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jeudi 28 avril 2016

Klink Clock : « Kid »



Découvert il y a quelques années sur la foi d'un excellent premier album, le duo Klink Clock est de retour avec un nouveau disque. Un peu courte, cinq titres seulement, cette nouvelle livrée nous laisse sur notre faim et nous donne l'envie furieuse d'en entendre plus. Fidèle à la ligne directrice qu'il s'est fixé depuis ses débuts, le duo évolue tout en douceur avec ce nouvel effort. Toujours inspiré par le garage rock, Klink Clock continue de nous ébaudir à coup de décibels et de riffs de guitare bien sentis (« Spass », « Cheers », « Hear me now ») cependant le groupe réussit à passer un cap en terme de songwriting. Les influences venues du blues s'effacent peu à peu pour laisser un peu de place à une écriture power pop, toujours sacrément envoyée, et le groupe tente des choses nouvelles en termes d'arrangement sortant quelques synthés discrets et trafiquant un peu les voix (cf. « Cheers »). Ailleurs, Jennie s'essaye au chant en français (« Spass », « Dead end ») et le résultat, assez concluant, rappelle, étrangement, Indochine. Une excellente surprise que ce nouveau disque, œuvre d'un groupe qu'on avait un peu perdu de vue ces dernières années.
En concert à Paris (Supersonic) le 3 mai.

lundi 3 décembre 2012

Klink Clock




C’est devenu l’un des lieux communs du rock n’roll façon 21ème siècle, la formule duo guitare/batterie a le vent en poupe depuis le succès massif obtenu par les Black Keys et autres White Stripes. Reprenant la formule à son compte, les français de Klink Clock (que l’on avait découvert sur la scène de la chapelle des Recollets) sortent leur premier album. Dès la première écoute, le disque confirme ce que l’on savait déjà, le talent est bien l’ingrédient essentiel pour réussir un bon disque et ce en dépit d’une apparente économie de moyen. Et de talent Klink Clock n’en manque pas. Aurélien, la Gretsch en feu, n’a pas son pareil pour trouver le riff, le son de guitare qui va vriller le cerveau de l’auditeur (« Mayhem », « Wake up »). Le truc évident, original, tout en rappelant des centaines de précédents qui sont autant de raisons pour lesquelles on aime le rock n’roll. Debout derrière sa « demi-batterie », Jennie soutient le tout avec beaucoup d’aplomb, telle une nouvelle Maureen Tucker. Bien évidemment de garage déglingué et de blues déchirés, il en est beaucoup question tout au long de ces neuf plages, normal puisque nous sommes en compagnie de gens de goût. Mais pas seulement. A deux, les Klink Clock révèlent une personnalité musicale riche qui tend parfois vers le heavy-metal, lorsque Aurélien prend le micro (« H »). Sur d’autres compositions, le groupe se rapproche des punkettes / riot girls des années 1990 (« Princess ») avec en plus un sens de l’ampleur et une science de l’arpège quasi-psychédélique (« Siamois »). Et n’oublions pas de préciser non plus qu’ils assurent en acoustique (« Coin Machine »). Au final un disque riche et varié, qui contentera largement les amateurs de pur rock n’roll.  

dimanche 12 février 2012

Klink Clock + France de Griessen, Salle de la Chapelle, 10 février 2012.


Un petit mot pour commencer sur l’endroit à la beauté irréelle où s’est tenu la soirée, la salle de la Chapelle qui se trouve juste à côté du centre des Recollets. Comme son nom l’indique, la salle est une ancienne chapelle aux murs décrépits juste comme il faut, suffisamment pour donner une âme à l’endroit. La hauteur sous plafond est immense et laisse apparaître la vieille charpente en bois. Il y a également une scène démontable dont les groupes du soir ont préféré se passer pour jouer à hauteur du public favorisant ainsi la proximité avec ce dernier. On s’attend à un concert de musique classique ou de chant lyrique dans un endroit pareil, pas forcément à du rock…
Klink Clock (c) David Krüger 

Klink Clock (c) David Krüger
Et de rock il en a pourtant été question. La soirée débute avec le duo Klink Clock, composé d’un guitariste et d’une batteuse jouant debout sur un kit réduit à une cymbale, une caisse claire et un tome basse. Entre gargage rock et blues, le duo fait forte impression rappelant à la fois les White Stripes (l’alliage guitare / batterie) ou les Kills (pour le duo chanteuse/guitare). Mais les Klink Clock ont un son bien a eux, assez sale comme on les aime et qui se distingue par une attaque assez frontale du blues. Belle découverte.

France de Griessen et Alain Chennevière (c) Bruno Migliano
(c) Séverine Brunet

On a ensuite retrouvé France de Griessen. France est accompagné d’un groupe complet avec section rythmique (Steven Galtera à la basse et Nicolas Lepin à la batterie), le fidèle François "Shanka" Maigret et Tof (du groupe Bagdad Rodéo) aux guitares. France a ainsi pu jouer un set complet avec de nombreux invités (les chanteuses Ysé et Laura du groupe Puss in Boots). On le dit assez souvent mais France de Griessen est une artiste pluridisciplinaire et a offert une prestation à son image mélangeant poésie, musique, danse et performances artistiques. Les poèmes alternent ainsi avec les chansons. La soirée est également marquée par de nombreux happenings, notamment ceux des lapins de l’artiste Paul Toupet où une dizaine de personnes portant des masques créés par l’artiste débarquent en lançant des petits cœurs en papier sur le public et portant une traîne semblable à celle d’une robe de mariée. Musicalement, France est fondamentalement punk même lors des chansons acoustiques d’inspiration country où lorsqu’il s’agit de reprendre Marie Laforêt en compagnie d’Alain Chennevière. C’était une bien belle soirée en compagnie d’une artiste généreuse et attachante.