Le nouvel album de Macy Gray à une forme assez original. En
effet cette dernière a décidé de réenregistrer intégralement le « Talking Book », apparemment son album préféré, de Stevie Wonder (sorti à l’origine
en 1972). Il ne s’agit ni d’un album hommage à l’ensemble de la carrière de
l’immense Stevie, ni d’un tribute album où différents artistes reprennent
Stevie mais bel et bien d’un concept original, une sorte d’équivalent
discographique d’un remake hollywoodien qui dans une sorte d’effet miroir donne
un statut iconique à l’œuvre originale, qui par la même entre dans une nouvelle
dimension. Le mot « hommage » semble d’ailleurs être banni du projet,
dans l’esprit de Macy il s’agit plus d’une « lettre d’amour à Stevie, une
carte de remerciement sur disque ».
Les chansons sont donc les mêmes, présentées dans le même ordre mais
pour un résultat assez différent. Il est tout d’abord amusant de comparer les
durées respectives des deux disques. 43 minutes pour l’original de 1972, 39 minutes
pour la version Macy Gray. Résultat un album plus court, donc plus concentré,
plus direct où le « gras » semble avoir été éliminé. De fait Macy
Gray présente un album bien dans l’air du temps, il ne s’agit en aucun cas d’un
disque rétro. Gray a réussi cette gageure, faire un album en tout point
respectueux de l’esprit originel, absolument soulful tout en conservant son
esprit d’innovation, à l’époque de sa sortie, les claviers de Stevie étaient
révolutionnaires, sans pour autant partir dans un délire électro. On découvre
ainsi de nouveaux aspects, « Maybe your baby » par exemple prends à
l’occasion des allures un peu rock. Mais la transformation la plus
spectaculaire est celle subie par « Superstition », transformée ici
en ballade jazz lounge à l’exact opposé de l’original, tube funk dansant.
Superbe. Le style convient à merveille à Macy et à son timbre de voix si
particulier, Billie Hollyday n’est jamais très loin. Une belle réussite mais
qui aura peut-être un peu de mal à trouver son public en dehors des fans des
deux artistes.
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dimanche 23 décembre 2012
samedi 22 décembre 2012
Macy Gray, Le Cabaret Sauvage, 17 décembre 2012.
Macy Gray était de retour lundi soir dernier dans le
magnifique chapiteau en bois style années 1930 du Cabaret Sauvage. Macy Gray,
grande star du R N’B et de la soul au début des années 2000, avant que cette
dernière n’entame un grand virage rétro qui semble être aujourd’hui devenu la
norme. Macy Gray n’entre pas vraiment dans cette catégorie et a livré un show à
son image : groove toujours, superbe section rythmique batterie, basse et
percussions latines, mais aux ambiances variées : parfois très roots grâce
à l’orgue hammond B3 et à d’autres moments extrêmement moderne teinté de
hip-hop et d’électro. Dans la première catégorie, nous avons été gratifié d’un
excellent medley intimiste où Macy a chanté avec dans le premier temps le
bassiste en solo, puis avec l’orgue et enfin accompagnée par le guitariste en
acoustique. Superbe passage mettant en valeur sa voix si particulière à la fois
profonde, éraillée mais de tête, assez aïgue. Ce timbre qui fait d’elle une
interprète à part. Seule ombre au tableau, le show semble être rythmé par les
changements de tenues successifs (trop nombreux pour être comptés) de Macy et
de ses choristes. Conséquence directe, les musiciens sont souvent mis à
contribution pour meubler, le plus mal à l’aise étant très probablement le
guitariste qui chante assez maladroitement. Certes Macy arbore des tenues
extravagantes, robes à paillettes, boa à plumes, magnifiques qui lui vont à
ravir, elle est aussi très belle ce qui ne gâche évidemment rien, mais le
concert se trouve de fait un peu haché. Enfin bon, on fait un peu la fine
bouche, car la soirée fût très belle.
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