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mercredi 17 août 2016

Bongo Boy Records : « Gnarly Wave Volume 1 »



Excellent label multipliant les sorties de haute tenue (le garage rock de ZombieGarden Club, le rock gothique de Secret Lie), Bongo Boy Records se lance dans l'exercice compilatoire. Après des volumes consacrés au blues et au rock garage (dont nous aurons l'occasion de parler prochainement) , le présent disque s'intéresse à un idiome que l'on aime bien dans ces colonnes, totalement estival et donc de saison : la surf music. Née au début des années 1960, la surf music, est indissociable de la Californie, prônant un style de vie à la cool, les pieds dans le sable. Le présent disque dresse un panorama, dans sa version instrumentale, de la scène surf moderne, chaque groupe présent y allant de sa petite originalité tout en restant fidèle aux codes du genre. Ainsi, le disque pourrait s'écouter comme un guide de voyage dressant un liste de spots. Dans cette optique, « Lava Spout » du groupe Blues Wave Theory serait la Jamaïque grâce à des arrangements reggae. « Happy Beach Song » de James and the Enigmatic Light Band représenterait Hawaï par le biais d'un ukulélé, instrument emblématique de l'archipel. Le son rock et puissant, proche du garage, de Jenny & the Felines - « Psychedelic Sea », qui décroche en prime la palme du titre le plus cool - évoquerait plutôt Teahupoo, l'impressionnante gauche de Tahiti. Ces quinze titres forment un ensemble homogène et cohérent et la bande son idéale pour tous les estivants.


dimanche 12 janvier 2014

Miki Dora



Icône d'un Malibu mythique, Miki Dora fût un surfeur de génie, à propos duquel le journaliste/surfeur Alain Gardinier (un ancien présentateur de Culture Rock sur M6 il y a de cela fort longtemps) vient de consacrer un ouvrage. Il faut dire que Gardinier connaît son sujet, pour avoir côtoyé Dora lorsque ce dernier vivait sur la Côte Basque. Si Dora a aujourd'hui un statut quasi-mythique auprès de toute une population plus ou moins associée à la surf culture (cf. les rockeur biarrots de Dedicated Nothing) c'est autant par son style plein de grâce que par son refus du système. D'abord icône mode, son image fut utilisée dans de nombreuses publicités, puis ami de la scène rock californienne des sixties, il fut notamment proche de Dennis Wilson, le seul authentique surfeur des Beach Boys ; Dora est apparu dans une dizaine de films, dans lesquels son style félin (cf. son surnom Da Cat) et gracieux fit des merveilles. Bien plus qu'un sportif, un véritable artiste de la vague (les nombreuses photos illustrant le livre en sont la preuve). Miki Dora aurait pu être une star. Il le fût à sa manière. Refusant le système, la compétition et le commerce bourgeonnant du surf, Dora vécu une vie de bohème, longtemps basé sur la côte Basque à bord d'un fameux camion Mercedes, vivant d'expédients, plus où moins légaux, qui finirent par la case prison (où il aurait côtoyé Charles Manson).
Plutôt inspiré, Alain Gardinier a su éviter l'écueil d'un ouvrage trop technique pour privilégier une approche humaine plus grand public. Son livre, richement documenté, est en soi un voyage remontant le temps depuis les années 50 et 60 jusqu'à 2002, année du décès de Miki Dora. Une lecture passionnante y compris pour les allergiques de la plage.
Miki Dora de Malibu à la Côte Basque d'Alain Gardinier
Editions Atlantica, 332 pages, 21 euros.
Www.atlantica.fr