diversité. Tout s’articule autour des six cordes acoustiques, un instrument dont Peter joue avec virtuosité, et qu’il enlumine suivant ses envies. L’orchestration se révèle luxuriante : mandoline, banjo, cordes, lap-steel, piano, contrebasse, accordéon, bugle, flûte irlandaise… Et le disque de passer de la country (« The Long Green River », manière de Johnny Cash cajun) aux ballades (le fantôme de Leonard Cohen plane sur « Quarter Past » alors que « My Oh My » évoque plutôt Nick Drake), au point d’offrir un véritable panorama des musiques folk à lui tout seul. Dans ce contexte seule « Gasoline », aux accents britpop (les influences conjuguées de Radiohead et de Coldplay sont un peu trop présentes pour notre goût personnel) fait figure d’exception. Enfin, même s’il est éloigné de sa terre natale depuis bien longtemps (il est actuellement installé du côté de Fontainebleau), le cœur de Peter Deaves bat toujours suivant le rythme des flots de la Mersey et le dyptique, niché au milieu de l’album, « Liverpool »/ « Bury me under the Mersey » (aux sonorités irlandaises pour le coup), vient le rappeler avec émotion. « Liverpool i’m missing you » chante-t-il dans un hommage déchirant à sa ville natale digne de Nick Drake. De très haute facture mélodique, un tel assemblage de musiques aussi diverses ne peut tenir debout que grâce au chant ample et émouvant. Aussi, il est impossible de terminer cette chronique sans souligner que Peter Deaves, en plus d’être un songwriter fin et raffiné, est aussi un immense chanteur.

En concert le 22 mai à l’Archipel.

https://www.facebook.com/peterdeavesmusic