Il y a un an,
l'écossais Fraser Anderson nous avait estomaqué avec ses torch songs
délicatement ourlées tenant autant du folk que du jazz, réveillant
le fantôme des grands disparus Nick Drake ou John Martyn. Après une
campagne de financement participatif réussie lui ayant ouvert les
portes du studio de ses rêves (Real World, propriété de Peter
Gabriel) notre troubadour écossais est déjà de retour. De prime
abord, rien n'a changé dans le petit monde de Fraser, sa voix
délicatement perchée caresse toujours les oreilles des auditeurs
sur de jolies mélodies nocturnes à dominante acoustique (« Simple
Guidance », « Beautiful eyes », « Please let
it go »). Hélas, les choses se gâtent lorsque Fraser se met
en tête d'expérimenter avec l'électronique et les beats hip hop
comme sur la première partie du diptyque « Go on wide » ou "With you all".
Le résultat surprend, désarçonne et, il faut bien le dire, tombe
comme une poignée de cheveux dans un délicat potage. Moins
homogène, ce nouvel effort semble de prime abord moins indispensable
que le merveilleux « Little glass box ». Néanmoins les
bons moments sont suffisamment nombreux sur ce nouveau disque pour
que l'on en recommande l'écoute.
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jeudi 2 juin 2016
dimanche 1 mars 2015
Fraser Anderson, Le Sunset, 28/02/2015
Le cadre intime et feutré du Sunset,
une salle de concert situé en sous-sol ressemblant à une station de
métro avec ses murs en faïence, constitue l'écrin idéal pour le
folk délicat de Fraser Anderson. Entouré de ses musiciens,
contrebasse, batterie, guitare électrique et une magnifique choriste
à la voix enchanteresse, Fraser, l'air un peu hobo/beatnik avec son
chapeau et sa cravate, égraine ses compositions souvent à la
guitare acoustique et parfois au piano. Difficile de ne pas tomber
sous le charme d'un tel déluge émotionnel. Son touché de guitare,
tout en arpège, est délicat et, souvent, sa voix de tête donne
l'impression de sortir de ses entrailles même touchant le public en
plein coeur. La section rythmique pratique un swing velouté et les
notes de guitare électrique propulsent dans une autre dimension le
folk teinté 1960s/1970s de Fraser. Le contrechant féminin est
poignant, le concert atteint des sommets d'émotions. Se débattant
timidement avec son français, Fraser gagne sans peine l'affection du
public qui le lui rends bien. Magnifique concert d'un artiste à
suivre.
www.fraseranderson.com
samedi 31 janvier 2015
Fraser Anderson : « Little Glass Box »
Orfèvre d'un folk délicat, l'Ecossais
Fraser Anderson sort de sa tanière pour enfin confier sa musique à
un label. Car loin d'être un débutant, Fraser, qui en 2002 a
supporté Chuck Berry le temps d'une tournée, en est à son
quatrième album. Et c'est un véritable talent, qui jusqu'ici a mené
sa barque avec la plus grande discrétion, que l'on s'apprête à
découvrir. Car « Little Glass Box » fait partie de ces
œuvres rares, d'une grande limpidité mélodique et d'une évidence
qui saute aux oreilles dès la première écoute. Un album qui ne
demande qu'à vous bercer. Ce disque, Anderson l'a conçu avec l'aide
de quelques musiciens légendaires comme le bassiste Danny Thompson
(John Martyn, Nick Drake) ou le pianiste électrique (spécialiste du
Fender Rhodes) Max Middleton (Jeff Beck, John Martyn). De ces
collaborations prestigieuses Fraser Anderson a tiré un album d'une
beauté intemporelle qui aurait pû sortir en 1972 comme il sort
aujourd'hui. Là ou tant d'autres s'échinent pour atteindre une
sorte de graal « vintage », Fraser Anderson décroche la
lune, l'air de rien, avec une déoncertante impression de facilité.
Cet effort n'est pas sans rappeler quelques grands anciens comme Nick
Drake, Richard Thompson, Martin Stephenson ou Al Stewart. Il y a, en
effet, quelque chose d'intrinsèquement britannique qui se dégage de
ces douze compositions, pourtant curieusement enregistrées dans le
sud de la France (le Languedoc). Un peu comme si, loin de chez lui,
Fraser avait recherché à recréer les vertes prairies et la roche
grise de sa terre natale. L'apport judicieux du Fender Rhodes et,
surtout, de la trompette apporte une note « jazz nocturne »
au folk fait d'arpèges délicats de guitares ou de banjo. Impression
jazz encore renforcée par le swing discret et léger de la section
rythmique batterie/contrebasse. Un magnifique album, futur compagnon
de vos nuits d'insomnies.
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