Formé au début des années 2000,
Black Lips formation originaire d'Atlanta sort son nouvel album. Pour
cet effort, le neuvième chapitre d'une carrière assez riche, le
groupe sort les grands moyens confiant le bébé à une excitante
doublette de producteur : Patrick Carney (le batteur des Black
Keys) et Thomas Brenneck (Dap-Kings, Charles Bradley, Menahan Street
Band), un des piliers du label Daptone que l'on a peu l'habitude de
croiser dans le domaine du rock n'roll. En dépit du visuel de
l'album qui les voit jouer aux gros durs, chaîne à la main, les
Black Lips sortent ici leur album le plus accessible. Jouant dans la
cour psychédélique/garage, le quatuor propose un disque dont
l'horloge biologique serait bloquée en 1967 (malgré des paroles
évoquant parfois les téléphones portables) quelque part entre les
Sonics et le 13th floor elevator. Le groupe excelle dans des durées
assez courtes (environ trois minutes) les guitares en avant dans une
ambiance un peu bricolo ; plus d'une fois l'album donne
l'impression d'avoir été enregistré dans une cave avec peu de
moyens. Les amateurs de gros son et de productions léchées en
seront pour leurs frais, cela contribue à rendre la chose
sympathique. Parmi les réussites citons la grondante « Funny »,
le western « I don't wanna go home », la menacante « Dog
Year » ou les bluesy « Boys in the wood » et « Do
the vibrate » (qui rappelle un peu le thème de Peter Gunn). Si
on ne s'ennuie pas vraiment, à la longue, le disque sonne comme une
redite, moins réussie cependant, d'« Arabia Mountain »
(leur album précédent). Un album honorable, mais en demi-teinte,
doublé de cette incapacité récurrente à défendre ses chanson en
concert (ce groupe est calamiteux sur scène) : Les Black Lips
seraient-ils rentrés dans une immense zone grise ?
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mercredi 20 août 2014
mardi 24 juillet 2012
BSMS + The Black Lips, Le Trabendo, 24 juillet 2012.
Et pourtant cela avait plutôt bien commencé… Dans la foulée
de leur excellent album « Arabia Mountain », sorti en fin d’année
dernière, les Black Lips sont venus nous rendre visite hier soir pour une prestation
bien décevante, c’est le moins que l’on puisse dire. Pas en place, balbutiant
son rock psychédélique, le groupe patauge et donne l’impression de ne pas
maîtriser grand-chose (incapable par exemple d’enchaîner deux titres, ou
d’assurer un seul morceau sans flottements au milieu), il émane de tout cela
une désagréable impression de dilettantisme (il ne faut pas croire ça me brise
le cœur de dire ça)… Encore renforcée par un son assez moyen. Pas de quoi
cependant refroidir une assistance qui pogote à tout va et qui donne bien des
soucis aux agents de la sécurité (réaction sympa du groupe : arrêtez de
frapper nos fans !). La situation ne fait qu’empirer alors que la soirée
s’avance et sombre dans le chaos, des rouleaux de papier toilette volent
au-dessus des têtes, des ballons de baudruche à l’effigie du groupe explosent
les uns après les autres. Et ça slame à tout va. Et puis soudain c’est le chaos
total, la scène est envahie par le public. Comprendre que la moitié de la fosse
c’est d’un seul coup retrouvé sur scène interrompant le groupe en plein
morceau. Seul le batteur continue coûte que coûte à battre la mesure tout en
assurant les backing vocals. Grand moment de solitude. Le chanteur à un
mouvement de panique quand il voit sa basse (une Hofner violon façon Paul Mc
Cartney) partir emportée par la foule. Le micro se balade alors dans le public,
réactions saisies au hasard (Caro je te trouves plus, t’es où ?). Mort de
rire. Si l’on se plaint souvent (et à juste titre d’ailleurs) des performances
calculées à la seconde sans aucune place pour l’imagination (cf. John Fogerty)
les Black Lips sont eux dans l’excès inverse. Bref, le calme revenu, les Black
Lips reviennent sur scène pour deux petits titres. Bilan final, à peine une
heure de concert et pas de rappel, franchement léger pour un groupe à la
discographie fournie (sept albums tout de même). 22 euros la place hum hum… Une
soirée bien triste dans le fond… On va quand même finir avec un point positif
la première partie assurée par le trio français BSMS, excellent mélange de
blues psychédélique servi par un guitariste très doué. Voilà des musiciens qui
peuvent sortir la tête haute de ce fiasco…
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