jeudi 21 novembre 2019

Alexandr : « Surrender »



Si on ignore d'où sort exactement Alexandr, on devine néanmoins où ils ont la tête : dans le son de l'Angleterre de la fin du 20ème siècle entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. L'histoire est bien connue, il s'agît d'un éternel recommencement, c'est pourtant le propre des projets personnels d'instaurer un souffle nouveau dans un monticule d'influences connues par ailleurs. Pour l'heure, la chose se dénomme « Post brit-pop » et, dans les faits, ces quatre titres oscillant entre guitares, boîte à rythmes et couches synthétiques, n'ont de cesse de prendre l'auditeur par surprise, un croche pied par l'arrière bousculant l'auditeur dans ses certitudes. Pop/rock à guitare égarée sur le dancefloor : le groupe a choisi de ne pas choisir. Hédonisme béat (« Neon ») et attaque frontale (« Surrender ») sont les deux mamelles du trio, mené par une basse au groove madchester plus vrai que nature. 
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mercredi 20 novembre 2019

Grèn Sémé : « Poussière »



Trois titres et un remix constituent cet EP, en forme de porte d’entrée, vers le nouvel album du groupe à venir. Et c'est à un étrange mélange auquel on assiste, entre chanson française et musique métissée entre maloya et pop électronique. Une rencontre entre deux mondes, l'Europe et l'Afrique, qui n'oublie cependant pas ses racines le temps d'un « Zénès » à l'acoustique chatoyante. 

En concert le 21/11 à Paris (FGO Barbara)
http://www.gren-seme.re/
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mardi 19 novembre 2019

Tio Manuel, Péniche Antipode, 17/11/2019

Tio Manuel, Péniche Antipode, 17/11/2019 (c) RG

A lui seul, le nom de l'endroit, la Péniche Antipode, sonne comme la promesse exotique d'un ailleurs… Quoi de plus indiqué pour la musique de Tio Manuel qui se joue des langues (l'espagnol, l'anglais) ? A défaut de partir pour les Antipodes, c'est donc posé sur l'eau (le bassin de la Villette) que nous assisterons au concert de Tio Manuel. Et pour le coup, la musique de Manuel déborde d'influences plus terriennes (folk, blues, rock'n'roll) que fluviales. Son univers sonore est marqué par le désert, celui qui a vu naître sa famille (l'Andalousie) et qu'il s'amuse à comparer avec celui situé au sud-ouest des Etats-Unis délimitant la frontière avec le Mexique. Ainsi, la musique de Manuel, transpirant la poussière hostile et les cactus, est également la promesse d'un ailleurs pas forcément reluisant. Pour fêter la sortie du nouveau disque, l'artiste a mis les petits plats dans les grands et réuni une formation tip-top pour l'accompagner dans sa ballade sonore. La section rythmique est solide comme le roc, et propose un groove solide et puissant, sans fioriture. Une locomotive parfaite pour les deux guitaristes, Manuel et Gilles, ce dernier pratique de long solos comme autant d'explorations des limites de la pédale wha-wha ; une divagation presque psyché débordante de feeling, qui mélangée avec le bottelneck donnent un résultat pour le moins étonnant. Petit bonhomme râble et empathique, Manuel trouve ainsi l'accompagnement idoine, du stoner au rockabilly, pour son grain de voix rocailleux. L'ailleurs n'est peut-être pas aussi loin que l'on se l'imagine. 



samedi 16 novembre 2019

Bordelophone, Bateau El Alamein, 15/11/2019.


Il faut bien l'avouer, en cette saison les quais de la Seine sont assez ternes, bien moins animés qu'il y a quelques semaines encore alors que l'été brillait de ses derniers feux, voire franchement tristounets, désertiques dans la nuit balayée par la pluie et le vent glacial. Fort heureusement les joyeux drilles de Bordelophone vont, instruments en mains, se charger d'insuffler un peu de vie dans cette morne plaine, sur la scène du bateau El Alamein, une enclave au charme rétro et exotique, posée sur la Seine. A l'avenant du cadre sans âge qui les entoure, les quatre musiciens de Bordelophone nous transportent dans un voyage au cœur du son où se télescopent les genres (pèle mêle le métal, le funk, le reggae, le jazz-fusion) dans un joyeux bordel de façade mais mené de mains de maître, avec un sérieux sens du swing, par la section rythmique (Olivier Michel à la basse, l'extraordinaire batteur Francesco Marzetti). Car il faut un solide sens de la composition, et de la virtuosité, pour se faire cohabiter autant d'influences différentes dans des morceaux aux long cours, complexes, dépassant les dix minutes, empruntant de nombreuses passerelles entre les styles ; incarnés par la guitare (l'excellent Jonathan Baron) passant du gros son aux arpèges délicats. Le tout en gardant un esprit fun et enjoué qui ne prends jamais le pas sur la maîtrise affichée. En résumé, Bordelophone c'est un vent de fraîcheur qui souffle sur le rock. Un groupe créatif et original où les instruments traditionnels du rock (guitare, basse et batterie) cohabitent avec un trombone (tenu ce soir par Axel, un petit nouveau) ; un peu incongru dans le contexte mais qui amène définitivement le groupe vers de nouveaux rivages. Et avec tout ça, nous on a passé une excellente soirée. 



vendredi 15 novembre 2019

Pritchard & Lo : « Rendez-vous Streets »



Comme une lueur dans le noir, l'album scellant la collaboration entre Bill Pritchard et Frédéric Lo fait partie des projets les plus excitants de l'année. Un disque fantasmé dès son annonce et que l'on était impatient de découvrir ! Il faut dire que loin d'arriver de nulle part, la collaboration entre les deux musiciens clôt un cycle entamé il y a trente ans, en 1988, alors que le même Bill Pritchard sortait « Parce que », un album devenu culte enregistré avec Daniel Darc. Une quinzaine d'année plus tard, en 2004, c'est Frédéric Lo qui enregistrait le come-back, triomphal, du même Daniel Darc avec son album, devenu également un classique, « Crève cœur ». Daniel, hélas disparu, la démarche de ses deux anciens amis, apparemment prise sur un coup de tête, prenait soudainement un tour pour le moins émouvant. Et ce n'est pas peu dire que ledit album prend l'auditeur à la gorge dès les premiers accords de la magnifique « Digging for diamonds » qui ouvre les débats. Oscillant entre mélancolie (« Magic Mountain ») et électricité rock savamment dosée (« In Shibuya », la petite bombe abrasive du lot ; « Always » sous influence Velvet Underground) l'album revêt, avec classe et élégance, un costume classique à la fois pop et immédiat. Il souffle un air intemporel sur ce disque, richement arrangé, nourri d'une audace typiquement sixties (« Palace of dreams » ; « Hey Mimsey » ; « Rendez-vous Streets ») mettant particulièrement bien en lumière les qualités de crooner de Bill Pritchard jamais aussi à l'aise que dans un contexte acoustique (« Arts and Crafts»). A noter enfin la participation d'Etienne Daho (qui a également bien connu Bill et Daniel) aux agapes qui illumine « Luck » de sa voix moins basse qu'à l'accoutumée. Un album magnifique qui n'a pas fini de nous réchauffer le cœur alors que pointent les premiers frimas de l'hiver. 

https://www.facebook.com/frederic.lo.official/
https://www.facebook.com/bill.pritchard.official/



jeudi 14 novembre 2019

Tio Manuel : « The 7th road »



La « septième route » empruntée par l'artiste n'est autre que le chemin qui mène à ce nouvel album. Une route à ciel ouvert, martelée par le soleil, poussiéreuse, bordée de cactus sous un bleu céruléen. Le décor est posé. Le guitariste y vagabonde en compagnie de ses partenaires dans le crime, se plaisant à redessiner à sa guise le fameux crossroad, le point de croisement entre blues, folk et rock'n'roll. Du pain béni pour Tio Manuel et sa voix rocailleuse dont le vécu fait résonner les cordes vocales. Entre anglais et espagnol, les deux langues utilisées sur le disque symbolisant le point de rencontre de deux cultures que l'on se plaît à opposer, l'illusion est parfaite ; quand bien même l'album fût conçu en plein Paris ! Alors qu'il renoue avec l'électricité, la musique de Tio Manuel, gagne une épaisseur supplémentaire. Hypnotique et captivant, le groupe déroule le tapis de sons, laissant le temps nécessaire (souvent autour des cinq minutes) aux compositions de s'épanouir pleinement, entraînant l'auditeur dans la spirale tournoyante tout en prenant, à l'occasion, la tangente inverse (le rockabilly tenace de « Skinny Girl », « San Jose Junction ») vers un rock vivifiant. C'est un véritable plaisir que de vagabonder, en musique, en compagnie de l'artiste le temps de l'écoute. 

En concert le 17/11 à Paris (Péniche Antipode - 18h30)
http://tio-manuel.com/
https://tiomanuel.bandcamp.com/


mardi 12 novembre 2019

James Eleganz : « The only one »



Le Breton, ancien leader de Success, revient du mythique studio Rancho de la Luna, perdu en plein désert californien, un nouvel effort en solo sous le bras. Un exil pour le moins fructueux tant il n'est pas exagéré d'affirmer que ledit album est sublime. Sur place, le chanteur a croisé quelques musiciens et autant de CVS prestigieux, Toby Dammit (ancien batteur d'Iggy Pop et de Jessie Evans) qui a produit le disque, Mike Watt (ex bassiste des Minutemen qui a également frayé avec les Stooges) et Larry Mullins ; tous partie prenante de l'enregistrement, qui ont su faire passer un cap à l'artiste et donner un irréfutable cachet aux chansons. Frappées du sceau de l'authenticité, de ballades crépusculaires (« Lasso the moon ») aux échos fantomatiques et baroques (« Forgive me, forget me ») au rock'n'roll tendu et mordant (« Consolation ») ; le souffle chaud du désert souffle à travers les enceintes, dans la moindre note de piano, à chaque corde de guitare slidée ou dans le rythme délicat de la batterie (« Better man » ; « Every time I'm with you »). A l'unisson des musiciens, et comme possédé par la magie des lieux et des sons, les qualités de crooner d'Eleganz sont particulièrement bien mises en exergue quelque soit le contexte. De la haute voltige dans le ciel céruléen californien. 

En concert à Paris (Café de la Danse) le 11/12. https://www.facebook.com/jameseleganz/

lundi 11 novembre 2019

KO KO MO : « Lemon Twins »



On appelle cela le changement dans la continuité. Pour son deuxième album, les Nantais de KO KO MO ne révolutionnent pas la donne, restant dans la continuité de leurs influences heavy rock seventies, mais ajoutent de nouvelles couleurs (le jaune!) à leur palette enrichissant considérablement leur univers. Ainsi la première piste de l'album, « The Lemon Twins », en déstabilisera probablement plus d'un, intégrant, harmonieusement, des sonorités électroniques (en lieu et place de la basse) à leur gros son enivrant et son lot de guitares déchaînées et de break de batteries dévastateurs (« So down » au pont presque hip hop). Car, de tout ce carambolage de sons, une évidence ressort : KO KO MO est un formidable groupe rythmique, prêt à toutes les expériences pour faire se déhancher le public (« White House blues »). Un disque exaltant bousculant les sens de l'auditeur au milieu duquel la très douce « Ready for the storm » apparaît comme une pause bienvenue. Signalons enfin pour finir la magnifique participation de Leila Bounous dont le chant en langue arabe apporte une effluve supplémentaire et différente, rappelant les expérimentations arabisantes de Page & Plant dans les années 1990 alors que le reste de l'album évoque plutôt Led Zeppelin ("Shake off your fear"). Recommandé. 





dimanche 10 novembre 2019

(ThisIs) Redeye : « Desert Eyes »



Musicien français ayant grandi au Texas, Guillaume Fresneau, aka (ThisIs) Redeye et anciennement Redeye, revisite son passé le temps de ce nouvel album. Un disque en forme de passerelle vers un désert fantasmé prenant une forme musicale inattendue. Point de rock stoner ici, ni de guitares grasses revisitant le blues sur un mode rock heavy seventies. Petite perle mélodique, entre pop et folk, ce nouvel effort est comme le miroir déformant du musicien porté sur son passé. Nourrie d'influences américaines (cf. « Faded ! ») où les guitares acoustiques se taillent la part du lion, la proposition musicale est pourtant d'une élégance toute européenne, pop ourlée et délicate, se teintant parfois d'une pointe d'expérimentation à base de claviers psychédéliques sans artifices vintages (cf. « Under the waterline » ; « Pounding Heart » ; "Sons & Daughters"). Le tout sied particulièrement bien à la voix et au chant de gorge, grave, qui sonne, pour le coup, comme burinée par le vent chaud et le sable du désert (« Desert Eyes »). Intemporel, classique et immédiat. 





mardi 5 novembre 2019

SBRBS : « By lust and gold »



C'est un sentiment finalement assez rare qui nous habite à la découverte du premier EP du trio rennais. Celui de tomber sur une pépite qui transforme l'écoute en expérience addictive faisant frissonner l'échine. Car si le groupe ne propose rien de bien expérimental ou d'inédit, ce dernier a le bon goût de le faire avec force persuasion rendue en un geste musical précis, pointu et exigeant. Des mélodies pop traitées sur un mode stoner, cela donne des guitares lourdes et traînantes, dont les ruades n'ont de cesse de trimballer dans la poussière de gentilles mélodies. Il se dégage quelque chose de lancinant et d'hypnotique de cette première livrée qui accroche immédiatement l'oreille dans le juste milieu, ni trop agressif, ni trop peu. C'est une réussite ! 
https://fr-fr.facebook.com/sbrbstheband/



lundi 4 novembre 2019

Seratones en concert le 29/11


Le quintet louisianais sera sur la scène du Pop up du label le 29 novembre prochain pour présenter son deuxième album, "Power", aux accents soul traditionnels traversé d'éclairs expérimentaux et synthétiques.

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dimanche 3 novembre 2019

Virginie Seghers : « Echos d'ateliers »



Auteur, compositrice et interprète, fille de l'éditeur et poète Pierre Seghers, Virginie Seghers à découvert l'imprimerie Mourlot, sise à Paris, Montparnasse, en compagnie de ses parents. Toujours active, l'imprimerie Mourlot est devenue l'atelier d'art IDEM dans le courant des années 1990. C'est après une visite dudit atelier qu'est né ce livre-disque, qui constitue son troisième album, nourri par les nombreux souvenirs d'enfance de Virginie ; une enfance bercée par l'amour de l'art, des lettres et du beau papier, soit les ingrédients de ce nouvel effort. Les pages de ce magnifique ouvrage et les chansons composant le disque se répondent ainsi dans un dialogue nostalgique entre les arts qui sied particulièrement bien à l'orchestration acoustique un tantinet jazzy, tantinet tzigane, choisie par l'auteure. Il s'échappe ainsi de l'acoustique un sentiment d'intimité prégnant avec la musique qui se prolonge au contact des pages de l'ouvrage magnifiquement illustré de photos et de lithographies signées Jean-Michel Alberola, Titouan Lamazou (l'ancien navigateur devenu peintre), David Lynch (le cinéaste) ou Nicolas Vial ; autant d'artistes habitués de l'IDEM. Echos d'Atelier est le genre d’œuvre avec laquelle le contact est charnel. Le doux contact du papier sous les doigts, alors que tournent les pages, permettent de renouer avec cette dimension tactile qui nous fait tant défaut en ces temps numériques. Le temps d'écoute et de lecture offre ainsi une pause bienvenue dans cette marche forcée généralisée vers le digital. Et cela fait un bien fou ! 
Editions Idem Paris - 35 €
https://virginiesegherschante.fr/

vendredi 1 novembre 2019

Hannah Williams and The Affirmations : « 50 foot woman »



Ce deuxième album de la chanteuse britannique s'impose, par sa qualité et sa facture, comme l'événement soul, un véritable coup de cœur, de l'automne et c'est une divine surprise. Toujours entourée d'une large formation (guitare, basse, batterie, claviers, cuivres et chœurs) la chanteuse est passée sous les fourches caudines du producteur étasunien Shawn Lee qui s'est évertué par tous les moyens possibles de retrouver le goût, la touche magique des années 1960, sous influence Stax et Motown, bien que mû par une dynamique tout à fait moderne. Et le résultat est à la hauteur des espérances les plus folles et l'égal des productions des labels de Brooklyn Daptone ou Big Crown (Lee Fields). Des les premières mesures du groove puissant, à l'esprit assez rock, du morceau titre, l'auditeur est emporté dans la faille temporelle et qu'est-ce que c'est bon ! Du songwriting malin et efficace (le hook de « I can't let this slip away » est irrésistible) à défaut d'être foncièrement original Un petit détour par le blues (« Tablecloth »), puis le jazz (la formidable "I feel it") et un virage deep soul plus tard (« Sinner ») et l'affaire est dans le sac ! La chanteuse module sa voix à l'envi en fonction des ambiances, assez variées mine de rien, faisant montre de ressources insoupçonnées nichées dans le fond de la gorge. Le tout est efficace et entraînant. On doute qu'Hannah Williams mesure effectivement 50 pieds (environ 15 mètres), mais cela ne change rien à la stature géante que la chanteuse est en train de se bâtir. La formation devrait faire des ravages sur scène. 

En concert le 26 novembre à Paris (New Morning)
https://hannahsoulwilliams.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/HWAffirmations/


jeudi 31 octobre 2019

Fiona Monbet, La Cigale, 30 octobre 2019.


Talentueuse et décidée, Fiona Monbet a pris d'assaut la scène de la Cigale, entourée de son grand orchestre, devant une audience conquise qui lui a réservé un accueil de rock star, plutôt inhabituel, contrastant avec l'ambiance d'ordinaire feutrée d'un concert mi-classique / mi-jazz. La soirée montre toute l'étendue du talent de l'artiste aussi à l'aise à la direction de l'orchestre que son violon fétiche en main. La soirée commence par une pièce formidable évoquant la bande son d'un vieux film muet hollywoodien, différents mouvements entre musique classique (un grand orchestre l'accompagne sur scène, cuivres et vents) et jazz. A la direction, Fiona se révèle totalement habitée par la fonction, accompagnant de pas de danse ses mouvements de mains. Ainsi, la soirée met en exergue, au travers de cette création originale, ses deux carrières parallèles dans le classique et le jazz. Les compositions naviguant d'un style à l'autre, entre le swing de son quintet jazz (guitare, claviers, basse et batterie) et la majesté du grand orchestre. Les pièces prennent ainsi des directions inattendues l'orchestre appuyant avec emphase certains mouvements. Dans ce contexte la batterie apporte un véritable plus, tant l'instrument est rare dans l'orchestration classique, un supplément de vie et de swing. Violon en mains, Fiona ajoute une note supplémentaire s'aventurant dans les sonorités celtiques et Irlandaises faisant ainsi honneur à son ascendance. Superbe soirée ! 


dimanche 27 octobre 2019

Fun Fun Funeral : « Everything is ok »



Derrière sa pochette magnifique signée Valentin Lergès, se cache un bien intriguant objet, le premier album du duo franco-britannique composé de Dean Spacer et Clément Sbaffe. A l'image de son patronyme, entre amusement (fun) et deuil (funeral), le duo accouche d'un disque fuyant, aux contours mouvants dont on a du mal à saisir les aspirations. Le disque résulte d'une période de quasi-retraite dans une petite chapelle sise dans la Manche transformée en bulle de créativité débridée, entre moyens limités, lo-fi, et bricolage. Ainsi il est parfois difficile de saisir la direction qui a précédé à la chose (si toutefois il y en a une). Les voix hauts-perchées et la guitare folk, triturée autant que faire se peut et même au-delà, constituent l'épine dorsale. C'est autour que les choses se compliquent. Boîtes à rythmes, synthés, instruments jouets et autres objets détournés de leur usage premier constituent l'instrumentarium utilisé par les deux compères. Guidés par la volonté de sortir des sentiers battus, le duo triture à l'envie ses compositions entre folk lo-fi et pop. On ne compte plus les changements de direction au sein du même morceau, les virages et autres embardées. A l'autre bout du spectre l'auditeur, pour le moins étourdi, ne sait plus trop à quel saint se vouer. On salut ainsi la créativité du duo et l'effort d'inventivité. Mais pris tel que, sans trop de recul, avouons-le, l'album cristallise la frustration d'un univers dans lequel il est difficile de pénétrer. 

https://funfunfuneral.bandcamp.com/
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samedi 26 octobre 2019

Dirty Sound Magnet : « Transgenic »



Par opposition aux couleurs chatoyantes qui orne sa pochette, le trio suisse donne de nouvelles couleurs, plutôt sombres pour le coup, à la scène psychédélique se référant autant au passé qu'il cherche à se démarquer des années 1960. Il en résulte un album aux préoccupations très actuelles (« Hashtag Love », le diptyque « Social media boy » / « Social media girl », « Transgenic ») à l'avenant de leur proposition musicale qui retient du passé l'esprit aventureux plutôt que la fidélité absolue à l'idiome fantasmé. Pour autant point de virage électro à l'horizon (No synth used on this record affirme fièrement le livret) mais un bricolage malin et ingénieux, œuvre d'un trio de freaks/geeks qui aurait mis la main sur le stock de pédales d'effets du voisin. A la fois classique dans le fonds (on y entends guère que de la guitare, de la basse et de la batterie) mais totalement original dans la forme le trio entraîne l'auditeur sur des sentiers escarpés, de la distorsion à tous les étages, dont on ressort étourdis par l'audace formelle du trio, son sens de l'écriture mais aussi cet art de vitrioler ses compositions à grandes lampées de sons sortis d'on ne sait où, signant l'œuvre d'un trio de cerveaux vrillés. Un vent nouveau souffle sur la scène psychédélique, celui du 21ème siècle. A noter pour finir le sublime artwork, signé du batteur Maxime Cosandey, ajoute au plaisir d'écoute. 

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vendredi 25 octobre 2019

Iguana Death Cult : « Nude Casino »



Lors du long cheminement qui mène à la formation d'un groupe de rock'n'roll, la question patronymique se pose forcément à un moment ou à un autre. Note à tous les jeunes groupes en gestation : n'importe quel nom contenant les termes « death » ou « cult », fort de précédents célèbres est cool, si on y ajoute, en sus, une référence à l'Iguane (Iggy Pop, la rock star ultime) alors la chose devient férocement cool. Ainsi, de fil en aiguille, lorsque le disque arrive dans la boîte aux lettres du chroniqueur, avant même d'avoir entendu la moindre note, la curiosité est attisée. Et la chose se confirme bien rapidement alors que les premières notes s'échappent des enceintes. Venu des Pays-Bas, Iguana Death Cult remporte l'adhésion, avec ce deuxième album, grâce à une juxtaposition d'éléments constitutifs du rock'n'roll. Ainsi la chose commence avec un riff de guitare twang entre garage psychédélique et surf (« Nude Casino »), classique et efficace, dans une irrésistible veine sixties automatiquement addictive. A ce premier niveau s'ajoute la voix, les paroles scandées, dans un esprit plus punk, assez incongru dans le contexte mais le mariage des styles fonctionne de manière assez harmonieuse. Quelques pistes plus loin (« Carnal Beat Machine ») le disque prend une autre tournure, ligne de basse sèche et énorme, d'obédience cold, et quelques claviers épars plus eighties (« Half Frysian ») ; nous voilà bien loin de l'ambiance sixties qui ouvrait l'album à peine quelques minutes plus tôt. Que s'est-il passé entre temps ? Aucune idée mais l'auditeur est transporté par l'énergie qui, elle, reste identique quel que soit l'emballage mélodique (« Tuesday Lament »). Seule explication possible, le disque est une formidable machine à remonter le temps, une spirale infernale dont on ressort exsangue avec, pour idée fixe, de recommencer l'écoute depuis le début. Excellent ! 

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https://iguanadeathcult.bandcamp.com/



jeudi 24 octobre 2019

Theo Lawrence : « Sauce Piquante »



Ce nouvel album de l'ex-leader des Velvet Veins marque une évolution sensible de sa musique. Séparé (temporairement?) de son groupe The Hearts, Theo retourne en cuisine nous mitonner une savoureuse « Sauce Piquante ». Une décoction goûteuse dont on tente de retrouver la recette suivant une piste qui nous mène immanquablement au sud des Etats-Unis, territoire fantasmé de l'artiste, où le disque a en partie été enregistré (à Valdosta, dans le sud de la Géorgie). D'où ce délicieux goût à l'oreille où se mélangent harmonieusement arpèges folk (« Judy doesn't live there anymore »), country (« Come on back to my love »), cajun (« Petit Cœur ») et tex-mex (« In the back of my mind »), le tout formant un tout nouveau terreau où peut s'exprimer à plein le goût du musicien pour la ballade (« Evangeline »), un genre qui sied si bien à sa voix idoine de crooner. Moins soul dans sa forme mais toujours aussi soulful, la musique de Theo déborde de ce charme, non pas vintage mais intemporel, tout au long de ce somptueux album finalement plus doux-amer que piquant. Une superbe réussite ! 
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mardi 22 octobre 2019

Fiona Monbet : « Contrebande »



Violoniste de formation classique, également chef d'orchestre, Fiona Monbet s'est entouré d'une formation plutôt typée jazz (contrebasse, guitare et accordéon) pour l'enregistrement de cet album, son deuxième. Le jazz, un genre musical qu'elle visite en contrebandière. Car, en dépit des quelques accents manouche, violon oblige, celtiques, voire latins -cf. l'accordéon qui nous rapproche du tango- qui parsèment ça et là le disque, c'est bien à la naissance d'un idiome, quasi-inédit, à laquelle nous assistons ébahis, l'apparition d'une nouvelle grammaire dont le présent album serait le faire-part, à mi-chemin du classique et du jazz. D'autant plus qu'à l'exception de deux reprises, la totalité du répertoire est signé de la main des musiciens jouant sur le disque. Il ne nous reste plus dès lors qu'à nous caler confortablement dans un fauteuil moelleux à souhait pour profiter de la virtuosité des musiciens, de leur geste précis et classieux, et, au-delà, de la variété de climats que la formation, serrée, réussit à installer faisant par là-même pénétrer l'auditeur dans l'intimité de la création. Et l'écoute se révèle particulièrement relaxante. 
En concert le 30/10 à Paris (La Cigale) https://www.fionamonbet.com/

lundi 21 octobre 2019

Maya Kamaty : « Pandiyé »


Ce deuxième album de la chanteuse réunionnaise sort après une longue période de silence, cinq ans, mise à profit pour revoir en profondeur sa démarche musicale. Car, au-delà de la sortie de seul disque, Maya tente de bâtir véritablement une œuvre et semble décidée à assumer jusqu'au bout la prise de risque intégrant de nombreuses sonorités électroniques, plutôt occidentales, à l'acoustique chatoyante du maloya, une sorte de blues réunionnais, qui faisait le charme du premier album. Le risque étant grand de se perdre en route dans le dédale électronique. Et pourtant l'identité du groupe en ressort encore renforcée, car si l'enveloppe change, les musiciens sont restés les mêmes et ont fait évoluer leur pratique en même temps que la musique du groupe. Plus électronique, certes, le fond de la démarche est resté le même, préserver la culture maloya pour éviter à cette dernière de tomber dans l'oubli, ainsi, la musique laisse beaucoup d'espace à de nombreux instruments traditionnels acoustique, dont certains n'avaient jamais été utilisés jusqu'alors par la chanteuse. Gumbass, takamba (qui rappelle le n'goni africain soulignant au passage la proximité entre Afrique et créolité), tambours, kayamb et autres roulèrs. Loin de dénaturer le maloya, ce délicat mélange entre électronique et acoustique, renforce l'âme, lui conférant un supplément d'ambiance, de ce bel album « pandiyé » (suspendu). 
En concert à Paris (Pan Piper) le 17/11 (17h30) 
https://www.facebook.com/MayaKamaty/



dimanche 20 octobre 2019

The Grasslers : « Bluegrass Time Machine »



Figuré sur le cédé par un magnifique mécanisme horloger, d'esthétique steampunk, cet album des Grasslers est, en soi, un machine à voyager dans le temps. Mais la musique est-elle le meilleur, sinon le seul, moyen de voyager dans le temps ? On n'a pas fini de se poser la question à l'écoute des 13 reprises qui composent le disque. Chipées chez quelques grands noms - Bruce Springsteen («Dancing in the dark »), Nirvana (« Smells like teen spirit »), les Beatles (« Norwegian Wood »), The Clash (« Should I stay ») ou Sting (« Every breath you take ») - les chansons sont réinterprétées suivant le style bluegrass, la country des collines, joué uniquement sur des instruments à cordes (en l'espèce, guitare, violon, contrebasse, banjo, mandoline et, éventuellement, un peu d'harmonica). Une démarche qui n'est pas sans rappeler les Hayseed Dixie, un autre fameux groupe de reprises. Décalées (« Get Lucky » de Daft Punk), rigolotes, ludiques et, toujours, excellentes, les reprises choisies font preuve d'un impeccable bon goût (encore que, Daft Punk…) et permettent à l'auditeur de revisiter son enfance et/ou adolescence à travers cette sélection de tubes qui a marqué bien des générations. A noter enfin, « Personal Jesus » de Depeche Mode, dont Johnny Cash avait, en son temps, déjà livré une version faisant autorité. Prêts pour le voyage dans le temps ? 

https://thegrasslers.net/
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samedi 19 octobre 2019

Malted Milk : « Love, tears & guns »



Tout commence par un choc visuel, un artwork coup de poing, dont la violence potentielle (l'arme braquée pleine face) est désamorcée par une tache rouge, figurant l'explosion, en forme de cœur. Le titre de l'album « Love, tears & guns » trouve ainsi une parfaite illustration. Prise dans son ensemble, la pochette rompt les codes classiques de la soul vintage. Une démarche qui se prolonge sur disque, en musique, tant le groupe a élevé son niveau de jeu, déjà fort impressionnant par le passé. Dans la foulée de la magnifique collaboration avec la chanteuse Toni Green (lire ici) le groupe fait tout pour s'élever au-dessus du tout venant, sortir du carcan vintage que le groupe avait fait sien jusqu'ici pour viser l'étage du dessus, l'intemporalité, là où les références s'effacent devant les qualités d'écriture et de production. Ce ne sont pas les cuivres et autres vents convoqués ici qui nous contrediront, le son est certes influencé par celui d'hier (la blaxploitation "Branded by your love") mais est bel et bien d'aujourd'hui et sera, gageons-le, encore prégnant demain. Le falsetto dévastateur du chanteur et guitariste Arnaud Fradin a trouvé un bien bel écrin soul mais également blues (« Daddy has a gun »), folk (« Pay day »), reggae (« Children of the world »), ou disco/funk (« Money »). Une diversité d'influences qui ne nuit pas à la cohérence du tout, c'est là le tour de force réalisé par les Nantais sur ce magnifique nouvel album. 

https://www.malted-milk.com/
https://www.facebook.com/maltedmilkofficiel
https://twitter.com/maltedmilkmusic

vendredi 18 octobre 2019

NOLA FRENCH CONNECTION BRASS BAND



C'est à la suite d'un voyage initiatique à La Nouvelle-Orléans, que les futurs membres du groupe ont décidé de créer leur brass band, une fois de retour en France baptisé en hommage à leur ville de cœur (NOLA : New Orleans, Louisiana). Le résultat de leurs aventures tient dans ce premier album de sept titres effervescent. L'illusion est plus vraie que nature. On y retrouve, en effet, ce son si caractéristique puisque le groupe n'est constitué que de cuivres (6) et de percussions (3). Le résultat est à la fois puissant, le souffle des vents transperce les enceintes, et, surtout, dansant. Destiné à jouer aussi bien dans la rue que sur une scène, le Brass Band est une déclinaison du marching band, ainsi, tous les musiciens sont debout et il en va de même pour l'auditeur qui ne peut tenir en place lui non plus, entraîné dans la spirale funky de la musique portée par un enthousiasme dévastateur. La musique enfin, tient de la marmite bouillonnante dans laquelle mijote une pléthore de styles, du funk, un peu de jazz dans les passages les plus mélodiques (cf. la magnifique « Coffee Machine Blues »), un soupçon de hip hop pour les refrains scandés en chœur jusqu'à en perdre haleine et un groove constant du début à la fin de cet album réjouissant et festif. 

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jeudi 17 octobre 2019

Flyin' Saucers Gumbo Special : « Nothin'but »



Voici un groupe bien nommé ! A l'instar du plat typiquement néo-orléanais dont il emprunte le nom, le groupe français nous a concocté un menu pantagruélique, gastronomique et roboratif ! Qu'il s'agisse de zydeco pur sucre (« Zydeco Train ») ou teintée de blues (« Nothin' but a party » qui cite « Spoonful ») ; d'onctueuse soul 70s (la magnifique « Mister Bartender ») ou des secousses telluriques qui animent la guitare d'obédience délicieusement Creedence Clearwater Revival (« Louisiana Girl ») nos frenchies font bien mieux que simple illusion. S'appropriant toutes les tendances précités, chères à nos oreilles, avec autant d'application que de virtuosité, le quintet réussit à réduire les frontières tant temporelles que physiques qui nous séparent des années 1970 étasuniennes tout en redonnant au passage ses notes de noblesse à l'accordéon. On en ressort repus ! Une éclatante réussite. 

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lundi 14 octobre 2019

Quintana dead blues eXperience : « Older »



Dans les années 1970 on avait coutume de dire que quand on n'avait pas de pétrole on avait des idées. Piero Quintana quant à lui, faute de moyen, carbure, en solo, sur la route de rock à la créativité. Ainsi une boîte à rythme remplace le batteur, un artefact incongru dans ce contexte mais que le musicien repousse dans ses derniers retranchements, de même que sa guitare et son ampli qu'il se charge de faire hurler. La boîte à rythme impose un beat lancinant, implacable, inarrêtable. Charge ensuite au guitariste de coller au maximum au rythme, la course poursuite peut commencer. C'est une véritable machine qui est lancée, une boule de feu qui crève les enceintes, une tension qui monte crescendo, note après note, un titre après l'autre. Vu sous cet angle, la boîte à rythme et les quelques arrangements électro qui parsème l'album enrichissent le son et l'univers de l'artiste plus qu'ils ne le dénaturent. Quand on n'a pas de moyens, on a des idées… 

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dimanche 13 octobre 2019

One Rusty Band : « Voodoo Queen »



Apparu au début du 21ème siècle, sous l'impulsion de formation étasuniennes telles que The White Stripes ou The Black Keys, la formule du duo a, un temps, incarné l'épitomé du rock'n'roll, une forme d'absolu où le manque de moyen sublime la dynamique des musiciens, permettant de renouer avec une forme d'énergie primale du rock'n'roll. Puis, la formule du duo a pullulé au point de devenir un cliché rock du 21ème siècle (souvent brocardé sur cette page) peinant à égaler le génie des pionniers du genre, eux-mêmes sur une pente savonneuse. Un duo rock'n'roll, quoi de plus banal en 2019 ? Aussi, réjouissons-nous alors qu'un nouvel avatar du genre, One Rusty Band, sort son premier album et que ce dernier propose un contenu électrisant incarné par une formule renouvelant le genre. 

One Rusty Band donc. Le nom à lui seul met la puce à l'oreille. Rusty, soit rouillé en traduction française, nous donne une première indication et sonne récupération ou recyclage ; soit la ligne directrice du groupe, décidé à en découdre, coûte que coûte, avec ce qui lui tombe sous la main. Et pour le coup, on est servis : guitare cigar box, harmonica, batterie rudimentaire joué aux pieds par Rusty Greg, le chanteur du duo, toute une série d'artefacts complétés par Léa en charge quant à elle de la rythmique, washboard en mains ou claquettes aux pieds. Et c'est là que se joue toute la différence, le washboard apportant un irrésistible et rafraîchissant sens du swing à la rythmique et un aspect vintage remontant bien au-delà des sacro-saintes années 1970 (présentes quant à elles dans le son sauvagement saturé de la guitare) pour retrouver le goût des pionniers du blues et du rock'n'roll des années 30 à 50. En résumé, ce duo là possède une âme, une ambiance parfaitement retranscrite sur disque, un son cradingue (cf. le micro téléphone déformant la voix) et l'énergie si particulière de la formule duo. Ainsi l'album est une sorte de road trip, un voyage Tarantinesque, qui s'écoute d'une traite, scotché par la puissance s'échappant des enceintes. Et le tout s'annonce encore plus spectaculaire sur scène puisque Léa danse également (cf. les claquettes) renforçant la dimension visuelle du projet, absente sur disque. 

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vendredi 11 octobre 2019

Celeste : "Strange"

Titre inédit, mais joué lors de la dernière édition de Rock en Seine, "Strange", vient de faire l'objet d'une magnifique vidéo, superbement réalisée et éclairée. Le texte doux-amer trouve ainsi un magnifique écrin dans la voix splendide et éraillée de la chanteuse particulièrement bien mise en valeur par l'instrumentation dépouillée (piano, cordes) permettant à Celeste de briller de mille feux...

En concert à Paris le 31/10 (Pitchfork festival) et le 23/11 (Salle Pleyel, première partie de Michael Kiwanuka)

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mercredi 9 octobre 2019

We hate you please die : « Kids are lo-fi »



We hate you please die, avec un nom pareil, résonnant d'une cruelle ironie cynique, on pouvait craindre le pire… A la fois punk et psychédélique (oui c'est possible), le quatuor est, dans le fond, une excellente surprise et pas si nihiliste que cela. Car, finalement, ce déluge de décibels porté par une rythmique d'obédience cold wave (cf. la basse) nous donne surtout à entendre une exhortation à croquer dans la vie comme dans une pomme juteuse et, par conséquent, à se débarrasser des toxiques. Le tout est joué avec un tel enthousiasme que l'on peut résister à la furie (cf. le chant) où l'électricité n'annihile ni la volonté d'expérimentation de la guitare protéiforme, qui incarne à la fois l'élément punk et psyché de l'équation, ni les mélodies vitriolées avec un plaisir contagieux (cf. la dantesque « Figure it out »). A noter, « Minimal Function » chanté par les deux filles qui forment la section rythmique du groupe. 

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lundi 7 octobre 2019

The One Armed Man : « #1 »



Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre, numéro 1, le présent EP n'est pas le premier du groupe (qui a déjà deux albums à son actif) mais le premier volume d'un diptyque amené à se prolonger cet hiver. Cette précision posée est loin d'être anecdotique car à l'écoute on sent toute l'expérience, la maturité et le savoir-faire du quatuor qui n'a pas son pareil pour entraîner l'auditeur sur des sentiers escarpés de guitares, là où les musiques terriennes (le blues, notamment) se mue en rock stoner, au contact des amplis surchauffés au métal. Ainsi, le disque, parfaitement produit avec le plus grand soin, entretient un lointain cousinage avec les années 70 qui semble constituer le socle du groupe, une base qu'il se charge de transformer à sa guise plutôt que de jouer la carte de la vaine reconstitution à l'identique. Un fort goût en bouche de wha-wha déchaînées, groove en sourdine et guitares parfaitement dosées constituent ainsi les principaux éléments d'un disque intemporel. A découvrir. 


dimanche 6 octobre 2019

Awek : « Let's party down »




Jour de fête chez Awek ! Les Toulousains fêtent dignement les 25 dernières années passées à la recherche de la note bleu avec ce luxueux digipack contenant un nouvel album (14 compositions inédites quand même!) et un disque live documentant le quart de siècle passé à écumer les scènes et incluant (bonus dans le bonus) « Honky Tonk Blues » ; un titre issu de la toute première session d'enregistrement en studio du groupe en 1995 ! Aussi alléchant soit-il, la pièce de choix du menu reste ce nouvel album, enregistré à San José, Californie, par Kim Andersen qui s'est également invité aux agapes à la guitare et à l'orgue. Et là, dés les premières mesures, le quartet entraîne l'auditeur au fil de son blues classieux et varié, du style Chicago au shuffle, alternant entre deux sentiments, le groove de l'ensemble (merci l'orgue!) contrebalançant l'abrasivité des guitares. Citant pèle-mêle Muddy Waters (« Snake boy ») ou Chuck Berry (« Early Every Morning »), jamais Awek ne sombre dans le pastiche réussissant, par la fraîcheur de son interprétation, à s'approprier l'idiome pour un résultat plus vrai que nature, aussi réjouissant qu'un groupe étasunien. Un classique immédiat, intemporel. 

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mardi 1 octobre 2019

A Forest Man : "The Ballad of Lucy Reed"

A Forest Man, projet dont on vous avait touché deux mots par ici, nous revient avec un premier clip, très graphique, fleurant les grands espaces accompagnant un titre folk électrique mélancolique évoquant les années 1990.

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lundi 30 septembre 2019

Parlor Snakes : « Disaster Serenades »



Voici, enfin, le troisième volume des aventures du duo reptilien qui, comme à son habitude, nous envoûte de son rock vénéneux, neuf titres durant, depuis son intro vaudou (« Darkness Rises ») à sa coda psychédélique (« Frequency »). Entre les deux, le groupe fait bien mieux que revisiter l'histoire du rock, il se l'approprie et affine le son au fur et à mesure que les pistes avancent. Pourquoi dès lors parler de blues, de garage, de punk voire même de pop ou de cold wave puisque toutes ces tendances sont parfaitement digérées, intégrées et rendues dans un style unique et cohérent de bout en bout ? Parlor Snakes c'est une basse en sourdine, qui fait planer une menace constante sur l'album alliée à une batterie qui monte en tension, en une sorte de crescendo malsain, jusqu'à l'explosion finale incarnée par l'attaque franche de la guitare de Peter, tranchant, sec, concis (« Wonderland » enregistré live en une prise ; « Das Meer »). Au-dessus plane la voix d'Eugénie Alquezar, chanteuse élastique désarmante lorsqu'elle baisse la garde, fragile, et que sa voix se fêle (« Marc Bolan's fifth dream », « Nylon and milk ») et à la fois forte et affirmée lorsqu'elle se dresse comme un rempart alors que sonne la charge de décibels, tendue à l'extrême (« Serpent », premier titre en français de l'histoire du groupe). Ecouter cet album c'est plonger la tête la première dans une spirale psychédélique hallucinante de noirceur, un tourbillon dark hypnotique et envoûtant qui fait frissonner jusqu'à la colonne vertébrale. 
En concert le 8/10 à Paris (Point Ephémère)
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dimanche 29 septembre 2019

The George Kaplan Conspiracy : « Recollected Memories »



Dans le film « La Mort aux trousses » d'Alfred Hitchcock (1959), George Kaplan est une identité fantôme, un personnage monté de toutes pièces par la C.I.A. ; un alias utilisé pour se sortir d'un mauvais pas. Ainsi va la musique, aux intentions multiples, de ce duo ayant choisi ce clin d’œil/hommage à Alfred Hitchcock pour patronyme dans un va-et-viens constant entre passé - la pop et la disco érigées en principales influences - et le présent, à savoir les sonorités électro qui emballent le tout d'un voile nostalgique dans une vague réminiscence des années 1980. Volontiers accrocheur et dansant lorsque les guitares entrent en action, éventuellement vaporeux quand à l'inverse les nappes synthétiques prennent le dessus, l'album entretient finement son aura mystérieuse. La clé de l'énigme se trouve peut-être dans le titre : souvenirs recueillis... 

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samedi 28 septembre 2019

Jesse Malin : « Sunset Kids »



A bien des égards, Jesse Malin semble égaré dans son époque, un personnage comme on en fait peu, un manière de rescapé des seventies alors qu'il est probablement trop jeune pour avoir pleinement vécu l'époque. Doté d'un sens de l'humour ravageur, caustique, et d'un charisme à toute épreuve qui font de lui une attraction sur scène qu'il serait dommage de louper, l'homme fait, n'ayons pas peur de le dire, partie de nos chouchous depuis de nombreuses années déjà (précisément un concert au Bataclan en 2002) et c'est toujours avec un joie non feinte que l'on reçoit un nouveau disque comme on prendrait des nouvelles d'un vieux pote que l'on est content de revoir. Et tant pis si chaque disque se ressemble un peu, toujours sous l'égide du modèle Springsteenien, ou si, plus précisément, chaque prend la suite du précédent, le tout formant un corpus, une chaîne particulièrement consistante sur la durée. Tant pis en effet puisque l'on est quasi sûr (on n'est jamais à l'abri d'une catastrophe cependant) d'y retrouver ce qu'on aime, des mélodies bien troussées, finalement plus intemporelles que revivalistes (« Meet me at the end of the world again »), un sens de l'harmonie (« Chemical heart », « When you're young ») et de l'attaque à la guitare folk (« Promises » , « Shining down »), une ambiance mélancolique (« Shane », "Revelations"), et une âme s'échappant des textes évoquant les galères du quotidien de ceux qui tentent de s'en sortir (cf. le fameux modèle Springteenien) le tout avec sa bonne vieille ville de New York City en toile de fond. Car, dans le fond, écouter un disque de Jesse Malin c'est un peu comme prendre un express imaginaire pour la Big Apple. Départ immédiat. 

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vendredi 27 septembre 2019

Cotton Belly's, Petit Bain, 26 septembre 2019.


Secret bien gardé du blues français, le quatuor a régalé nos sens en ce jeudi soir, posé sur la Seine. Empruntant aussi bien au blues qu'au rock'n'roll voire à la folk music, les Cotton Belly's ont bâti un univers cohérent inspiré des grands espaces étasuniens où il est souvent question de route. Un voyage donc mais aussi, surtout, un régal sur scène. Jonglant avec les émotions, tour à tour enlevé ou touchant, le groupe fait montre d'un geste sûr, précis mais surtout empreint de feeling, débordant de la scène vers le public dans une étrange émulation collective, un va et viens. Ainsi, debout et droit comme un i, les yeux tantôt grands ouverts, tantôt mi-clos, le bassiste et contre bassiste, Christophe cherche a absorber une à une les vibrations ambiantes avant des les restituer, instrument en mains. C'est dire le pouvoir d'attraction du groupe sur scène. Le groove moite de la superbe batteuse Aurélie, le chant ouaté, les licks inspirés de l'harmonica et la guitare toujours juste dans l'émotion, câline hypnotique ou rugueuse sans excès. Marqué par une interconnexion parfaite entre acoustique (dobro ou lap steel) et électricité, swingant plus souvent qu'à son tour, le groupe est bien plus, et bien mieux, qu'une énième resucée maladroite d'idiomes typiquement étasuniens qu'ils ont totalement su s'approprier pour en livrer une version fraîche et entraînante. Superbe soirée ! 

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mercredi 25 septembre 2019

Gliz, Espace B, 24 septembre 2019.


Sauvé des eaux après des mois d'arrêt, que l'on a bien cru définitif, l'Espace B propose à nouveau de la musique live ! C'est donc avec une joie non feinte que l'on constate que rien n'arrête le rock ! Et, en l'espèce, surtout pas celui du trio Gliz que l'on retrouve ce soir sur scène. Oui, contre toute attente, du rock'n'roll, du vrai ce que ne laissait point supposer le line up original du groupe (renforcé ce soir par un orgue farfisa sporadique et quelques autres effets balancés par le batteur), que tout (cf. le banjo, le tuba) orientait vers le folk et la country. Mais à force de pédales et autres effets sonores (le rack posé au pied du micro est assez impressionnant) l'illusion est plus vraie que nature. Un power trio donc, roots de chez roots ! Car chez Gliz, tout, du groove imparable de la batterie au tuba (un peu entravé dans ses mouvements par une hauteur sous plafond limitée) en passant par le banjo, converge pour dessiner des paysages sonores, inspirés des grands espaces d'outre-Atlantique et des musiques afférentes : le blues (« Cannon ») et la soul (« A mess is gonna come ») qui sont autant d'extensions des racines rock du groupe. Une soirée riche en groove, en décibels et en émotions ! 

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lundi 23 septembre 2019

Dylan LeBlanc : « Renegade »



Ce nouvel effort, le quatrième, de Dylan LeBlanc s'apprécie en deux temps, à l'instar d'un bon vieux vinyle d'antan. La première partie du disque voit l'artiste évoluer de manière significative : des nappes de claviers font en effet leur apparition posant une couche de vernis pop sur ces nouvelles compositions sans pour autant occulter la dimension rock du musicien. Ainsi sous la glace, le feu couve (cf. « Bang bang bang », « Damned »), comme une étincelle sur le point de s'embraser à l'image du riff stonien du morceau titre qui ouvre les débats. Chemin faisant, le son du guitariste évolue, ses influences se déplace sur l'échelle du temps, le rapprochant de ce que les songwriters tels que le regretté Tom Petty ou Bruce Springsteen pouvaient proposer au début des années 1980. La deuxième partie du disque, les quatre derniers titres (dont le sublime « Lone Rider » cosigné avec son père James), se veulent plus calmes en renouant avec sa veine acoustique habituelle, entre folk et country. C'est un excellent, et très équilibré, disque qui s'achève ainsi sur une note apaisée. 

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dimanche 22 septembre 2019

Swedish Death Candy : « Are you nervous ? »



Nerveux n'est probablement pas le premier terme venant à l'esprit pour décrire ce nouvel album. Mais il y aurait quand-même de quoi après tout… Au premier abord, Swedish Death Candy reprends à son compte l'héritage garage, avec tout ce que cela comporte de guitare fuzz et de vocaux déformés, en y ajoutant une touche d'étrangeté psychédélique sous la forme d'arrangements bizarroïdes, le tout formant un projet barré et baroque, électro vintage tel qu'on les affectionne par ici (cf. le « Interstellar love machine » d'ouverture ; « Always »). Mais revenons un instant à cette notion de nervosité dont il était question au début de cette chronique. Cette dernière prends corps dans une cette tentation métallique qui plane au-dessus de l'album telle une menace sourde (cf. « Modern Child », « A date with Caligula ») sur le point d'exploser à tout moment. Ainsi, le disque fonctionne en suivant cette double dynamique, le chant et les arrangements psychédéliques désarmant l'attaque lourde des guitares et vice-versa. On en redemande ! 
Sortie le 27/09/19
En concert à Paris (Espace B) le 29/11


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samedi 21 septembre 2019

River Into Lake : « Let the beast out »



Aussi improbable qu'une rivière se jetant dans un lac, le nouvel album de la formation bruxelloise s'impose comme une proposition musicale forte et décalée. Faisant la part belle aux synthétiseurs et aux boîtes à rythmes analogiques, ce nouvel effort plonge l'auditeur dans un état contemplatif bercé au gré de compositions labyrinthiques (« The book on your chest »), mélancoliques (« Devil's hand ») limites expérimentales (« Misunderstanding ») dans une quiétude à peine troublé par d'étranges guitares dissonantes (« Between »). Une couche sonore, hypnotique et progressive, après l'autre, l'étrange magma laisse s'évaporer de douce effluves nostalgiques et oniriques, comme autant de madeleines rappelant la texture sonore des années 80 de notre enfance (« Downstairs »). Comme un étonnant contrepoint à tout ce qui a précédé, le morceau titre, « Let the beast out », à l'approche oblique mettant en avant une guitare plus immédiatement rock, s'impose comme la pièce de choix de cet intriguant et néanmoins obsédant album. 

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mardi 17 septembre 2019

Celeste : « Lately »



Nouvel EP pour cette jeune impétrante britannique dont la classe innée n'est pas passé inaperçue lors de la dernière édition de Rock en Seine. La première chose que l'on retient de la chanteuse c'est sa voix. Certes ces dernières années ont vu nombre de chanteuses au timbre soulful apparaître mais Celeste s'impose sur un genre différent, mettant sa fragilité à nu, toujours sur le fil, frêle et légèrement brisée (comme une petite cassure au fond de la gorge) mais avec caractère. Les émotions débordent de ses cordes vocales mises au service d'un répertoire qui ne cherche pas forcément la tonalité vintage à tout prix mais qui les intègre intelligemment dans une forme dans laquelle on peut aussi déceler les influences des années 90 (on pense au claquement hip hop de la batterie en particulier) voire des années 80 où il est question de soul, bien sûr, mais aussi de jazz. Un EP au goût de trop peu tant la chanteuse incarne une forme de rupture rafraîchissante avec les canons ambiants qui demande toutefois confirmation sur le long format. 






lundi 16 septembre 2019

Cotton Belly's : « Missi »



On les avait perdus de vue depuis quelque temps mais c'est un retour qui fait bien plaisir ! Ainsi c'est avec un grand sourire que l'on accueille ce nouvel effort du groupe francilien et ce dès la première piste ! En effet, chez les Cotton Belly's, tout est affaire de cœur. A l'ouvrage tout d'abord en ce qui concerne l'écriture, soignée comme toujours, et, surtout, lorsqu'il s'agît, instruments en mains, de passer par la case enregistrement. Bien sûr, c'est toujours plus où moins la même histoire, mais celle-ci nous tient particulièrement à cœur, tant les influences qui nous sont chères se bousculent tout au long de ces onze plages. Folk délicat et inspiré, une pointe de rock'n'roll primesautier et entraînant (« Roadside ») et du blues un peu partout (« Well & Good ») voici le tiercé gagnant de ce nouveau disque. Entre groove tranquille, mais affirmé, de la section rythmique, chant soulful et licks inspirés de l'harmonica (toujours juste et à propos) le groupe nous attire dans un road trip, le long de routes imaginaires et c'est un bien beau voyage. Un album dont la virtuosité discrète fait du bien, derrière l'apparente réserve de façade se cache un véritable petit bijou qui n'attends que de vous happer. 

En concert à Paris le 26/09 (Petit Bain)

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mercredi 28 août 2019

Rock en Seine, 23, 24 et 25 Août 2019


Après une édition 2018 bien en-deçà des standards habituels, la programmation 2019 a relevé la barre. 

Vendredi 23 août 2019 

Lee-Ann Curren : Franco-américaine, la fille du légendaire Tom (triple champion du monde de surf) s'est détournée de la compétition pour se consacrer à la musique, sa deuxième passion. Quasi-inconnue avant le festival, un seul clip a été dévoilé en attendant la sortie de son premier EP en solo, la jeune femme se présente sur scène en trio accompagnée d'un batteur et d'un bassiste/claviériste. Son univers entre pop/électro et rock soft laisse apparaître de nombreux possibles bercés par le rythme lancinant des machines qui n'est pas sans rappeler le roulis des vagues s'écrasant sur le rivages. Le batteur survolté dynamite le tout apportant une pointe de puissance rock à l'affaire, si l'ensemble manque encore de maturité, la promesse est néanmoins belle. 

We hate you please die : Un nom pareil ne peut que susciter la curiosité ! Quatuor mixte, deux filles forment la section rythmique alors les garçons se partagent le chant et la guitare. Ambiance survoltée, attaque punk frontale, les jeunes Français forment un groupe qui n'est « ni triste, ni joyeux, simplement une bande de gamins en colère ». Derrière son sourire de façade contrebalancé par son regard triste, le chanteur zébulon laisse apparaître de nombreuses failles et finit le concert exsangue vidée. Belle communion avec le public, le véritable carburant du quatuor sur scène. 

Johnny Marr : « Merci d'être venu plutôt que d'aller là-bas » clame-t-il désignant négligemment du bras l'emplacement de la grande scène où va se produire The Cure une plus tard. Il amusant de constater que l'inimitié entre deux des formations majeures (The Smiths et The Cure) de l'Angleterre des années 1980 perdure encore de nos jours. Beau succès auprès du public, qui s’éclaircit de plus en plus alors que le temps file, l'ex-Smith possède toujours un magnifique touché de guitare mais pas toujours le répertoire en solo à l'avenant. Ce sont encore et toujours les reprises des Smiths qui touchent le public en plein cœur, «Bigmouth strikes again » et autres « This Charming man » ; comme il le chante lui-même : « There is a light that never goes out »… A noter une très surprenante mais réussie reprise de « I feel you » (Depeche Mode). 

The Cure : Trois lointaines silhouettes noires qui s’agitent entre deux branches d'arbres au milieu des feuillages et trois petits bouts de guitares et c'est à peu près tout ce que l'on a vu du groupe mythique. Une foule immense d'environ 40 000 spectateurs (soit l'équivalent de deux Bercys environ) s'est pressée devant la scène pour ne plus en décoller, scotchée par la puissante mélancolie du groupe. Jamais vu un tel rassemblement à Rock en Seine auparavant, même pas pour Iggy Pop ! On est bercés par la musique, le groupe semble plutôt en forme et audacieux (cf. « Burn » extraite de la B.O du film « The Crow ») musicalement parlant, mais aussi par le râle incessant des spectateurs mal placés ne pouvant avancer et les engueulades inhérentes à ce genre de situation (pourquoi t'as autant traîné on ne voit plus rien maintenant!) Nous sommes clairement en présence d'un groupe dont l'immense aura a confisqué, phagocyté et finalement dépassé celle de l'événement. En résumé, le public n'est pas venu assister au festival mais à un concert des Cure. En ce sens c'est une déception. 

Samedi 24 août. 

Catastrophe : Très clairement, cette bande là est faîte d'un bois différent, s’agitant en tous sens, il est autant question de musique que de chorégraphie, en plein cagnard dans leurs costumes colorés, sans afficher le moindre signe de transpiration visible. La musique exhale ce feeling rétro indéfinissable, ne ressemblant à rien de connu, propre aux productions Tricatel. Mais derrière la légèreté primesautière de façade, la pop, mi-joyeuse, mi-mélancolique, de Catastrophe laisse apercevoir un spleen se nourrissant de l'éphémère et obsédé par le temps qui file inexorablement. Très belle découverte. 

Céleste : Magnifique chanteuse entre la soul et le jazz, Céleste mise sur une instrumentation acoustique mettant en valeur sa voix et ses textes. On enrage de n'avoir vu que la fin de sa prestation ! Le coup de cœur de la journée ! 

Louis Cole Big Band : Venu de Californie, Louis Cole agrémente son électro pop d'un big band comprenant neuf cuivres, deux choristes, une basse et un clavier. Sympa mais approximatif, le chanteur se révèle également brouillon à la batterie. 

Mahalia : Venant d'Angleterre, la chanteuse est un très bon exemple de cette nouvelle scène soul infusée à l'électro et au hip hop. Un style difficilement transposable sur scène (elle n'est accompagnée que d'une section rythmique) mais nous sommes emportés par l'enthousiasme de la chanteuse, sa voix et ses textes, profonds, inspirés de son expérience personnelle. Hélas, la guitare acoustique (un autre angle de sa musique), dont elle joue magnifiquement bien, n'a que trop peu servi en cet après-midi. Belle découverte néanmoins. 

Jorja Smith : Magnifique dans sa robe à paillettes, la chanteuse étincelle, sur l'avancée de scène, brillant telle une étoile dans le jour finissant. Entre soul et jazz, à la fois moderne et traditionnelle, entourée d'un groupe de musicien redoutable, l'Anglaise au charme bouleversant sort le grand jeu. C'est beau. 

Dimanche 25 août. 

Cannibale : Alors là, on ne rigole plus ! Après une première apparition sur un podium indigne décoré en garage/station service, les Normands ont les honneurs de la grande scène ! Un magnifique écrin pour le groupe qui se lâche totalement, entre harmonies vocales grandiloquentes et délires de synthés psychédéliques sans jamais sombrer dans le ridicule. Afrobeat, garage et psychédélie constituent le cœur de ce groupe ô combien intriguant mais profondément attachant. 

Le Villejuif Underground : Mené par un chanteur australien dégingandé, les Franciliens sont l'autre fer de lance du label Born Bad du jour (après Cannibale). Faisant fi des difficultés techniques de la basse, le groupe laisse exploser son enthousiasme (et les décibels!) le long de compositions imprégnées de rock garage et psychédélique pour une fois débarrassées des influences des années 1970. Revigorant ! 

The Murder Capital : Révélation annoncée du week-end, les Irlandais, attendus comme le loup blanc, n'ont pas failli. Un concert rageur, mais pas uniquement, emprunt également de mélodie post punk, laissant une place importante au silence et traversé par une émotion palpable. Véritables bêtes de scène, le groupe nous a prodigué la claque attendue. 

Royal Blood : Un groupe de rock sans guitare, ce qui sonnait au départ comme un incongruité ne l'est finalement pas tant le duo (basse et batterie) nous a prodigué notre dose de décibels pour la journée. Mené par un batteur surpuissant et une basse imitant à la perfection le sons des guitares (merci les pédales d'effets) le groupe enchaîne les riffs dévastateurs. Un peu surjoué parfois (le lot commun des grosses têtes d'affiches internationales) mais enthousiaste ! 

Foals : Pas facile d'assurer dans un registre rock en passant juste après les gros bras de Royal Blood. Les Anglais relèvent pourtant le défi haut la main en délaissant les autoroutes du rock et profit de chemins nettement plus tortueux nourris au feu des guitares, des percussions et des synthés expérimentaux. Partant parfois un peu dans tous les sens la formule se révèle imparable lorsque toutes les pièces s'emboîtent dans le bon sens comme sur le sublime « Snake Oil ».