Toujours aussi fidèle à son patronyme, le groupe laisse exploser sa frustration dans un courant froid, voire glacial, faisant honneur au titre de ce nouvel effort, sur le rock français. Bien que fortement enraciné dans le punk et la cold wave (cf. « Pulse » sous influence Joy Division), Frustration ouvre sa musique aux sonorités synthétiques d'hier et d'aujourd'hui inscrivant sa démarche entre la cold wave des années 1980 (« Slave Market » qui peut s'enorgueillir de la participation de Jason Williamson des Sleaford Mods) et l'électro du 21ème siècle, le tout mené par des lignes de basse énormes, une constante du début à la fin du disque. Les aiguilles du potentiomètre dans le rouge, le quintet, qui fût la toute première signature du label Born Bad, rajoute du boucan au boucan superposant la saturation synthétique à celle des guitares dans le but ultime de toujours faire péter les décibels. Ainsi « Insane » qui ouvre les débats de sa rythmique martiale marque un virage certain vers la musique industrielle. Un album salutaire par les temps qui courent.
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jeudi 12 décembre 2019
vendredi 18 novembre 2016
Frustration : « Empires of shame »
Chantre d'une vague
froide à la française depuis une bonne dizaine d'années, pionniers
du label Born Bad dont ils sont l'une des premières signatures,
Frustration sort son nouvel opus, le troisième en dix ans. Intitulé
« Empires of shame », ce dernier est une véritable
déflagration sonique, une droite rock n'roll bien sentie propre à
mettre KO les oreilles les plus blasées. Car chez Frustration on ne
fait pas les choses à moitié. Quand il s'agit de sortir les
guitares, on y va franchement et le résultat est absolument
tourneboulant (« Excess », « Dreams, laws, rights
and duties »). Mais la chose devient passionnante lorsque cette
tornade punk se mélange à un feeling dark perceptible dans la basse
(sous influence Peter Hook) ou dans le chant caverneux de Fabrice
Gilbert qui a réussi à faire de son anglais imparfait une force,
apportant une note prolétaire bienvenue en cette époque troublée.
Compensant la rage féroce des guitares par des synthés cheap
(« Mother earth in rags », « Cause you ran away »),
Frustration multiplie les clins d’œil vers la scène cold wave des
années 1980, on pense ainsi souvent à Joy Division voire aux
Sisters of Mercy tout en déployant une fureur rock n'roll que ces
derniers n'ont jamais pu atteindre. Placée à mi-parcours « Arrows
of arrogance » offre une pause acoustique bienvenue au milieu
du chaos. Court, incisif et percutant, « Empires of shame »
dépasse à peine la demi-heure. Et c'est presque heureux tant
l'auditeur finit l'écoute exsangue. Encore une sortie ultra-classe à
mettre au crédit de l'excellent label Born Bad.
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