dimanche 2 septembre 2018

Rock en Seine, 24, 25 et 26 Août 2018.


Ah ça, si l'édition de Rock En Seine 2018 restera dans les annales, ça sera pour de très mauvaises raisons. Une programmation pauvre (aucune tête d'affiche réellement à la hauteur), une présence de plus en plus marquée des sponsors, des barrières partout en forme de cache misère pour masquer le manque criant d'affluence le premier jour et de nombreuses inepties dans le planning : programmer Theo Lawrence à la même heure que The Psychotics Monks, on a connu des moyens plus intelligents de mettre en valeur la scène en développement ; Idles et Ezra Furman en concurrence directe c'est idiot… Et au final le spectateur sort de ce week-end un brin frustré. Rock en Seine... Le fan de rock aura eu bien peu de choses pour se sustenter ce week-end (et on ne nous fera pas avaler que Thirty Seconds To Mars est un groupe de rock!) Néanmoins, dans ce morne paysage d'automne avant l'heure, on a quand même retenu les choses suivantes :

First Aid Kit (c) Olivier Hoffchir

First Aid Kit
: Mené par deux sœurs suédoises le groupe a débuté dans une veine folk/country avant de propager une fièvre pop et électrique. De la lap-steel, du trombone autant d'instruments que l'on entends peu en festival ça fait du bien. On démarre sur une bonne note, c'est déjà ça.

The Liminanas (c) Christophe Crenel

The Liminanas
: Si il y a un groupe sur lequel on peut toujours compter pour avoir sa dose de rock' rock’n’roll c'est bien eux. Compact, impressionnant le groupe ensorcelle la foule dans une veine psyché/garage. Emmanuelle Seigner et un étrange et impassible go-go dancer en guests...

Nick Murphy (c) Olivier Hoffchir

Nick Murphy
: On ne connaissait rien de ce type avant d'être interpellé par une boucle froide de synthé vintage sous influence cold wave. Porté par un bassiste virtuose, Nick Murphy joue au crooner, ses torch songs faisant le grand écart entre électro et ambiances jazzy au piano totalement organique. Un registre étendu et plutôt une agréable surprise.


Gothking : Le patronyme du groupe était prometteur. A l'arrivée la déception d'un groupe plus punk que goth et un équilibre instable entre électro et punk. Quelques instants de fièvres, trop fugaces, via des lignes de guitares bien senties quand même. La formule manque encore de cohésion et de maturité. Ca va venir, espérons-le.

 Theo Lawrence (c) Olivier Hoffchir

Theo Lawrence & The Hearts
: Dans la foulée d'un album appelé à devenir un futur classique Theo et son groupe confirment tout le bien que l'on pensait d'eux, le répertoire franchissant aisément le passage à la scène. Hélas on n'aura que bien peu profité de leur prestation, la faute d'un planning absurde et mal pensé.

The Psycchotics Monks (c) Christophe Crenel

The Psychotics Monks
: Evidemment, arriver à la moitié de leur concert n'est pas le meilleur moyen d’apprécier leur performance qui s'envisage comme un tout. On note néanmoins une certaine évolution chez le quatuor moins porté sur les ambiances psychés et adepte d'une démarche plus noise et expérimentale, comme si un groupe punk se mettait au rock psychédélique. « On a découvert Sonic Youth », nous a confié Arthur (chant/guitare) après coup.

Tamino (c) Christophe Crenel

Tamino
: On ne vous fera pas le coup du nouveau Jeff Buckley tant le talent de ce dernier était unique et irremplaçable (tristesse). Cependant il y a un peu de cela chez l'Anversois adepte d'ambiances feutrées au phrasé de guitare élégant et voluptueux. Une bonne surprise.

King Gizzard and the lizard wizard (c) Olivier Hoffchir

King Gizzard and the Lizard Wizard
: Les Australiens voient tout en double, trois guitares et deux batteries, pour une ambiance survoltée, électrique, hypnotique, qui vaut bien plus qu'un énième revival. Une claque, enfin !

Liam Gallagher (c) Olivier Hoffchir

Liam Gallagher
: Une prestation calibrée qui peut s'apprécier ou se détester pour les mêmes raisons. Côté pile : un best-of d'Oasis, chouette alors ! Côté face : aucune surprise ni bonne, ni mauvaise. L'ex chanteur d'Oasis a délivré ce que l'on attendait de lui ni plus, ni moins. Reste un sens de l'humour imparable : « C'est le festival où Oasis s'est séparé, non ? Les backstage me semblent familières... » Quel comique ce Liam !

Charlotte Gainsbourg (c) Christophe Crenel

Charlotte Gainsbourg
: Entourée d'un impressionnant dispositifs de néons, Charlotte embrasse son passé (les reprises de « Lemon incest », « Charlotte for ever ») ainsi que l'histoire familiale, on pense beaucoup à Melody Nelson, mais sur une note plus moderne via l'ambiance électro froide tissée par Sebastian, alternant avec quelques passages funky bien sentis (cf. « Sylvia »). Plus familière et délurée avec le public, assise derrière son clavier, Charlotte est enfin devenu musicienne ! C'est une excellente nouvelle !

The Regrettes (c) Christophe Crenel

The Regrettes :
Un combo féminin survolté ou les harmonies vocales dignes d'un girl group des sixties côtoient une électricité punk. Pas mal du tout.


Belako : les Basques sont adeptes d'un clash entre noise, cold wave et électro punk entre My Bloody Valentine et les Cure. Un groupe soudé et compact (cf. les nombreux sourires échangés par les musiciens pendant leur set) qui joue réellement ensemble, ça fait du bien !

Ezra Furman (c) Olivier Hoffchir

Ezra Furman
: Le chanteur arrive travesti en femme. Chez Ezra Furman le travestissement transpire une note émouvante, on l'image outkast, incompris et solitaire. Une transgression à la Bowie, une ambiance évoquant Lou Reed, saxophone à l'appui, c'est une magnifique découverte.

Jessica 93 (c) Olivier Hoffchir

Jessica 93
: Depuis la séparation d'avec ses musiciens Jessica assure tout, tout seul. Une basse, une boîte à rythme et deux guitares, de l'art de faire beaucoup avec peu. Forcément l'impact live s'en trouve considérablement réduit mais d'un autre côté les pédales loop, et l'aspect répétitif qui en découle, tissent une toile hypnotique, répétitive, entêtante, ensorcelante. Un hybride étrange noise et psyché.