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vendredi 11 juillet 2008

The Blakes + Brian Jonestown Massacre, Le Bataclan, 3 juillet 2008.


Belle soirée de rock n’roll en perspective au Bataclan avec par ordre d’apparition, The Blakes, l’une des révélation de l’année (voir mes messages des 20 mars et 11 mai) puis les revenants du Brian Jonestown Massacre (voir mon message du 14 avril).



The Blakes, donc, après la première partie de Gossip à l’Olympia, continue son apprentissage sous des tutelles des plus respectables. Le trio se révèle à nouveau excellent sur scène ou ses compositions sont nettement plus musclées que sur disque, notamment grâce au batteur, Bob Husak, un sacré client dès lors qu’il s’agit de jouer des coudes. Le tout début de leur set a été un peu « flottant » avant de gagner en consistance grâce à leur titre phare « two times », le véritable révélateur du groupe.


Vint ensuite, les stars de la soirée, le Brian Jonestown Massacre, avec, divine surprise, le retour du « tambourine man », Joel Gion, coupable pour le coup d’une petite infidélité à ses Dilletantes. Si le dernier opus de BJM, « My Bloody Underground », m’a laissé perplexe, force est de constater que sur scène, BJM tisse une toile toujours plus psychédélique dans laquelle il fait bon se noyer. La setlist fait la part belle aux anciens morceaux de bravoure de groupe, les « Who ? », « Vaccum boots », « When jokers attacks », « Anenome » ceci expliquant peut-être cela. Anton Newcombe, le leader du groupe a, tristement, fait une nouvelle fois honneur à sa réputation détestable. Pas un mot envers le public, auquel il tourne le dos les trois quarts du temps, sauf pour lui asséner un « fuck off, i’m talking » définitif. L’air hagard, perdu, assis sur son ampli entre deux chansons, Newcombe a boudé toute la soirée. Au point de quitter la scène à plusieurs reprises, laissant ses compagnons de galère, qu’évidemment il ne présente pas, se débrouiller, assez mal, sans lui. D’où de nombreux moments de flottements au milieu du show, le reste du groupe s’embourbant dans des instrumentaux sans fin, noisy et pénibles. Anton Newcombe, la preuve vivante que décrocher de l’héroïne ne rend pas spécialement sympathique. Plus d’une fois, Newcombe a été à deux doigts de déraper, le guitariste intervenant, se mettant à jouer à plein volume, histoire de lui couper le sifflet… Ambiance… Le sommet a été atteint lorsque le groupe, désemparé, attendait le bon vouloir de Monsieur Newcombe pour attaquer l’unique rappel. Il fallu toute la force de persuasion de Joel Gion, pour que Monsieur veuille bien revenir des backstage. Joel Gion qui a déployé des trésors d’humour pour faire patienter le public : « Vous savez, nous aussi on attend. Come on Brother ». Décidemment, pour le meilleur et pour le pire, un concert de BJM ne ressemble à aucun autre, ce qui fait de ce groupe une expérience unique en live.
http://www.brianjonestownmassacre.com/
www.myspace.com/brianjonestownmassacre
www.myspace.com/theblakes

dimanche 11 mai 2008

The Blakes




La première chanson du premier album d’un nouveau groupe est un instant capital, souvent négligé. Pour de nombreux auditeurs, il s’agit de la porte d’entrée dans un nouvel univers. En deux minutes trente huit, The Blakes, est entré dans la carrière par la grande porte. Les deux minutes en question c’est la durée du premier titre de l’album des Blakes « Two times », et, jusqu’ici, c’est aussi la chanson de l’année. Riff inspiré, un chanteur qui s’arrache les cordes vocales, percussion totalement dingue du batteur, « Two times » c’est un grand moment, l’un de ceux qui vous ont fait aimer le rock n’roll. Question : comment un groupe peut-il continuer un album après avoir été pris en flagrant délit d’excellence au bout de 120 secondes ? Réponse très simple des Blakes : on ralentit le rythme ! L’album enchaîne ensuite sur « Don’t bother me » plutôt new wave. Le registre du trio mené par les frères Garnet (guitare) et Snow (basse) Keim, complété par le batteur Bob Husak, est large et bien loin de se limiter à la furie rock n’roll du premier titre. « Modern Man », « Commit » sont de petites merveilles pop au refrain accrocheur ; « Vampire » sonne comme un inédit des Cure, on jurerait entendre la basse de Simon Gallup ! La voix quant à elle rappelle un peu Julian des Strokes. Trente quatre minutes, c’est la durée totale de l’album. C’est peut-être peu, mais lorsque l’affaire est aussi rondement menée qu’ici, c’est énorme. En une grosse demi-heure, ultra efficace, The Blakes ont remis Seattle sur la carte du rock. Nicely done guys !

www.myspace.com/theblakes


The Blakes : "Two times"


The Blakes : "don't bother me"


The Blakes : "Modern man"

jeudi 20 mars 2008

La musicale en tournée : Pete & The Pirates + The Blakes + The Kills + Gossip, L’Olympia, 18 mars 2008.


L’émission La Musicale de Canal + s’exporte ces jours-ci sur nos routes, après avoir modifié le concept de la version télé pour se rapprocher de celui du festival des Inrockuptibles, chaque groupe se succédant sur scène avec entre chaque set un entracte de vingt minutes. On commence donc avec la nouvelle révélation anglaise Pete and The Pirates, dont j’avais déjà entendu le plus grand bien. Pour faire simple, c’est sympa mais bon pas franchement de quoi sauter au plafond non plus. Serais-je blasé ? Autre révélation, le trio américain The Blakes, là on attaque dans le vif. Superbe découverte que ce trio qui nous a délivré une prestation fougueuse, rock n’rollesque à l’extrême. Plutôt qu’un long discours, je vous propose de les découvrir dans une version live de "two times", ça se passe de commentaires :



Pourquoi, diable, pourquoi, tout le monde crie au génie à l’évocation de The Kills ? Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ? Non, sérieusement parce que je n’arrive pas à comprendre. Certes je leur trouve quelques qualités à ce duo, une chanteuse classe, un son garage rock que j’affectionne, un certain charme lo-fi. Mais, pour une raison que j’ignore la sauce ne prend pas vraiment avec moi. Je ne saisi pas « le truc ». Je trouve la boîte à rythme vraiment trop « cheap » et cela leur donne un côté par trop monolithique pour mon goût personnel. Il n’y a guère que sur le dernier titre, joué en duo à deux guitares que le groupe retrouve un peu de la magie du Velvet Underground mais à part ça… Je les avais déjà vu il y a quelques années au festival des Inrockuptibles et je n’en garde pas un souvenir impérissable. Et ce n’est pas leur prestation de ce soir qui risque de me réconcilier avec eux mais bon puisque tous les goûts sont dans la nature…

Et on termine enfin avec la grosse affaire de la soirée le set de Gossip (voir mon message du 24 septembre 2007). Depuis le début des années 90, Gossip végétait dans une sorte de garage rock sympa, certes, mais assez anecdotique. L’arrivée de la nouvelle batteuse Hannah a complètement changé la donne, Gossip ne boxe plus dans la même catégorie. Quelle est la grande qualité d’un batteur ? Cette faculté de se mettre au service des chansons. La batterie n’est pas un instrument mélodique, bien savoir s’en servir, c’est savoir soutenir les autres musiciens sans tirer la couverture à soi. Et c’est exactement ce que fait Hannah, la batteuse de Gossip. Son jeu n’a rien de superflu, de spectaculaire ni de technique. Mais c’est exactement ce dont a besoin ce groupe. Dans ce contexte, elle est super efficace, booste les deux autres. Ca colle parfaitement et c’est ce que j’adore chez elle. Depuis ce changement, Gossip a littéralement explosé. Beth Ditto, l’incroyable chanteuse, lesbienne assumée et revendiquée est depuis devenu une icône gay. Elle aussi est impressionnante, malgré sa corpulence, 1m60 et une centaine de kilos, elle saute dans tous les sens. Et puis il y a cette voix… Pourtant, j’ai quand même été un peu déçu par le trio, accompagné ce soir par un renfort bassiste sur certains morceaux, qui, à mon avis, n’a pas joué la setlist que son immense talent mérite, piochant beaucoup trop dans son vieux répertoire. Il y a eu quand même de longs moments de flottement. Bon je dis ça mais en même temps je fais la fine bouche, « Yr mangled heart » et « Jealousy » sont rageurs. « Coal to diamonds » apporte une touche plus émotionnelle, qu’à mon avis ils devraient explorer plus avant. Et puis ils ont fini par retourner complètement la salle avec un « listen up » explosif. La scène est alors envahie par le public et transformée en dancefloor, la sécurité est complètement débordée. Et il y eu enfin ce « Standing in the way of control », joué en rappel, d’anthologie électrique. Le public est alors complètement survolté. Beth est alors revenue seule sur scène pour entonner l’air de « la vie en rose », il est vrai que l’on est à l’Olympia, histoire de calmer un peu l’audience… Encore une belle soirée malgré tout, et un réveil difficile ce matin et des tasses de café noir pour se réveiller…

Gossip : Listen Up (live big weekend 2007) :

Gossip : Standing in the way of control (live eurockéenes 2006)