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jeudi 10 août 2023

Automatic City : « Hum Drum »

 


Un nouvel album d’Automatic City est toujours une excellente nouvelle ! Et cette quatrième livrée des Lyonnais ne trahira pas la tradition tant, depuis son apparition sur nos platines en 2017, le groupe a su se créer une place unique dans la scène blues qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs. Ainsi Automatic City, s’est fait une spécialité totalement improbable, celle de respecter autant la tradition que de la trahir. On en veut pour preuve le premier titre « Lament », une reprise de Mamie Perry, ou cohabitent dans un joyeux bordel savamment contrôlé, une contrebasse (classique) et une boîte à rythmes Roland CR78, nettement plus rare sur la scène blues. L’autre marotte de quatuor (quelque peu remanié depuis le dernier album datant de 2019) c’est le psychédélisme, à grande lampées de sitar, assez peu usité dans le blues (cf. « No Dice ») et des percussions latinos hypnotiques et répétitives. Choisissant ses reprises avec soin et un goût assez sûr chez Chuck Berry ou Curtis Mayfield, Automatic n’a pas son pareil pour les personnaliser : un peu de synthé Moog, de l’orgue Farfisa et voici le groupe parti dans une expédition sauvage dans l’arrière bayou du blues, un territoire inconnu où l’électronique a rarement sonnée aussi sexy. A la fois inventif et truffé de bricolages sonores qui donnent le tournis, ce nouvel effort chauffe les oreilles et monte à la tête. Une réussite de plus, comme d’habitude.

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mardi 30 avril 2019

Automatic City : « Triple Ripple »



La découverte de la magnifique pochette de ce troisième album frappe par la nouvelle charte graphique du groupe. Fini le design minimaliste et épuré, hérité des années 1950, place au noir et blanc mi-gothique / mi-vaudou, une ambiance gitane que n'aurait pas renié Jim Jones en personne et son Righteous Mind. A elle seule la promesse d'un sacré voyage. Mais à l'écoute, peu de choses changent et c'est finalement tant mieux tant on est persuadés que ce groupe avait, dès le début, mis le doigt sur la formule magique. Et si changement il y a, c'est pour le mieux car jusqu'ici Automatic City, en dépit de toutes les réussites qui ont émaillées leur parcours jusqu'alors, n'avait jamais réussi à mettre aussi bien en sons son blues et toutes les influences éparses qui le composent. Il y a tout d'abord cette sensation de touffeur qui enveloppe la musique, le sentiment prégnant qui transforme l'écoute de l'album en plongeon la tête la première dans une marmite vaudou bouillonnante. Et c'est parti pour le grand saut dans le temps et à travers les époques ! L'amalgame entre les guitares garages, toujours tranchantes qu'elles soient électrifiées ou non, le groove infernal des percussions exotico-orientalistes et le délire rétro-futuriste du thérémine et autres joyeusetés électroniques du même acabit n'avait jamais aussi bien fonctionné qu'ici. Le résultat est tortueux, psychédélique, hypnotique ! Un album entraînant, sexy, exotique et aventureux au-dessus duquel plane un parfum de soufre et un soupçon de danger. Vous voilà prévenus ! 

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dimanche 16 décembre 2018

Automatic City, Le Triton, 15 décembre 2018.


Hier soir, sur la magnifique et intime scène du Triton, le magazine Soul Bag fêtait la sortie de son nouveau numéro en compagnie des excellents Automatic City sur scène. Le quartet n'est décidément pas un groupe comme les autres, aussi expérimental que vintage, autant attiré par les sonorités électroniques rétro-futuristes que les guitares biens senties, et un sens du groove unique en son genre. La composition même du groupe trahit cette dichotomie. D'un côté une guitare acoustique et une contrebasse, d'un classicisme classe et absolu s'il en est, de l'autre un theremine (cf. les sonorités électro rétro-futuristes) et un kit de batterie agrémenté de percussions, de bouteilles vides, un triangle et des clochettes en tout genres : « Un merdier sans fin » dixit Zaza le batteur au groove diabolique. Alors que la reprise, totalement réinventée de « Havana Moon » (Chuck Berry) se charge bien de rappeler l'ancrage dans le rock n'roll des années 1950 de la chose, la guitare part dans des embardées saturées dignes d'un combo garage rock. Seul groupe à l'affiche de la soirée, le groupe prend son temps, étire ses morceaux (la formidable relecture de « Spoonful ») expérimente au passage, le batteur s'éclate dans ce contexte, quitte à mettre par terre la moitié de l'installation quand Manu, le guitariste, est emporté par l'excitation du moment. On a des fourmis dans les jambes, Eric, le chanteur, ne tient pas en place non plus, arpente la salle et encourage les applaudissements du public. Il y a quelque chose d'à la fois très classe dans ce groupe, les percussion afro-cubaines qui nous ramènent au années 1950, mais aussi de très sauvage, les mêmes percussions qui nous évoquent un sentiment vaudou proche de la transe, le howl du chanteur. On s'en est pris plein la tête et les oreilles pendant près de deux heures, le temps qu'a duré ce magnifique voyage dans le temps et dans le son… 

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lundi 5 février 2018

Deva Mahal + Automatic City + The Goon Mat & Lord Benardo, Les Nuits de l'Alligator, La Maroquinerie, 30 janvier 2018.


Parce qu'il a fait le coeur de sa programmation des idiomes qui nous sont chers (le blues, la soul, la country, le rock garage et psyché), nous chérissons particulièrement le festival des Nuits de l'Alligator et on ne compte plus les bons moments passés dans le sous-sol de la Maroquinerie et ses piliers de briques rouges derrière la scène…

Cette année encore, le festival nous a dégotté une bonne surprise avec le duo belge The Goon Mat & Lord Benardo. Contrairement à d'autres duos fameux point de formule guitare/batterie ici mais une sorte de one man band (guitare et batterie) augmenté d'un harmonica. Le duo s'est fait une spécialité du blues cradingue, très rock n'roll dans un esprit pas si éloigné des productions du label Fat Possum (RL Burnside, T-Model Ford etc.) Ici la guitare et l'harmonica rivalisent de distorsion, l'écrin idéal pour la « grosse » voix de gorge du chanteur. Particulièrement dévastateur en live…

Le deuxième album d'Automatic City avait été un coup de coeur sur cette page l'été dernier. Et la performance du soir ne fait que confirmer tout le bien que l'on pense d'eux. Automatic City fonctionne sur une dualité. D'un côté nous avons une guitare, saturée, sauvage, un aspect sale contrebalancé par la contrebasse instrument classieux par excellence. On avoue un énorme coup de coeur pour les élégantes percussions afro-cubaines qui propulsent le groupe dans une autre dimension entre world et vintage. Et quel groove irrésistible ! Le répertoire du groupe fait la part belle au blues bien sûr mais sans négliger ce petit piment rock n'roll et une pointe d'expérimentation (machines discrètes, theremin) qui fait tout le sel de la chose. Magnifique concert, magnifique album, magnifique formation !

On termine enfin avec la chanteuse Deva Mahal, particulièrement impressionnante vocalement parlant, son timbre de gorge respire le vécu, qui nous offre un exercice soul de haute volée, vintage certes, mais sans pour autant négliger l'apport du hip-hop, perceptible dans le rythme de la batterie. On regrette toutefois une dérive disco sur un titre, un petit pas de travers, bien mince en regard de la qualité de l'ensemble. Une belle découverte.

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mercredi 30 août 2017

Automatic City : « Bongoes & Tremoloes »



Pour son deuxième album, Automatic City, a mis le rythme au cœur de ses préoccupations. Comme Curtis Mayfield naguère, Automatic City est tombé sous le charme des percussions. Ces dernières mélangées aux sons blues et rhythm and blues du groupe génèrent un véritable envoûtement musical auquel il est difficile de résister. Le groove s'en retrouve bien sûr renforcé mais se drape également d'une aura à la fois mystérieuse et exotique, évoquant tour à tour la Nouvelle-Orléans, La Havane voire l'Afrique (« Satisfied ») donnant tout son sel à cet album. Quelque chose d'unique en son genre classe et rétro en même temps. Les plages s'enchaînent et la magie procurée par l'ambiance hypnotique si particulière du disque perdure. Un must à n'en point douter, à écouter pour accompagner une virée nocturne dans le bayou.

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