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samedi 25 novembre 2017

Dhani Harrison : « In///Parallel »



Reprendre à son compte l'héritage des Beatles ? Très peu pour lui… Après de multiples participations dans des groupes et quelques hommages rendus à son illustre père, le copieux George Fest notamment, Dhani Harrison (le fils de George) s'émancipe. Dhani flirte maintenant avec les sonorités électro dont la stridence nous étonne parfois (« #WarOnFalse », « Ulfur Resurrection »). Ainsi Dhani trouve son propre chemin en évitant le recours systématique aux guitares, dont le rôle est ici réduit à la portion congrue, celle des arrangements. Et pourtant le lien avec l’œuvre de son Père existe, on pense notamment au triple album « All things must pass » du paternel, dans ce lien avec les sonorités moyen-orientale (les percussions entre autres) qui parsèment l'album. Ambitieux, l'album séduit par sa volonté de moderniser les concepts psychédélique et progressif en les éloignant du rock pour en arriver à cet objet mélangeant les instruments classiques (les cordes) et l'électro, tout en faisant le lien avec la musique de film (un peu comme sur le dernier disque, post apocalyptique de Gary Numan). Les fans des Beatles en seront pour leurs frais, les autres pourront se délecter de cet excellent effort à la démarche courageuse.

https://fr-fr.facebook.com/DhaniHarrisonOfficial/
http://www.dhaniharrison.com/

dimanche 14 février 2016

George Fest




C'est grâce à l'impulsion de son fils, Dhani guitariste de grand talent et sosie vocal de son père, qu'a été organisé ce concert hommage à George Harrison un soir de septembre 2014 au Fonda Theater de Los Angeles, la ville où l'ex-Beatles est décédé il y a déjà 15 ans. Avec sa pléthore d'invités, au CV prestigieux, ce grand raout rappelle le « Concert for Bangladesh » ordonnancé par le paternel George en 1971. Compositeur frustré au sein des Beatles, systématiquement barré par la paire Lennon/McCartney, il était difficile pour George d'exister au côté de ces deux légendes du songwriting. Signe de sa frustration, son premier effort en solo, le magnifique « All things must pass », était un triple album (du moins en vinyle), vendu dans un coffret ! Et dont, pour la petite histoire, le morceau titre avait refusé par les Fab four. Copieux, deux cds et un dvd, George Fest se propose de réhabiliter le compositeur, trop facilement réduit à « My guitar gently weeps », qui tournait en boucle sur toutes les radios au moment de son décès, et qui est d'ailleurs judicieusement absent de la présente sélection. A la place, Dhani et ses copains élargissent le spectre à l'ensemble de la carrière de George, des Beatles (« Something », « Taxman ») à sa carrière solo (« Wah wah », « Give me love », extrait du magnifique « Living in the material world » de 1973 ;« Got my mind set on you » issu du sublime « Cloud Nine » de 1987) en passant par son autre groupe, les Traveling Wilburys (« Handle with care »), alliage de superstars (Bob Dylan, George, Tom Petty, Roy Orbison) essayant de survivre au cœur des années 1980. Pour rendre hommage à George point d'ex-Beatles ou d'autres fils d'ex mais un savant alliage entre légendes vivantes, Brian Wilson (The Beach Boys), Ian Astbury (The Cult), Perry Farrell (Jane's Addiction) et quelques valeurs sûres du rock US : Britt Daniel (des merveilleux Spoon), Nick Valensi (The Strokes), Ben Harper. Quelques groupes se sont également déplacés en formation complète comme les Heartless Basterds, BRMC, Jamestown Revival ou les Cold war kids. Également présentes, Karen Elson et Norah Jones assurent, avec beaucoup de talent, la note féminine et sexy de la soirée. Soulignons enfin pour finir la prestation pour rire de l'animateur télé Conan O'Brien, qui se sort d' « Old brown shoe » avec les honneurs et du comique parodique Weird Al Yankovic, pour une fois sérieux. Le dvd apporte un bonus conséquent à la bande son, les images permettant d'apercevoir Brian Bell (Weezer) et Elvis Perkins parmi les musiciens accompagnateurs ainsi qu'Al Jardine assurant les chœurs auprès de son Brian Wilson, son ancien compère des Beach Boys. C'est avec beaucoup de plaisir que l'on redécouvre le répertoire de George à l'écoute de ces deux cds.