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jeudi 14 mai 2026

Hugh Coltman + Natascha Rogers, L’Archipel, 13 mai 2026.



Pour sa nouvelle résidence à l’Archipel, Hugh Coltman a décidé d’inviter chaque soir un invité différent pour une collaboration voyant l’Anglais s’attaquer au répertoire de son invitée et inversement. Pour cette deuxième soirée Hugh a invité la chanteuse/pianiste/percussionniste Natascha Rogers. Un choix plutôt judicieux tant l’aspect « trippant » des compositions de la chanteuse s’accorde parfaitement au « voodoo » New Orleans qui préoccupe le Britannique, installé en France depuis de longues années, depuis quelque temps. L’instrumentation est classieuse et soignée, contrebasse, batterie et la fabuleuse guitare du génial Mathis Pascaud (la paire a déjà consacré un album au corpus de Dr John), Hugh prenant en charge la deuxième guitare et l’harmonica. Car Hugh Coltman a jusqu’ici eu un parcours sinueux, atypique et foncièrement passionnant qui l’a vu évoluer du rock au jazz en passant par le folk ou la pop. Dernièrement c’est le blues qui le préoccupe. Finalement Hugh Coltman ne rentre dans aucune case mais en remplit plusieurs à lui tout seul. Le concert du soir ressemble finalement un peu à tout ça et donnera lieu a de nombreux moments d’anthologie, l’alchimie entre Hugh et Natascha semblant naturelle. Peu à peu, c’est une véritable transe qui s’empare des protagonistes sur scène au point que le chanteur en perdra ses lunettes, envolée dans la ferveur du moment. Sublime soirée.

Hugh Coltman sera de retour à l’Archipel le 11 juin accompagné cette fois de Thomas de Pourquery

samedi 11 février 2023

Matthis Pascaud & Hugh Coltman, Les Nuits de l’Alligator, La Maroquinerie, 9 février 2023.

Cela fait un petit moment que ces deux là tournent autour du répertoire de Dr John. A droite, Hugh Coltman, naguère chanteur folk, et son album « Who’s Happy » (2018) enregistré à la Nouvelle-Orléans. A gauche, Matthis Pascaud, (Moonlight Benjamin, Marion Rampal) fin guitariste, dont la collaboration avec la chanteuse haïtienne Moonlight Benjamin entretient un évident lien de créolité avec la cité du croissant. De leur collaboration est né un album hommage à ce bon vieux docteur sorti l’été dernier. Un album de reprises pour le moins surprenantes mais qui a le mérite de proposer une approche personnelle du corpus de Mac Rebennack. On pourrait en dire tout autant de l’euphorisante déclinaison scénique du projet, aussi moite que le bayou, qui a électrisé La Maroquinerie et le festival des Nuits de l’Alligator ! Point de piano donc mais un set enluminé par le charisme du chanteur Hugh Coltman, qui a ressorti sa guitare folk le temps de quelques morceaux, et le jeu de guitare fin au feeling lumineux de Matthis Pascaud, aussi à l’aise au médiator qu’au doigt. Un set allant de la transe percussive (la section rythmique traditionnelle basse et batterie est renforcée de percussions) à la divagation contemplative quasi psychédélique. Un large spectre d’émotions qui a ravi le public, tonnerre d’applaudissements mérités à l’appui.





dimanche 8 avril 2018

Hugh Coltman : « Who's Happy ? »



Depuis qu'il a accepté, un soir de 2012, de remplacer la chanteuse Krystle Warren (par ailleurs présente sur ce disque) aux côtés de l'excellent pianiste Eric Legnini, la carrière de Hugh Coltman a pris une tournure aussi inattendue qu'une improvisation jazz. Jusqu'ici le Britannique de Montreuil s'était fait connaître dans un registre pop folk assez éloigné du jazz. Puis il y a eu le disque de reprises de Nat King Cole, un franc succès et une Victoire du Jazz en 2017 à la clé (Voix de l'année). Et voilà Hugh lancé sur le chemin du swing. La suite de l'histoire s'est écrite à la Nouvelle-Orléans où Hugh a posé ses valises le temps d'enregistrer ce nouvel album en compagnie de quelques fidèles, le guitariste Freddy Koella (un français exilé depuis des années), le batteur Raphaël Chassin et quelques pointures locales. L'amalgame entre la culture européenne et louisianaise fonctionne à plein régime. Hugh s'est totalement fondu dans le paysage et a créé l'écrin parfait pour mettre sa voix en valeur, tantôt crooner de charme au timbre séducteur et mélodique (« Sugar Coated Pill », « Ladybird ») ; tantôt félin sur un registre plus rageur (la magnifique « It's Your Voodoo Working »). Car c'est une idée de génie qui se cache derrière ce disque adapter le son de la Nouvelle-Orléans, cet étrange état entre groove joyeux et profondeur des sentiment, à sa personnalité et à son vécu («All Slips Away » sur la maladie de son père, « Little Big Man » pour son fils). Hugh atteint ici une note très émouvante, tant les musiciens neo-orléanais savent transformer les peines en swing positif (cf. « Resignation Letter », superbe). Who's Happy ? nous demande Hugh Coltman. L'auditeur évidemment à l'écoute de cet album entre chien et loup. Excellent. 

En concert le 12/04 à Paris (Bataclan)

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dimanche 31 mars 2013

Eric Legnini : « Sing twice ! »




Le prolifique et talentueux pianiste belge est de retour avec un nouvel album, « Sing Twice ! », le troisième en autant d’années. Après son dernier effort instrumental, ce disque marque le retour d’Eric Legnini vers un jazz vocal grâce aux collaborations avec le chanteur Hugh Coltman (sur trois titres) et les chanteuses Namani Keita (deux titres) et Emi Meyer (un titre). Chaque voix marque ce disque de son empreinte, qui s’il reste foncièrement jazz prend parfois des atours pop. Dans cette optique, les trois titres chantés par Hugh Coltman sont clairement pop et Hugh, dans un registre nouveau pour lui, joue l’atout charme du crooner. Namani Keita incarnerait plutôt l’Afrique et le retour aux sources, dans la lignée du travail entamé par le pianiste sur l’album « The vox ». Enfin, « Winter Heron », titre né de la collaboration avec l’Americano-Japonaise Emi Meyer, abat une carte folk et acoustique. Si la formule en trio (piano, contrebasse, batterie) reste le cœur de la musique d’Eric Legnini, ce dernier ne s’interdit pas quelques écarts, histoire de varier un peu les plaisirs. L’utilisation de cuivres, de claviers vintage (fender rhodes) et d’une guitare électrique apporte une note plus funky, plus marquée par les années 1970, rappelant Stevie Wonder. Enfin, la session est complétée par quatre compositions instrumentales, notamment la très belle « Cinecittà », double hommage d’Eric à l’Italie originelle mais aussi à l’art cinématographique. Une réussite supplémentaire dans la carrière de cet artiste talentueux et attachant.  

jeudi 12 mars 2009

Hugh Coltman, L’Alhambra, 11 mars 2009.


Ca marche de mieux en mieux et de plus en plus fort pour l’expatrié Hugh Coltman (voir mon message du 2 mars 2009), la salle comble de l’Alhambra est là pour le certifier. Entouré par un vrai groupe, et un sacrément bon à tel point que cela serait dommage de le dissoudre, Coltman a fait preuve de son savoir faire sur une scène. Savoir-faire patiemment poli au fil des concerts au Réservoir ou à la Flèche d’or. Hugh Coltman est particulièrement en voix ce soir, à plusieurs reprises, on a cru réentendre les envolées lyriques du regretté Jeff Buckley. Le concert enfile comme les perles les morceaux de l’album, un ange passe lors de « sixteen » jouée en solitaire au ukulélé et quasiment sans micro. L’émotion palpable traverse la salle avant le tonnerre d’applaudissement, sur scène Hugh exulte, dans un français très vernaculaire : « merci, putain, merci, yeah !!!!!!! ». Un concert riche en surprises quelques inédits, une excellente reprise du « Jealous guy » de John Lennon et une autre, rigolote, du « Summertime » de Mungo Jerry. Et puis il y a eu aussi quelques invités, les chanteuses Krystle Warren et la sublime Sandra Nkaké, quelle voix ! Ce fut d’ailleurs le climax à la toute fin du concert sur un blues très électrique que la belle Sandra a fait une apparition miraculeuse. A cette occasion, allongé sur le sol de la scène, Coltman a laissé apparaître un tempérament de feu assez surprenant comparé à la douceur du disque. A mon sens on a découvert un artiste et son univers ce soir, espérons toutefois qu’il a les épaules pour tenir toutes ces belles promesses…

Hugh Coltman : « Sixteen »


lundi 2 mars 2009

Hugh Coltman : « Stories from the safe house »

« Je n’ai plus 16 ans, chaque jour mon innocence se meurt peu à peu » c’est avec cette complainte traînante que commence « Stories from the safe house » le, très contemplatif, premier album d’Hugh Coltman. Après avoir fait ses premières armes, sans grand succès, au sein de groupes de blues dans sa Grande-Bretagne natale, Coltman s’est exilé en France, il parle paraît-il très bien le français, où il a chanté dans les cafés parisiens. Et c’est ainsi qu’est née cette collection de chansons. Si l’ensemble est plutôt acoustique à la guitare ou au ukulélé, l’album varie les ambiances et les plaisirs allant de surprises en surprises. Bossa nova, tango, reggae, blues, Coltman s’amuse entre différents styles qu’il adapte à sa façon sans pour autant commettre un disque patchwork décousu. Du lot, ressort surtout « Could you be trusted » qui renoue avec une certaine idée du rock seventies ; c’est la petite bombe du disque et de loin le morceau le plus électrique. En songwriter prolifique et inspiré, Cotlman nous propose un album qui s’écoute facilement, une petite ballade dans son univers personnel fait d’arpèges de guitare délicats. Et le plaisir de couler de source tout au long de ces douze plages, réconfortantes à la fin d’une harassante journée.

www.hugh-coltman.com