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samedi 6 mai 2017

Klô Pelgag : « L'étoile thoracique »



Dans le petit monde baroque de Klô Pelgag, une douleur thoracique se fait étoile, les âmes ont une chorégraphie et les étoiles un sexe. Ainsi, l'auditeur n'a pas fini de se perdre en conjectures, essayant de décoder le sens profond des paroles auxquelles, avouons-le, on ne comprend rien avant plusieurs écoutes. Et c'est là que réside le sens profond de la démarche artistique de la chanteuse Québécoise, plonger l'auditeur dans un monde parallèle où le baroque le dispute au fantastique. Si la musique et la chanson doivent faire rêver, alors, elles ont trouvé en Chloé (son véritable prénom) une ambassadrice de premier plan. Force est de constater que, trois ans après « L'alchimie des monstres », son disque inaugural, la jeune artiste s'est donné les moyens d'assouvir ses ambitions élevées. Mélancolie du piano (« Au bonheur d'Edelweiss »), arrangements de cordes ou de vents puissants et majestueux, la chanteuse se permet même un petit détour funky (« Les instants d'équilibre ») et, chez elle, un simple ukulélé, scie potentielle chez les autres, devient bouleversant (« Les ferrofluides-fleurs »). Disque ambitieux, « l'étoile thoracique », confirme la créativité débridée de la chanson francophone chez nos cousins d'outre-Atlantique, créativité à laquelle on peine à trouver un pendant ici-bas. Klô Pelgag plane-t-elle plus haut que les autres ? Le résultat est un album de haute tenue quoiqu'il en soit…
En concert à Paris (Divan du monde) les 31 mai et 1er juin.

lundi 21 avril 2014

Interview avec Klô Pelgag


Lorsque nous avons retrouvé Klô Pelgag, cette dernière venait d'arriver en Europe pour une série de concerts étalés sur deux mois. L'occasion de discuter un peu de musique, de son univers créatif plutôt décalé entre autres choses...

(c) Diane RH


Alors Chloé, ça te plaît l'Europe ?
Klô Pelgag : Oui ! Jusqu'à maintenant je n'ai que des bonnes expériences. Ça serait difficile de dire le contraire.
 
 
Est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ton « laboratoire de création » ?
KP : En fait c'est la maison de mes parents à la campagne, dans un petit village magnifique à une heure et demie de Québec. Dans la Gaspésie. Vers la péninsule. La maison est sur un cap. Tu vois toute l'eau (le fleuve Saint-Laurent, ndlr) comme ça (elle écarte les bras). Et puis derrière, il y a la foret. C'est vraiment un paysage inspirant. C'est bon aussi pour l'esprit, pour décompresser. J'aime vraiment y aller. J'aime retourner chez mes parents pour écrire. J'y ai une petite pièce avec mon piano. C'est ma petite bulle. Sinon j'habite à Montréal. J'habite en ville mais je suis une fille de campagne quand-même. Il y a des choses intéressantes dans les deux. Mais pour écrire je préfère la campagne.
 
Justement, ton environnement t'inspire pour l'écriture ?
KP : Oui, je suis très influencée par ce qui m'entoure. Moi, aller à la campagne, ça me libère l'esprit. La ville c'est comme un tourbillon. Il y a tellement de choses qui se passent, il y a tellement de choses pour t'influencer. Si tu marches dehors, t'es entouré de plein de trucs. Je trouve ça plus facile quand je retourne en campagne, il n'y a que des espaces infinis autour de moi. Je sens comme plus d'espace dans ma tête pour créer des choses nouvelles. Pour sublimer ce qui m'entoure.

Tu es à Paris depuis quelques jours, tu est inspirée ?
KP : C'est encore tôt pour le dire. Ce n'est pas très prévisible non plus. Mon écriture est très spontanée. Rien n'est venu pour l'instant. Mais je n'ai pas encore eu le temps de me poser et d'observer. Je n'ai fait que des interviews.

Et Montréal ?
KP : J'aime beaucoup, c'est une ville très vivante, il s'y passe beaucoup de choses. Montréal, c'est aussi une bulle de création. C'est grand et c'est tout petit en même temps. Tu rencontres tout le temps des gens que tu connais...
 
Surtout entre francophones...
KP : Oui, c'est une ville bilingue. Il y a aussi ce côté multiculturel que je trouve super intéressant. Tu peux voyager rien qu'en changeant de quartier : indien, grec, chinois... Avec des restaurants et des gastronomies différentes à chaque fois. C'est une ville foisonnante, très inspirante. Je puise mes trucs partout où je vais mais quand je retourne en campagne ça m'aide à y voir plus clair.

Qu'est-ce qui est le plus important pour toi, la musique où les textes ?
KP : Pour moi les deux sont aussi importants. J'écris musiques et paroles en même temps, en parallèle. Il y a quand-même quelques chansons qui sont plus « à texte », le silence épouvantail par exemple. La musique c'est comme une grande roue qui tourne, ça évolue et puis on revient au point de départ. Il y a des exceptions comme « le dermatologue » très axée sur la musique, les mélodies jouées par les différents instruments sont super importantes sur ce titre là. J'aime que mes chansons puissent vivre juste en piano/voix, pour ne pas être dépendante de mon groupe.

Ça se sent, ton style est très acoustique on entends bien les racines...
KP : J'ai aussi un goût très prononcé pour l'acoustique. L'instrumentation est classique.

Je sais qu'au Québec vous défendez beaucoup la langue française alors qu'ici beaucoup de jeunes groupes chantent en anglais pour faire chic. C'était important pour toi de chanter en français ?
KP : En fait je parle uniquement français, je pense et je m'exprime en français. J'aurais du mal à chanter en anglais. Il y a aussi des québecois qui chantent en anglais probablement pour avoir une portée internationale plus grande. En même temps on est juste à côté des États-Unis et il y a beaucoup de québecois qui ont de la famille ou juste un parent anglophone, ça se défend pour certaines personnes. Moi ce n'est pas une question de choix mais d'origine. Et de goût aussi. J'adore la langue française, sa couleur, sa résonance, j'aime la partager. C'est comme ça.

Ton univers créatif est un peu décalé. Je pense à des chansons comme « La fièvre des fleurs », « les mariages d'oiseaux », « la fièvre épouvantail »... Est-ce que tu pourrais nous décrire ton petit monde ?
KP : J'ai toujours eu un goût pour l'extraordinaire. La représentation de la réalité, ça m'intéresse beaucoup moins. Même dans l'art visuel, j'aime le surréalisme. J'écris comme je suis. Ça donne quelque chose d'assez éclaté, percutant et profond en même temps. De poétique aussi. J'aime la langue et m'amuser avec. J'aime représenter des sentiments profonds et réels pour les sublimer et les exprimer du mieux que je peux. Et quand j'y arrive avec des mots, ça me fait du bien. J'écris aussi pour me faire du bien à la base.

Tu trouves beaucoup d'inspiration dans les livres, la poésie ?
KP : Oh oui. C'est toujours rassurant et réconfortant. Je suis toujours émerveillée quand je découvre un poète, un écrivain. Ou même un artiste qui fait quelque chose que j'aime par ce que c'est rare ! Ça me rassure de voir qu'il y a d'autre gens qui sont sur la même longueur d'ondes que moi, qui réfléchissent un peu de la même façon. Je suis considérée un peu comme une extra-terrestre au Québec, dans ce que je fais. Moi je me sens juste moi-même. Je trouve qu'en France il y a beaucoup d'artistes qui ont comme un genre de personnage. Moi on me compare beaucoup avec Camille.

Il y a souvent dans tes chansons comme un mélange tristesse/joie. C'est grave et léger en même temps...
KP : Moi j'adore les contrastes. J'aime quand un élément fait évoluer les choses. « La fièvre de fleurs », c'est un sujet triste, la mort, la leucémie, la maladie. Je pense que je n'ai pas besoin d'en rajouter pour faire une chanson vraiment triste qui va faire pleurer tout le monde. Moi mon objectif c'est d'ajouter quelque chose en plus. La musique plus joyeuse et funky va rajouter quelque chose, ce n'est pas juste de la tristesse. Ça devient de la mélancolie et toutes sortes de dérivés de la tristesse. Cela ajoute beaucoup plus de nuances dans l'émotion. Je trouve ça intéressant. Mais moi je n'analyse pas trop ce que je fais, je découvre après coup en faisant des entrevues, ça me porte à analyser ma façon de travailler. Je ne veux pas être ennuyeuse.

Tu pars souvent d'un sentiment pour écrire une chanson ?
KP : Toujours. Les fois où j'ai essayé de commencer une chanson juste pour faire une chanson je ne l'ai jamais gardée. J'ai vraiment besoin que cela me percute ou me fasse du bien. Je ne suis pas non plus une musicienne comment dire... C'est rare que je joue du piano juste pour jouer du piano. Je joue quand j'en ressens le besoin. Et puis après il y a les spectacles. J'adore les spectacles !

Parle-nous de l'aspect visuel. En concert vous avez tous des déguisements complètement dingues de toutes les couleurs. A un moment il y a un musicien qui a fait un tour de magie avec un verre d'eau et j'ai lu quelque part que parfois tu cuisines des gâteaux sur scène...
KP : J'essaye juste de faire des choses qui m'amusent aussi. Le spectacle doit rester quelque chose de vivant, pas mécanique ou de programmé. Après tu deviens un produit. Moi je ne fais pas un produit, je fais un spectacle (elle insiste) ! Il faut que cela soit spontané. Moi c'est ma façon de voir. Après c'est difficile parce qu'il faut que je me réinvente à chaque fois. Trouver des nouvelles idées, des nouveaux concepts. Mais ça me fait plaisir de le faire et j'ai l'énergie pour.

Ton frère Mathieu arrange tes chansons, il y a une forte complicité musicale entre vous ?
KP: Oui, on travaille ensemble, on a les mêmes références, on a grandi ensemble. Il y a une chimie naturelle. C'est lui qui m'a encouragée à faire de la musique au début, il m'a beaucoup donné confiance. C'est mon grand frère il a une grande influence sur moi. On travaille beaucoup les arrangements ensemble, c'est vraiment une collaboration. Je suis impliquée dans chaque facette de ce que je fais, les photos, les clips tout ce qui est visuel. C'est normal mais tout le monde ne le fait pas.

Ton sens de l'humour est particulier, sur scène tu fais des blagues mais toujours à froid...
KP : Oui. Rire de sa propre blague, c'est comme vendre un punch qui n'existe pas. Je ne suis pas une humoriste. J'aime provoquer les gens un peu. Je ne dis pas : « c'est une blague ». Je dis quelque chose après le public le prend comme il veut. J'adore quand il y a des moments de silence un peu gêné. C'est mes moments préférés. Les petits moments de malaise. Chatouiller les gens et les déranger un peu. Je pense que cela leur fait du bien aussi. Parfois on est très pris dans nos limites, gêné d'être nous-mêmes. J'aime bien défaire ça.
 
Tu te fiches des étiquettes musicales ?
KP : Moi je fais la musique que je peux faire. Parce que c'est la seule. C'est moi en musique. Je n'ai pas étudié la musique. Je me sens plus une artiste qui est aussi musicienne. Après le public définit leur perception de ce que je fais. Moi je fais ce que je peux et surtout ce que j'ai envie. J'essaye de ne pas me mettre de limites, un jour je me lancerai peut-être dans le dubstep ! Je ne veux pas m'ennuyer jamais dans ce que je fais.
 
C'est une manière de rester libre aussi...
KP : Oui, oui. Dans ce sens là je me fous des étiquettes, ça ne me dérange pas.
 
Tu te sens plus artiste que musicienne...
KP : Oui, j'ai envie de faire plein de choses dans ma vie, je suis encore jeune. Je peux changer d'idée demain. Je ne sais pas... Je ne me mets pas de limites par ce que je ne sais pas ce que je vais avoir envie de faire dans cinq ans. Mais je pense que la musique c'est quelque chose de très important pour mon bien être.
http://klopelgag.com/
Propos recueillis le 05/03/2014.
Un grand merci à Chloé pour sa gentillesse et sa disponibilité et à PH qui a organisé cette rencontre.

lundi 3 mars 2014

Klô Pelgag : « L'alchimie des Monstres »



Découverte à l'automne dernier, la jeune (24 ans) Québecoise Klô Pelgag est, déjà, de retour avec un premier album qui s'écoute comme une invitation au voyage. Et c'est un étrange pays, celui issu de son imagination fertile, qu'il nous est proposé de visiter. Teinté de surréalisme (« La fièvre des fleurs », « Les mariages d'oiseaux », « Le silence épouvantail »), Klô chante des personnages atypiques, des situations étranges et les animaux (« Taxidermie », « Les corbeaux ») ; son univers relève d'une alchimie rare, parfois grave et pourtant étrangement teinté de légèreté. Avec en prime ce petit grain de folie onirique, typique des artistes Québecois, qui fait souffler un vent frais et décalé sur la chanson chantée dans la langue de Molière. Pianiste et guitariste remarquable, Klô Pelgag se moque des étiquettes musicales, normal pour une artiste qui se réclame à la fois de Frank Zappa, Jacques Brel, King Crimson, Debussy ou son compatriote Gilles Vigneault. Son album est majoritairement acoustique, le swing jazzy se marie avec des cordes classiques. Parfois un souffle épique s'empare des compositions de Klô (« Rayon X ») qui rappelle, dans une moindre mesure, les voisins Montréalais d'Arcade Fire. Cet univers étonnant trouve son plein épanouissement sur scène où l'humour pince sans rire de Klô le dispute aux tours de magie effectué par les musiciens. Elle est en tournée européenne jusqu'à la fin avril, profitez-en.



dimanche 13 octobre 2013

Klô Pelgag, Maison du Japon, 9 octobre 2013.

(c) Diane RH

C'est dans le cadre des rendez-vous de la lune, festival ayant la particularité de présenter des concerts dans des lieux inédits, que l'on a retrouvé la Québecoise Klô Pelgag. Le cadre, magnifique et so british, de la cité universitaire internationale se prête particulièrement bien à l'univers décalé de l'artiste. Le concert commence de manière étrange, les musiciens, tous plus bariolés les uns que les autres, faisant le tour complet de la pièce à la queue leu leu avant de monter sur scène. Le reste sera à l'avenant, Klô faisant régulièrement preuve d'un humour pince sans rire et à froid hilarant. L'apex sera atteint lors d'un numéro de magicien à base de verre d'eau, provoquant une crise d'angoisse chez l'auteur de ces lignes, je suis pile dans l'axe, ce maudit verre finira-t-il sa course sur ma tête ? Ouf de soulagement général, il n'en fût rien, on respire...

La petite troupe est composée de musiciens habiles, la section rythmique, contrebasse et batterie, apporte un relief swing quasiment jazz aux compositions de Klô. Les grandes envolées de cordes, violons, violoncelle et les harmonies vocales, font souffler un vent lyrique, accentuant la dramaturgie, la mélancolie des chansons mais l'humour aussi, Klô pratiquant un décalage constant entre les thèmes abordés, parfois sombres et l'interprétation plutôt guillerette de ces derniers. Klô se révèle également être une musicienne brillante, excellente pianiste, parfois très véloce, et jouant de la guitare de manière très personnelle, tout en arpège, sans médiator, détachant les basses avec le pouce. Le concert fût assez bref, une heure et quart, mais suffisant pour tomber sous le charme de ce petit bout de femme.

lundi 7 octobre 2013

Klô Pelgag


Nouvelle venue, la Québécoise Chloé Pelletier-Gagnon, dite Klô Pelgag, sort son premier EP, entièrement chanté dans la langue de Molière, en Europe. Mettant l'acoustique en valeur et exhibant des instruments parfois peu usités dans les musiques qui nous concernent (basson, violons, violoncelles, contrebasse), Klô Pelgag accouche de quatre titres, assez dynamiques dans l'ensemble, tour à tour baroques, émouvants ou empreints des joies, ou des peines c'est selon, simples de l'enfance. Avec ce grain de folie typiquement québécois, qui de Jean Leloup aux Colocs, a souvent donné des couleurs inédites à la chanson francophone et dont les superstars de la chanson française d'ici feraient bien de s'inspirer. Ces quatre titres sont comme le début d'une nouvelle aventure, la suite est prévue dès le mois de janvier prochain avec la sortie de l'album.

Téléchargez gratuitement le titre "les maladies de cœur" en cliquant ici


Retrouvez Klô Pelgag en concert :

9 octobre - PARIS - Les Rendez-vous de la Lune (Cité Universitaire internationale)
10 octobre - La Laiterie - Strasbourg (en duo - 1ère partie des Babylon Circus)
12 octobre - Massy - Espace Paul B (en duo - 1ère partie de Sophie Hunger)
17 octobre - Le MaMA (soirée Zamora Night avec Dom La Nena et Piers Faccini)
12 mars : Woluwe St Pierre (BE) Centre Culturel
13 mars : Arlon (BE) Maison de la Culture
14 ou 15 mars : Genève (CH) Voix de Fête
16 mars : Wädenswil (CH) Theater Ticino
18 mars : Portes Lès Valence (26) Train-Théâtre
19 mars : Nantes (44) Salle Paul Fort
20 mars : Cholet (49) Théâtre de Verre
22 mars : Clichy sous Bois (93) Espace 93
25 mars : CHerbourg (50) Femmes dans la Ville
29 mars : Tourouvre (61) Printemps de la Chanson
02 avril : Sotteville les Rouen (76) Trianon Transatlantique
05 avril : Chalonnes-Sur-Loire (49) Espace Ciné-Musique