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dimanche 3 mai 2026

Rodney Crowell + Bobbie, Le Café de la Danse, 30 avril 2026.

Nous retrouvons en première partie une vieille connaissance, la chanteuse Bobbie, dont le premier album nous avait bluffé. Seule avec sa guitare folk, la chanteuse égrène les chansons dudit album et profite de l’occasion pour présenter quelques nouveaux titres. Dans un registre folk, teinté d’Americana mélancolique, Bobbie charme : son grain de voix s’éraille légèrement sous l’émotion et peut aussi descendre dans les graves. Dans ce genre bien spécifique, difficile de trouver mieux à l’heure actuelle en France ! Bobbie aura même l’honneur d’un duo avec Rodney Crowell un peu plus tard dans la soirée.

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Soixante-dix ans passés, une carrière débutée dans les années 1970, Rodney Crowell est un légende, une vraie, de la musique américaine, bien trop méconnue par chez nous, il s’agît seulement de son deuxième passage sur une scène française. Chemise à carreaux et jeans fatigués, utilisant une seule guitare folk durant tout le set, le chanteur, qui n’a jamais joui d’une telle exposition en France auparavant, n’est pas là pour prendre la pose et préfère laisser parler les chansons. He’s the real deal dit-on en anglais ! En trio, accompagné d’une pianiste et d’un violoniste (également à la mandoline de temps à autres) le chanteur impressionne par sa présence rythmique et sa capacité à créer du groove en dépit de la formule limitée, là où tant d’autres alignent les performance monolithiques. Parfaitement placé rythmiquement le trio alterne morceaux enlevés et passages lents et mélancoliques. Le chanteur prend également le temps d’expliquer comment lui viennent les chansons, avec humour souvent, d’expériences, de rêves, de cauchemar (comme cet adultère cauchemardé) et, surtout, des rencontres. Des destins compliqués, voire brisés, que le chanteur évoque avant de conclure souvent par la même formule : « He deserved a song » (il méritait que je lui écrive une chanson). Cette humanité est ce qui nous a le plus touché chez le chanteur, le concert fût sublime !

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https://rodneycrowell.com/


mercredi 17 décembre 2025

Gaspard Royant + Bobbie, La Maroquinerie, 16 décembre 2025.

Elle nous avait charmé avec son premier album, « The Sacred in the Ordinary », en 2024, aussi c’est avec une certaine émotion que l’on découvre Bobbie sur scène pour la première fois. Seule avec sa guitare folk, cette dernière s’attaque à un exercice pour le moins compliqué. En dépit des limitations de la formule qui, soyons honnêtes, ne rend pas vraiment justice à la richesse harmonique de son album, la magie qui entoure la musique de l’artiste fonctionne à plein. Sa voix est superbe et résonne magnifiquement, avec émotion, entre les murs de La Maroquinerie. L’impression de voyager dans le temps vers un lieu, Laurel Canyon, et une époque, les sixties, fantasmés, est palpable. L’artiste nous a réservé deux surprises, une nouvelle composition pleine de promesse pour la suite, et une reprise, de très haute facture en dépit du stress et des doutes de l’artiste, de sa chanteuse préférée, la grande Joni Mitchell. Un très beau moment.

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C’est une tradition entamée l’an dernier, au Petit Bain, avec laquelle on renoue avec bonheur en ce mardi soir : le concert de Noël de Gaspard Royant ! Déjà, parce que, en dehors de Gaspard, on ne voit pas très bien qui, dans ce pays, peut se livrer à l’exercice, périlleux, des chansons de Noël avec autant de bonheur artistique. C’est donc dans un décor à l’avenant, des guirlandes partout, et tout de rouge vêtu, que Gaspard nous souhaite de joyeuses fêtes, chapeau, pardessus et fausse neige sur les épaules. Entouré de ses amis, Bobbie, Héléna Noguerra, Talisco, Aurélie Saada (une ex-Brigitte) et Julien (le chanteur/guitariste des excellents After Geography) et autour d’un répertoire allant du folk au rock’n’roll sauvage que Gaspard à fait honneur à cette période de fête. Le concert fut joyeux, festif, et, dans la joie et la bonne humeur, Gaspard à fait montre de tout l’étalage de son talent vocal, charmeur, un véritable crooner (et on ne dira jamais assez à quel point ce statut est atypique sur la scène hexagonale) ! Entouré d’un groupe top niveau, dans lequel se distingue le merveilleusement sobre guitariste Laurent Blot, également capable de fulgurances soniques dingues, Gaspard nous offert un cadeau de Noël bien à lui : un duo inédit de son nouveau groupe, Ravage, formé en compagnie d’Aurélie Saada, dont on devrait reparler bientôt. Et en attendant, joyeuses fêtes !

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jeudi 22 août 2024

Bobbie : « The Sacred in the ordinary »

 


Et soudain, sortie des enceintes, une voix s’élève comme dégagée des contingences terrestres… Cette voix c’est celle de la chanteuse Bobbie et quelque chose nous dit que, dans un monde parfait, cette dernière ne devrait pas rester inconnue depuis longtemps. Rare sont ces disques dégageant cette sensation d’apaisement, relativement inconnue à notre époque. Des arpèges de guitare folk, une lap-steel, qui semble glisser sur la mélodie comme une muscle car sur une autoroute au milieu du désert, et des arrangements luxueux (chœurs gospel, orgue, piano, cordes) tout nous ramène à une période dorée celle du folk/soul des années 1960, de Joni Mitchell à Dusty Springfield. Bobbie a grandi au milieu de la collection des 33 tours blues et soul de son père et cela s’entend magnifiquement sur ce premier album d’une americana plus vraie que nature, aux accents intemporels.

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