mercredi 27 janvier 2021

BEBLY : « L'extinction »

 


Pour ses nouvelles aventures musicales, Bebly a choisi la voix acoustique. Un choix pertinent et qui lui va à ravir tant la formation s'est toujours distinguée par son émotivité à fleur de peau. Un angle encore renforcé par l'acoustique faisant ressortir la voix et le texte. Loin d'être aride, ce nouvel EP, cinq titres a été produit et arrangé avec soin, la voix bénéficie d'un soin particulier, avec un léger écho et quelques notes de guitare électrique avec beaucoup d'effets. L'EP trouve ainsi un équilibre, une balance, entretenant un dépouillement savamment étudié et l'intimité avec l'auditeur, touché à la corde sensible.

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mardi 26 janvier 2021

Kimon Kirk : « Altitude »



De Kimon Kirk, on ne savait pratiquement rien jusqu'ici. Nous avons eu vent, via le communiqué de presse, de collaborations avec Aimee Mann ou Angus et Julia Stone, mais guère plus. Et pourtant, le disque à peine posé sur la platine et c'est une foule de sentiments, rares et précieux, qui s'emparent de l'auditeur. Une sentiment d'éternité tout d'abord porté par l'évidence mélodique de l'album (« Evergreen », « Trampoline », « Baby Who Knows ») qui évoque sans pour autant tomber dans le plagiat ou la redite. Appelons-cela l'universalité de la musique ou son intemporalité. L'album sort aujourd'hui comme il aurait pu sortir dans les années 1970 tant il est imperméable aux modes et gageons qu'il résistera au temps. Une autre grande qualité de l'album réside dans son pouvoir d'évocation. Il ne faut pas plus de trente secondes d'écoute pour se figurer un couché de soleil californien et ses avenues bordées de palmiers géants tant l'album développe un univers entre americana et pop/rock, doux et délicat, sous la haute influence de la FM des années 1970 (« Failed Myopic »). Un genre facile d’accès auquel le timbre unique, un peu éraillé et légèrement de gorge du chanteur apporte un cachet, un vécu unique souligné par quelques poussées de fièvre rock'n'roll (« The Girl I Used to Know ») qui apportent la pointe de piment bienvenue. Dans un effet de balancier inverse, « I Think of You » ou « Halfway Right », justifient à elles seules le titre de l'album, « Altitude », tant les chansons planent au-delà des contingences terrestres. La totalité de l'album agit comme au baume réconfortant, procurant un refuge à la folie de l'époque et cela fait du bien, pandémie ou non. 

Sortie le 19/02/2021

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dimanche 24 janvier 2021

Grant Haua : « Awa Blues »

 


Sous d'autres latitudes, celles de sa Nouvelle-Zélande natale, Grant Haua a, déjà, un parcours solide tant en solo qu'avec son groupe Swamp Thing (7 albums). A notre tour de profiter du talent incroyable de cet artiste grâce à l'entregent du, précieux, label Dixiefrog. Et l'occasion de constater, une fois de plus, que, sorti du modèle esthétique étasunien, le blues a beaucoup à offrir. Car il ne fait aucun doute à l'écoute de cet album que nous avons affaire à un véritable bluesman, grain de voix rocailleux et vécu suintant des cordes vocales à l'appui (« Tough Love Mama » ; « Addiction »). Mais Grant n'est pas américain et cela s’entend, notamment dans les couplets chantés en langue vernaculaire (« This is the place »). L'autre aspect déterminant du blues de Grant est son aspect entraînant, voire dansant, à la lisière du funk et de la soul (cf. l'instrumental « Can't let go » sous l'influence de Booker T and The MGs »). Electrique, acoustique à l'occasion, Grant offre une passerelle entre les différentes musiques afro-américaines qu'il a su s'approprier pour en livrer une vision personnelle, un véritable univers, incarné par sa voix cabossée (« My Baby ») et son jeu de guitare percutant.

Sortie le 19/02

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samedi 23 janvier 2021

Captain Rico & The Ghost Band : « The Forgotten Memory of the Beaches »

 



Rêvons un peu : une immense étendue de sable, le regard posé sur l'océan à perte de vue, le visage balayé par le vent et le fracas de vagues en guise de bande-son… L'heure est pour nous de suivre le capitaine Rico dans de nouvelles aventures ! Le groupe est originaire du Sud-Ouest, la région de France métropolitaine la plus réputée pour la qualité de ses vagues, berceau du surf dans l’hexagone. Pas étonnant dès lors qu'au moment de brancher les guitares, Rico et ses acolytes aient eu envie de reproduire en musique le déferlement des rouleaux (le principe même de la surf music), Dick Dale et Link Wray, les pionniers du genre, érigés en modèles esthétiques. Le souffle de l'océan fût le plus fort,  le groupe vient de Toulouse, soit l'intérieur des terres. Il va sans dire que l'album, entièrement instrumental, exhale un fort parfum des sixties californiennes. Normal c'est le but du jeu. Mais coller au modèle d'origine n'exonère pas les musiciens d'afficher leur personnalité à l'instar de ces bruitages ornant l'intro du titre, éponyme, ouvrant l'album faisant sonner le tout comme la bande originale d'un film de science fiction des années 1950 (la remarque vaut également pour l'excellent « Giant Turtle ») ou des intonations garage au ras du bitume de « V8 Interceptor ». Au-delà de la virtuosité guitaristique affichée par le Capitaine, et qui en l’occurrence sert véritablement le propos, on note également le groove ravageur de la section rythmique (la bien nommée « Epic Wave »). Enlevé et entraînant, l'album affiche une telle fraîcheur que les étiquettes rétro ou vintage importent peu et se décollent d'elle-même. Voilà un album que l'on n'est pas prêt d'oublier en dépit de l'affirmation contenue dans son titre ! Hang ten ! 

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vendredi 22 janvier 2021

François Premiers : « Renaissance Man »

 


Réunion de musiciens du Havre, passés par les Backsliders ou les Roadrunners, ayant la particularité de porter le même prénom (on vous laisse deviner lequel), le groupe François Premiers continue son parcours sur vinyle et au rythme de 45 révolutions par minute. Et le format leur va à ravir ! Parce qu'avec François, le rock c'est pas compliqué, on met les potards à fond, on crie dans le micro, boum boum la batterie et ça fait un disque ! Et même plus que ça : un disque canon ! Frais et enlevé, François Premiers c'est de la power pop, du garage rock avec une pédale wha-wha qui traîne, et ça ne fait jamais de mal, ça dépote, déboîte et emballe l'auditeur dans le même mouvement ! Tant que ces types feront des disques, tout n'ira pas si mal que cela en ce bas monde !

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mercredi 20 janvier 2021

Electric Jaguar Baby

 


Au pays de la fuzz sévit ce nouveau duo et en avant vers de nouvelles aventures électriques ! Electric Jaguar Baby s'inscrit dans un registre bien connu, celui du rock garage qu'ils sont bien décidés à prendre d'assaut. Et à peine la galette posée sur la platine, les enfers se déchaînent sur les enceintes. Le groupe se fait une spécialité de ces morceaux entêtants et répétitifs où la guitare tourne et retourne les esprits, tels que « Witch I love », un soupçon occulte ne fait jamais de mal, ou « Geddit », mettant à profit un nouveau de saturation électrique savamment dosé (la formidable « End of doom »). Une sorte de grand huit mal intentionné où le duo entraîne l'auditeur suivant la pulsation électrisante de la batterie, truffé de bizarreries en espagnol et autres délires sonores (« Storm » adoptant une scansion rap assez inédite dans ce genre ultra codifié). On l'a vu le genre est fertile et nous a valu quelques déceptions ces derniers temps. La recette est connue mais lorsqu'elle est maîtrisée avec autant d'entregent et d'engagement, le niveau d'énergie déployé transcende les enceintes, c'est toujours un grand plaisir d'écoute à la clef. Et comme à l'époque des années 1990 et des ghost tracks de ces bons vieux cds, on vous conseille de rester bien attentifs jusqu'au bout, il se pourrait bien qu'une surprise se niche, en plage 66 bien sûr, ça ne s'invente pas !

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mardi 19 janvier 2021

Tamar Aphek : « All bets are off »

 


Telle une tempête tropicale qui s'apprête à prendre d'assaut vos platines, Tamar Aphek déboule, guitare en mains. La jeune Israélienne l'affirme elle-même : « All bets are off » ; les jeux sont faits, rien ne va plus ! Ainsi, l'album démarre sur les chapeaux de roues, avec deux titres ravageurs « Crossbow » et « Russian Winter ». Un chaos de guitares organisé au-dessus duquel plane la voix angélique de la chanteuse, le tout caractérisé par une approche rythmique proche de l'hystérie. Irrésistible et ravageur on vous aura prévenu mais finalement assez peu représentatif du travail de la musicienne. En effet, le reste de l'album se révèle beaucoup plus calme mais toujours aussi aventureux suivant une ligne imaginaire qui partirait du free jazz (« Show me your pretty side » ; « Too much information » ; "Nothing can surprise me") pour s'échouer sur des rivages psychédéliques et planants (« All I Know » ; « Drive »). Mais quelque soit le contexte et au-delà de la guitare, qu'elle maîtrise avec virtuosité, c'est avec le chant et son grain de voix ouaté que Tamar séduit. Une magnifique découverte !

Sortie le 29 janvier.

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lundi 18 janvier 2021

Barton Hartshorn : « Not what I expected to hope for... »

 




Si l'on en croit le titre, Barton est pour le moins perplexe quand à la marche du monde. Qu'il se rassure, nous aussi ! Néanmoins, dans tout ce bazar ambiant, il y a au moins une chose certaine à laquelle se raccrocher : son nouvel album ! En effet, si le premier effort de l'artiste, qui nous avait mine de rien mis une petite claque, vous a plu, il est probable qu'il en sera de même avec celui-ci. Alors, certes, l'effet de surprise et de nouveauté s'est estompé. Les influences étasunienne également au profit d'un son plus « anglais » ; peut-être moins marqué par les années 1970 on note également une légère évolution vers la décennie suivante, celle des années 1980 (cf. « Like the sea »). Une approche un peu différente donc, mais, la démarche reste identique. Celle d'un songwriter, composant de manière organique et acoustique, pour qui le récit, le storytelling comme on dit de nos jours, est cardinal. Ainsi, l'album s'écoute comme on lit un recueil de nouvelles, avec toutes sortes de personnages et son lot de situations cocasses ou baroques (« Message back to you » ; « If you were coming you'd be here by now ») mis en musiques. Le tout est produit avec grand soin dans une veine entre pop, rock et folk : chaleur acoustiques, guitares rutilantes (« Did I let you down ? » ; l'excellente « Rumours ») et claviers à la fois discrets mais significatifs. Une production nickel donc, mettant parfaitement en valeur le timbre légèrement éraillé de Barton, véritable crooner en puissance. Classique mais solide, et un excellent moment passé en compagnie de cet album. 

Sortie le 22 janvier.

vendredi 15 janvier 2021

Bingo Club : « Separated »

 


Séparés, quel titre pertinent pour décrire l'époque. « Séparé » c'est le titre du premier EP de Bingo Club, formation faisant son miel de la nostalgie. Et de nostalgie il est beaucoup question dans ce disque inaugural qui possède le don, rare, de placer l'auditeur dans une bulle cotonneuse et douce-amère. Tempo lent, notes de piano mélancolique, voix éthérées et nappes synthétiques doucereuses ; le disque évoque une certaine idée des années 1980, plus un feeling général qu'un revivalisme assumé. On se prend alors à rêvasser au temps jadis, bercés par cette douce mélopée. Quand la mémoire s'efface pour ne garder que les bons moments, il ne restera alors plus grand-chose de 2020 si ce n'est cet EP. Avec un disque pareil, doux, mélancolique et voyageur, plus trop de raisons de sortir après 18h de toute façon…

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mercredi 13 janvier 2021

Mathias « El Mati » Berchadsky : « Manifesta »

 


Si l'on considère que le rêve, l'évasion et l'imaginaire n'ont jamais été aussi « essentiels » (bien entendu, le mot est utilisé à dessein) qu'aujourd'hui, alors nous avons trouvé là l'album idéal. Car, au travers des différentes influences auxquelles le musicien s'abreuve, du flamenco au jazz ; de la musique juive aux sonorités carnatiques (Inde du sud), c'est un même souffle qui se fait entendre : celui du voyage vers les destinations chaudes. Un authentique périple, en vérité ! De l'écho fantomatique des cordes de guitares arpégées avec virtuosité (« La Escapada » ; « Acetileno ») à la douce pulsation des percussions en passant par le chant envoûtant (cf. « Raices ») et ce même si on avoue bien volontiers ne comprendre un traître mot, le grand départ est de mise ! Voici un album que l'on écoute comme l'on part à l'aventure arpenter les sentes poussiéreuses, le visage caressé par le vent chaud, l'océan en ligne de mire. Allez, fermez les yeux et rêvez maintenant !

https://elmati.com/




mardi 12 janvier 2021

Tristesse Club : « Où tout a commencé »

 



Avec un nom pareil, « Bonjour Tristesse » serait-on tenté de penser en paraphrasant Françoise Sagan… Mais le premier abord est, en l'espèce, trompeur. Bienvenue au club ! Précisément, là où tout a commencé. Suivant la mélopée de ses inspirations synthétiques, le duo accouche d'un étrange objet, évoquant vaguement l'écho lointain d'un night-club des années 1980. Plantons le décor. A l'image de celui figurant sur la pochette, on s'imagine une fin d'été, une forme de désenchantement de fin de vacances alors que sonne la rentrée. Une forme de spleen (cf. le chant féminin) finalement plus mélancolique que véritablement triste, que le duo exorcise sous la forme de titres pop étrangement catchy aux résonances planantes. On y trouve même une forme de réconfort et ça fait du bien !

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lundi 11 janvier 2021

Frédéric Michallet : « First Love Never Die. Dustroy, 15 ans de rock'n'roll ! »

 


Lorsqu'il s'est lancé dans la rédaction de son autobiographie, Frédéric Michallet n'avait certainement pas dans l'idée de faire de la grande littérature. Non, le bassiste de Dustroy, s'est lancé dans l'écriture comme en musique, en passionné, motivé par la volonté de bien faire sachant pertinemment, que, comme il l'avoue lui-même, « d'autres l'ont fait mieux que nous, c'est certain ! ». Ce qui n’empêche nullement le livre d'être absolument passionnant de bout en bout. La particularité du récit réside dans son momentum. Les membres de Dustroy, groupe apparu sur la scène grenobloise au mitan des années 2000, ont la quarantaine. Un âge critique où les rêves de gloire adolescents se sont envolés au profit d'un vie adulte, entre boulot et enfants, où le rock'n'roll revêt une importance particulière : un instant d'oubli, une soupape de décompression où l'on joue avant tout pour le plaisir de s'amuser, pour s'évader de la routine du quotidien. Puis, arrive le plafond de verre sur lequel on se fracasse tous. Les aléas de la vie et ses coups durs, séparations, licenciements, disparitions précoces ajoutent une épaisseur supplémentaire, le rock'n'roll devient alors une bouée de sauvetage. Tout cela Frédéric nous le conte par le menu. Lui-même victime d'un accident cardiaque fin 2019 a frôlé la catastrophe. Probablement l'incident qui a motivé la rédaction du livre, l'arrêt des concerts dû aux différents confinements et autres couvre-feux dégageant le temps nécessaire pour passer à l'acte. Un récit de vie d'une telle sincérité est forcément émouvant. Un petit mot enfin pour souligner la beauté du cliché ornant la couverture duquel se dégage toute la fureur de l'expérience « live ». Cela nous manque tout ça…

Frédéric Michallet, First Love Never Die, Les éditions du joyeux pendu, 200 pages, 16 euros.

http://leseditionsdujoyeuxpendu.com/

https://lesditionsdujoyeuxpendu.bigcartel.com/

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lundi 4 janvier 2021

Xavier Belin : « Pitakpi »

 


C'est par une pulsation rythmique, aussi légère que swinguante, que le pianiste d'origine martiniquaise nous souhaite la bienvenue dans son album. En constituant son quartet (vibraphone, piano, basse, batterie) Xavier Belin a placé la rythmique au coeur de son travail. Virevoltante, légère ou appuyée, la pulsation est le centre de la musique. C'est elle qui guide la cavalcade des doigts de Xavier sur le clavier qu'il s'agisse de rendre hommage à son île natale, la Martinique (« Fanm Matinik Dou ») ou de reprendre Thelonious Monk (« Evidence »), tâches dont le groupe s'acquitte avec brio et inventivité. Mais au-delà, c'est le mariage des sonorités percussives conjuguées du piano, du vibraphone et de la batterie qui marque les imaginaires et stimule l'esprit. La musique devient alors cette forme libre qui voyage (le soleil des Caraïbes n'est jamais bien loin) le long de compositions fleuves (entre 5 et 9 minutes) explorant tous les possibles. A telle enseigne que l'on finit par se demander si ledit album a été composé durant des improvisations au long cours ? Plus qu'un voyage, une véritable expédition musicale. Le soleil brille toujours à l'écoute d'un tel disque.

Sortie le 16 janvier 2021.

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dimanche 3 janvier 2021

Ben L'Oncle Soul : « A coup de rêves » (2014)




A l'époque de sa sortie (2014) ce deuxième album de Ben L'Oncle Soul n'a, hélas, pas trouvé son public. Pour notre part, peu convaincu par un premier effort fade et un peu trop commercial à notre goût, ce disque était passé au-delà de notre radar. Mais les différents confinements sont passés par là et tout ce temps passé à la maison nous a au-moins donné l'opportunité de fouiller les recoins, ressortir les disques, trouver les pépites oubliées et, en l’occurrence, réévaluer à sa juste valeur cet album méritant. Une chronique du temps jadis... 

En intitulant son album « A coup de rêves », Ben avait certainement une petite idée derrière la tête. Enregistrer aux Etats-Unis, avec des musiciens spécialistes de la soul, afin d'ancrer sa musique un peu plus profondément dans l'idiome et, au final, justifier son nom de scène L'Oncle Soul. Les tentatives pour approcher les Dap-Kings (l'orchestre maison du label Daptone et le groupe de la grande Sharon Jones) n'ayant pas abouties, Ben a trouvé bien plus que des remplaçants chez les Monophonics de l'organiste Kelly Finnigan. De véritables frères d'armes qui ne se sont pas contentés de jouer les spadassins assermentés mais se sont investis dans l'écriture et l'arrangement de l'album. Il en ressort un disque au cachet inégalable, ancré dans la grande tradition soul et gospel, (« Lord we know »), langoureux (« Carry me » ; « Walk the line ») mais aussi punchy (« A coup de rêves »), et d'une qualité équivalante à n'importe quelle production étasunienne. Ben apporte sa touche française grâce à une poignée de titres chantés dans la langue de Molière, ne faisant pas du tout injure au reste de l'album. Du début à la fin, Ben se montre à la hauteur de ses compagnons de jeu, trouvant des nuances dans sa voix, et faisant enfin ressentir la fameuse âme (soul) de sa musique (« Hallelujah !!! », « Quelques Mots... »). Malheureusement, le grand public boudera cet album, faute de pouvoir y trouver l'équivalent de « Soulman » son fameux premier tube. Un échec commercial qui marquera le début d'une remise en question pour l'artiste. En 2020, Ben a abandonné son encombrant « Oncle Soul », remisé le nœud papillon et le chapeau, continué sa carrière son son seul prénom de Ben et a sorti son dernier album en date : « Addicted to you ». 






vendredi 1 janvier 2021

Grandma's Ashes : « The Fates »

 




Des les premières notes qui ouvrent le disque nous sommes comme enveloppés par la puissance sonore du power-trio 100 % féminin. Le subtil alliage entre la rythmique métronomique et les riffs bourdonnants de la guitare en sourdine crée une sorte de spirale hypnotique et infernale. Si le groupe s'inscrit ainsi dans le sillage de la mouvance stoner (ce genre de métal hypnotique teinté de blues et de hard rock 70s) c'est pour mieux s'en détacher par ailleurs, proposant, au cœur d'un même morceau, des envolées psychédéliques, voire progressives, contrebalançant la lourdeur caractéristique du genre. Un exercice de style, pas avare en lyrisme (cf. le chant) et en expérimentations diverses, qui a le don de surprendre à chaque chanson, dans un mouvement de renouvellement perpétuel. Porté par une qualité d'écriture qui fait paraître le tout parfaitement naturel, on trouve ici de quoi nourrir une certaine impatience quant à découvrir le groupe sur scène (si seulement!) et, plus certainement, sur format long. En attendant, l'année ne pouvait pas mieux commencer en compagnie de cet excellent EP. 

Sortie le 15 janvier.

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