jeudi 30 juillet 2026

Soledad Brothers + Las Robertas, Petit Bain, 28 juillet 2026.


La soirée débute avec un énorme coup de cœur pour Las Robertas, formation psychédélique venue du Costa-Rica, dont le son ressemble à celui du Brian Jonestown Massacre, en moins foutraque, plus électrique et avec une chanteuse. Il n’y a cependant rien de latin dans leurs chansons, chantées en anglais. Le groupe ne manque pas de charme et développe quelque de profondément addictif dans leurs compositions fleuves, comme de longues dérives psyché, à la répétition hypnotique entêtante, dont l’effet conjugué de la guitare et de la batterie provoque quelques coups de sang contrebalancés par un clavier rêveur et planant. Très très belle découverte !

Débuté en l’an 2000, achevé six ans plus tard au terme d’une discographie composée de quatre albums, le parcours des Soledad Brothers fait figure de comète. On avait appris leur séparation un soir, à la Maroquinerie, un événement annoncé sur scène, alors que le groupe devait assurer la première partie des BellRays quelques minutes plus tard… Les Soledad Brothers n’avaient plus joués en France depuis 20 ans. Formé dans l’Ohio mais à quelques encablures du Michigan (et donc de Detroit), le son des Soledad Brothers reste profondément marqué par ces origines prolétariennes et industrielles produisant un rock’n’roll débridé et fou furieux. La composition du groupe, atypique avec ses deux guitares et une batterie, est identique à celle de Jon Spencer Blues Explosion et annonciatrice de groupes plus tardifs comme GA-20 ou Daddy Long Legs. Apparu au sein de l’explosion rock’n’roll du début du siècle au milieu des Strokes et autres Black Keys, le groupe est resté proche des White Stripes (connexion Detroit oblige) mais surtout de Jack White avec qui ils ont collaboré. Au milieu de cette masse de groupe apparus à cette époque, les Soledad Brothers se sont distingués par leur appétence pour le blues, un idiome dans lequel ils sont tout à fait crédibles, harmonica à l’appui. La présence, et le bourdonnement caractéristique, du saxophone bariton en fin de set rappelle le son des regrettés Morphine mais aussi des Stooges (époque « Funhouse ») pour ce mélange avec les guitares saturées. Quoi qu’il en soit, après une aussi longue absence, le répertoire des Soledad Brothers n’a pas bougé d’un iota, toujours aussi efficace, entre blues et rock garage, et il n’en faut guère plus pour que le public bouge avec ardeur, faisant fi des années qui passent. Les chansons ont même gagnées en patine pour prendre des allures de classiques. En fin de set, le saxophone change la donne et la musique paraît moins structurée, le chaos s’installe dans une longue dérive noise, semblant improvisée, avant-gardiste et expérimentale. C’est avec un plaisir non feint que l’on a retrouvé ce groupe !

lundi 27 juillet 2026

Kay ! Lettres à un poète disparu, Théâtre des Halles, Avignon, 25 juillet 2026.

Traditionnellement consacré au théâtre, le festival d’Avignon réserve toujours une place à la musique dans la bagatelle des 1 500 spectacles qui constituent la programmation du festival off. Ainsi, cet été, il nous a été donné la possibilité d’assister à une représentation du sublime spectacle « Kay ! Lettres à un poète disparu ». Le trio articulé autour de Lamine Diagne, à la fois saxophoniste, conteur ou slammeur, prend possession de la scène. Autour de lui se trouve le batteur Cédric Bec et le guitariste Wim. Ni vraiment un spectacle, ni vraiment un concert, mais un peu les deux à la fois, la représentation est un dialogue avec Claude McKay (1889-1948), poète né en Jamaïque et disparu à Marseille, assez largement oublié de nos jours, et vise à la fois à remettre en lumière la vie, l’œuvre de l’auteur et aussi à la mettre en résonance avec l’époque à travers notamment d’un long passage consacré à la ville de Marseille. Ainsi, lectures, témoignage et musique live alternent. Les thématiques abordées sont évidemment terribles puisqu’il y est question d’exil, d’esclavage, de commerce triangulaire, de racisme et de ségrégation. Et pourtant au-milieu de toute cette misère, le trio réussit à trouver un peu de lumière et d’espoir, grâce à la beauté formelle des mots mais aussi grâce au groove irrésistible développé par le remarquable trio de musiciens. Un voyage à la fois sublime et ubuesque, emprunt de jazz, de soul et d’afrobeat. Le spectacle est décliné sous la forme d’un disque cd-livre audio.



lundi 20 juillet 2026

Une Vraie Gothique : "Nuée Ardente"

 


Le charmant duo, découvert en première partie de Je t'aime, est de retour avec un nouveau titre fleurant bon la dark wave !

Soledad Brothers en tournée

 


Attention événement ! Après 20 ans de séparation et d'absence scénique en France (on reste traumatisé par l'annulation en dernière minute de leur date en première partie des BellRays) les Soledad Brothers seront de retour pour trois dates dans l'héxagone dès ce week-end à Binic puis à Paris (Petit Bain) le 28 juillet et à Bordeaux le lendemain !

BILLETTERIE



samedi 4 juillet 2026

Little Barrie : « Gravity Freeze »

 


2017. Le trio londonien s’apprête à sortir son ambitieux double-album « Death Express » lorsque le destin frappe emportant soudainement le batteur Virgil Howe, qui succombe à une crise cardiaque à l’age de 41 ans, donnant des airs de prédiction morbide au titre dudit album. S’ensuit un long tunnel de neuf années au-cours desquelles le duo composé du merveilleux guitariste Barrie Cadogan et du bassiste Lewis Wharton ne sera pas resté inactif, sortant deux albums en compagnie du batteur Malcolm Catto. Deux pas de côté, le projet étant sensiblement différent avec Catto, plus psychédélique à la limite de l’abstraction. Ce nouvel effort signe donc le retour du « vrai » Little Barrie avec cette fois-ci Tony Coote, un batteur capable du grand écart entre James Brown et The Stone Roses, derrière les fûts. Le nouveau batteur change la donne, le groove, le swing est plus affirmé et s’il est toujours question de psychédélisme (« December »), la guitare retrouve ses envolées funk et rock’n’roll garage (« Anything you are ») pédale wha-wha à l’appui (« Luggin’Hurt »). Trois musiciens fusionnels et virtuoses (Cadogan est un véritable guitar-hero totalement méconnu), une section rythmique très solide (on ne vantera jamais assez les qualités de Wharton à la basse) et une écriture soignée, le trio signe un sublime retour !

En concert le 5/10 à La Maroquinerie

https://www.littlebarrie.com/

https://www.facebook.com/littlebarrie