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vendredi 29 décembre 2023

Tell Everybody !

 


Au fil des années, Dan Auerbach (la moitié des Black Keys) se sent de plus en plus à l’aise dans le rôle du passeur. Producteur de quelques légendes dont il perpétue la mémoire (Dr John, Son House), découvreur de talents, des juvéniles Ceramic Animal au vétéran Robert Finley, au sein de son label Easy Eye Sound, Auerbach s’est trouvé un nouveau rôle : sauveur du juke joint blues (attention, Jack White va être jaloux). C’est donc Dan Auerbach qui est le grand ordonnateur de la présente compilation, regroupant 12 titres, destinée à poser un regard sur la scène contemporaine. De RL Boyce qui ouvre le débat à Glenn Schwartz qui le ponctue (en solo acoustique), l’excellence est au rendez-vous. Et nous donne à retrouver quelques figures connues, Robert Finley, sublime comme d’habitude, le regretté Leo Bud Welch (décédé en 2017) qui fait une apparition d’outre-tombe, ou Auerbach lui-même, surpris en flagrant délit d’excellence par deux fois en solo (l’hypnotique « Every Chance I get ») et avec les Black Keys (« No Lovin’ » parfaitement exécuté dans la droite lignée de leur magnifique album « Delta Kream »). Au rayon des découvertes signalons les hypnotiques Moonrisers ou le grain de voix cabossé de Gabe Carter que l’on retrouve par deux fois. Et tant d’autres qu’on vous laisse le soin de découvrir car, non, le blues n’est pas mort, tenez-vous le pour dit, et dites le à tout le monde !

https://store.easyeyesound.com/




lundi 6 avril 2009

Dan Auerbach : Keep it Hid


La sortie de son premier album solo donne l’occasion à Dan Auerbach, le leader des Black Keys, d’expérimenter. Dans la foulée d’Attack and Release, le dernier et très intriguant album de son groupe, Auerbach continue de s’éloigner peu à peu de l’idiome des « clés noires » tout en restant fidèle au son qui a fait sa gloire. C’est une véritable gageure et autant le dire de suite, la réussite est, presque, totale. Car, pour le coup, Auerbach reste très roots. Déjà, il joue avec un bassiste/contrebassiste, ce qui change beaucoup de choses. Ensuite pour la première fois, Auerbach tente le coup en acoustique. Ainsi le disque s’ouvre sur un blues (on ne se refait jamais totalement) folk, le superbe « Trouble Weighs a ton ». De blues, il en est beaucoup question sur cet album, les magnifiques « Heatbroken, In Despair » et « Whispered Words » sont autant de sommets d’émotions à la fois proches des Black Keys, par la voix et la guitare, et en même temps lointaines, adoptant une attitude minimaliste et feutrée, assez éloignée de la déferlante décibels qui, d’habitude, le caractérise. Sur certaines plages, « Real Desire » par exemple, Dan Auerbach est presque baroque au point d’évoquer le grand Tom Waits, l’orgue y est pour beaucoup. « When the night comes » et « Mean Monsoon » sont plus acides et psychédéliques, les Beatles période « Strawberry fields » ne sont jamais très loin. « Keep it Hid », gardez le caché, c’est la pire insulte que l’on pourrait faire à ce disque qui marque l’entrée de Dan Auerbach au panthéon des songwriters.
www.myspace.com/danauerbachmusic