Affichage des articles dont le libellé est France de Griessen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est France de Griessen. Afficher tous les articles

dimanche 19 août 2018

France de Griessen : « Orpheon »



Artiste pluridisciplinaire (musique, poésie, comédie, aquarelles...), France de Griessen ne pouvait se contenter d'un album balancé en streaming sur la toile. Se faisant forte de réhabiliter l'objet physique, France a conçu son nouvel effort sous la forme d'un livre disque. L'objet est beau, désirable, le toucher délicat du papier fait un bien fou en ces temps de digitalisation forcée. Pour l'auditeur c'est également une expérience particulièrement immersive puisque le livre regroupe, outre la totalité des paroles, des notes explicatives expliquant la genèse de chaque titre, et l'ouvrage est richement illustré d'aquarelles de l'artiste et de nombreuses photos documentent l'aventure californienne de ce nouvel album. Car ce fût une aventure… En effet, ce nouvel album marque une évolution significative dans la carrière de France : la volonté de s'assumer comme une musicienne accomplie. Ce nouveau disque a été enregistré en petit comité, France et sa guitare, accompagnée du producteur Jamie Candiloro. A eux deux ils ont enregistré, à Los Angeles, l'album dans sa totalité. Le cœur de l'inspiration de France réside dans le punk, mais sa volonté était de faire un disque folk à son image, punk et acoustique, folk mais sauvage (« Tell me why », « A taste of you »). Ici point de balades gentillettes grattouillées sur des cordes en nylon mais un disque transpercé par des éclairs percussifs (« Civil War »), l'accent ayant été mis sur le rythme, la pulsation, la percussion qui prend ici diverses formes, psychédéliques et orientalisantes sur le premier titre « The Chosen One » (qui rappellent un peu le travail du batteur de Tool, Danny Carey, avec les tablas) mais qui le plus souvent incarnent l'élément « sauvage » de l'équation (cf. « Orpheon »). Enfin, l'album met en évidence le lien profond entretenu par l'artiste avec la nature. Une ballade en forêt, le chant des oiseaux ou une fleur sont autant de motifs d'émerveillements ou d'inspirations pour la chanteuse, qui, ici, ne se prive pas du plaisir d'arranger ses morceaux au moyen de bruits enregistrés au hasard comme le crépitement d'un feu de cheminée. Ainsi, l'album se termine de la plus belle des manières avec le bruit du roulement de vagues enregistrées sur la plage. Une manière de dire que l'on aborde le rivage signifiant la fin de ce magnifique voyage. 

L'album est également disponible seul au format digital.

https://francedegriessen.bandcamp.com/album/orpheon
https://www.facebook.com/France-de-Griessen-146458025452394/
http://francedegriessen.com/

jeudi 28 septembre 2017

Fleurs de Paris de France de Griessen


Artiste pluri-disciplinaire (musicienne, actrice, aquarelliste...) France de Griessen ajoute une corde supplémentaire à son arc et publie, le 25 octobre prochain, son premier livre. Partie à la rencontre de plusieurs fleuristes parisiens (17), l'auteure tend à porter un autre regard, plus artistique, sur la profession. Richement illustré (d'après les extraits que l'on a pu lire, ce beau livre s'annonce magnifique) par l'artiste (photos et aquarelles) et truffé de références culturelles à la musique ou au cinéma, l'ouvrage illustre, en creux, le lien que France de Griessen a toujours entretenu avec la nature.

"Fleurs de Paris" de France de Griessen
Editions AAM, Collection "L'âme romantique d'une ville"

Par ailleurs la dernière exposition de l'artiste, "Aux rêveurs les mains pleines", est visible jusqu'au 11 octobre prochain à l'Arrosoir (80, rue Oberkampf, 75011).

samedi 30 janvier 2016

France de Griessen : "Idiot Waltz" (Gun Club cover)

France de Griessen et le fidèle Shanka nous offrent une belle reprise de "Idiot Waltz" des fabuleux Gun Club (l'originale se trouve sur "Lucky Jim" le dernier album du groupe de Jeffrey Lee Pierce sorti en 1994). Le clip est très poétique.

 

dimanche 5 janvier 2014

France de Griessen : « Saint Sébastien »


Nouvel album, le deuxième en solo, pour France de Griessen toujours accompagnée du fidèle guitariste Shanka (The Dukes) sous l'égide du martyr et icône gay Saint Sébastien. Avec ce nouvel effort, ou les textes sont toujours partagés entre le français et l'anglais, France de Griessen se livre à un exercice intimiste, moins punk que par le passé. L'acoustique prend une part prépondérante, « I thought i had », « Agneau mystique », et parsemé ici et là d'influences country (on se souvient de « la ballade de Norma Rose » son duo avec Elliott Murphy) Shanka se livrant à un bel exercice dans le genre sur l'instrumental « Guitar Decay ». Certes, les guitares électriques n'ont pas été laissées au placard, « Je ne saurais », « Looking for gold » et « Honey lake » apportant la nécessaire dose de décibels. Pourtant après plusieurs écoutes, le disque ne semble pas si apaisé que cela, la tension est toujours présente dissimulée sous de délicats arpèges de guitare folk, comme un ciel de traîne après la tempête. C'est tout l'univers de France de Griessen, entre douceur et violence, qui est une nouvelle fois mis en scène sur ce très bel album.

Sortie le 20 janvier 2014 (le jour de la Saint Sébastien)





dimanche 12 février 2012

Klink Clock + France de Griessen, Salle de la Chapelle, 10 février 2012.


Un petit mot pour commencer sur l’endroit à la beauté irréelle où s’est tenu la soirée, la salle de la Chapelle qui se trouve juste à côté du centre des Recollets. Comme son nom l’indique, la salle est une ancienne chapelle aux murs décrépits juste comme il faut, suffisamment pour donner une âme à l’endroit. La hauteur sous plafond est immense et laisse apparaître la vieille charpente en bois. Il y a également une scène démontable dont les groupes du soir ont préféré se passer pour jouer à hauteur du public favorisant ainsi la proximité avec ce dernier. On s’attend à un concert de musique classique ou de chant lyrique dans un endroit pareil, pas forcément à du rock…
Klink Clock (c) David Krüger 

Klink Clock (c) David Krüger
Et de rock il en a pourtant été question. La soirée débute avec le duo Klink Clock, composé d’un guitariste et d’une batteuse jouant debout sur un kit réduit à une cymbale, une caisse claire et un tome basse. Entre gargage rock et blues, le duo fait forte impression rappelant à la fois les White Stripes (l’alliage guitare / batterie) ou les Kills (pour le duo chanteuse/guitare). Mais les Klink Clock ont un son bien a eux, assez sale comme on les aime et qui se distingue par une attaque assez frontale du blues. Belle découverte.

France de Griessen et Alain Chennevière (c) Bruno Migliano
(c) Séverine Brunet

On a ensuite retrouvé France de Griessen. France est accompagné d’un groupe complet avec section rythmique (Steven Galtera à la basse et Nicolas Lepin à la batterie), le fidèle François "Shanka" Maigret et Tof (du groupe Bagdad Rodéo) aux guitares. France a ainsi pu jouer un set complet avec de nombreux invités (les chanteuses Ysé et Laura du groupe Puss in Boots). On le dit assez souvent mais France de Griessen est une artiste pluridisciplinaire et a offert une prestation à son image mélangeant poésie, musique, danse et performances artistiques. Les poèmes alternent ainsi avec les chansons. La soirée est également marquée par de nombreux happenings, notamment ceux des lapins de l’artiste Paul Toupet où une dizaine de personnes portant des masques créés par l’artiste débarquent en lançant des petits cœurs en papier sur le public et portant une traîne semblable à celle d’une robe de mariée. Musicalement, France est fondamentalement punk même lors des chansons acoustiques d’inspiration country où lorsqu’il s’agit de reprendre Marie Laforêt en compagnie d’Alain Chennevière. C’était une bien belle soirée en compagnie d’une artiste généreuse et attachante.



dimanche 16 octobre 2011

France de Griessen, le nouveau casino, 14 octobre 2011.


(c) Frédéric Ambroisine

Environ un mois après la sortie de son excellent album « Electric Ballerina » France de Griessen foule une scène parisienne en compagnie du fidèle guitariste Shanka (par ailleurs membre des Dukes et de No one is innocent). Après un premier titre a cappella, ce dernier rejoint France sur scène. Le court set d’une demi-heure environ met en valeur le côté folk et country de la musique de France mais pas uniquement. Shanka attaque ses cordes comme si il disposait de watts par dizaine derrière lui, au point que l’on pourrait parler de punk acoustique. Le sentiment est particulièrement prégnant sur « I want to be you » qui ne perd rien en intensité par rapport à l’original. C’est tout le truc de France, de trouver de la douceur dans la violence et inversement, comme sur la bouleversante ballade « perce-neige », douce comme une berceuse alors que le texte évoque l’anarchie. France de Griessen, en bonne actrice de théâtre et performeuse, occupe l’espace avec grâce, reste féminine même en hurlant. Une première partie au goût de trop peu, souhaitons-lui de bientôt partir en tournée sur toutes les scènes de France et de Navarre en tête d’affiche accompagnée d’une formation complète. Son talent le mérite amplement.

www.francedegriessen.com

www.myspace.com/francedegriessen

samedi 13 août 2011

Interview France de Griessen

(c) Natydred



Artiste pluridisciplinaire, chanteuse, musicienne, aquarelliste, actrice et performeuse, France de Griessen possède une personnalité attachante et un caractère bien trempé qui s’expriment différemment suivant le medium utilisé. C’est aussi quelqu’un de profondément humain, comme le prouve son attachement à la défense des animaux, qui rougit et rigole d’un air gêné entre chaque réponse comme si elle avait peur de trop se révéler. Avec sa candeur habituelle, elle m’avait proposé que l’on fasse l’interview à l’hôtel Le Meurice en me disant : « Le bar est joli ». Joli ? En fait c’est un endroit super classe, à l’ancienne, rempli d’une clientèle aux tempes grisées et costume cravate au milieu de laquelle la punkette couverte de tatouages dénote un peu…



Qu’est-ce que tu aimes le plus l’intimité de la création ou le partage avec le public sur scène ?



France de Griessen : C’est un processus, l’un n’existe pas sans l’autre. Moi j’aime profondément toutes les étapes de la vie d’artiste. Il n’y a qu’une chose que je n’aime pas, c’est tout ce qui concerne l’administration (sourire). Mon grand rêve c’est un jour d’en être dispensée (t’es pas tout seule, ndlr) ! Le processus de création existe tout le temps. Tu te promènes dans la rue, tu vas voir quelque chose, un arbre, tout ça va rejoindre ta poétique personnelle. Il y a une chanson sur l’album (« rue des pierres rouges », ndlr), écrite avec mon ami Vérole (membre du groupe les Cadavres), qui parle du besoin d’avoir du temps. Pour traîner dans la rue par exemple. C’est une façon de parler de la Bohème, qui a toujours été nécessaire aux artistes. On ne peut pas dire, je vais créer de 13h à 14h ! C’est un mode de vie, qui requiert des sacrifices mais qui offrir des choses merveilleuses. Je pense qu’il faut être fait pour cette vie là. Moi c’est la vie que j’ai toujours voulu. Et de plus en plus je peux la faire comme je veux. C’est chouette (rires) ! Après cette phase où l’imaginaire collecte plein de choses, il y a aussi tout ce que l’on vit. C’est très important ça ! Que l’on écrive de manière auto-biographique ou pas, ce que tu vis va forcément t’influencer. Tu vas avoir envie d’en parler. Et après tout ça tu présentes ton travail aux gens. Et moi ça j’adore ! J’adore le contact avec le public ! J’adore faire des concerts, j’adore jouer, même si il n’y a pas de micro. Il faut juste qu’il y ait un bon esprit. Il y a quelque chose dans la musique qui relève de la magie, dans l’alchimie avec les gens… Je ne fais pas non plus les choses n’importe où, n’importe quand et avec n’importe qui. Par contre c’est une de mes priorités dans la vie de partager. J’aime aussi beaucoup le studio par ce que l’on peut échanger, expérimenter des choses de manière différente de la scène. J’aime tout de la vie d’artiste. Tout (rires) !



Tu es une fille assez douce dans la vie et c’est un peu surprenant de t’entendre hurler sur le disque. Que se passe-t-il dans ta tête à ce moment là ? Est-ce que tu adoptes un état d’esprit particulier à chaque chanson suivant qu’elle est « chantée » ou « hurlée » ?



France : C’est vrai que cela surprend souvent les gens par ce que dans la vie j’ai l’air douce. Je pense que j’ai des côtés doux, je suis une fille assez romantique, mais j’ai aussi beaucoup de violence en moi. Je ne suis pas dans une agressivité permanente. Par contre j’ai toujours eu du répondant. Je suis douce et gentille mais il ne faut pas me chercher. C’est plus une gestion de l’énergie je pense qui s’est faite harmonieusement après un temps très intense d’auto destruction (rire gêné). C’était une sorte de tunnel initiatique dans lequel il fallait que je passe…



J’ai un peu peur de te demander des détails…



France : L’auto destruction c’est quelque chose qui touche beaucoup d’artistes. C’est simple et compliqué en même temps. C’est simple dans le sens où il y a une évidence de faire ce pourquoi on est fait. Mais ce n’est pas simple, moi j’ai du me battre avec beaucoup de démons intérieurs. Et je pense qu’on apprend à vivre avec eux, sans vraiment les tuer. Voilà, il y a des moments plus difficiles que d’autres. C’est la vie. Et c’est comme pour la vie d’artiste, moi la vie je prends tout (rires) ! Par essence il y a des choses extrêmement violentes parfois. Il y a plein de parties en moi qui n’ont pas grandies et qui je pense ne sont pas amenées à grandir. C’est vraiment une connexion à l’enfance et à l’instinct. C’est une force créative. C’est important pour moi, d’être dans mon monde à la fois réaliste et magique, mystique. Il y a aussi un lien avec la nature très fort. Je suis connectée à la force et à la fragilité de manière égale. Ces deux choses là on les retrouve qui coexistent en même temps dans mes disques, mes aquarelles, mes spectacles.



Une de tes aquarelles m’a énormément intrigué, celle intitulée « The Artist » avec écrit en dessous « A blessing and a curse ». Une bénédiction et une malédiction.



France : Cette aquarelle c’est l’illustration de mon acceptation de ma dualité. Il y a aussi marqué la tendresse et la violence. J’accepte les deux à l’intérieur de moi. C’est aussi important par rapport à la question des femmes. Malgré tout, pour les femmes, les choses sont plus compliquées que pour les hommes aujourd’hui. Dans le monde du travail, dans la société même dans les milieux artistiques. Un peu moins dans les milieux artistiques, néanmoins, souvent, quand tu vas dans un magasin de musique accompagné d’un ami, souvent le vendeur vient voir le garçon. Alors que tu viens aussi t’acheter des choses pour toi. Ca reste un peu quand même. De moins en moins mais bon. Moi je me trouve chanceuse d’avoir des modèles féminins très positifs. Marianne Faithfull, Courtney Love, je suis ravie de pouvoir m’y référer. Toute cette vague des riot girls. Patti Smith, Nico, Marie Laforêt…



Marie Laforêt ?



France : Complètement. Je trouve qu’elle est très proche de Courtney Love. Pas dans le résultat musical évidement. Mais il y a une façon de jouer sur les temps dans la musique où on peut établir des parallèles. Moi j’ai remarqué que j’aimais les artistes qui ont toujours un petit décalage par rapport au temps. Je trouve ça intéressant. C’est une façon d’être dans la musique et de pouvoir se décoller d’une structure.



Surtout à notre époque ou tout est très cadré…



France : Oui. Moi je n’aime pas du tout. Marie Laforêt il y a une chanson où elle dit un mot avec juste quelques secondes de décalage sur le temps et à chaque fois que je l’écoute ça me fait pleurer. C’est tellement juste par rapport à la musique. La capacité à être en harmonie et faire ce petit pas de côté, ça amène quelque chose de magnifique que l’on peut retrouver dans plein de genres musicaux. Il n’y a pas un grand écart entre Courtney Love et Marie Laforêt (rires).



Est-il nécessaire d’avoir des démons intérieurs à exorciser pour créer d’une manière générale ?



France : Moi je n’ai pas choisi. Je suis née avec et j’ai du faire avec. Souvent les journalistes vont écrire des livres et des articles à sensation, la mort tragique de Kurt Cobain ou la déchéance d’Amy Winehouse (pas encore décédée à l’époque où cette interview a été réalisée) et qui vont présenter les choses sous un angle tragique, le décès prématuré, très jeune, regardez, c’est horrible etc… Moi j’ai toujours pensé différemment étant moi-même artiste. C’est difficile parfois de gérer ses démons intérieurs, sa créativité. Je trouve au contraire magnifique que la création ait permis d’arriver jusque là. Peut-être que si la personne n’avait pas eu cette possibilité elle serait morte bien avant.



C’est la signification de ta phrase « A blessing and a curse » ?



France : Oui, une bénédiction et une malédiction à la fois. Les moments où la malédiction prend le dessus, par ce qu’il y en a, sont très très durs à vivre. Mais à l’inverse les moments de bénédiction sont très intenses aussi. C’est pour ça que l’équilibre est parfois difficile à atteindre. Quand je parle d’équilibre c’est relatif. Tu es sur un fil. C’est ce qui en fait la beauté aussi.



Est-ce que tu peux nous parler un peu de « Perce-neige » ? C’est la chanson qui m’a le plus ému…



France : C’est une histoire qui vient de mon enfance. C’était dans le jardin de ma grand-mère à la campagne. Un grand jardin, un peu sauvage, avec des grands arbres. Et tous les ans en hiver il y avait un seul perce-neige. Un seul petit perce-neige qui sortait près d’une souche. Je trouvais ça vraiment extraordinaire. Cette petite fleur toute belle, toute délicate. Et qui sortait de ce sol glacé d’hiver, dur et gelé. Je trouvais ça d’une poésie et d’une force incroyable. J’en ai eu conscience toute petite, petite. Et puis j’ai eu envie d’écrire dessus. C’est une chanson très anarchiste comme tu peux le voir dans les paroles.



Est-ce que les émotions exprimées dans le dessin sont elles différentes de celles que l’on retrouve dans la musique ?



France : C’est un tout en fait. Je suis par essence pluridisciplinaire. J’ai toujours fait plein de choses en même temps. Mon moyen d’expression principal c’est la musique (à ce moment précis, comme un fait exprès ou une heureuse et magnifique coïncidence un musicien traverse le hall de l’hôtel traînant une contrebasse dans son sillage provoquant chez France et moi un sourire béat, ndlr). Mais les autres (le dessin, le théâtre, les performances artistiques, ndlr) sont aussi très importants pour moi par ce qu’ils me permettent de créer un monde. Et ça c’est vraiment quelque chose que j’ai eu envie de faire. Ca vient de la culture punk, le do it yourself, on fait ses morceaux, ses flyers, ses affiches, ses concerts… Ca vient aussi des artistes qui m’ont marquée qui sont souvent des artistes pluridisciplinaires. Cette démarche me correspond complètement. Malheureusement en France (France est Belge de naissance, ndlr) les artistes pluridisciplinaires sont souvent considéré comme dilettantes. Cela peut parfois être vrai. Je suis persuadée que c’est une vision trop réductrice. Certains vont être plus eux-mêmes et dans leur intégrité en ne faisant qu’une seule chose dans laquelle ils vont se sentir bien. D’autres vont avoir besoin de changement. Et j’en fais partie. Et tout ce que je fais, je le fais avec la plus grande intégrité, avec tout mon cœur et toute mon âme et toute ma passion. Vraiment. Chaque chose, chaque acte que je fais dans ma vie.



Musicalement l’album est très varié du grunge à la country. Souvent les musiciens ont l’esprit bien plus ouvert que les simples fans de musique, focalisés sur un style, et écoutent un peu de tout…



France : Il y a beaucoup de points communs dans les genres musicaux que j’aime. Tu prends le punk et la country par exemple, ce sont deux musiques qui racontent des histoires et qui, souvent, s’inscrivent dans quelque chose de social. Enfin pas toujours. Social ne signifie pas forcément politique ou engagé. Ca peut être des chansons qui racontent l’histoire des gens tout simplement, de la vie des gens. Le punk est engagé par essence. Le punk parle de liberté. C’est pour cela que je l’aime. Dans le grunge il y a quelque chose de poétique et de romantique qui me touche beaucoup. Tout cela est relié à des influences des années 60. Je n’aime pas la connotation actuelle du mot pop mais si tu prends les chansons de Nirvana, c’est quand même des mélodies qui se retiennent énormément. Kurt Cobain était ultra fan des Beatles. La musique c’est comme les racines d’un arbre, tu remontes, tu tires et tu te rends compte qu’il y a beaucoup de liens entre les choses. Et tu as envie d’aller voir ce qu’il y a sous la terre. Pour moi c’est important qu’il y ait une tension. C’est le lien. Pas des musiques uniquement de divertissement. Je respecte aussi, c’est important qu’il y ait des musiques juste pour s’amuser, danser mais ce n’est pas mon propos. Ceci dit c’est bien de pouvoir headbanger, danser, quand on va à un concert. Moi j’aime le côté cathartique de la chose, rentrer dans une forme de transe pour l’artiste comme pour le public. Partager quelque chose d’intense et de fort. C’est bien de pouvoir ressortir d’un concert un peu différent de ce qu’on était avant. C’est ce qui m’intéresse dans la musique, c’est ce que j’ai envie de donner aux gens quand je chante pour eux. Les genres musicaux qui me plaisent ont ça en commun. C’est aussi des musiques de l’instinct. L’instinct c’est quelque chose de très important dans ma création.



Est-ce qu’être artiste c’est aussi gérer un trop plein d’émotions ?



France : Non. Je ne suis pas artiste pour ça. L’art n’est pas une thérapie, la vraie thérapie c’est la vie. Je n’ai pas envie de me plaindre ni de jeter des choses à la tête des autres. Ma cuisine intérieure pour me mettre dans l’état nécessaire à la création, c’est quelque chose d’assez privé. Je ne veux pas donner quelque chose de négatif. Ca peut être noir parfois, complètement. J’adore Marilyn Manson, je suis ultra fan. J’adore ce genre de concert, ce genre de musique. J’adore le côté cathartique qui me permet d’exorciser mes démons. Mais justement ça me le permet parce que ce n’est pas un artiste qui me jette sa merde à la tête. C’est quelqu’un qui a trouvé un moyen pour transformer tout ça en quelque chose que l’on peut vivre tous ensemble l’artiste et le public. Les notions d’échange et de vivre ensemble sont vraiment importantes. On peut avoir à exprimer quelque chose de joyeux ou de sombre mais finalement la générosité de l’artiste, c’est le travail qu’il fait sur lui-même pour transformer les choses afin de les partager. Sur scène on peut vivre des choses extrêmement violentes. Même quelque chose de sombre, pour moi c’est positif. La thérapie c’est bien de la faire chez soi. J’aime voir de l’émotion. Après il ne faut pas être en paix avec soi-même pour faire de la scène. Là tu ne trouverai personne de toute façon. Il ne faut pas balancer des saletés à l’extérieur. On peut balancer sa rage, sa colère, sa violence, c’est d’accord. Mais pas des saletés.



Un grand merci à France pour sa gentillesse et sa disponibilité.



Propos recueillis le 27 juin 2011.



En concert le 22 septembre (Spirit of 66, Verviers, Belgique) et le 14 octobre au Nouveau Casino (Paris).



Album « Electric Ballerina » disponible en digital. Sortie physique le 26 septembre.



http://www.francedegriessen.com/



www.myspace.com/francedegriessen



jeudi 23 juin 2011

France de Griessen : Electric Ballerina



Après un premier album au sein de Teen Machine suivi d’un ep (chronique ici) découvert en fin d’année dernière, l’artiste pluridisciplinaire France de Griessen (chanteuse, aquarelliste, actrice, performeuse…) revient avec son premier effort en solo « Electric Ballerina » co-réalisé avec le guitariste Shanka (The Dukes, No one is innocent). L’album part sur les chapeaux de roues, grâce notamment aux guitares surpuissantes de Shanka, exhalant un fort parfum de rock au féminin tel qu’on à pu le connaître dans les années 1990 (Hole, L7) oscillant entre punk, grunge et métal sur les trois premiers morceaux : « Will you ? », « So xxx with you », « I want to be you ». N’ayant pas peur des contre-pieds, l’album sort rapidement de ce carcan bien trop étroit pour une artiste aussi riche, pour s’échapper vers des contrées plus acoustiques voir presque (j’insiste sur le presque) pop dans le cas de « Crois-tu qu’on se perd ? ». Jonglant avec les langues (anglais, français) et profitant des collaborations de chanteurs aux profils aussi divers qu’Elliott Murphy ou Vérole (des Cadavres), France nous ballade au gré de ses humeurs entre grunge 90s et country au feeling plus proche des années 70 (« La ballade de Norma Rose », « Beautiful »). Même dans les passages les plus acoustiques, la tension sous-jacente tout au long du disque, ne retombe jamais tout à fait : « Ballerina » ou la très émouvante « Perce-neige » ressemblent à un ciel gris chargé d’électricité avant que n’éclate l’orage, incroyables de colère retenue. Un peu à l’image de France finalement, dont la voix peut successivement éructer de rage ou émouvoir aux larmes.


SORTIE DIGITALE LE 4 JUILLET 2011
SORTIE PHYSIQUE LE 26 SEPTEMBRE 2011

www.francedegriessen.com

jeudi 9 juin 2011

Vernissage France de Griessen, Galerie Le Terrier, 8 juin 2011.


(c) France de Griessen

Hier soir à la galerie Le Terrier, l’artiste aux talents multiples France de Griessen présentait sa nouvelle série d’aquarelle intitulée le cycle des couronnes et résumant, en une dizaine d’aquarelles, les différentes étapes d’une vie d’artiste.

(c) Holden Warren

(c) Frédéric Ambroisine

A cette occasion, accompagnée par le fidèle guitariste Shanka (The Dukes, No one is innocent), France a dévoilé en version acoustique quelques titres de son futur album « Electric Ballerina » dans un cadre particulièrement intime. Le mini set commence donc à deux France jouant de sa « guitare de la rue », du nom de l’endroit où ledit objet fut trouvé au petit matin en sortant d’une fête. Les premiers titres sont très roots, notamment grâce au dobro Washburn de Shanka joué au bottelneck. Alors que France sa guitare à terre de manière très théâtrale, la performance du soir prend alors une tournure beaucoup plus rock, même en acoustique, Shanka accompagnant avec efficacité la voix de France. A genoux, ou déambulant, telle une ballerine électrique (quoique débranchée), blonde comme les blés et le sourire barrant son visage d’une oreille à l’autre, France adopte une posture évoquant aussi bien l’actrice ou la performeuse qu’elle est également par ailleurs. France fait bien plus que chanter, vivant littéralement ses textes de sa voix puissante et pleine de coffre. Une petite soirée pleine de bonne humeur, où même un raté lors d’un changement d’accord provoque l’hilarité. Un mini show hybride entre folk et punk car comme le résume France elle-même : « On ne fait pas des folkeux avec des punkettes » !

L’album « Electric Ballerina » de France de Griessen (chronique à venir) sortira le 4 juillet en digital et le 26 septembre dans les bacs.

Exposition jusqu’au 26 juin 2011 à la galerie Le Terrier, 82 rue de Clignancourt 75018 Paris.

www.francedegriessen.com

Pour voir un court extrait du showcase filmé par Frédéric Ambroisine cliquez ici

lundi 30 mai 2011

Expo France de Griessen

Artiste aux talents multiples, France de Griessen (voir mon message du 13 décembre 2010), exposera dessins et aquarelles du 8 au 26 juin à la galerie Le Terrier (82 rue de Clignancourt 75018 Paris). Le vernissage aura lieu le 8 juin prochain de 19h à 21h et à cette occasion France nous offrira un petit showcase totalement unplugged au sein même de la galerie en attendant la sortie de son premier album prévue pour le 4 juillet en digital et le 26 septembre dans les bacs. Entrée libre.

lundi 13 décembre 2010

France de Griessen : « Six Uses for a heart »


Composé de six extraits de son album, pas encore paru, « Ballerina » cet EP nous permet de faire connaissance avec la chanteuse, auteur et compositeur (également actrice) France de Griessen. La première plage « I want to be you » laisse augurer d’une artiste orientée grunge, on pense notamment à Hole, France retrouvant un peu des intonations d’une Courtney Love. Cependant, il ne faut pas s’arrêter sur cette idée première, la palette de France est bien plus large. Sa voix tout d’abord dispose d’un registre assez étendu aussi bien à l’aise dans un contexte « hurlé » que dans la complainte (« Rue des pierres rouges »), en français comme en anglais. Musicalement, « Sunbeam » apporte un feeling plus roots grâce à l’apport de la guitare slide, aboutissant à un curieux, mais loin d’être désagréable, hybride blues-punk. Saluons au passage le savoir-faire du duo de gratteux des Dukes Shanka (guitare) et Gaspard Murphy (banjo, lapsteel). Plus acoustiques « Ballerina » et « La ballade de Norma Rose » (en duo avec Elliott Murphy) lorgnent plus du côté du folk et de la country. C’est ce mélange des influences entre musiques dites « traditionnelles » et punk-rock tendance noisy qui fait tout le charme de cet attachant EP, premier avant-goût d’un album qui s’annonce prometteur.
www.francedegriessen.com
www.myspace.com/francedegriessen