mercredi 29 mars 2017
The Ginger Accident + Olivier Granger, Le café de la danse, 28 mars 2017.
dimanche 19 février 2017
Slow Joe & The Ginger Accident : « Let me be gone »
dimanche 22 janvier 2017
Slow Joe & The Ginger Accident : "My Sway"
lundi 23 mai 2016
Go Slow Joe
Dans la triste
litanie de disparitions qui se suivent, rythmant notre année 2016 sur le ton de la mélancolie,
c'est avec une émotion énorme que l'on a appris le décès de Slow
Joe le 3 mai dernier à l'age de 73 ans. On en a forcément moins
parlé que pour d'autres musiciens, beaucoup plus médiatiques, mais
la nouvelle nous a touché de manière autrement plus personnelle.
L'auteur de ces lignes se souvient encore de sa rencontre avec Slow
Joe, lorsque, jeune impétrant, le carnet de notes à la
main et le magnétophone sous le bras, je partais faire ma première
interview en anglais. Aujourd'hui encore, cette rencontre compte
parmi mes meilleurs souvenirs. Il faut dire que Joe c'était un sacré
personnage que l'on aurait cru débarqué d'une autre planète, se
nourrissant à base de quantité astronomiques de beurre et incapable
de tenir en place. Toujours en mouvement, Joe ne pouvait rester
assis. A tel point que le groupe l'a, plus d'une fois, perdu avant un
concert. C'était surtout quelqu'un de charismatique attirant
immédiatement la sympathie ; toute l'équipe de
caravelle, qui travaillait avec lui à l'époque, se serait pliée en
quatre pour lui. Au-delà de ces tendres anecdotes, Slow Joe &
The Ginger Accident c'était avant tout une belle histoire, née sur
une plage en Inde où Cédric de la Chappelle, jeune musicien
lyonnais, a rencontré le chanteur, largement sexagénaire, alors
qu'il jouait du ukulélé. La belle aventure durera presque dix ans
et donnera naissance à une discographie, certes peu fournie, mais
sans aucun déchet. Deux excellent albums (le troisième est en cours
de finalisation et devrait sortir à titre posthume), un EP et deux
45 tours (dont « My teenage days » sorti l'an dernier à
l'occasion du disquaire day) sans la moindre fausse note. Joseph
Manuel Rocha (pour l'état civil) était également l'auteur de la
chanson « You will be mine » sur le récent album de
l'excellente Awa Ly. Le « crooner psychédélique » a
connu une fin de vie hallucinante après des années de galère. Il
va beaucoup nous manquer et c'est rien de le dire...dimanche 2 novembre 2014
Slow Joe & The Ginger Accident : « Lost for love »
mercredi 19 octobre 2011
Slow Joe & The Ginger Accident : « Sunny side up »

Depuis un peu plus d’un an, les lecteurs fidèles de ce blog peuvent suivre les aventures et l’incroyable destin de Slow Joe & The Ginger Accident. Petit rappel des faits antérieurs à destination des nouveaux arrivants : après une vie passée en marge de la société, ancien toxicomane, l’indien Joe Rocha (a.k.a) Slow Joe croise la route d’un jeune musicien lyonnais en vacances, Cédric de la Chapelle. Aventure qui atteint son climax avec la sortie de ce premier album : « Sunny side up » alors que Joe fête son 68ème anniversaire. Et c’est avec émotion que l’on découvre cet effort inaugural. Un disque extrêmement riche et dense dont les racines sont à chercher dans la musiques des années 50 et 60 bien sur mais pas uniquement. L’alliage entre la jeunesse et la fougue du Ginger Accident combinée avec l’expérience d’un vétéran qui jusque là n’avait chanté professionnellement donne un résultat unique. Un disque à la fois pop psychédélique : « Money Mama », « Brunette Blonde » (sous influence Pink Floyd/Beatles) et roots les excellentes « Long long walk » et « Back home soon » sans oublier les ballades parfois jazzy « Cover me over » où non « Give me your love ». On a finalement qu’un seul regret l’étonnant mix a cappella de « Just one touch » dont la version sur l’ep sorti l’an dernier semblait meilleure. Le tout est porté par la sublime voix de Joe, à la fois crooner et/ou rocker qui peut, suivant les contextes, se glisser sans difficulté dans les chaussons d’Elvis, de Frank Sinatra ou de Jim Morrisson. Un classique en devenir.
mercredi 20 juillet 2011
Slow Joe and The Ginger Accident : « Four Leaf Covers »

Les évènements à venir se précisent concernant Slow Joe and The Ginger Accident. Avant le, très attendu, premier album du groupe, intitulé « Sunny Side Up » dont la sortie est prévue pour le 17 octobre, le Ginger Accident nous propose de découvrir un étonnant EP composé de quatre reprises. L’EP débute avec « Black Horse & The Cherry Tree », tube bien connu de KT Tunstall depuis qu’il a illustré une publicité vantant les mérites d’un fournisseur d’accès internet. La version présentée ici diffère sensiblement de l’originale, le groupe se réappropriant totalement le morceau en le déconstruisant. Vient ensuite « Ab Kahan Jayen Hum » où Joe se rapproche de ses racines Indiennes. Ballade, chantée en langue vernaculaire, avec un motif de sitar dans le fond donnant un, très plaisant, résultat psychédélique. Le groupe enchaîne ensuite avec le titre le plus étonnant du lot «Non, je ne regrette rien » où Joe chante pour la première fois dans la langue de Molière, qu’à ma connaissance il ne parle pas. Un choix étonnant, bien éloigné des racines rock 50s et 60s du groupe, mais après tout pourquoi pas ? Plus attendue, « Set the controls for the heart of the sun » (Pink Floyd), conclut en beauté l’EP, dans un délire psychédélique complètement barré le groupe se lâchant dans les grandes largeurs. Le titre marque également les grands débuts au sein du groupe d’Amélie Bouard qui complète la formation en tant que violoniste.
En concert le 7 novembre à Paris (Café de la danse)
www.slow-joe.com (La reprise de « Black Horse and The Cherry Tree » extraite de l’EP est offerte pour toute inscription à la newsletter de Slow-Joe and The Ginger Accident)
jeudi 18 novembre 2010
Slow Joe & The Ginger Accident
samedi 13 novembre 2010
Slow Joe meets The Ginger Accident

Les grandes choses naissent parfois d’une accumulation de petits riens, qui semblent sans importance mais qui une fois additionnés permettent de faire la différence. Et si un jour Cédric de la Chapelle, jeune guitariste lyonnais, n’avait pas rencontré Joe Rocha (a.k.a Slow Joe) sur une plage en Inde alors qu’il était en vacances, alors nous n’aurions pas aujourd’hui entre nos mains ce premier EP. Et cela aurait été bien dommage. Et oui un EP, après le 45 tours sorti un peu plus tôt cette année et en attendant le premier album prévu pour l’an prochain. Sur ce premier cd on retrouve, dans des nouveaux mixes, « When are you coming home » et « One more time » que l’on a déjà découvert sur le vinyle. A ces deux titres s’ajoutent quatre nouvelle compos, cinq si l’on compte « caution » l’intro parlé de Joe au tout début du cd. Tout au long de ce nouvel EP, Joe et le Ginger Accident continuent de faire revivre le son des années 50 et 60 ce rock n’roll teinté de blues, de soul et d’influences psychédéliques (« One More time », « Inside of me »). « Introduction » est comme son titre l’indique une présentation du personnage de Joe, et c’est rien de dire qu’il a un sacré destin (cf. l’interview) qu’il présente dans les paroles. Il est difficile de résister à « Inside of me » et son orgue chaud et séduisant. Un des meilleurs titre de l’EP est, à mon sens, « Just one touch », composition efficace mélangeant blues, boogie et rockabilly avec un excellent touché picking d’Alexis Morel, d’ordinaire bassiste du groupe. Enfin l’EP s’achève sur la très émouvante « Go Slow Joe », collage entre la voix de Joe, dissertant sur la vie et une ballade folk chantée par Cédric. Emouvante car elle laisse à penser, compte tenu de l’age de Joe (67 ans) que l’aventure ne sera pas forcément très longue (ce que l’on ne souhaite pas bien évidemment). Mais d’ici là, réjouissons-nous de la sortie de ce maxi et profitons de la présence sur disque comme sur scène de ce chanteur magnifique et de son, très efficace, groupe qui, bien que leurs premiers disques datent de 2010, s’intègrent parfaitement bien au paysage musical des années 60. Vivement l’album !
www.myspace.com/slowjoethegingeraccident
mercredi 3 novembre 2010
Jeu-Concours Slow Joe And The Ginger Accident
Pour gagner un exemplaire du nouvel EP de Slow Joe And The Ginger Accident (chronique à venir) envoyez-moi un email à l'adresse suivante : myheadisajukebox@gmail.com vendredi 29 octobre 2010
Slow Joe And The Ginger Accident interview (version française)

C’est dans les loges des voûtes que l’on a rencontré Joe et le guitariste du Ginger Accident Cédric (voir mes messages des 1er et 17 octobre 2010). Une loge minuscule aux murs noirs où règne un joyeux désordre entre costumes de scène suspendus, bouteilles et paquets de gâteaux vides. Joe, un personnage vraiment étonnant, « que l’on a déjà perdu trois fois depuis que l’on est arrivé en ville » (dixit l’équipe de Caravelle) et qui se nourrit « de mélanges bizarres » (d’après le cuisinier de l’endroit) mais charismatique et qui attire immédiatement la sympathie. Et qui semble tout le temps comme projeté d’un autre monde, d’une autre époque, un peu perdu aussi. Les deux musiciens semblent très liés et avouent un attachement sincère et profond à la musique. Assis sur notre chaise en ferraille, l’entretien peut commencer…
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Cédric : On s’est rencontrés par hasard sur une plage à Goa (Inde). J’étais en vacances avec ma copine et Joe nous avait trouvé une chambre. Il nous avait déposé dans un hôtel plutôt sympa. On l’aimait bien, il nous aimait bien aussi. On ne devait rester que deux jours à Goa. On est resté finalement beaucoup plus longtemps. L’histoire a continué…
Joe, qu’est-ce que tu as pensé la première fois que tu as vu Cédric ?
Slow Joe : La première fois que j’ai vu Cédric il jouait de la guitare à la plage. Une petite guitare à quatre cordes. J’adore la musique et tout de suite j’ai adoré le son de cette guitare. Il avait le sens du rythme, du beat. Et puis il ne se contentait pas de jouer, il chantait également. En fait, j’allais boire un thé et continuer ma journée. Je l’ai vu, il y avait sa femme à côté, une très très belle fille. Je me suis assis, j’étais fasciné par cette guitare. Une petite guitare à quatre cordes, je n’en avais jamais vu avant. Je suis resté assis. Quand il a terminé, je suis allé le voir et je me suis présenté. On s’est rencontré comme ça.
Cédric, qu’est que tu as pensé, la première que tu as entendu Joe chanter ?
Cédric : C’était à la plage, il y avait ma copine à côté et je lui ai dis : « Merde, il a une belle voix » ! (fou rire général). Il a pris ma guitare, mais il ne savait pas en jouer. Il tapait dessus comme sur un tambourin (il mime le geste). Il ne touchait pas aux cordes. J’ai pensé, merde, il chante bien !!
Le tout premier concert du Ginger Accident, c’était aux transmusicales de Rennes ?
Cédric : Faux ! On a fait deux chansons sur France Culture. Sur la route de Rennes, on s’est arrêté à Paris pour enregistrer dans les studios de la radio. Rennes est arrivé juste après.
Et à Rennes, 3000 personnes étaient dans le public…
Cédric : On a fait trois concerts. Le premier était à l’UBU, une salle de 300 places. Le deuxième concert a eu lieu dans un théâtre. Enfin le dernier concert était sur la scène principale, une grande salle de 3000 personnes.
Joe, tu avais déjà chanté en public avant (il a 67 ans) ?
Joe (laconique) : Oui.
Et comment c’était de chanter devant une telle foule ?
Joe (imperturbable) : Pour moi cela ne change rien. Principalement par ce que je chante avant tout pour moi. Enfin, ne me méprends pas, j’adore les gens qui viennent nous voir en concert. Mais je m’en fous qu’il y 5 ou 5000 personnes.
Joe, tu as chanté toute ta vie ?
Joe : Oui.
Tu as des chanteurs préférés ?
Joe : Elvis Presley ! C’est mon préféré depuis que je suis tout petit. Ray Charles, Frank Sinatra, Sammy Davis Jr, Ella Fitzegerald, Peggy Lee. Il y en a beaucoup en fait. C’est dur de faire des choix. Je ne peux pas choisir entre Presley et Ray Charles. Les deux chantent différemment et les deux sont fantastiques.
Cédric, comment tu as formé le Ginger Accident ?
Cédric : Au début, beaucoup de mes amis sont venus jouer sur la première démo que j’ai faite. J’ai aussi rencontré pas mal de monde qui est venu ensuite jouer sur l’EP, comme Lucas par exemple, le premier pianiste du groupe. Ensuite on a rencontré Chris, du studio 109 à Lyon qui nous a invité à enregistrer au studio. Le problème ensuite, c’est que beaucoup de gens se sont pointés. On ne savait plus qui choisir pour faire partie du groupe ! On a parlé à tout le monde, beaucoup d’entre eux étaient de bons amis et sont devenus d’encore meilleurs amis après ça. Mais bon, le groupe n’existait pas avant la toute première démo que j’ai faite chez moi.
Et dès le début, l’idée était de jouer du rock sixties ?
Cédric : C’était la première idée en effet. Par ce que Joe a connu cette époque. C’est un dinosaure (rires) ! Et comme on adore les dinosaures, on était heureux. On écoute tous Aretha Franklin et James Brown. On adore ces groupes psychédéliques et garage des années 60. C’est cette musique là qu’on voulait jouer. Mais c’est Joe qui nous a décidé pour de bon. Dans le groupe, tout le monde chante, tout le monde écrit, mais Joe incarne tellement bien cette période ! C’est du réel ! Il n’y a aucun intérêt pour nous les jeunes de chanter et jouer comme dans les années 60, ce n’est pas notre époque. Mais avec Joe, ça prend tout son sens, je suis tellement heureux de jouer ce style avec lui ! Quand nos chemins se sépareront, je ne jouerai plus de ce son, là…
Joe : J’ai joué avec beaucoup de groupes à Bombay. Beaucoup, beaucoup de groupes. Je connais de très bons musiciens, d’excellents professionnels. J’ai chanté avec eux. Ils m’aimaient bien aussi. Mais quand j’ai rencontré Cédric, quand je l’ai entendu joué sur la plage la première fois, et après quand j’ai connu les autres garçons, Alexis à la basse, Jocelyn à la batterie, Lucas qui était très bon aux claviers et qui a quitté le groupe et ensuite Denis qui l’a remplacé ; depuis ce jour, je sais une chose : je chante beaucoup mieux avec eux qu’avec aucun autre groupe que j’ai connu avant. C’est la vérité. Je ne chante pas aussi bien sans le Ginger Accident. Ces gars, Cédric et le Ginger Accident, c’est un don de Dieu pour moi. J’adore la musique, Cédric adore la musique. Jamais je n’aurai cru que j’aurai un jour des musiciens comme eux. C’est profond, je le sens jusque dans mes os (ils tombent dans les bras l’un de l’autre).
C’est la rencontre d’une vie ?
Joe : On peut dire ça, oui…
Cédric : Bien sur…
Alors Joe, tu dois être heureux de la façon dont sonne le Ginger Accident ?
Joe : Plus qu’heureux mec !!! Je plane !!! Très haut !!!
Joe, après avoir chanté pendant autant d’années, avant le Ginger Accident, arrivé à un certain point, as-tu déjà songé à tout laisser tomber ?
Joe (il s’emporte) : De quoi tu parles au juste ??? Explique-moi comment est-il possible pour moi de ne pas chanter ??? Hein !!! C’est impossible !!!! IM-PO-SSI-BLE !!!! C’est quoi cette question ??? (rires)
Cédric : Il faut comprendre un truc. La grosse différence entre Joe et d’autres musiciens, c’est que Joe n’a jamais attendu l’assentiment de quelqu’un. Jamais ! Il ne s’est jamais posé de questions sur sa voix ou sa façon de chanter. Il se contrefout de l’avis des autres. Il chante, c’est tout ! Il adore ça. Il n’a jamais voulu être une rock star. Il aurait pu. Mais c’est un branleur qui préfère traîner dans la rue. La carrière, il s’en fout ! Et le plus beau de l’histoire, c’est que maintenant il devient un musicien professionnel. Et il veut bien faire.
Joe : C’est lui le « man ». C’est mon gourou ! En Inde, le gourou c’est le maître. L’homme qui enseigne. Et pour tout ce qui est de la musique, c’est mon gourou !!!
Le tout premier disque du Ginger Accident est un 45 tours…
(en cœur) : OUAIS !!!!
OUAIS !!!! (rires) C’était un désir profond, de graver votre tout premier disque sur du vinyle ?
Cédric : Oui, ça nourrissait le projet. Et on avait besoin d’avoir quelque chose à vendre après les concerts. On s’est dit on s’en fout, on fait un 45 tours…
Joe : On avait rien à perdre…
Le premier album est en route ?
Cédric : Oui mais ne me demande pas quand… Mars, avril, mai… L’année prochaine…
Vous avez beaucoup de chansons de prêtes ?
Cédric : Pas mal ouais. Beaucoup de chansons, beaucoup d’influences aussi. Nos instruments sonneront comme dans les années 50 et 60. Mais on utilise les outils d’aujourd’hui, pro-tools, l’informatique… C’est merveilleux de bâtir un album comme ça. On aime les vieux sons, on n’est pas vieux pour autant. On est raccord avec notre époque.
Joe, qu’est-ce que tu connaissais de la France avant d’arriver ?
Joe : Napoléon Bonaparte ! J’ai rencontré des Français et je les ai trouvé très sympas. Il y a beaucoup d’humanité ici. Les Français ne sont pas comme tout le monde. J’aime bien…
Cédric : Tu connaissais aussi Alexandre Dumas.
Joe : Oui, Cyrano de Bergerac.
Cédric : Nous, on n’en connaît pas autant sur l’Inde…
Joe, si un jeune aspirant musicien venait te voir après un concert, que lui dirait-tu ?
Joe : Il serait le bienvenu. En fait tout dépend du gamin, de son expérience vis-à-vis des autres. En fait je devrais le connaître avant de lui dire quelque chose.
Cédric : Vas-y fais le !!!
Joe : Oui va voir chaque label, chaque maison de disque. Tu te pointes sans rendez-vous et tu leur dis. C’est ça que je veux faire. Allez, vas-y, fais le et au revoir !
Cédric, tu as été professeur ?
Cédric : Je le suis encore. Mais je ne donne plus que des cours privés. Pas plus. Comme ça, j’ai du temps pour le groupe.
Joe, tu as une vie et un parcours incroyable, quelle la plus grande leçon que la vie t’a apprise ?
Joe (il me regarde droit dans les yeux et lève le doigt, très solennel) : N’abandonnes jamais ! Si tu tombes sur un pont demandes-toi : « Ok, comment je traverse ? ». Traverse-le ce putain de truc ! Ne retourne pas sur tes pas. Ne recommence pas tout à zero. N’ABANDONNES JAMAIS dans la vie (il insiste). Quoi qu’il arrive. La vie n’est pas facile. La vie est dure, difficile. Mais ne pas abandonner te donne la force de prendre la vie comme elle vient et pas comme tu voudrais qu’elle soit. Tu vas y arriver !!!!
Propos recueillis le 14 octobre 2010.
Un grand merci à Joe et à Cédric pour leur patience et leur disponibilité, un grand merci également à tout l’équipe de Caravelle.
www.myspace.com/slowjoethegingeraccident
Slow Joe and The Ginger Accident interview (english version)

Cédric : We met accidently on the beach in Goa, India. Joe just found a room for me and my girlfriend. He dropped us to a nice hotel. We liked him and he liked us. We were supposed to stay just two days in Goa. We wind up spending more and more days. The rest went on…
Joe, how did you felt the first time you met Cédric ?
Slow Joe : When i saw him he was playing the guitar. A three feet, four strings guitar. I love music. I loved the way the guitar sounded. He had the rhythm, he had the beat. Not only he was playing well, he was singing also. Actually i was going to have a cup of tea and go on. I saw him and he had his wife next to him, a very, very, nice girl. I sat down, i was fascinated by that guitar. Three feet, four strings, i never saw one before. I just sat there. When he was done, I walked towards him and introduce myself. That’s how we met.
Cédric, how did you felt the first time you heard Joe singing ?
C. : On the beach, i was next to my girlfriend and i told her : « Shit, he’s got a good voice ! » (Everybody is laughing out loud). He took the guitar, but he didn’t know how to play. He was hitting it (he’s miming). He was drumming on it, like on a table, not touching the strings. I thought, shit he sings well.
The first gig the ginger accident ever played, was at the Transmusicales de Rennes (a french festival in Britanny) ?
C. : Wrong ! It was on the France Culture radio. We did two tracks. On the way to Rennes, we stopped in the Paris studio and did two songs for the radio. Rennes came just after that.
And 3000 people were in the audience, in Rennes…
C. : We did three shows. The first show was at the UBU, a 300, 400 people venue. The second one was on a theatre. The last one was on the main stage, which is actually a big hall, 3000 people.
Joe, did you ever sang in public before that (he’s 67) ?
S.J : Yes.
And how was it to sing in front of such a big crowd ?
S.J : For me that’s the same. Because, mainly i sing for myself. I mean, i love the people who came to our shows, don’t get me wrong. But it doesn’t matter if 5 or 5000 people are actually there.
Joe, did you sang your whole life (he’s 67) ?
S.J : Yes i did.
And do you have any favourites singers ?
S.J : Yes i have. Elvis Presley, and he’s still my favourite one since i was young. Ray Charles, Frank Sinatra, Sammy Davis Jr, Ella Fitzegerald, Peggy Lee. A lot of them. It’s very difficult to say i like this one better than that one. I can’t choose between Presley and Ray Charles. They sings differently, each of one has his own style and both are fantastic.
Cedric, how did you formed the Ginger Accident ?
C. :In the beginning, many of my friends came to play on the home made recording i did. I also met a lot of people who came and play on the EP, like the first guy who played keyboards with us, Lucas. I never met him before, he just came. When we met Chris, from the studio 109 in Lyon, he said let’s record something in the studio. The problem was that many people showed up. So, who are we choosing ? We talked to everybody about it, many of them were good friends and became better friends after that. But the band didn’t exists before the first home made record we did in my place.
And right from the start, the idea was to play some kind of vintage 60s rock n’roll ?
C. : Yeah it was the first idea, because Joe comes from this time period. He’s a dinosaur (laughs). And we love dinosaurs so we were happy. We all listen to this Aretha Franklin, James Brown sound. We love all this garage bands and psychedelic bands from the sixties. We wanted to play that music. But Joe is the one who made us play this music for real. We all sings, we all write but Joe personified it so well. This is real music. There is no use for use, young people, to sing and play like they used to in the sixties, we don’t come from there. But i’m so happy to play this kind of music with Joe. As soon as we stop playing together, i won’t play anymore vintage sixties music.
S.J : I have sang with many bands, in Bombay. Many, many bands. I know very good musicians, very good professionals, i have sang with them. And they also liked me. But when i met Cédric, when i heard him playing the first time on the beach, and afterwards the others boys Alexis on bass, Jocelyn on drums, Lucas who was very good on the keyboards and left the band and now the new guy, Denis who is also very good. Since then, i know one thing, i can sing much better with them than with any band i have sang before. This is the truth. I can’t sing as well when The Ginger Accident is not with me. This guys Cédric and The Ginger Accident is a gift from God to me. I love music, Cedric loves music, but i never thought that one day, i would get musicians like him. Right so deep, i can feel it in my bones.
Is it like the meeting of a lifetime ?
S.J : Yes, you can say that.
C. : Of course.
So Joe, i believe that you are quite happy with the way The Ginger Accident sounds ?
S.J : Yeah, yeah, i’m more than happy, man ! I’m flying high.
Joe, singing for so many years, before the ginger accident, at some point have you ever gave up on singing ?
S.J : What are you talking about ? Tell me how is it possible for me not to sing ? It’s impossible !!! Impossible !!! What kind of a question is this ?
C. : You need to understand one thing. The big difference between Joe and other musicians is that Joe never asked or waited for anybody’s approval. Never. He never questionned himself about what other people may think about his voice. He just sings. He just loves that. He never wanted to be a rock star or whatever. He could have been. But he’s a wanker and likes to spend his time on the street. He never gave a shit about a carreer and all. And the beautiful part of the whole thing is that now he is becoming a professional musician. He wants to do it well.
S.J : He’s the guy. He’s my guru ! In India, we say that guru means the master. The man who teaches. And as far as music is concern, he is my guru.
The first record ever from The Ginger Accident is a 45 RPM...
C : Yeah !
Yeah ! (laughs) That was a real desire from you guys to have your first record ever on vinyl ?
C. : Yes, it was feeding the project. We needed something to sell, after the shows. We thought fuck it, let’s do a 45 RPM.
S.J : We had nothing to loose.
The first album is on its way ?
C. : Yes but don’t ask me when… March, april, may (2011), who knows…
Do you have a lot of songs ready ?
C. : Yes, lot of songs, lot of influences… Our instruments will always sounds that 50s/60s way. But we are using nowadays tools, pro-tools, computer… It’s wonderful to build an album with it. We may love the vintage sound, that doesn’t make us vintage guys. We are living in our time, nowadays time.
Joe, did you knew anything french before coming here ?
S.J : I knew about Napoleon Bonaparte. I have met french people and i found them very nice. There’s a lot of humanity here. They’re not like many other people. I like them.
C. : You knew also Alexandre Dumas.
S.J : Yes, Cyrano de Bergerac.
C. : We don’t know that much about India.
Joe if some young kid, trying to make it in the music business, come to see you after the show, what would you say to him ?
S.J : He would be most welcomed. But that depends on the kid. Depending on what experience he has about people. I have to know him before telling him anything.
C. : Just do it !
S.J : Go to every record company without an apointment and tell them !!! Go ahead do It ! Bye !
Cédric, you used to be a teacher ?
C. : I am still one. I give only private lessons. Not much anymore. That way i can manage to be in the band.
Joe, you had an amazing journey through life so far, what’s the biggest lesson you’ve ever learned from life ?
S.J : NEVER GIVE UP ! If you came across a bridge ask yourself « ok how am i gonna cross this ? » Cross the damn thing man ! Don’t go back home and start all over again. Never give up in life. No matter what it is. Life is not easy. Life is also tough, difficult. But when you don’t give you have the strenght to take life as it comes not as you wanted it to come. You’re gonna make it !
Thank you !
www.myspace.com/slowjoethegingeraccident
dimanche 17 octobre 2010
Slow Joe and The Ginger Accident, Les Voûtes, 14 octobre 2010.

www.myspace.com/slowjoethegingeraccident
vendredi 1 octobre 2010
Slow Joe & The Ginger Accident

D’ici quelques mois, alors que l’année 2010 vivra ses derniers instants et que l’on se retournera en arrière pour effectuer une sorte de bilan, à ce moment là, quelques révélations, artistes coup de cœur ressortiront du lot. Et il ne fait nul doute que parmi ceux là, le chanteur indien Slow Joe et son groupe The Ginger Accident seront à classer dans le haut du panier. Slow Joe a une histoire, un destin unique, propre à faire travailler l’imaginaire le plus blasé, et qui font, il faut bien l’avouer, le délice des chroniqueurs tel que votre serviteur. Agé de 67 ans, Joe « le lent », a chanté toute sa vie, à cappella, ses propres textes ou des reprises d’Elvis et de Frank Sinatra. Sa vie faîte de haut et de bas, il aurait connu des déboires avec la drogue et l’alcool, se déroule sans que la gloire l’ai choisi. C’est alors que la fortune vient frapper à sa porte en la personne de Cédric de la Chapelle, guitariste lyonnais en vacances à Goa. Lorsqu’ils se rencontrent, Joe est tenancier dans un hôtel de passes, où il est chargé de rabattre le client. Dès qu’il entend Joe chanter, Cédric n’a plus qu’une seule idée en tête. Il entraîne Joe séance tenante en studio où il enregistre sa voix à cappella puis rentre en France avec les bandes sous le bras. Cédric passera les deux années suivantes sur le projet, composant la musique pour accompagner la voix de Joe puis formant le groupe The Ginger Accident qui dorénavant l’accompagne. Aujourd’hui sort leur premier témoignage discographique sous la forme de ce 45 tours de trois titres. C’est un détail qui peut paraître désuet à l’heure de l’ipod et du MP3, mais le fait que leur premier disque soit en vinyle, vous classe d’emblée les bonhommes. En effet, Joe et le Ginger Accident ont pour ambition, pleinement réalisée ici, de s’inscrire dans la continuité d’une lignée rock « vintage » teintée de blues et de soul. Dès le premier titre, « I need a woman », Joe se présente : « j’espère que vous avez de l’aspirine, quand j’aurai fini vous aurez une sacrée migraine » ! Ca promet ! De fait, Joe a une voix magnifique. La musique groove chaudement. Et le Ginger accident assure. Formation classique, basse (Alexis Morel), batterie (Josselin Varengo) et guitare (Cédric de la Chapelle), le groupe trouve l’indispensable note groove grâce à l’orgue farfisa joué par Lucas Spirli, auteur d’un véritable festival sur « When are you coming home ». Enfin, le disque s’achève avec la face B « One More Time », longue dérive blues psychédélique digne des Doors. Apéritif trop court, ces trois titres donnent l’impérieuse envie d’en écouter plus, un peu de patience, un album complet serait en préparation pour l’année 2011. En tout cas, alors que le diamant se lève, une certitude se fait jour, derrière la magnifique pochette se cache une des pépites de l’année. Vivement la suite !
www.myspace.com/slowjoethegingeraccident



