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samedi 18 septembre 2010

Erykah Badu : « New Amerykah Part Two : Return of the ankh »


En 2007, Erykah Badu a lancé « New Amerykah », projet artistique d’ampleur s’étirant sur trois disques, donnant sa vision de l’America. Projet dont le deuxième volume est sorti cette année. Ce « return of the ankh » puisque c’est ainsi que se nomme cette suite, prends le contre-pied du premier disque, axé autour de sonorités hip-hop teintées d’électro. Point de scratches ou de breakbeat ici. Cette année Erykah est retourné à la source, offrant un disque particulièrement roots. La voix, un peu fluette, d’Erykah est particulièrement bien mise en valeur, on pense à Millie Jackson à Minnie Ripperton (« 20 feet tall » ; « fall in love ») et plus généralement à l’age d’or des années 70, notamment grâce à l’utilisation de claviers vintage, teinté de petites touches plus modernes. Ce qui donne à Erykah l’occasion d’explorer de nouveaux territoires, jazzy par exemple sur « Agitation » et sur le morceau de bravoure de dix minutes « Out my mind, just in time ». Au final une session au charme intimiste et fortement recommandée.

www.erykahbadu.com

samedi 24 juillet 2010

Erykah Badu, L’Olympia, 22 juillet 2010.


La soirée commence par une très longue attente, l’Olympia ayant ouvert ses portes très en avance. On patiente dans la salle désertique, la sono passe de la musique pour passer le temps et les techniciens procèdent à des essais de lumières en attendant que les choses sérieuses ne commencent. Assez mal d’ailleurs, le DJ censé assurer la première partie se fait copieusement siffler, il faut dire que son set est perturbé par des problèmes de sonos. D’ailleurs, je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de passer un DJ en première partie d’un concert, la sortie en boîte et la musique live étant deux démarches totalement différentes. Bref, lassé des problèmes, qui avait déjà retardé le début de sa « performance », le mec finit par se barrer sans autre forme de procès, non sans avoir pris le soin de balancer le « 7 nation army » des White Stripes faisant preuve pour l’occasion d’une originalité folle. Sa présence sur scène n’aura pas excédé les 15 minutes, première partie vraiment nulle, autant commencer le concert de suite. Le premier à se présenter sur scène est le DJ qui fait les frais des déboires de son confrère précédent et se fait également siffler. Il balance quelques beats, charge à lui de faire monter l’ambiance. C’est pas gagné. Le public siffle, s’impatiente, c’est vrai que le temps commence à devenir long… Le groupe arrive ensuite sur scène soit une dizaine de musiciens : batterie, basse, guitare, clavier, percussions, flûte (très funky la flûte, si, si, je vous jure), le fameux DJ et quatre choristes féminines. Le concert commence alors vraiment les musiciens se lançant dans une assez longue et libre interprétation instrumentale du « American Promise » de l’album précédent, chacun y allant de son petit solo. Comme souvent dans les concerts soul, ce n’est qu’après que la star Erykah Badu fait son entrée en scène. Vêtue d’un poncho et d’un chapeau haut de forme, cette dernière est méconnaissable, mais sa voix angélique est bien là. Une fois bien en confiance et le concert bien lancé, Erykah Badu se dévêtira peu à peu pour finir dans une petite robe noire, sexy comme tout, qui lui sied à merveille. Sur scène Erykah Badu affectionne les versions assez longues de ses chansons, les instruments qui se taisent les uns après les autres pour laisser de l’espace à sa voix et les soupirs toutes les deux mesures. Les morceaux s’emboîtent les uns dans les autres, très peu de pauses entre chaque, le son est très motown et on pense souvent à Minnie Ripperton à son écoute. Le concert s’achève dans la liesse, le public n’ayant de cesse de crier « BADU, BADU » répondant à l’invective d’un roadie monté sur scène. Les musiciens ne font même pas de pause entre la fin du set et les rappels meublant avec un instrumental à rallonge. Au final un très bon concert malgré quelques longueurs et un son pas vraiment au top (assez étonnant pour cette salle prestigieuse).
http://www.baduworld.com/
www.myspace.com/erykahbadu

jeudi 1 mai 2008

Erykah Badu : New Amerykah Part One (4th world war)







Après une longue absence, voici enfin le grand retour d’Erykah Badu. C’est sur un fil tendu entre le passé et le futur qu’Erykah se balance avec grâce et intelligence tout au long de ce « New Amerykah ». On n’est plus dans un délire rétro comme chez Sharon Jones ou Nicole Willis par exemple mais pas non plus dans un r n’b tendance ado/MTV morose et épuisant. Les influences de l’age d’or des années 70 sont pourtant bien présentes mais Erykah les propulse aussitôt vers l’avenir, se servir du passé pour inventer le futur… L’album dépote sec dès la première plage « Amerykahn Promise », disco/funk explosif qui présente l’album comme une bande annonce de film d’action. Le reste de l’album enchaîne les perles avec une facilité déconcertante entre soul (« Me ») et hip hop old school (« The Healer » au sample bien trouvé et utilisé avec brio ; « My People »). Le titre de l’album « New Amerykah » le laissait présager, sur cet opus Erykah retrouve la verve sociale qui était l’apanage de Gil Scott Heron et Curtis Mayfield et dresse un constat alarmant sur l’état de l’Amérique d’aujourd’hui. Et puis il y également le grain de voix d’Erykah qui après toutes ces années n’a pas bougé, Erykah qui est non seulement un grande chanteuse mais possède un flow hip hop (pas trop utilisé sur ce disque) intéressant. Ce disque peut également s’enorgueillir des participation du bluesman/guitariste (de Philadelphie) Jef Lee Johnson, d’Omar Rodriguez (guitariste de The Mars Volta et ancien membre d’At the drive-in) ainsi que celle d’Ahmir Thompson (le batteur de The Roots).

Mais pourtant la meilleure plage du disque n’est pas indiquée sur la pochette, c’est en bonus que l’on trouve « l’ingrédient spécial » à savoir la chanson « Honey » au charme 80s indéniable, le meilleur de The Gap Band n’est pas bien loin. Les possesseur d’une place pour admirer la belle (elle est à tomber par terre !) le 28 juin prochain ont bien de la chance, le concert est archi complet depuis plusieurs semaines déjà…

http://www.baduworld.com/

Erykah Badu : "Honey" live (vous avez peut-être déjà vu cette vidéo chez Saab mais c'est trop de la balle !)


Erykah Badu : "The Healer"


The Roots (feat. Erykah Badu) : "You got me" (un petit souvenir pour finir, la chanson qui m'a fait découvrir Erykah)