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jeudi 27 juillet 2017

Exposition New Orleans la flamboyante

(c) Cachete Jack


(c) Isabelle Manoukian


(c) Giacomo Nanni
Prenez gare, crawfish, crocodiles, voodoo et, hélas, aussi un peu Katrina envahissent la Slow Galerie ! En effet, le temps d'une exposition, la petite galerie de la rue Jean-Pierre Timbaud se retrouve délocalisée en plein bayou. Cinquante-six œuvres ornent les murs blancs de la galerie et c'est un ravissement pour l’œil. Un spectaculaire déferlement de couleurs qui donnent une note naïve et, étrangement, psychédélique à la pièce. Mais dans le cœur de tous les amoureux de la musique, jazz, blues, soul ou funk, le rythme, si spécifique et hérité de la tradition créole, de la Nouvelle-Orléans résonnera toujours d'un battement particulier. Une thématique que l'on retrouve bien évidemment ici, au même titre que celle complémentaire du carnaval, dans les oeuvres signées Cachete Jack ou Gwladys Moret. A visiter en réécoutant le "Gris-gris" de Dr John...


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Exposition" New Orleans, la flamboyante"
Jusqu'au 5 Août. Entrée Libre.
Slow Galerie
5, rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11ème
11h-19h30 (sauf le lundi et le dimanche)
12h-19h30 (le samedi)

(c) Daniel Lambert
(c) Groduk & Boukar

jeudi 30 octobre 2008

Allen Toussaint, l’Elysée-Montmartre, 27 octobre 2008.


Le flyer promet un « concert exceptionnel » en compagnie de « la légende vivant de New Orleans ». Le propos est élogieux, mais c’est amplement mérité. Allen Toussaint, c’est du lourd. Un pianiste virtuose pour commencer que l’on a pu entendre récemment en compagnie de James Hunter (voir mes messages des 20 septembre et 19 octobre) ou d’Elvis Costello pour le superbe album « River in Reverse » (on peut également le voir jouer dans les vidéos illustrant mon post sur Earl Palmer). En tant que songwriter et producteur, Toussaint a travaillé avec le gratin musical de sa New Orleans natale (et Dieu sait si la Crescent City est riche en la matière) : Dr John, The Meters… Son travail lui a également ouvert des portes vers des artistes plus « mainstream », les Rolling Stones notamment. Hélas, comme artiste solo, Allen Toussaint est assez peu connu et a peu d’albums à son actif. Enfin si le concert est « exceptionnel » c’est aussi parce que c’est le premier depuis 15 ans sur une scène française. Pour moi, c’est l’occasion de le voir en vrai. Et coïncidence calendaire qui n’a rien à voir avec la musique, son retour a lieu quelques jours à peine avant les fêtes de la Toussaint !!!!

Aussi cela m’a fait beaucoup de peine de voir la salle aussi peu remplie. L’Elysée-Montmartre, deux ans que je n’était pas revenu, j’y retourne comme on retrouve un vieil ami, c’est une petite salle au plafond décoré de modénatures en principe on y est debout, le bar se trouve au fond. Mais le concert étant loin d’être complet on a réduit la capacité de moitié grâce à des rideaux. Et on a même eu droit à une distribution de chaises de jardin en plastique. Un concert assis à l’Elysée-Montmartre, je n’avais jamais connu cela avant.

Impeccablement costumé et cravaté, Allen fait son entrée en scène en compagnie de son groupe : batterie, percussions, guitare, basse, saxophone et la star de la soirée au piano et au chant qui précise que son groupe est à 100 % originaire de la Nouvelle-Orléans. Le reste appartient à la fois du miracle et de la téléportation. Ce n’est rien, et d’une platitude sans nom, de dire que ce fût une soirée magique à graver dans les mémoires. De la soul voir du funk, du jazz et toujours ce son reconnaissable entre mille. Comme de coutume, chaque musicien y va de son petit solo et le duel batterie vs. percussions fut particulièrement tendu et impressionnant. Alors que le show touche à sa fin, Allen s’adresse à l’assistance : « Etes-vous déjà allés à la Nouvelle-Orléans ? Vous avez déjà fait mardi-gras ? Non, alors on a décidé de vous apporter un peu de mardi-gras ! ». Et Allen de se lancer dans une distribution de cadeaux « made in New Orleans » à la fosse : tee-shirts, masques de carnaval, CDs… Le public ne prête plus attention qui continuent à faire le bœuf et pourtant ça joue grave… Et voilà comment on délocalise l’Elysée-Montmartre et le boulevard de Rochechouart en plein Bourbon Street…

Allen Toussaint piano solo


Allen Toussaint : Southern nights

mercredi 2 janvier 2008

Après le Déluge de Robert Polidori.


Aujourd’hui pour la deuxième étape de notre voyage inaugural 2008, direction la Nouvelle-Orléans, autre grande destination musicale. Le photographe franco-canadien, Robert Polidori a passé une partie de son adolescence à la Nouvelle-Orléans. Après le passage de l’ouragan katrina (le 29 août 2005), Polidori a séjourné à quatre reprises dans la ville de son adolescence. Il en résulte ce livre mi-hommage, mi-testament sur la catastrophe. Somme de 336 pages. L’eau, la pluie apparaît telle le poison qui se répand pour la première fois dans les veines, laissant des dommages irréparables. Il en reste ces photos désolées, de paysages dévastés. Des carcasses de voitures, des pianos éventrés, des intérieurs démolis, voilà tout ce qui reste de la présence humaine, les signes qu’autrefois il y a eu de la vie à la Nouvelle-Orléans. Car il n’y a pas un seul être vivant représenté sur les photos de Polidori.

Pour quiconque a un jour connu la folle euphorie d’un samedi soir sur Bourbon Street, ce livre serre le cœur. Car, plus de deux ans après la tragédie, la Nouvelle-Orléans souffre toujours et à toujours besoin de nous (entre autres), les lointains cousins français. Plus de la moitié des habitants de la ville sont toujours en exil et, vraisemblablement, 200 000 personnes ne retrouveront pas leur domicile. Certes l’ouvrage est dispendieux (environ 72 €) mais une partie des revenus est reversée à l’association Tipitina’s Foundation, destinée à réhabiliter le vie musicale à la Nouvelle-Orléans ainsi qu’à la radio WWOZ afin de sauver toutes ces formidables musiques issues de Louisiane.