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samedi 17 octobre 2020

The Hyènes : « Verdure »



En intitulant son album « Verdure » tout en affichant une pochette n'ayant absolument rien de verdoyante, The Hyènes brouille les pistes sur son nouvel album. Un paysage dévasté, désolé, pollué qui sert de couverture à ce nouvel effort, attendu depuis longtemps après que quelques titres en ont été dévoilés sur un EP l'an dernier, et se révèle ainsi aussi sombre et quasi désespéré que son contenu (cf. « qui eût cru que le destin de la planète aurait raison de nos galipettes » in « Ici bas » ; « Qu'est-ce que ça peut me faire ? De sauver la planète ou le système bancaire » in « Bègles »). Une thématique à l'avenant de la proposition musicale où les guitares, âpres, rageuses ou lourdes, c'est selon, se taillent la part du lion, constituant un cri de rage, de révolte, d'une intensité que l'on n'a plus entendue depuis longtemps dans le rock français. Dans un monde moins triste que le notre, cette puissance aurait dû exploser sur scène il y a belle lurette. Un jour peut-être… 

mardi 12 mai 2020

The Hyènes : « Ça s'arrête jamais »



Contrairement à l'affirmation péremptoire du titre, après huit années sans album, on a bel et bien cru que s’en était fini de The Hyènes... Un retour en petite foulée, le temps d'un nouvel EP composé de trois nouvelles chansons et de deux reprises. Un changement de personnel (Jean-Paul Roy n'apparaît que sur un titre) plus tard et le groupe mène grand train le rock'n'roll ; sur un mode légèrement différent. Moins frontalement punk que son prédécesseur, ce nouvel EP se pare de nouvelles teintes sombres (« Plus dark que Vador ») où la tension qui anime le groupe apparaît masquée derrière des accents cold (« Ça s'arrête jamais »). Ainsi, la musique est tendue, sur un fil qui menace de se briser à tout moment (« S'il avait fait beau »). Le groupe joue sur la retenue, et les nerfs de l'auditeur, en attendant l'explosion brutale des décibels. Un court mais toutefois impressionnant exercice de colère rentrée en attendant un album en bonne et due forme. 

https://fr-fr.facebook.com/TheHyenes/

samedi 24 novembre 2012

The Hyènes, La Boule Noire, 21 novembre 2012.

(c) Richard Aujard



Quelque chose nous disait, à l’écoute du premier album de The Hyènes, que ce groupe était taillé pour la scène… Impression largement confirmée par la prestation du quatuor sur la petite scène de la boule noire en ce mercredi soir. The Hyènes donne dans l’efficacité brute, deux guitares, basse et batterie, rien que du très classique mais jusqu’à preuve du contraire, on n’a jamais trouvé mieux. La section rythmique dépote (au passage magnifique basse Gibson firebird) normal, c’est celle des anciens Noir Désir. C’est carré, solide et sans fioritures excessives, en résumé, les bases sont parfaites pour qui entends « rocker ». Le terrain est alors suffisamment solide pour bâtir un mur de guitares (magnifique Gretsch demi-caisse, soit dit en passant) d’inspiration punk. Car c’est à travers ce prisme qu’il convient d’apprécier les Hyènes : chansons courtes (trois, quatre minutes) encore une fois, c’est l’efficacité qui est privilégiée même si Vincent, le chanteur/guitariste, s’amuse à faire le Jimi Hendrix, genre solo la guitare derrière la nuque avant de mordre les cordes avec les dents. Hormis les titres du premier album et quelques autres raretés on peut noter quelques reprises de choix, « Ace of Spade » de Motorhead et une très exaltante version du « I wanna be your dog » des Stooges. En résumé, une belle soirée riche en électricité.
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mercredi 26 septembre 2012

The Hyènes : « Peace and loud »




Le retour des héros. Longtemps cheville ouvrière de Noir Désir, la doublette Denis Barthe/Jean-Paul Roy est de retour avec un nouveau groupe, The Hyènes, projet éphémère formé à l’origine pour enregistrer la musique d’un film avant que la nouvelle formation ne décide de prolonger l’aventure avec un album en bonne et due forme. Vincent Bosler (Spooky Jam) et Olivier Mathios (Ten Cuidado / Timides) les accompagne au sein de The Hyènes. Les comparaisons étant (hélas) inévitables évacuons-les de suite en affirmant que The Hyènes se situe à l’exact opposé de Noir Désir qui à la fin de sa carrière s’était autant rapproché de la chanson qu’il s’était éloigné du rock n’roll. Point de dérapage ici, The Hyènes privilégie une approche volontairement binaire : grosses guitares et chansons volontairement courtes. Le retour à un rock n’roll pur et dur, brut de fonderie, qui rappelle avec bonheur les grandes heures du rock français de la fin des années 70 et du début des années 80. Un retour aux fondamentaux. La remarque vaut également pour les paroles, toutes en français à l’exception de deux titres dans la langue de Shakespeare. Le groupe a eu l’intelligence de s’éloigner de la poésie romantico-sombre qui a certes fait le bonheur de Noir Désir mais qui aussi causé la perte de dizaines de groupes qui ont commis l’erreur de vouloir imiter ce style inimitable. Peut-on imaginer Bertrand Cantat chanter : « Je connais une chanson qui va emmerder les gens » ? Les textes sont donc à l’unisson de la musique, une approche directe et des mots simples privilégiant l’humour second degré volontairement potache (« Die Deutschen ») ou la guillerette provocation anti-bourgeois, sans tomber non plus dans la prise de tête. Au final donc, un album de rock n’roll direct et efficace, pas d’une originalité folle certes mais bien ficelé et foncièrement attachant. Contrairement à ce qu’ils affirment, punk is not dead !