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vendredi 23 septembre 2022

Jesper Lindell, Le Méridien Jazz Club Etoile, 22 septembre 2022


Santiags aux pieds, chapeau, jeans et chemise à carreaux, lorsque Jesper Lindell débarque sur scène, le musicien dégage un petit quelque chose de roots et, d’un coup, le classieux Jazz Club de l’Etoile prends des airs de Woodstock. Woodstock, non pas à cause du célèbre festival mais plutôt le village ou vivait, quasiment reclus, les membres de The Band. La filiation semble évidente, et pas uniquement à cause des deux reprises jouées par le groupe suédois. Débarqué au grand complet, la formation compte six musiciens : piano, orgue, deux guitares, basse et batterie auquel s’ajoutent quelques instruments accessoires, accordéon, violon et trompette, autant d’instruments peu usités dans le rock et qui donnent sa véritable identité au groupe. C’est précisément là que se noue la filiation avec The Band. Même grand écart entre country-folk et soul music (influence particulièrement perceptible dans le chant), éclairs électriques et rock’n’roll en prime, le long de solo de guitare particulièrement inspirés. Avouons-le, pendant les deux heures et quelques du concert, on a voyagé en musique. Un trip le long de routes et de paysages imaginaires, suivant le groove implacable de la batterie, finalement bien plus intemporel que nostalgique. Sublime soirée.

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lundi 28 mars 2022

Jesper Lindell : « Twilights »

 


Un grain de voix suintant le vécu, légèrement éraillé d’une petite cassure soul, au fond de la gorge, des cordes de guitare folk arpégées avec délicatesse, un groove lent et alangui de la batterie, il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, ce nouvel album du songwriter s’impose comme une évidence, venue, surprise, de Suède, mais que l’on jurerait sortie du studio de feu Levon Helm à Woodstock (bon on y presque, Amy la fille du regretté batteur du Band chante sur le disque). Jesper Lindell donc s’inscrit dans un croisement très précis, là où le folk rencontre la soul, le tout surmonté de légères touches country, autant d’inspirations bien éloignées de sa terre natale, mais qu’il a su s’approprier avec talent et feeling. Après avoir passé une partie de la pandémie à l’hôpital, pour un problème de santé étranger au Covid, et l’autre partie dans son studio entouré de son groupe, Jesper est simplement content d’être là, de jouer et de chanter. Et cela s’entend ! Une joie de jouer qui irradie d’un bout à l’autre de l’album, sensible dans les grandes rasades chaudes de l’orgue (« Dance » en duo avec Theo Lawrence) et terriblement évocatrice des grands espaces et des herbes folles se balançant au gré du vent dans le soleil couchant. Car il n’est finalement question que de cela, d’un disque proche de la nature et à écouter au bord d’un feu de camp, tel que celui figuré sur la pochette.

En showcase (gratuit) le 29/03 au Walrus (19h)

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