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mercredi 2 janvier 2019

Candi Staton : « Unstoppable »



Cinquante ans de carrière et trentième album, ainsi que l'indique le titre, la vétérante de la soul Candi Staton est inarrêtable ! Qu'importe les hauts et les bas, en 2019 Candi Staton est toujours là et chante mieux que jamais, l'empreinte du temps laissée sur ses cordes vocales donne un supplément d'âme au chant, de la soul music au sens propre du terme, on en frissonne à l'écoute (cf. « Love is you », « The price is not worth the pain », « Revolution of change »). Hélas pour cet anniversaire on aurait aimé un accompagnement musical un peu plus conforme à sa légende. L'album débute bien mal avec un « Confidence » certes touchant mais bien mal ampoulé, une tentative maladroite d'infuser un soupçon de modernité dans la production mais rappelle plutôt le funk électro des années 1980 pas vraiment la meilleure période de l'artiste. Passée la pilule amère du début le reste de l'album est plus conforme à nos attentes (« I fooled you didn't I ») toujours dans la même veine plus funky que soul (« It ain't over ») sans vraiment atteindre les sommets d'émotion espérés. Un album en demi-teinte donc, mais on retiendra une surprenante reprise chipée chez Patti Smith (« People have the power ») et l'émouvante reprise du classique « What's so funny about peace, love, understanding ». L'artiste a certes fait mieux auparavant mais l'essentiel n'est-il pas ailleurs dans cette exceptionnelle longévité qui confine à la résilience ? 

https://fr-fr.facebook.com/TheRealCandiStaton/
https://www.candi-staton.com/

jeudi 13 août 2009

Candi Staton : « Who’s hurting now ?»


Découvertes pour partie lors du concert de l’Alhambra, en avril dernier, les nouvelles compositions de Candi Staton sont désormais disponibles sur ce nouvel album « Who’s hurting now ? ». Autant le dire de suite, l’état de grâce de Candi Staton, commencé avec la superbe compilation des enregistrements Fame, se poursuit avec ce nouveau disque et c’est amplement mérité vu que cette véritable Madame en a bavé pour en arriver là. Pour le blogueur, la chronique du disque s’avère être un exercice délicat, comment trouver les mots pour décrire avec justesse la sérénité et la beauté qui se dégage de cet enregistrement ? L’album se situe à peine un cran au dessous de l’age d’or « fame » (à la fin des années 60) et, comme « his hands », le disque précédent, continue d’explorer cette veine country/soul typiquement sudiste. Candi chante admirablement bien avec cette sensibilité, cette petite fêlure au fond de la gorge. L’accompagnement est à la hauteur des cordes mélancoliques aux cuivres tranchants. Le morceau titre « Who’s hurting now ? » répond en écho au « Best thing you’ve ever had » des années 60. La tonalité d’ensemble est plutôt calme et posée, on a connu Candi plus funky, mais qu’importe après tout c’est un disque de coucher de soleil. J’aimerais cependant finir cette chronique avec un léger regret qui n’intéressera personne à l’heure où la musique se dématérialise et s’écoute en MP3. La pochette rouge/orange est hideuse et, assurément, Candi méritait mieux…
http://www.candi-staton.com/
www.myspace.com/candistaton

samedi 18 avril 2009

Candi Staton, l’Alhambra, 17 avril 2009.


Plus qu’à un concert, c’est à une véritable démonstration de groove, pleine de soul sudiste, que l’on a assisté à l’Alhambra. Candi Staton qui fête la sortie de son nouvel album et revient à Paris pour la première fois depuis 2006. Candi c’est une icône, une survivante de l’époque bénie des 60s et du sud. Longtemps elle est tombée dans l’oubli avant de renaître (ça tombe bien c’est Pâques) au début des années 2000. Elle est devenue depuis une idole branchée et a gratifié la Capitale de quelques concerts qui resteront dans les annales. Celui de ce soir pourra sans problème se rajoute à la liste. Les musiciens entrent sur scène les uns après les autres et après quelques derniers réglages se lancent dans un medley instrumental de quelques titres phares de Candi : « Evidence », « Lovechain »… Puis le choriste male annonce de sa voix grave : « Bonsoir Mesdames et Messieurs, we have a special guest tonight ». Et c’est alors que sous les vivas du public, Candi a fait une entrée triomphale, le sourire jusqu’aux oreilles. Des fans surexcités hurlent : « Candi », il y en a même un qui a réussi à arracher une bise à la star. Le pauvre vieux n’en peut plus, hurle en frappant le rebord de la scène en tapant du poing, et retourne danser comme un acharné les bras en l’air en forme de V de la victoire. Il faut dire que Push, le groupe qui l’accompagne, donne de la matière pour s’agiter le popotin. Tous les musiciens sont excellents, le clavier groove comme pas possible et le batteur, pfff, le batteur j’en parle même pas ! La basse est puissante, swing et slappe par moment. Le guitariste apporte une touche entre funk pour les rythmes à la pédale wha-wha et blues dans les solos. La petite pêche finale vient de la section de cuivres : un sax et une trompette. Le tout est adouci par les deux choristes, un homme et une femme, aux voix superbes et qui se mélangent à la perfection. Tout est parfaitement en place pour que Candi Staton y aille de sa démonstration vocale. Puissante sur les titres funk et sur le tube disco « Young Hearts run free » et très douce sur les mélodies soul. Lorsque le concert s’achève, le public est debout et tape des mains. Candi Staton livre son message d’espoir : « Tough times don’t last, tough people do » (Les temps durs ne durent pas, les gens résistants si). Et c’est vrai qu’on y croit, tellement elle y met de conviction. En tout cas, la soul sudiste, quand elle est exécutée avec une telle maestria, il n’y a vraiment rien de mieux. Et c’est donc là-dessus que s’est achevée une semaine exceptionnelle de concerts soul (Demi Evans, Bob & Lisa, Raphael Saadiq sans oublier les Sweet Vandals qui sont également en ville ce soir). Le pied, je vous dis !!!!!
www.candi-staton.com

lundi 5 mai 2008

Candi Staton : « The best thing you ever had »

« I hope you’re happy with your new love » tonne Candi Staton. Le ton est donné dès la première strophe. Candi joue ici sur le registre de la femme délaissée et/ou trompée, abandonnée. Certes, le thème est classique mais c’est ce qui fait toute l’universalité (et la beauté aussi) de la soul music qui justifie ici, sa traduction de « musique de l’âme ». Car, garçon ou fille, nous traînons tous nos casseroles et chacun dans son histoire personnelle peut trouver quelque chose ou un épisode particulier de sa vie qui le relie à ce qui est ici chanté par Candi Staton :

« I was the best thing you ever had »
« J’étais la meilleure chose qui te soit jamais arrivé »

Musicalement, le morceau montre toute l’étendue du savoir-faire des studios FAME situé à Muscle Shoals. Car c’est dans ce coin paumé de l’Alabama qu’un important chapitre de la soul s’est écrit entre 1969 et 1973 à l’époque où le label Atlantic y envoyait toutes ses stars enregistrer sous les fourches caudines du producteur Rick Hall dans l’espoir d’obtenir un tube. Ce qui a fonctionné à plusieurs reprises.

Mais revenons un instant à « The best thing you ever had ». L’intro est nerveuse, la tension est extrême avant que les cuivres ne viennent trancher dans le vif, dans une attaque typique du son sudiste. Candi trouve ici un terrain à sa juste mesure et chante merveilleusement bien. On sent l’émotion dans sa voix et le vécu coule à travers son chant. C’est troublant de constater que ce titre elle ne l’a pas écrit elle-même, la chanson est créditée à un mystérieux « Jackson »…

Malgré la grande classe déployée ici, Candi Staton ne sortira pas de la masse et retombera vite dans l’oubli, le talent est bien mal rétribué parfois. Elle a toutefois un petit quart d’heure de gloire grâce au tube disco « Young hearts run free » en 1976. Longtemps Candi Station a été considérée comme une has been et il a fallu tout le génie du label londonien Honest Jons (spécialiste des causes perdues) pour la sortir de l’anonymat. Une compilation regroupant les enregistrements FAME, sortie en 2004, a transformé quasiment du jour au lendemain Candi Staton en icône branchée. Depuis, elle est venue deux fois à Paris à l’Elysée-Montmartre et à la scène Bastille et a chanté, à chaque fois, devant des salles combles pour un public plutôt jeune aux anges (le concert du 4 avril 2006 à la scène Bastille était exceptionnel). C’est cette même année 2006 qu’est sorti son dernier album en date « his hands » petite merveille country/soul, mélange typiquement sudiste.

J’espère que vous me pardonnerez ce petit message personnel, mais alors que vient le moment de conclure ce message, je pense très fort à certaines de mes amies (qui se reconnaîtront) à qui je dédicace ce post et la chanson qui va avec.

Bonne écoute.

Candi Staton : "The Best Thing You Ever Had"