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samedi 22 octobre 2011

Paul Personne + A l’ouest : « Face B »


Comme à la bonne vieille époque du vinyle, Paul Personne décline son nouvel effort en deux temps, une face A (sortie au printemps dernier) et maintenant une face B toujours accompagné par l’excellent trio normand A L’ouest. Cette deuxième partie se situe dans la droite lignée de la première et tout au long de ces dix titres (dont deux instrumentaux qui clôturent le disque) Paul confirme son savoir-faire en matière de guitare et de songwriting. Le diptyque ainsi constitué forme une plongée dans les musiques roots américaines mais avec la langue française comme guide. C’est un festival de guitares blues « La route du temps » et rock, « Le bout d’la route », « Longue absence » qui ressemble un peu au « Down by the river » de Neil Young. L’album nous réserve également quelques beaux moments acoustiques comme l’excellente « Sweety » où la voix râpeuse de Paul fait des merveilles accompagnée par des arpèges folk et des percussions chaleureuses. Et puisqu’on parlait de Neil Young un peu plus tôt, Paul paraît régénéré par cette collaboration avec A l’ouest comme ce bon vieux Neil quand il retrouve Crazy Horse. Deux albums en forme de retour à l’essentiel.

www.paulpersonne.com

www.myspace.com/alouestleband


vendredi 3 juin 2011

Paul Personne + A l’ouest : « Face A »


Après plus de trente ans de carrière, Paul Personne est le genre de musicien à qui on ne la fait plus. Doté d’une paire de mains très sures, Paul sait ce qu’il a envie de jouer et se contente de faire ce qu’il aime. Et il a bien raison, car de tous les mouvements qui agitent le rock français, il est fort probable que c’est son style blues/rock à l’ancienne qui vieillira le mieux et c’est probablement ses albums à lui qu’on réécoutera encore dans dix ans. En gros, on aime Paul Personne comme on aime AC/DC, et on a surtout pas envie que cela change, ne parlez pas de malheur ! Pour ce nouvel opus, Personne s’est entouré de l’excellent trio normand A l’ouest dans une démarche qui rappelle Neil Young quand ce dernier s’est acoquiné avec Crazy Horse ou Pearl Jam. S’il s’agit de leur premier effort discographique en commun, les deux parties se connaissent bien, ayant souvent eu l’occasion de jammer ensemble sur scène, lors de concerts en commun où A l’ouest assurait la première partie. D’un strict point de vue musical, ce nouveau disque est en tout point conforme à la réputation de Paul Personne, du rock, du blues et un soupçon de folk. Et des guitares ! Beaucoup de guitares, qu’elles soient électriques ou acoustiques pour autant de solis. D’autant qu’en la matière Anthony Bellanger d’A l’ouest est loin d’être manchot, ce qui donne lieu à des joutes épiques (« Qui t’aime vraiment ? »). Pas fondamentalement original, c'est vrai, mais joué avec amour. A noter également un héritage venu des musiques Noires, les percussions rappellent Curtis Mayfield et apportent un léger piment groove soul/funk à l’ensemble, quant à la wha-wha de Paul, et bien elle est aussi efficace que celle du Dieu Jimi. Parmi les plus belles réussites notons l’instrumental « To a friend », le blues pour ce regretté Calvin Russell. Comme pour son diptyque « Coup de blues » / « Demain il fera beau », ce nouvel album est double et bénéficie d’une sortie en deux temps. Après cette excellente face A, la face B sera disponible à l’automne.

www.paulpersonne.com

www.myspace.com/alouestleband


samedi 17 avril 2010

A L’ouest Le Band


Découvert en première partie de Johnny Winter, le trio normand A l’ouest, bien trouvé le nom, est également l’auteur d’un premier album. « Ca manque de douceur » chante le groupe, de douceur peut-être mais certainement pas d’efficacité. Oeuvrant dans le blues, teinté de rock 70s, les trois membres du groupe vont à fond la caisse, toutes guitares dehors. A tous les sceptiques qui pensent que tout cela a déjà été entendu, on peut leur répondre que tant que les musiciens jouent avec leurs tripes (ce qui est le cas ici) la musique qu’ils ont dans la tête, tout va alors pour le mieux. Car cet album a été confectionné avec amour. Cela s’entend. De bonnes chansons, jouées avec passion. Que faut-il de plus ? Un message dans les paroles ? Il y a de cela aussi !! Un petit mot pour finir sur la pochette, jolies photos, coucher de soleil sur la plage, ambiance maritime, de quoi donner l’envie de mettre le cap à l’ouest…
www.myspace.com/alouestleband

vendredi 19 mars 2010

A l’ouest + Johnny Winter, Bobino, 15 mars 2010


« Est-ce que vous aimez le blues Bobino ? » clame le présentateur de la soirée. Oui bien sur, mais l’endroit ne s’y prête guère. Décor, moderne, hyper-classe, boule à facette et service de sécurité très zélé, surtout lorsqu’il s’agît de protéger les avantages des VIP en goguette, tout cela tient plus de la boîte de nuit tendance que du juke joint de nos rêves. Dans ce contexte, le décalage entre la scène et la salle est flagrant. Sur scène la présence du trio A l’ouest, qui assure la première partie, parait presque surréaliste. C’est délicieusement ironique de les voir ici, avec leur look cheveux long et chemises de bûcheron, entre John Fogerty et Neil Young, il y a fort à parier qu’ils se feront refouler si l’endroit redevient une boîte de nuit. Pourtant leur set est excellent. Très bons musiciens, gros son, ça envoie. Leur blues rock, chanté dans la langue de Molière s’il vous plaît, gras à souhait, nous renvoie à la fin des années 60, au british boom, tout ce qu’il y a de plus classique. On ne s’en lasse pas, il n’y a pas à dire mais c’est bien dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. C’est probablement le rêve de leur vie d’ouvrir pour la légende qui va suivre…

Car vint ensuite sur scène le rescapé de Woodstock, le guitariste Texan Johnny Winter. Coiffé d’un énorme chapeau, pour masquer son visage creusé, maigre, traînant la jambe et le dos courbé, Winter assurera la totalité de son set assis. L’inquiétude autour du personnage grandit à chacune de ses sorties et, cela fait mal de l’avouer, mais il n’est plus que l’ombre du musicien et chanteur flamboyant décrit par mon prof de guitare. Je me garderais bien cependant de parler de déception, car Winter détient toujours le secret du son, d’autant qu’il est ce soir épaulé par un groupe (guitare, basse, batterie) ultra efficace. Cependant les loupés existent, notamment sur l’intro de « Red House » repris de Jimi Hendrix. La voix traîne un peu aussi. Mais il a de beaux restes quand même. Le concert est passé à la vitesse de l’éclair. Car malgré l’ovation et le tonnerre d’applaudissements, mérités, Winter ne s’attardera pas sur scène au-delà de l’unique rappel. Trop faible pour continuer, il a du se faire aider de ses musiciens pour l’aider, le porter presque, à assurer sa sortie. Le crépuscule d’une idole, c’est quand même triste à voir…
http://www.johnnywinter.net/
www.myspace.com/alouestleband



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