Il est de ces groupes que l'on retrouve avec grand plaisir après les avoir perdus de vue pendant un temps et, assurément, les Dustaphonics font partie de cette catégorie. La tête pensante de l'affaire se nomme Yvan Serrano, un Français exilé à Londres depuis 20 ans, connu mondialement sous son nom de DJ Healer Selecta. Ce nouvel effort, le troisième, est placé sous l'égide de deux figures tutélaires, représentées sur la pochette, Johnny Ramone et Bo Diddley. Le titre éponyme « Johnny & Bo » les met à l'honneur associant le « hey Bo Diddley » de l'un au « Hey ho let's go » de l'autre dans un mariage harmonieux quoi qu'étonnant. Le reste de l'album s'avère aussi explosif que le mariage des deux musiciens évoqués plus avant. Il faut dire que les Dustaphonics évoluent en terrain miné entre swing énervé hérité du rockabilly et roucoulades acharnées d'une guitare en plein trip surf. Le cocktail est sous haute énergie. Mais depuis notre dernière visite, le groupe s'est étoffé et a élargi son registre instaurant une dose de soul music (« Dreams on screen » ; « Q sounds groove » ; « I'm hurting ») dans une sorte de pause bienvenue ralentissant le tempo. Le groupe est bien aidé dans sa tâche par un remarquable trio de chanteuses se relayant les unes, les autres (Hayley Red, Aina Roxx et Kay Elizabeth) et des arrangements à l'avenant, percussions, hammond et cuivres, rapprochant le groupe de ce qui se fait, par exemple, chez Daptone records. Rétro et efficace, le petit plaisir de cet été.
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jeudi 20 juillet 2017
samedi 7 avril 2012
Festival Cool Soul #2 : The Dustaphonics + Wraygunn + Barrence Whitfield and the Savages, La flèche d’Or, 4 avril 2012.
Deuxième édition pour cet excellent festival mettant en
valeur le rock garage, subtil mélange entre rock n’roll avec une dose de groove
directement hérité des musiques Noires. Suite au déménagement du Bataclan vers
la flèche d’or (une salle nettement plus petite), les groupes se produisant sur
les petites scènes annexes ont disparus. Trois groupes seulement (contre le
double l’an dernier) mais une soirée qui gagne en lisibilité et qui ne perd
rien en musicalité vu la forme affichée par chacune des formations à l’affiche.
On commence donc avec les londoniens Dustaphonics mené par
le guitariste Français Yvan Serrano, exilé depuis 20 ans en Angleterre, et la
chanteuse Kay. L’alliance entre grosses guitares et voix féminine typée soul
n’est pas nouvelle et la formule n’est pas sans rappeler nos Bellrays adorés.
Cependant les Dustaphonics ont leur personnalité propre et un son plus orienté
sixties entre surf music et rockabilly dans lequel les guitares qui font
« twang » d’Yvan s’épanouissent pleinement. C’est également un groupe
remarquable capable de passer dans la même foulée du rock brut à une
sensibilité jazz swing. D’excellents musiciens dont le feeling n’est pas pollué
par une technique par trop ostentatoire. Une formation attachante à découvrir
au plus vite si cela n’est pas déjà fait.
Déjà présent l’an dernier avec son projet solo Legendary Tiger Man, Paulo Furtado est de retour sur la scène de festival Cool Soul avec
son groupe Wraygunn. Et la soirée monte soudainement en intensité. Groupe
formidable que ces Wraygunn que l’on avait un peu perdu de vue ces dernières
années. Les Wraygunn sont sept : deux chanteuses, deux guitares, basse, batterie
et percussions. Un Wraygunn nouvelle formule avec moins de claviers mais plus
axé sur les guitares. Et c’est un subtil alliage de musiciens, deux chanteuses
complémentaires dont les voix se marient à
merveille : Selma au timbre soul et grave et la brunette Raquel qui
a plus d’ampleur. La section rythmique groove sacrement grâce aux percussions
qui amènent plus de pêche et une note latine qui sied à merveille à ce groupe
originaire de Coimbra (Portugal). Percussions qui d’ailleurs rappellent un peu
le grand Curtis Mayfield. Et enfin, last but not least, les guitares sont
l’élément rock du groupe qui nous a gratifié de beaux duels de six cordes. Du
rock donc mais aussi du blues, Paulo (qui chante également) étant loin d’être
maladroit avec un bottleneck. Et enfin ce qui ne gâche rien ce sont des bêtes
de scènes à l’image de Paulo qui traverse toute la salle et finit en chantant
debout sur le bar. Et les deux chanteuses apportent incontestablement une
touche sexy… Le groove de Wraygunn fait du bien et on peut bien l’avouer ils
nous ont manqué. On attend vivement le nouvel album « Art Brut » dont
la sortie est prévue pour septembre.
Enfin la soirée se termine avec ce qui restera pour moi la
grande révélation de la soirée, le vétéran New-Yorkais, Barrence Whitfield et
ses Savages, chantre d’une soul/rock nerveux et particulièrement bien sentie et
doté qui plus est d’un organe impressionnant.
www.myspace.com/wraygunn
www.myspace.com/thedustaphonics
www.barrencewhitfield.com
www.myspace.com/barrencewhitfield
www.myspace.com/thedustaphonics
www.barrencewhitfield.com
www.myspace.com/barrencewhitfield
vendredi 17 février 2012
The Dustaphonics : « Party Girl »
Etonnant destin que celui de Yvan Serrano, français de
naissance, exilé sur la très compétitive scène londonienne où il est devenu un
dj superstar sous le nom d’Healer Selecta et dont les soirées « raison
d’être » « réinventent le swinging London » (dixit Mojo). Sa
connaissance vinylique encyclopédique, Yvan la met au service aujourd’hui de
son propre groupe les Dustaphonics, au sein duquel il tient la guitare. Alors
que hurle le moteur qui sert d’intro à « Eat my dust-a-phonic »,
l’auditeur réalise qu’il est parti pour une sacrée virée en compagnie du
groupe. Bien que basés à Londres, les Dustaphonics font irrémédiablement penser à cette
scène garage typiquement américaine (Dirtbombs, Love me nots) et en
particuliers à nos Bellrays adorés pour cet alliange savant entre rock et soul,
ces voix de chanteuses soulful (Kay Elizabeth et Aina Westlye cousines de Lisa
Kekaula des Bellrays) sur fond de guitares. Loin d’être des concepts abscons,
le swing et le groove, sont au contraire érigés en valeurs cardinales par le
groupe. Entre surf music (« Showman Twang tiki gods »), blues
(« Burlesque queen » ; "You gonna wreck my life"), rockabilly (« Party girl ») et même
jazz («Catwoman’s strut » ) les Dustaphonics proposent une
hallucinante plongée au cœur des sixties. Profondément attachant.
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