Retour surprise pour les Bobby Lees avec ce nouvel EP (4 titres) que l’on attendait pas et surtout pas en cette saison ! En effet, s’ils sont toujours aussi vindicatifs et électriques (« Dig your hips »), les New-Yorkais surprennent avec ces chansons aux accents baroques, voire horrifiques, qui constitueraient la bande originale idoine pour la prochaine soirée d’Halloween (« Hollywood Junkyard »). La surprise est de taille mais plutôt bonne, le quatuor ayant considérablement élevé son ambition musicale, n’hésitant plus à se mettre au piano (cf. les surprenantes intonations cabaret de « Strange Days »). A (re)découvrir.
Les hésitations qui marquent l’intro du premier titre de l’album nous disent tout de l’urgence et de la rage de jouer qui habitent The Bobby Lees, tout jeune groupe originaire de Woodstock mené par Sam Quartin. S’en suit une décharge électrique d’une demi-heure absolument implacable ou défile tout ce qui caractérise le gros son étasunien. Guitares dont la saturation flirte avec le métal (« Riddle Daddy »), inspiration rock garage qui ne néglige pas la mélodie (« Redroom » ; « Wendy » ; « Mary Jo » ; la formidable reprise de "I'm a man") et vélocité punk tout du long, surtout perceptible dans le traitement sonore de la batterie, cohabitent ici dans un effort dominé par le chant terrible et incarné de la chanteuse Sam Quartin. Cette dernière apporte un grain de folie à l’album, module sa voix à l’envi suivant les ambiances, tout de même assez variées, et incarne le petit plus propre à distinguer son groupe du tout venant punk. D’une efficacité remarquable l’album file sans temps mort. S’il ne fallait qu’une seule raison de se précipiter, ce serait certainement ce « Ranch Baby », tentative psyché flippante situé en milieu de disque, que n’aurait pas reniée Iggy Pop. Un album qui vient rappeler, fort à propos, qu’une petite décharge électrique rock’n’roll ne fait jamais de mal.