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samedi 13 mai 2017

Doolin', La Cigale, 12 mai 2017.



Hier soir, le magnifique écrin de la Cigale a été délocalisé près d'un port de pêche irlandais grâce à la magie de la musique. Sur scène nous retrouvons le sextet Doolin', un groupe toulousain qui excelle dans le folk irlandais. Excellents instrumentistes, les musiciens maîtrisent tellement leur sujet qu'ils peuvent se permettent de détourner la musique pour l'entraîner sur des eaux inédites, funky, jazzy (excellente section rythmique) ou adaptant la chanson française à l'idiome (cf. la reprise d' « Amsterdam » de Jacques Brel). Emportés par l'énergie positive de la musique, et des notes s'échappant de l'accordéon, de la flûte et du violon, les musiciens se lâchent, quitte à partir dans un proto-rap qui, soyons honnêtes, ne leur convient pas au mieux. Peu importe, car dans la salle, le public, très varié en terme de classe d'âge, joue le jeu à fond, partant dans des gigues endiablées sous les cris et applaudissements en rythme : chaude ambiance confirmant l'universalité de ces rythmes irlandais. Dans ce contexte la section rythmique excelle, la sonorité de la basse acoustique ressemble à s'y méprendre à une contrebasse et Sébastien Saunié s'y entends pour balancer des lignes groovy. On a pu également admirer la dextérité de Josselin Fournel au bodhrán, une percussion traditionnelle, dont il tire un swing irrésistible. Enfin les reprises de titres signés Steve Earle (« The Galway Girl ») et Bob Dylan (« The ballad of Hollis Brown »), toutes deux très réussies, soulignent les liens entre le folk irlandais et la country. Une très belle soirée, il ne manquait que la proximité de l'Océan.
https://twitter.com/DoolinBand

vendredi 5 mai 2017

Doolin'



Empruntant son nom à un village de pêcheurs Irlandais, les six membres, français de Doolin jouent un folk celtique irlandais aussi vrai que nature, accordéon, flûte et bodhrán (une percussion traditionnelle) à l'appui (« Mary's jigs »). Une maîtrise formelle qui impressionne et souligne le parrainage du style avec la country étasunienne (« Ballad of Hollis Brown ») ou le blues. Loin d'ériger ce respect de la tradition en anathème inviolable, le sextet garde les oreilles ouvertes sur le monde et apporte sa touche personnelle apportant des influences inédites dans cet univers séculaire. Ainsi, ce dixième album voit le groupe renouer avec sa langue natale, le français, le temps d'une reprise d' « Amsterdam » (Jacques Brel) ou bâtir un pont en direction de l'Afrique, mettant ainsi en parallèle les famines irlandaises et africaines (« Reel Africa »). Plus étonnante encore est la reprise de « Famine » (Sinead O'Connor) en collaboration avec la rappeuse new-yorkaise Taron Benson. Une note jazzy manouche (« Le jupon blanc ») complète ce magnifique moment de musique traditionnel et innovant à la fois.
En concert le 12 mai à Paris (La Cigale)