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dimanche 8 mai 2022

Pagan Poetry, concert hommage à Nathalie Réaux, Les Trois Baudets, 7 mai 2022.





Quand on y pense, compte-tenu des contingences liées à la vie de musiciennes, aux déplacements, à la disponibilité (ou non) du lieu, il est tout simplement inouï que tout le monde, ou presque (seule la pianiste Julie Gomel manque à l’appel), soit disponible en ce 7 mai pour rendre hommage à la regrettée Nathalie Réaux. A croire que Nathalie elle-même a tout manigancé depuis l’au-delà pour que toutes les planètes s’alignent aussi parfaitement.

Qu’elles soient sur scène ou dans la salle, qu’elles aient connu Nathalie en musique ou dans la vie, toutes les personnes réunies entre les quatre murs des Trois Baudets, sont toutes venues par amour, et il s’agît bien là de la seule raison finalement valable. Aussi, c’est une vibration bien particulière qui agite l’air en cette soirée, totalement différente de celle qui se dégage d’un concert ordinaire. Dire que l’on a crevé le plafond de l’émotion est un euphémisme (l’auteur de ces lignes avoue sans peine avoir eu la gorge serrée à de nombreuses reprises au cours de la soirée).

Comme il était impensable de pas voir ni entendre Nathalie en cette soirée, cette dernière a débuté par une petite projection, sur grand écran, de clips et d’extraits de concerts et, même si tout est facilement retrouvable sur le net, les images ont une signification particulière en cette soirée, l’émotion nous étreint avant même que la première note aie été jouée.

Elles sont donc sept sur scène, toutes anciennes musiciennes et amies de Nathalie : Marie Lesnik, Karen Lano, Claire Joseph et Skye (soit le duo Pur-Sang), S.am (Sarah Amsellem), Chloé Girodon et Christelle Lassort. Un magnifique assemblage de musiciennes et chanteuses qui ont repris les titres de Pagan Poetry et aussi quelques reprises aimées de Nathalie (dont une sublime version du « Way to Blue » de Nick Drake, soutenue par un trio de cordes ; « I Follow Rivers » de Lykke Li). Tant de joie, tant de tristesse, tant d’émotions ! Les premières larmes discrètement séchées au coin de l’œil, les mains des musiciennes qui se serrent dans un geste de soutien mutuel et les sourires qui en disent long sur la connivence entre elles. Entre la joie simple et débordante d’être sur scène, de jouer, de faire de la musique et la peine, les musiciennes ont réussi à se glisser dans le fin interstice qui sépare l’euphorie de l’affliction. L’émotion est bien le maître mot en cette soirée, ce petit supplément d’âme perceptible dans le moindre touché délicat du piano, dans le plus petit pincement des cordes des violons. Les cinq chanteuses ont toutes, sans exception, été sublimes et ont atteint des sommets vocaux. La dimension prophétique des paroles écrites par Nathalie (« L’Autre Rive » notamment, particulièrement troublante) apparaît dans toute sa cruauté. Comme si elle savait déjà, comme si elle était là, elle aussi sur scène avec ses sœurs de musique. Nathalie peut bien reposer en paix, son héritage est entre de bonnes mains.

mardi 26 avril 2022

Pagan Poetry : « The Unseen / L’Autre Rive » (2021)

 


Sa voix s’est envolée pour l’éternité. C’était le 15 février 2020, un lendemain de Saint-Valentin et quelques semaines à peine avant que le monde ne tombe dans l’ubuesque, la chanteuse Nathalie Réaux nous quittait, après un long combat perdu contre la maladie. Comédienne voix-off, musicienne et choriste dans des projets de grande ampleur, tels que Miossec ou Yael Naim par exemple, Nathalie était également à la tête de son projet personnel, Pagan Poetry (d’après une chanson de Björk). Sorti en 2013 et devenu introuvable, l’EP « The Unseen », la seule trace discographique de Pagan Poetry, a été réédité en vinyle en début d’année. Un bien bel et émouvant objet ! Un magma (mot utilisé à dessein) complexe de mélodies, baroque et lyrique, ésotérique et progressif, mystique et psychédélique. Les moyens mis en œuvre impressionnent, une ampleur sonore dont on mesure encore mieux la magnitude sur le support vinyle. Travaillé dans les moindres détails, produit avec un soin maniaque, l’écrin est parfait pour les envolées vocales de la chanteuse, dont la fascination pour la nuit éternelle de l’espace (on retrouve les paroles prononcées par Neil Armstrong lorsqu’il posa le pied sur la lune en 1969 samplées sur le disque) donne le tournis, une impressionnante sensation de vertige, comme une descente le long d’une spirale. Mais peut-être que le véritable trésor se trouve sur la face B, intitulée « L’autre rive », totalement inédite. On y retrouve l’inédit « From the Dusk till Dawn », une version live acoustique de « The Dark Side of The moon » procurant une étonnante forme d’intimité avec la chanteuse dont on a l’impression qu’elle nous susurre directement dans le creux et de l’oreille et, surtout, deux versions françaises, « Des Siècles Encore » et « L’Autre Rive ». La barrière imposée par la langue anglaise tombée, redécouvrir Nathalie dans ce contexte se révèle encore plus bouleversant. Toutes les aiguilles de la nostalgie dans le rouge, cette dernière ne nous a jamais semblé aussi proche. L’EP original de 2013 se terminait avec ce titre « Wonderworld ». Peu importe l’endroit où se trouve dorénavant Nathalie, nous nous plaisons à croire qu’elle finalement trouvé son « Wonderworld », son monde merveilleux.

Concert hommage le 7 mai au Trois Baudets.






jeudi 20 janvier 2022

Pagan Poetry : « The Unseen »

 


Une voix céleste s’élève, comme débarrassée des contingences liées à l’attraction terrestre… Quoi de plus indiqué pour la chanteuse Nathalie Réaux, qui n’a jamais eu de cesse de chanter les étoiles (« The Dark Side of The Moon », « Another Earth ») ? Sorti en 2013, ce premier EP restera la seule trace de Pagan Poetry, projet solo de Nathalie Réaux, par ailleurs musicienne et choriste chez Miossec ou Yael Naim, tragiquement décédée après un long combat perdu contre la maladie en février 2020. Partie, trop tôt, bien trop tôt, rejoindre les étoiles qui l’ont tant inspirée. Mais avant, Pagan Poetry nous aura laissé cet EP impressionnant de lyrisme aux arrangements travaillés, épiques renouant avec les échos progressifs, mystiques et psychédéliques, un croisement digne de Pink Floyd, Woodkid ou Björk. Gommant l’espace entre le tangible et l’intangible, entre le visible et l’invisible (« This is bigger than what we see ») chante-t-elle, chantant les mondes parallèles (« Wonderworld », « Another Earth »), Nathalie nous aura toujours exhortés à voir plus grand, au-delà des simples apparences. Même si son absence physique et sa voix manquent cruellement aujourd’hui, sa musique reste toujours aussi vivante qu’au premier jour.

Longtemps introuvable cet EP sera réédité le 21 janvier en vinyle et accompagné d’une face B remplie d’inédits, disponible en exclusivité au Walrus (Paris) et chez Rhythm’n BD (Le Mans). Tous les bénéfices seront reversés à la lutte contre le cancer.

Concert hommage le 21/01 à la salle Jean Carmet d’Allonnes (Sarthe)

https://superforma.fr/agenda/pagan-poetry-hommage-nathalie-reaux