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jeudi 2 juin 2016

Fraser Anderson : « Under the cover of Lightness »



Il y a un an, l'écossais Fraser Anderson nous avait estomaqué avec ses torch songs délicatement ourlées tenant autant du folk que du jazz, réveillant le fantôme des grands disparus Nick Drake ou John Martyn. Après une campagne de financement participatif réussie lui ayant ouvert les portes du studio de ses rêves (Real World, propriété de Peter Gabriel) notre troubadour écossais est déjà de retour. De prime abord, rien n'a changé dans le petit monde de Fraser, sa voix délicatement perchée caresse toujours les oreilles des auditeurs sur de jolies mélodies nocturnes à dominante acoustique (« Simple Guidance », « Beautiful eyes », « Please let it go »). Hélas, les choses se gâtent lorsque Fraser se met en tête d'expérimenter avec l'électronique et les beats hip hop comme sur la première partie du diptyque « Go on wide » ou "With you all". Le résultat surprend, désarçonne et, il faut bien le dire, tombe comme une poignée de cheveux dans un délicat potage. Moins homogène, ce nouvel effort semble de prime abord moins indispensable que le merveilleux « Little glass box ». Néanmoins les bons moments sont suffisamment nombreux sur ce nouveau disque pour que l'on en recommande l'écoute.

dimanche 1 mars 2015

Fraser Anderson, Le Sunset, 28/02/2015



Le cadre intime et feutré du Sunset, une salle de concert situé en sous-sol ressemblant à une station de métro avec ses murs en faïence, constitue l'écrin idéal pour le folk délicat de Fraser Anderson. Entouré de ses musiciens, contrebasse, batterie, guitare électrique et une magnifique choriste à la voix enchanteresse, Fraser, l'air un peu hobo/beatnik avec son chapeau et sa cravate, égraine ses compositions souvent à la guitare acoustique et parfois au piano. Difficile de ne pas tomber sous le charme d'un tel déluge émotionnel. Son touché de guitare, tout en arpège, est délicat et, souvent, sa voix de tête donne l'impression de sortir de ses entrailles même touchant le public en plein coeur. La section rythmique pratique un swing velouté et les notes de guitare électrique propulsent dans une autre dimension le folk teinté 1960s/1970s de Fraser. Le contrechant féminin est poignant, le concert atteint des sommets d'émotions. Se débattant timidement avec son français, Fraser gagne sans peine l'affection du public qui le lui rends bien. Magnifique concert d'un artiste à suivre.
www.fraseranderson.com

samedi 31 janvier 2015

Fraser Anderson : « Little Glass Box »



Orfèvre d'un folk délicat, l'Ecossais Fraser Anderson sort de sa tanière pour enfin confier sa musique à un label. Car loin d'être un débutant, Fraser, qui en 2002 a supporté Chuck Berry le temps d'une tournée, en est à son quatrième album. Et c'est un véritable talent, qui jusqu'ici a mené sa barque avec la plus grande discrétion, que l'on s'apprête à découvrir. Car « Little Glass Box » fait partie de ces œuvres rares, d'une grande limpidité mélodique et d'une évidence qui saute aux oreilles dès la première écoute. Un album qui ne demande qu'à vous bercer. Ce disque, Anderson l'a conçu avec l'aide de quelques musiciens légendaires comme le bassiste Danny Thompson (John Martyn, Nick Drake) ou le pianiste électrique (spécialiste du Fender Rhodes) Max Middleton (Jeff Beck, John Martyn). De ces collaborations prestigieuses Fraser Anderson a tiré un album d'une beauté intemporelle qui aurait pû sortir en 1972 comme il sort aujourd'hui. Là ou tant d'autres s'échinent pour atteindre une sorte de graal « vintage », Fraser Anderson décroche la lune, l'air de rien, avec une déoncertante impression de facilité. Cet effort n'est pas sans rappeler quelques grands anciens comme Nick Drake, Richard Thompson, Martin Stephenson ou Al Stewart. Il y a, en effet, quelque chose d'intrinsèquement britannique qui se dégage de ces douze compositions, pourtant curieusement enregistrées dans le sud de la France (le Languedoc). Un peu comme si, loin de chez lui, Fraser avait recherché à recréer les vertes prairies et la roche grise de sa terre natale. L'apport judicieux du Fender Rhodes et, surtout, de la trompette apporte une note « jazz nocturne » au folk fait d'arpèges délicats de guitares ou de banjo. Impression jazz encore renforcée par le swing discret et léger de la section rythmique batterie/contrebasse. Un magnifique album, futur compagnon de vos nuits d'insomnies.