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mardi 23 août 2016

Los Disidentes Del Sucio Motel : « Human Collapse »



Auteur de deux albums gentiment décalés, d'inspiration cinématographique pastichant les films d'action de série B (« Soundtrack from the motion picture », 2011) ou d'horreur de série Z (« Arcane », 2013), Los Disidentes Del Sucio Motel change d'approche pour ce troisième effort, le premier à sortir sur le label américain Ripple Music. En effet, le quintet strasbourgeois s'éloigne du stoner qui a fait sa réputation, et par conséquent des influences blues et heavy 70s, au profit d'une démarche plus sombre, creusant encore plus profondément son sillon heavy et son déluge de décibels. Fini de rire pense-t-on à l'écoute du disque. Intitulé « Human Collapse », que l'on pourrait traduire par quelque chose comme effondrement humain, l'album met en son un monde post apocalyptique se nourrissant des crises sociales et environnementales traversées actuellement avec un réel sens de l'angoisse qui trouve toute son expression dans l'impressionnante « Border », une composition phare de ce nouvel album décidément plus post/sludge que stoner. Mais lorsque le groupe met la pédale douce cela donne de très belles choses également (cf. « Community », « Rebirth »). Le groupe a soigné ses effets, chaque son de guitare semble avoir été traité avec un soin tout particulier, travaillé au corps par une section rythmique au taquet (cf. l'intro de « Downfall », seul titre ressemblant un peu de près ou de loin au LDDSM d'avant). Les tempi sont lents et chaque attaque de guitare est empreinte d'une lourdeur hypnotisante (« Determination »). Le chant à deux voix, qui se répondent et se complètent, parachève l'ensemble. L'auditeur est pantois, KO pour le compte. Le quintet a débuté en pastichant le cinéma de Tarantino et de Robert Rodriguez, maintenant, il met en décibels l'univers post-apocalyptique de Mad Max.
Sortie le 9 septembre.

mardi 26 avril 2016

Los Disidentes Del Sucio Motel X Thomas Schoeffler Jr.



En matière de musique, le croisement d'influences donne des résultats étonnants et le mélange des genres reste un exercice la plupart du temps assez rigolo. Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, tout est parti de la ville de Strasbourg où le groupe stoner Los Disidentes Del Sucio Motel (deux albums au compteur) partage son local de répétition avec Thomas Schoeffler Jr (deux albums également), un guitariste acoustique émérite, spécialiste du blues teinté de country se produisant en one man band. Par pur esprit de jeu, et pour la beauté du geste aussi, les deux entités ont collaboré sur ce très beau 45 tours vinyle, Thomas s'amusant à écrire des arrangements sur un titre des LDDSM et inversement sur la face B. A priori tout sépare le déluge sonore des uns du fingerpicking délicat de l'autre. A priori car, tour de force, les deux univers trouvent de quoi échanger sur la base de racines communes. Cela donne l'harmonica qui orne, assez étonnamment « Brutal Work » ou le virage inattendu et fort en décibels sur la coda de « Sadness ». En l'espèce la prise de risque a été payante, la musique et les musiciens en ressortent grandis.
LDDSM en concert le 28 avril à Paris (Glazart avec Dirty Deep et Bad Juice)


lundi 9 décembre 2013

Los Disidentes Del Sucio Motel : « Arcane »


Originaire d'Alsace, le groupe stoner découvert il y a quelques années de cela, poursuit sa route avec un deuxième album carré et puissant. Toujours inspiré par le cinéma, LDDSM évolue délaissant l'imagerie polar de série B, au profit d'un univers beaucoup plus sombre inspiré du cinéma d'épouvante. Musicalement, le groupe taille son sillon dans un métal stoner à la fois lourd et gras comme un bon vieux blues (l'enchaînement « God Father/Mojo» est une tuerie totale), mais aussi empreint de psychédélisme progressif (« Ouija ») privilégiant les formats longs et les riffs qui tournent en boucle pendant de longues minutes. Entêtant au point de se vriller le cerveau. Toujours ouverts à la découverte de nouveaux horizons, les strasbourgeois se sont essayés à l'espagnol gratifiant « Santa muerte » de quelques couplets dans la langue de Cervantès. LDDSM ayant décroché un contrat de distribution, cet album est disponible en grande surface et, de fait, est beaucoup plus simple à dénicher que le précédent. C'est une grande nouvelle pour cet excellent combo dont le nom devient synonyme de qualité.
www.facebook.com/lddsm
lddsm.bandcamp.com




lundi 8 octobre 2012

Interview avec Los Disidentes Del Sucio Motel





C’est à Belfort, pendant le festival des Eurockéennes, un jour de pluie battante, sous la tente média de l’espace presse que le groupe stoner strasbourgeois, nous a raconté son histoire, la condition des groupes de rock français ou l’utilité d’avoir un sheriff sur scène…


D’abord, pourquoi Los Disidentes Del Sucio Motel ? C’est un peu compliqué comme nom (et assez difficile à orthographier sans se tromper, ndlr)…
LDDSM : C’est volontaire, ah ah ! C’est le résultat d’un brainstorming d’après répète. On est tous issus de groupes différents. Comme souvent dans le milieu rock, tout le monde se connaît un peu et se mélange avec tout le monde. Pour l’anecdote, je partais en répète et ma mère me demande si j’allais répéter avec mon groupe punk où avec les dissidents. Elle considérait que mon nouveau groupe (Los Disidentes del Sucio Motel, donc, ndlr) était un groupe de dissidents. On était tous dissidents de nos propres groupes en fait. Le côté « nom en espagnol », c’était une envie, ça ne se fait pas beaucoup et ça nous rapprochait de l’univers visuel que l’on voulait mettre en place. De fil en aiguille c’est devenu les dissidents du motel sale. C’est évocateur et ça nous faisait marrer d’avoir un nom à rallonge… Et qui laisse personne indifférent, donc c’était une bonne idée.

Justement, l’aspect visuel est très étudié chez vous et la pochette du disque ressemble à une affiche de film. Comment votre image s’est elle définie ?
LDDSM : Dès le début, le cinéma était une influence importante pour nous. Ca a été le dénominateur commun pour l’ensemble du groupe. On aime tous cet univers à la Quentin Tarantino, Robert Rodriguez… Pour notre premier album on voulait faire une espèce de fausse B.O et le nom du film serait le nom du groupe. On a la chance d’être entourés d’amis graphistes et photographes et qui ont conçus la chose avec nous. Ils ont tout de suite compris notre délire. C’est tellement facile de monter un groupe de musique maintenant, il y en a des dizaines qui se montent tous les jours… Nous on vient d’une région, l’Alsace, qui est hyper foisonnante, avec un nombre incroyable de groupes de qualité qui jouent. A un moment si tu veux faire autre chose, percer, il faut arriver à trouver ta différence. Pour nous, c’est le visuel. La pochette d’album, c’est un truc essentiel qui tend hélas à disparaître. On a voulu développer un univers autour du groupe, une mythologie. Faire en sorte que le groupe soit aussi reconnaissable visuellement et pas uniquement que par la musique. Ca passe aussi par la scène. Le fait d’avoir le sheriff sur scène, les guns… Le groupe on aussi la vocation de le faire évoluer. Pour le prochain album, l’orientation sera toujours cinématographique mais dans un autre univers, plus sombre… Plus proche d’un film d’horreur que du road movie.

Si le film, Los Disidentes Del Sucio Motel, existait vraiment à quoi ressemblerait-il ?
LDDSM : Ca serait l’histoire de cinq mecs en cavale poursuivis pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Des gros loosers qui n’ont pas de bol, qui ne savent que faire de la musique de leurs dix doigts et qui sont toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Ils sont poursuivis par un sheriff, immigré russe, énervé d’avoir quitté sa mère patrie ! C’est un peu comme Lucky Luke et les Daltons. Un road movie avec beaucoup d’humour et de second degré. De jolies filles, de belles voitures et un esprit vintage 70s. Avec de grosses explosions ! Le groupe marcherait devant les explosions sans les regarder ! Un peu comme la pochette de Damage Plan. La dernière apparition de Dimebag Darrell, c’était comme ça devant une explosion, ça nous irait bien ! Good guys never look at the explosion !

Le groupe fait très américain, vous avez un lien particulier avec l’Amérique ?
LDDSM : Non, c’est surtout le genre musical qui veut ça. Le stoner c’est un genre qui est né dans le désert, dans le sud des Etats-Unis. A la base cela vient des generators parties, c'est-à-dire jouer au milieu de nulle part grâce à a des groupes électrogènes. Le genre c’est toujours nourri de ce côté un peu sud-ouest américain. C’est indissociable, ça sent le sable, le gasoil. C’est un peu sale. C’est très dur de jouer de faire du stoner sans y penser. En ce qui concerne notre relation aux Etats-Unis, on est un peu comme les enfants spirituels d’Eddy Mitchell. La musique française des années 50 et 60 a été biberonnée au son de l’Amérique et a essayé d’importer ça en France. Nous c’est un peu pareil. On n’a pas ce fantasme de rêve américain. La pop culture française est tellement pauvre que c’est beaucoup plus intéressant d’aller chercher ce qui se fait aux Etats-Unis. Ca nous parle beaucoup plus. Après concrètement, dans le futur, aller tourner en Amérique, ça serait l’idéal. Notre style de musique parle aux Américains. C’est toujours agréable de se frotter à un public de connaisseurs.

Vous êtes un groupe stoner, pourtant sur l’album il y a quelques surprises comme « Somewhere else to drive » qui sonne plus folk/country/roots ou l’intro au piano de « We rock the world »…
LDDSM : C’est la particularité de notre groupe, on vient tous du rock mais de branches différentes. On a plein d’artistes en commun. Mais chacun, dans la composition, met un peu de son identité, ce qui à la fin donne son entité au groupe. Sur le prochain album, qui sortira en fin d’année, on a essayé de mettre cet aspect en avant tout en gardant notre patte. On reconnaîtra le son de gratte un peu dégeu, les influences du punk et du métal dans certains arrangements. Mais on a aussi essayé d’aller chercher un peu plus loin, il y aura encore du piano, des ambiances plus atmosphériques, plus planantes. On a travaillé les arrangements vocaux. On ne se pose pas trop de questions en fait. Le stoner est très riche, il y a beaucoup de sous-genres dans le genre. Il n’y a pas cinquante accords de guitare qui sonnent stoner. C’est basé sur le blues et le rock 70s, c’est l’interprétation qui fait la différence. Chercher l’originalité dans le stoner, ce n’est pas évident mais c’est notre démarche. Sur le prochain album on a vraiment voulu chiader les parties vocales. Sur le premier elles étaient faites en trois jours avec trois chanteurs différents. Le côté brut est sympa, mais c’était dur. Là on a voulu prendre notre temps pour travailler les arrangements avec le mec du studio. On a été poussé dans nos derniers retranchements pour composer.


Le disque a été enregistré en dix jours. Vous pensez que cela s’entend ?
LDDSM : Oui mais il faut être clair, c’était surtout une contrainte financière. On n’avait pas les moyens de rester plus longtemps en studio. On a commencé l’enregistrement en se disant, on a dix jours, il faut que l’album sonne le plus brut et le plus live possible. 95 % de l’album doit s’entendre sur scène. On a joué comme on joue en live, il y a très peu d’arrangements. Les guitares et les batteries on été prises en live, en même temps pour gagner du temps. Il y a une vraie notion d’urgence dans l’album. Souvent les imperfections font le charme. Tu prends « Heartbreaker » de Led Zeppelin, le solo du milieu est dégeu. Mais il y a un truc. Tu sens que Jimmy Page tient absolument à caser son plan. Je crois qu’il a fait des dizaines de prises et qu’il a gardé la première qui était la plus spontanée. C’est devenu mythique. L’urgence à son intérêt, surtout dans la musique actuelle où les productions sont très léchées. Combien de disques mythiques ont été enregistrés sur 6 ou 12 pistes, des trucs ridicules. La stéréo apportée par les Beatles c’était déjà une révolution. Aujourd’hui tu télécharges un logiciel sur ton ordi et avec un bon micro tu peux presque tout faire tout seul. On voulait quelque chose de brut, c’était l’envie du moment et puis de toute façon financièrement on ne pouvait pas faire mieux. On voulait une production radicale, une guitare à gauche, une guitare à droite, la batterie au milieu et c’est tout. Un peu à la AC/DC. On espère que cela vieillira bien. On a conservé le côté brut sur le nouveau mais la composition et les arrangements sont poussés beaucoup plus loin.

Petit souvenir des eurokéennes de Belfort - copyright Salmanski Bartosch

Vous avez ouvert le festival cette année. Les Eurockéennes, c’est votre plus gros concert à ce jour ?
LDDSM : Un des plus gros certainement. On a aussi ouvert pour les Smashing Pumpkins à la foire aux vins à Colmar, c’était un truc d’environ 7000/8000 personnes. Mais en termes de visibilité et de rayonnement, les Eurockéennes c’est notre concert le plus important à ce jour.

Comment vous avez été sélectionnés par l’organisation du festival ?
LDDSM : On est passé par un système de repérage d’un des partenaires du festival. Il y 800/900 candidatures. Ils en ont gardé 50 qui sont passé devant un jury composé de membres de la production du festival et du partenaire en question. Finalement ils ont gardé trois groupes, un par jour, et on a été les derniers retenus.

Ca fait vraiment parcours du combattant…
LDDSM : Ca a tout le temps été comme ça pour tout. Le terme de combattant s’applique bien au groupe. Ca fait 7 ans qu’on existe, on n’a jamais rien lâché, on a fait plus de 250 concerts. On est dans une culture « do it yourself » mais bien. On n’a jamais rien fait à l’arrache. Dans le milieu musical underground dans lequel on tourne on a une réputation de groupe entreprise. Les groupes qui tournent avec nous nous disent souvent : « Putain les gars, vous êtes organisés, c’est un truc de fou ». Ca nous paraît naturel, on est assez cartésiens, très organisés. On a tous des boulots à côté de la musique avec pas mal de responsabilités. On a cette image de groupe qui se démène dans tous les sens sans oublier son côté fun et rock n’roll, par ce que c’est important. C’est l’image qu’on donne à notre public. C’est très rare qu’on refuse une proposition. Sur la dernière tournée on a fait 14 heures de route pour faire un Prague/Paris. On avait une super proposition pour jouer à Prague et un autre truc génial à Paris le lendemain. On a roulé de nuit, ça a été dur mais on l’a fait. On aime ça et on a envie de se battre pour continuer. On n’a pas non plus le sentiment d’être une exception non plus. En France, il y a plein de groupes qui se cassent le cul, qui se démènent comme nous. Il y a quelque mois, on a fait le desert fest à Berlin qui est un peu la Mecque du stoner. On a joué avec The Grand Astoria, un groupe russe. Le mec est tout seul, compose tout, change régulièrement son line up pour partir en tournée environ 6 mois par an. Et tout en « do it yourself », il se débrouille tout seul, sans tourneur. Il fait 500 bornes pour gagner 50 euros mais il le fait. Sur l’année, il amortit son budget quand même mais il en chie, il n’y a pas d’autre mot. C’est la réalité du milieu.

Comment vous avez abordé l’exercice du festival ? C’est un peu spécial, c’est en plein air, les gens vont et viennent et comme il n’y a pas de rappels, ça passe vite…
LDDSM : Ca passe très vite ! On a du redéfinir notre set pour rentrer dans le cadre des trente minutes qui nous avaient été accordées. Et puis on est dans un festival, tu commences et tu finis à l’heure, sinon tout le monde te déteste. Pour le côté technique de la chose, on a fait une grosse journée de filage dans une salle à Colmar pour vraiment tout préparer. On a bossé avec notre ingénieur du son, on a joué le set quatre/cinq fois dans les conditions du festival. On a mis au point les placements, il ne fallait pas oublier que la scène est grande. On s’est filmé pour voir ce que cela donnait, on a vraiment essayé de tout optimiser. Pour le va et viens des spectateurs on n’était pas très inquiets. On a ouvert le festival, les portes on ouvert une heure avant notre passage, et on était les seuls à jouer à ce moment là. En plus on était sur la scène de la plage (au passage superbe scène, ndlr) qui était dans le prolongement de l’entrée du festival. On se doutait que les gens aller arriver et qu’il y aurait du monde. Et puis on est basé à Strasbourg, pas très loin d’ici, on a une armée de fans qui était motivés pour nous suivre et qui on fait le déplacement. Après, en tant que musicien c’est aussi à toi de capter l’attention des gens et de faire le meilleur show possible pour que le public reste, il faut donner le meilleur. Même si on fait un rock très énergique, qui joue fort, on a quand même un côté grand public, ne serait-ce que grâce à nos chants qui ne sont pas braillés. On n’a pas de voix gutturale, qui pourrait rebuter les oreilles sensibles, ça aide un peu (sourire).

C’est galère d’être un groupe de rock en France ?   
LDDSM : A fond, c’est super difficile. On a tous un taf à côté. Nous on est dans un statut semi professionnel. On n’est plus amateurs, mais on n’est pas encore professionnels non plus. Le cul entre deux chaises. Et pour passer pro en France et vivre de notre musique, la dernière marche est vraiment très très dure. Déjà dans les grands médias, le rock est très mal représenté. Le métal, le punk. Nous on est encore plus spécialisé… On a morceau « Persia » dans lequel on essaye de relativiser la situation. Ce n’est pas confortable d’être un groupe de rock en France mais comparé à certains pays, on a énormément de chance, d’exercer notre passion dans un pays démocratique. Dans certains endroits du monde tu peux aller en prison où être condamné à mort pour avoir fait du rock n’roll. Dans quel monde on vit ? Ce n’est que de la musique ! Ca se passe aussi sur le terrain, les cachets pour les groupes de rock sont ridicules. Quand on est sur la route, on est six, cinq musiciens et le sheriff. On ne peut pas se permettre de prendre du monde pour vendre les cds, on n’a pas de techniciens avec nous pour le son où les lumières, personne pour gérer le management. Tous ces gens que tu prends en plus et qui te facilitent la tâche. Il faut pouvoir les nourrir, les loger, les faire voyager, les payer… C’est des frais en plus. On ne peut pas se le permettre. Même toi en tant que musicien, tu ne peux même pas avoir ton cachet d’intermittent. Je ne sais pas si cela vient du milieu rock, mais on a des amis qui jouent du jazz et qui se gagnent beaucoup plus que nous. Au début on a bouffé de la vache enragée, les plans payés en fonction des entrées, à la fin de la soirée tu ne sais même pas combien tu vas toucher. Maintenant ces plans là c’est terminé. Trop risqué. Aujourd’hui, on est un groupe rentable dans le sens où on arrive à financer des albums et du marchandising mais on ne peut pas en vivre. On n’est pas une exception, 99 % des groupes français sont dans notre cas. En France on ne sait pas vendre nos groupes de rock. On ne fait pas de promotion pour les groupes rock par contre tout le reste, la pop et compagnie prennent tellement de place dans l’horizon musical qu’il ne reste plus grand-chose pour les groupes comme nous. Les groupes français qui veulent continuer et grandir sont obligés de s’exporter comme Gojira. Ils vont aux Etats-Unis où ailleurs où ils sont appréciés et reconnus comme les maîtres du métal contemporain. Tu prends Shaka Ponk par exemple, on aime où on n’aime pas ce qu’ils font mais c’est un groupe qui a galéré pendant des années en Allemagne. Ils ont tourné des années et des années en Allemagne par ce qu’en France ils n’y arrivaient pas. Et puis bizarrement un jour ça y est, on les reconnaît finalement dans le pays d’où ils sont originaires. Ils font des tournées monstrueuses. Aujourd’hui on en est là, on préfère laisser partir nos artistes à l’étranger s’embourber à faire des dates de merde dans des squatts et machins plutôt que de les aider directement en France. La situation actuelle des groupes de rock français, c’est on joue d’abord à l’étranger et après seulement en France. On ne se plaint pas, nous on fait notre truc, on joue mais c’est frustrant. Il y a un côté un peu rageant. T’es perpétuellement en train de ramer contre le courant. Quand on était en Suède, c’était marrant, à la radio ils passent du rock. En France on n’est même plus habitué à ça. Ici quand t’entends un morceau d’AC/DC, c’est le bout du monde. Bon tu vas toujours entendre le même morceau, mais déjà t’es content d’entendre AC/DC. Et pourtant ils remplissent les stades. Dans notre entourage quand on parle de notre groupe, les réactions c’est : « mais vous pouvez pas être connus, vous ne passez pas à la radio ». On n’y prête plus attention…

Un petit mot sur le sheriff pour finir ? Il fait partie du groupe, j’ai vu qu’il est cité dans les crédits…
LDDSM : Mais tout à fait ! C’est prolongement sur scène de l’univers qu’on a développé. C’est parti d’une connerie au départ, tu n’as qu’à monter sur scène et faire le sheriff dont on parle dans la bio. Ca a super bien marché. Les gens après le concert sont tous venus le voir, il a fait plein de photos avec les nanas qui étaient dans le public. Et nous on était là, et wow c’était marrant (rires). Ca nous a fait marrer. Au final on réalise que pour le public, on est le groupe avec le sheriff. Ca fait parler. C’est une autre identité du groupe, pour se démarquer.

Propos recueillis à Belfort, le 1er juillet 2012.


samedi 22 septembre 2012

Los disidentes del sucio motel : "Z"


Los Disidentes Del Sucio Motel - "Z" (Official Clip) from Mathieu Garcia on Vimeo.

En attendant leur deuxième album, prévu pour cet hiver, le groupe stoner strasbourgeois est de retour avec un clip monumental frisant les dix minutes. Conçu comme un hommage à la série B (avec générique) le clip rend hommage au classique "la nuit des morts vivants" de George A. Romero.
www.facebook.com/lddsm

jeudi 30 août 2012

Los disidentes del sucio motel + Flashfalcon : « East side story »



LDDSM + Flashfalcon


Reprenant à leur compte une formule qui a connu un certain succès aux Etats-Unis dans les années 90, les alsaciens Los disidentes delsucio motel s’associent avec leurs potes Flashfalcon pour sortir un split ep. Pour résumer : un disque, deux groupes, huit titres, une face de quatre chansons chacun (il s’agît d’un vinyle comme à la grande époque). Trois inédits par groupe et puisqu’il faut bien rigoler un peu, Los disidentes s’amusent à reprendre un titre des Flashfalcon et vice-versa. Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, Los disidentes del sucio motel sont un groupe de métal stoner déjà auteur d’un album et que l’on a également pu admirer sur scène récemment lors des Eurockéeennes de Belfort. C’est avec plaisir qu’on les retrouve ici en pleine forme. Le son est énorme, les rythmes claquent et les guitares sont compactes. Les quatre titres des Disidentes s’enchaînent sans temps morts entre tempi enlevés (« Eternal lonesome boy ») où plus lourds (« Persia »). Le stoner rock (mouvement né au plein milieu du désert) peut être d’une certaine manière interprété comme une réinterprétation métallique de musiques étasuniennes nettement plus telluriques. Et c’est précisément ce que l’on entend ici, des solos de guitare wha-wha acides, et autres emprunts mélodiques venant apporter recul et distanciation aux assauts bruts du métal. Si l’on connaissait déjà relativement bien Los disidentes del sucio motel, ce disque permet de faire la découverte de Flashfalcon. Plutôt une belle découverte en l’occurrence que ce groupe évoluant également dans un genre de stoner un peu similaire que celui des Disidentes. Flashfalcon est peut être un peu plus punk, rentre dedans, plus lourd en résumé. Quoi qu’il en soit, les deux groupes se complètent très bien. Suffisamment en tout cas pour faire de cette galette un achat intéressant pour tous les fans du genre…    

dimanche 15 juillet 2012

Un premier clip pour los Disidentes del sucio motel

Cliquez sur l'image pour voir le teaser de Z

L'évènement est d'importance pour un groupe dont l'univers est autant imprégné de cinéma et de séries B. Le 14 septembre prochain verra la sortie du tout premier clip du groupe stoner alsacien Los Disidentes del sucio Motel. Le clip annonce la sortie du deuxième album de LDDSM dont la sortie est prévue pour l'hiver prochain et un premier teaser est d'ores et déjà disponible.
http://lddsm.com/z/

mardi 4 janvier 2011

Los Disidentes Del Sucio Motel : « Soundtrack from the motion picture »


Sextet originaire d’Alsace au nom impossible, Los Disidentes Del Sucio Motel, frappent fort d’entrée de jeu avec ce premier album « Soundtrack from the motion picture », en forme de bande originale d’un film qu’il est inutile de chercher à voir puisqu’il n’existe pas. Ce qui est bien réel par contre, c’est le talent des LDDSM pour vous donner le tournis. A mi-chemin entre rock n’roll et métal (un peu à l’image des normands d’Headcharger), Los Disidentes Del Sucio Motel pratiquent une espèce de groove métallique (oui, oui c’est possible) assez inédit. Basée sur des riffs de guitares simples mais puissants et surtout immédiatement mémorisables, la musique des dissidents du motel donne irrésistiblement l’envie de bouger, excellente section rythmique au passage, et c’est particulièrement vrai sur l’incendiaire « A beauty among the crowd ». Le groupe joue également avec brio des changements de volume et de tempos, les intros sonnent comme étouffées avant que les décibels ne vous sautent à la tête dès le premier couplet (« No pity for the cheaters »). Ainsi qu’ils le disent eux-mêmes : (it’s) « Not Folk ». Ce qui ne les empêchent pas de jouer d’un habile contrepoint roots le temps d’un « Somewhere else to drive » apaisé à base de guitare acoustique et d’harmonica. Perdue en ghost track à la fin de l’album, « We rock the world » débute tranquillement au piano avant de faire honneur à son titre dans un déluge de gros son. Seul ombre au tableau, le groupe a peut-être vu un peu trop grand, 13 titres et plus d’une heure de musique, c’est certes généreux mais un poil trop long. La lassitude pointe parfois de temps en temps après une ou deux compos plus anonymes. L’album aurait certainement gagné à être un peu plus court. Cela reste cependant une excellente découverte pour bien débuter la nouvelle année.

www.myspace.com/losdisidentesdelsuciomotel

www.lddsm.com