dimanche 17 octobre 2021

John R. Miller : « Depreciated »

 


Issu de la bouillonnante scène de Nashville, un lieu chargé de traditions en matière de songwriters, John R. Miller débarque avec un magnifique album folk-rock, sa première sortie d’ampleur après deux disques autoproduits. Ni d’hier, ni d’aujourd’hui, l’album prends la forme inédite d’une madeleine de Proust des temps modernes, tant l’album évoque les souvenirs des premiers émois musicaux, lorsque jeune impétrant, on découvrait le picking délicat ou le coulé tranquille du bottleneck sur la lap-steel sur les vieux albums de Neil Young ou de Steve Earle. Car oui, derrière ce nom passe-partout et anonyme de John R. Miller se cache un songwriter de la même eau et digne héritier des artistes précédemment cités. Derrière ses mots simples, Miller charrie les émotions auxquelles son grain de voix éraillé et ses intonations country apportent un relief supplémentaire indéniable. Ainsi l’écoute de l’album ravira les voyageurs immobiles, les routards du son, tant il évoque avec acuité l’environnement dans lequel il a été écrit, composé et enregistré. Fermez les yeux, écoutez et rêvez, vous ne serez pas déçus du voyage.

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samedi 16 octobre 2021

Alex Henry Foster : « Windows in the sky »

 



Après un premier album au sein de l’excellente formation post-rock Your Favorite Enemies, c’est en solo que le parcours musical d’Alex Henry Foster se poursuit. Enregistré dans un contexte personnel assez lourd, après le décès de son père qui a perdu sa bataille contre la maladie, le disque a hérité de sa tonalité si particulière, issue de l’audacieux mélange entre post-rock, shoegaze et krautrock psychédélique, le tout agrémenté de furieuses accélérations de guitares noise, où le Montréalais embrasse à bras le corps l’héritage de Sonic Youth. En ce sens l’album peut se concevoir comme un pont entre les époques et les cultures, enregistré entre Tanger et Montréal, où la dimension progressive héritée des années 70 côtoie le bruit et la fureur du rock des années 1990, dans un cheminement musical jamais franchement apaisé où pointe toujours un relent anxiogène sous la forme d’un bourdonnement des nappes électroniques ou d’une stridence de guitare électrique. Mais, l’on ne saurait se contenter de cette lecture du disque. Car la musique gravée ici résulte d’un cheminement de vie et se révèle éminemment intime. Véritable odyssée, l’album est un voyage en soi (et là, impossible de ne pas mentionner les 14 minutes de « The Hunter », véritable sommet de l’album) où la voix d’Alex, qui parle plus qu’il ne chante, nous guide par l’oreille dans les méandres poétiques, au cœur de sa créativité, exhalant des vertus aussi cardinales que l’amour, l’espoir et la bienveillance. C’est bouleversant.

En concert à Paris (Elysée-Montmartre) le 23 octobre.

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dimanche 10 octobre 2021

Nathaniel Rateliff : « Red Rocks 2020 »

 


Appelons cela un effet collatéral de la pandémie, l’année 2020 aura vu la résurgence d’albums étonnants, enregistrés en solo intégral ou en live mais sans public. C’est la deuxième option qu’a choisi Nathaniel Rateliff afin d’éviter de perdre totalement une année entière. Entouré d’un groupe de musiciens, mais sa formation fétiche des Night Sweats (avec laquelle le chanteur va renouer le mois prochain), Rateliff explore de nouveaux horizons musicaux. Un effort riche et protéiforme donc (18 titres) évoquant à la fois Leonard Cohen, dans son versant le plus acoustique (on se rappelle alors les débuts folk du chanteur), mais aussi emprunt d’un swing jazzy irrésistible (« Right On ») ou défrichant des territoires country. Une réussite empreinte d'émotions.

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Le Petit Nénuphar


Lorsqu’il pousse la porte du Petit Nénuphar, le client a pour objectif de s’offrir un temps pour soi, un moment suspendu, hors du temps et à l’écart des contingences du quotidien. Lumière tamisée, encens, thé et musique douce vous accueillent avant de débuter le soin. Les soins pratiqués, Chi Nei Tsang (un massage du ventre), Nuad Naman (un massage à l’huile) ou Le Petit Nénuphar (le soin signature de Sarah combinant les deux), ne vont pas sans appréhensions, celle de se dévêtir ou de se faire manipuler le ventre. Autant d’écueils évités avec délicatesse par notre hôte Sarah, douce et bienveillante, prenant d’infinies précautions pour ménager l’intimité de chacun. Dans la médecine traditionnelle chinoise, le ventre est considéré comme le deuxième cerveau, où siègent les émotions telles que la peur ou la colère, souvent bloquées. Les exercices de respirations visent a faire ressortir lesdites émotions, ce qui peut se traduire par de la toux par exemple. Lorsqu’elle manipule ses clients, une concentration extrême s’affiche sur le visage de Sarah, qui peut se révéler assez impressionnante, mais est le signe de son implication auprès de chacun. Les massages, à la fois doux et fermes, sont délicats et toujours emprunts d’une grande bienveillance. Il est incroyable de constater à quel point tout est connecté, une pression sur un point d’acupuncture sur le ventre se fait sentir dans le dos ou les reins. Les bienfaits, une grande détente corporelle et un relâchement complet du corps, se font sentir immédiatement. Si l’on choisit le massage signature, « Le Petit Nénuphar », vient ensuite le moment du soin sonore. Une sorte de sieste musicale, on est alors invité à fermer les yeux, alors que Sarah s’active autour de la table avec toute une série de clochettes, percussions et autres instruments traditionnels (étonnamment, il nous semble reconnaître quelques sonorités entendues sur son premier album « Miracles »). Un moment étonnant, expérimental, visant à l’apaisement. Attention, il est difficile de quitter le cocon. Le retour au quotidien peut s’avérer cruel, violent même, surtout si on reste coincé, pour une raison ou une autre dans des transports en commun surchargés, en sortant…

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vendredi 8 octobre 2021

The Supersoul Brothers : « Shadows & Lights »


A bien des égards, cette nouvelle sortie, marque le début d’une nouvelle ère au sein du label Dixiefrog, qui vient récemment de changer de mains. Une nouvelle charte graphique habille l’album, rétro et en noir et blanc, qui n’est pas sans rappeler les premières sorties de chez Daptone. Et également, une plongée en profondeur dans les arcanes de la soul avec ce nouveau groupe particulièrement bien nommé. Un disque en noir et blanc donc, mais surtout entre ombres (Shadows) et lumières (Lights) qui donne leur nom à l’album et aux deux faces qui en composent la version vinyle. C’est un fait particulièrement heureux d’avoir nommé la formation Supersoul, tant le feeling déborde de chaque plage. Enregistré à l’ancienne, c’est à dire tous ensemble et en live, limitant les prises et overdubs, l’album retranscrit l’émotion d’un moment parfois mélancolique (« Shadows & Lights » ; « Please forgive my heart ») mais le plus souvent explosif et plein de groove. La voix de Feelgood Dave, va vous scotcher tant elle véhicule d’émotions mises en sons par un groupe au diapason, funky et soulful, cuivre et clavier à l’appui. Le groupe a produit lui-même le disque, et l’on ne peut que le souligner, tant la production s’avère claire et dynamique. Un exercice soul rétro de haut vol évoquant autant le versant étasunien (d’Otis Redding aux Meters) que l’influence du rock anglais (des Animals à Dr Feelgood). C’est excellent !

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jeudi 7 octobre 2021

Fuzzy Vox + Parlor Snakes + François Premiers, le 27/10 au Petit Bain

 


Strange As Angels : « Chrystabell sings The Cure »



Habitué à l’exercice de la reprise, Marc Collin, s’est associé à la chanteuse Chrystabell pour ce nouveau projet. Contrairement à ses habitudes prises avec Nouvelle Vague, Collin a cette fois réduit le périmètre des reprises à un seul groupe, The Cure, toutes interprétées par la même chanteuse. Mine de rien, c’est une première ! C’est donc à la chanteuse Chrystabell que revient la charge d’incarner vocalement l’affaire. Son grain de voix fragile épouse à la perfection le contour sombre des chansons toutes recrées en respectant le fond tout en trahissant la forme. Autrement dit, point de guitares ni de synthés ici, ni de cette folle intensité électrique qui faisait tout le sel d’un album comme « Pornography » (1982). Prenant systématiquement le contre pied des versions originales, Collin drape les compositions dans un voile de douceur mélancolique, ce qui sied à merveille à la voix de la chanteuse. Un angle original et cinématographique, rehaussé d’arrangements gothiques et baroques, thérémine, cordes, cuivres et clavecin à la clé. La noirceur qui habite naturellement la musique des Cure (on ne chante pas « It doesn’t matter if we all die » par hasard) trouve ainsi un nouvel habit entre la musique de film (l’ombre de David Lynch, le mentor de la chanteuse, plane sur le projet) et le cabaret berlinois d’avant-guerre. Une magnifique réincarnation.

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lundi 4 octobre 2021

Sweet Scarlett : « Rockin’ that soul »

 


Derrière le doux patronyme se cache une belle aventure familiale, celle d’un père, Patrick, guitariste, qui entraîne ses deux fils, Vincent (basse) et Rémi (batterie) ainsi que sa compagne, Caroline, dans la grande aventure du rock’n’roll. Et de leur propre aveu : « Nous sommes certes de la même famille, mais chacun d’entre nous a son propre parcours, a choisi une voie qui a forgé sa personnalité ». A vrai dire on ne saurait mieux définir cet album aux contours riches et fuyants, bien loin de la seule inspiration 1970s qui se dégage de la (sublime) pochette aux couleurs chaudes et chatoyantes. Certes, l’inspiration des années 60/70 est bien là, dans le moindre riff de guitare par exemple, ou dans la voix grave et profonde de la chanteuse, particulièrement à l’aise dans un registre soul/blues, en digne et lointaine héritière de la grande Janis. Mais loin de constituer une fin en soi, cette attirance pour le siècle dernier constitue plutôt en l’espèce un socle sur lequel bâtir une identité sonore, un style. Ainsi, sous le vernis rétro blues, soul et rock, c’est toute une galerie souterraine d’influences qui se fait jour, une dynamique électro (le beat dansant de « Jostle »), les quelques éclairs (néo) métalliques qui habitent les fulgurances guitaristiques un peu partout, ou le flow hip-hop qui s’invite sans crier gare dans les chœurs. Et on en veut pour preuve ultime l’intensité qu’ils arrivent à tirer d’« All along the watchtower », le classique de Bob Dylan déjà transfiguré en son temps par Jimi Hendrix. A chaque plage, l’écoute nous prouve la véracité du vieil adage, les bons musiciens empruntent, seuls les mauvais copient…

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jeudi 30 septembre 2021

The Freaky Buds : « Hard Days Fuzzy Nights »

 


Il est un peu trop facile, depuis le début de la pandémie, de tout relier à la Covid 19. Pourtant l’écoute du premier album du quatuor nantais donne l’étrange sensation d’un disque d’époque, d’un album de pandémie. Et bien évidemment, un tel disque ne pouvait être qu’un album de blues. Un album langoureux, qui réchauffe et fait chaud au cœur dans il déborde de feeling, dans le chant, dans l’interaction entre guitares et harmonica, et dans ce groove tranquille, mais assuré avec autorité, par la batterie parfois rehaussé de percussions sexy. Un groove assuré par la batterie seule puisque le groupe a décidé de se passer de bassiste. Appelons cela un moins pour un plus, l’assise est plus flexible mais procure à l’écoute une sensation d’intimité, une sorte de sourdine, propice à l’écoute confinée (pandémie, toujours…) Mais quoi qu’il en soit l’album fait du bien ! Car le groupe à beau revendiquer des influences rock allant des Black Keys à Royal Blood, on pense plutôt, pour notre part, à une approche rustique sous influence JJ Cale. Une forme de blues déglinguée, certes, héritée de RL Burnside, et plus généralement du label Fat Possum (cf. « Runaway » ; « Too far gone »), mais en version tranquille et apaisée. Où le feeling est si puissant qu’il emporte tout sur son passage, même la saturation des guitares. A découvrir...

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mercredi 29 septembre 2021

Paul Galiana + Cléo Marie + Mon Eléphant, La Dame de Canton, 28 septembre 2021.


Pour (enfin) fêter en grandes pompes la sortie de son nouvel EP (« Cela a été si long » comme il le dit lui-même) Paul Galiana a mis les petits plats dans les grands en ce mardi soir. Le cadre de la Dame de Canton est sublime, une jonque chinoise posée sur la Seine, au décor à la fois exotique et suranné, il ne manque plus que Corto Maltese fixant l’horizon de son regard noir sur le pont pour que la carte postale soit complète.

Mais c’est surtout sur scène qu’il se passe de belles choses. On commence par Mon Eléphant, un grand gaillard grisonnant armé de sa seule guitare acoustique, entre rock’n’roll et chanson, dont les compositions charment par leur regard décalé, touchant (« Au cas où ») et plein d’humour. Un gars qui se décrit comme « une erreur de calcul » demandant à « être annulé » ne peut être foncièrement mauvais !

Sur scène, Cléo Marie se distingue par une formule basse/voix, assez inédite. Des boucles et autres nappes discrètes permettent de créer une texture assez froide où les textes touchent au cœur, usant de mélancolie. Mélancolique mais pas austère pour autant, quelques accélérations rock et beaucoup d’humour, un peu désenchanté, forment un ensemble équilibré.

On termine enfin par notre tête d’affiche du soir, Paul Galiana, surexcité par la présence d’une vraie section rythmique à ses côtés. Une basse et une batterie qui propulsent les compositions de Paul dans la stratosphère rock, chose qui n’était pas si évidente sur disque. Et c’est donc la musique de Paul qui prend un sacré coup de fouet. Lui-même se transforme en zébulon, se contorsionne et grimpe, en fin de set, sur un tabouret au milieu du public pour assurer le spectacle tout en se lâchant sur la saturation de la guitare. Les textes de Paul pratiquent une sorte de revendication douce où la dimension idéologique ne prends jamais le pas sur l’émotion qui est la source d’inspiration principale de l’artiste. Enfin, pour finir, signalons une chouette reprise du « Small town boy » de Bronski Beat, la version la plus rock que l’on n’a jamais entendu de ce titre.

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Elise and The Sugarsweets, Le Triton, 18 septembre 2021.

 




Cela faisait un petit moment que l’on avait un peu perdu de vue le groupe, confinement oblige, et dans l’intervalle le line-up a évolué avec l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, Yulia, originaire de Sibérie ! Autre nouveauté du soir, la présence d’un duo de cuivres. Cet dernier ajout se révèle particulièrement pertinent ajoutant un supplément de peps et de groove, ce qui ne fait jamais de mal, sans pour autant piétiner sur les plates-bandes de l’orgue. Yulia, nouvelle chanteuse de la formation, semble particulièrement à son aise sur scène, assure le show à coups de petits de danse inspiré tout en motivant ses nouveaux compagnons de jeu échangeant les regards complices desquels émane l’immense joie d’être enfin sur scène après des mois de privations. Son timbre fort, assuré ancre la musique du groupe dans la grande tradition soul auquel ils font honneur. Mais tout ceci ne serait que littérature inutile si le groupe ne comptait pas dans ses rangs une section rythmique du tonnerre qui n’a de cesse de fournir le swing, carburant nécessaire pour faire tourner la machine. A cette dynamique, le clavier et la guitare offrent un contrepoint bienvenu, plus soulful, dont les soli successifs débordent de feeling. Un groupe en pleine forme donc ! Avec un nouvel album, prévu pour 2022 et une tournée en préparation, dont quelques dates en dehors de nos frontières, tous les signaux sont au vert pour 2022, enfin pour peu que la Covid nous foute enfin la paix !

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dimanche 26 septembre 2021

Paul Galiana

 




Signe des temps, c’est par le biais d’une campagne de financement participatif que « Marque-page », le nouvel EP du musicien a vu le jour. L’objectif pour Paul, habitué depuis des années à la performance solo en acoustique, était de pouvoir enregistrer en groupe afin de donner une nouvelle ampleur à sa musique. Accompagné de ses compères Guillaume Clain (batterie) et Alain Gibert (basse), le chanteur a succombé aux sirènes de la fée électricité pour un résultat hybride. Les guitares, et l’intensité afférente, ont certes, grimpé de quelques degrés (cf. « La pioche » ; « Histoire ») mais la musique du chanteur reste très marquée par le texte (en français), la chanson française, et de fait assez éloignée d’un idéal rock’n’roll. Et c’est tant mieux ! Car plutôt que pomper éternellement les mêmes plans 70s, le musicien préfère explorer une voie originale, un genre de chanson énergique, dont les rythmes sautillants (cf. « Que faire qu’on finira ? ») refile la pèche, tout en conservant une grande qualité de textes au questionnement essentiel : « Que faire confiné avec toi ? », grande question en effet !
 




Enfin, cette campagne de financement participatif nous a donné l’occasion de (re)découvrir, Luna Papa, le projet précédent de Paul. En dépit de son titre aux allures prophétique, qui semble terriblement marqué par les années 2020/2021, l’EP « En quarantaine » date de 2014. Une époque où les chansons de Paul étaient plus émotives et intimes (« La Citadelle »), marquées par l’acoustique et des instruments tels que le ukulélé ou le violon (en sus des guitares) sans néanmoins négliger la dynamique rythmique grâce à des percussions incisives (cf. « A l’imparfait » ; "Complainte périurbaine") assurées par le musicien lui-même.

mardi 31 août 2021

Eliz Murad : « Apocalypsna »

 


C’est pendant le confinement qu’est né cet EP surprise, le premier en solo de la chanteuse, entre deux projets de groupe, et après la découverte d’un nouvel instrument, la guitare, pratiqué pendant ces semaines confinées. L’esthétique est bien différente de celle de Teleferik, le groupe précédente de la chanteuse, et un peps électro pop nouveau habite la musique d’Eliz, une espèce de groove, moderne et tranquille, sur lequel rebondit la guitare électrique avec agilité (cf. « 7oriyé »). Chanté en arabe libanais, autant pour rendre hommage à ses racines que pour donner une autre image de la femme arabe, libre et créative, cette première livraison en solo est assez variée. De la mélancolie poignante du premier single « Beirut » à l’assaut furieux du rock garage futuriste de l’excellente « Lockdown » (le seul titre qui aurait pu être de Teleferik) voilà la bande son idéale pour entrer gentiment dans l’automne. Une réussite.

Sortie le 10 septembre.

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dimanche 29 août 2021

Lukas Nelson & Promise Of The Real : « A few stars apart »

 


Et un troisième album, en autant d’années, pour Lukas Nelson et son groupe ! Ce nouvel effort commence par un titre de circonstance « We’ll be alright » une jolie ballade acoustique qui donne le ton du disque. Et qu’importe que le monde marche sur la tête, gardons la foi en la musique et tout ira bien. Lukas et son groupe, eux ne se posent pas de question et plongent la tête la première. Une manière comme une autre de se protéger de l’angoisse rampante. D’une facture assez classique, mais réjouissante, l’album agrège les sons issus des musiques terriennes étasuniennes, un tiers de folk, un tiers de country, un tiers de rock’n’roll. Un orgue utilisé judicieusement apporte un note soul de circonstance alors que les guitares acoustiques arpégées avec délicatesse ouvrent grand la clé des champs sur l’ambiance rustique qui sied si bien à l’accent traînant, typiquement sudiste, du chanteur. La musique accompagne les bons et les mauvais moments et cet album, le plus réussi du groupe depuis l’éblouissant disque éponyme de 2017, constitue un excellent compagnon.

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samedi 28 août 2021

Pokey LaFarge : « In The Blossom of their shade »

 


A peine un an après son sublime « Rock Bottom Rhaspody », Pokey LaFarge est déjà de retour avec un nouvel effort. Toujours aussi élégant, Pokey n’a pas son pareil pour sublimer des ambiances surannées des années 1930 à 1950 dans un cocktail somptueux de jazz, de folk et de country. Pour ce nouveau disque (et il y a là peut-être une conséquence du confinement?) Pokey a eu envie de prendre l’air dans un grand bain exotique. A l’instar de sa pochette, le chanteur y développe une nouvelle, et très fournie, palette de couleurs, créant ainsi un univers pastel, où les sonorités chaudes des instruments acoustiques, ukulélé et autres, s’intègrent naturellement dans son mix habituel jazz et country-blues (« To love or be alone »). Toujours aussi remarquablement écrit (cf. la sublime « Fine to me »), Pokey nous offre l’album idoine pour cette fin d’été à écouter en sirotant son tequila sunrise sous la paillote en bord de mer. Un disque de plage donc qui fonctionne très bien en compagnie du « Baja Sessions » de Chris Isaak.

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lundi 23 août 2021

Amythyst Kiah : « Wary + Strange »

 


A l’instar de la pierre précieuse évoquée par son prénom, la musique d’Amythyst Kiah scintille de mille feux là où ne l’attendait pas forcément. Afro-américaine, et dotée d’une voix puissante de laquelle ruisselle le vécu par vagues successives toutes plus émouvantes les unes que les autres, on attendait Amythyst dans un registre soul (bien que cette dernière composante ne soit pas tout à fait absente de l’album) auquel son talent naturel la prédestinait. Mais, dégommant les clichés les uns après les autres à grands coups de pieds dans la fourmilière, Amythyst évolue dans un registre entre americana, country (« Soapbox » ; « Firewater »), blues (« Fancy Drones » ; « Tender Organs ») et rock garage (« Hangover Blues » ;« Black Myself » cette dernière rappelant les BellRays) genres auxquels elle apporte un incontestable supplément d’âme. Méfiante (wary) et étrange (strange), donc. Le constat s’applique également à la production de l’album à la fois respectueuse du passé tout en ayant le regard résolument tourné vers l’avenir, débordante de trouvailles sonores étonnantes. Il est finalement vain d’essayer de classifier sa musique. Le pari est perdu d’avance tant la chanteuse transcende tous les styles auxquels elle s’attaque.

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samedi 21 août 2021

Joy Denalane : « Let yourself be loved » (Deluxe Edition)

 


Elle était, en 2006, une des plus sûres espoirs de la scène soul avant de disparaître, plus ou moins, de la scène. Dans les faits, Joy Denalane n’a jamais arrêté de chanter mais après un premier essai en langue anglais (« Born and Raised » en 2006 qui était déjà son troisième album), l’Allemande s’est consacrée à son territoire national sortant deux disques dans sa langue maternelle qui ne sont pas arrivés jusqu’à nos oreilles. Et c’est peu dire que son retour fait plaisir à écouter ! Depuis la quinzaine d’années qui nous sépare, sa voix a changé. Toujours aussi soulful, avec sa petite cassure émouvante dans le fond de la gorge, la chanteuse a depuis appris à mieux maîtriser son organe, dans un registre moins fort et plus posé mais avec toujours autant de feeling. Une aptitude naturelle qu’elle met au service de compositions soul de haute tenue. Autrefois inspirée par le hip-hop, il ne reste quasiment rien aujourd’hui de cette influence première sur ce nouveau disque. D’approche classieuse, à la fois d’hier et d’aujourd’hui, ce nouvel effort fait la part belle à une soul classique au-dessus de laquelle plane les fantôme de la Motown de la grande époque, teintée d’arrangements de cuivres funk (c’était déjà le cas à l’époque) enrobée de cordes soyeuses dignes du Philly Sound (une autre influence déjà présente il y a 15 ans). Un album en forme de classique instantané, produit au millimètre qui devrait permettre à la chanteuse de retrouver sa place dans le cœur du public, toujours orphelin après les disparitions tragiques d’Amy Winehouse et de Sharon Jones. Ah oui, on a aussi très hâte de la revoir sur scène !

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vendredi 20 août 2021

The Tremolo Beer Gut : « You Can’t Handle »

 


Ah la bande de petits malins, le doigt tendu vers l’objectif, qui nous met au défi : Toi tu ne peux pas gérer notre groupe, les Tremolo Beer Gut. Bon, soyons honnêtes, leurs têtes de petites teignes ne nous donne pas particulièrement envie de nous essayer à l’exercice, mais cependant, l’aspect rétro de la pochette ne nous inspire que de bonnes choses avant même d’avoir écouter la moindre note. Et cela tombe plutôt bien, car de notes, il y en a beaucoup sur ce disque instrumental. Beaucoup et de très bon goût qui plus est, dans ce savoureux cocktail de surf music, de western et de rock garage. Les titres sont courts et efficaces, évoquent avec beaucoup de talent tantôt une plage des fifties, le longboard planté dans le sable tantôt la bande originale d'un improbable navet d'espionnage, ou de SF, des années 1960, avec ce qu’il faut de groove et d’électricité. Et cette attaque des guitares qui déferle sur vos oreilles comme une vague casse sur le rivage ! On ne peut peut-être pas gérer le groupe, certes, mais on l’écoute avec beaucoup de plaisir !

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Sweet Gum Tree : "Lifelines"


 

Premier extrait d'un nouvel album, "Silvatica" à venir en novembre prochain, "Lifelines" de Sweet Gum Tree est une magnifique ballade nostalgique, accompagné d'un clip tout en collages réalisés par Charlie Stopford. D'obédience folk britannique, la chanson est comme lien, imaginaire et rêvé, manquant entre Bill Pritchard et les Beatles.

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jeudi 19 août 2021

GA-20 : « Dose Hound Dog Taylor Try it… You might like it !»

 


Pour son deuxième album, le trio blues de Boston à trouvé l’inspiration dans le répertoire de Hound Dog Taylor et c’est d’ailleurs la fameuse main à 6 doigts du bluesman atteint de polydactylie qui s’affiche sur la pochette du disque. Ainsi, comme son nom l’indique, GA-20 reprend (impeccablement) sur ce nouvel effort 10 chansons écrites ou interprétées par Hound Dog Taylor. Un album que l’on pourrait facilement considérer mineur, comme il est souvent d’usage avec les disques de reprises. Mais avec ce qu’il faut de groove dans la batterie (le trio a la particularité de ne pas avoir de bassiste) et de vécu dans la voix la chose s’écoute avec plaisir et un intérêt d’autant plus croissant que les musiciens sont souvent pris de transe. Mais le point le plus intéressant de l’album réside dans son duo de guitares pratiquant un savant mélange, le feeling de l’une répondant à l’agressivité de l’autre (« cf. « Phillips goes Bananas », «Give me back my wig», « It’s alright ») dans un festival constant de son gras, saturé et cradingue ! Et « Let’s get funky » comme ils le chantent eux-mêmes, sur l’une des meilleurs pistes du disque !

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lundi 16 août 2021

Superdownhome

 



Ils sont originaires de la vieille Europe et, pourtant, bien que nés si loin du Delta du Mississippi, ils ont le blues dans le cœur. Le duo italien Superdownhome, Henry Sauda (cigar box) et Beppe Facchetti (batterie), formé en 2016, est encore assez peu connu dans nos contrées mais cela devrait changer rapidement avec la sortie de la compilation « No Balls, no blues chips » chez Dixiefrog, regroupant les meilleurs moments de leur parcours, débuté en 2016, et qui fait office de présentation officielle du groupe. On en avait déjà eu un premier aperçu l’an dernier avec la sortie de l’album « Blues case scenario » (déjà une compilation) et la présente sortie ne fait que confirmer tout le bien que l’on pensait du duo. Italiens dans le style, ils affichent des costards d’une élégance impeccable en toute circonstance, le duo a adopté le paradigme américain dans le son, un mélange entre une dynamique rock/garage voire punk (cf. la reprise du MC5 « Kick out the jam »), et un son crade et gras, néanmoins très roots. En effet, le duo évite soigneusement d’utiliser des guitares et préfère les instruments improbables fabriqués à partir de boites à cigares (les cigar box) et autres contenants cylindriques, sur lesquels Henry Sauda fait glisser son médiator d’une main experte. Nourri par le vécu de la voix rauque et de son chant graveleux, le duo est dopé par la batterie, entre groove et puissance, qui fournit le carburant nécessaire pour faire tourner la machine sur un rythme d’enfer (« Booze is my self-control device »). Entre autres grands moments, « No Balls, no blues chips », permet de retrouver quelques amis, rencontrés sur la route, le temps de collaborations prestigieuses. Ainsi Charlie Musselwhite prête son harmonica sur la reprise de « I’m your hoochie coochie man », deux autres compos sont enregistrées avec Popa Chubby (« Stop breaking down blues » / « Long time blues ») et Nine Below Zero est venu prêter main forte pour faire les devoirs (« Homework »). A l’instar d’une tornade Superdownhome s’apprête à faire souffler la tempête sur vos enceintes, cependant, le duo n’a pas oublié que c’est dans l’œil du cyclone que l’on retrouve un peu de calme et met parfaitement en sons la formule, entre Black Keys et Seasick Steve. A découvrir.

https://www.superdownhome.it/

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vendredi 13 août 2021

Sloper : « Pulverise »

 


Nouveau super groupe européen, Sloper a la particularité de compter dans ses rangs deux batteurs légendaires, Mario Goossens de Triggerfinger, que l’on retrouve ici à la guitare et à la basse, et Cesar Zuiderwijk (Golden Earring). Un line-up fortement ancré dans le Benelux auquel s’ajoute le chanteur britannique Pete Shoulder et le guitariste Fabio Canini. Les fans de Triggerfinger ne seront pas déstabilisé par ce premier album à la fois riche en guitares musculeuses (« Dance Monkey Dance ») tout en entretenant le côté lancinant des compositions (« Painting Open Windows » ; « The Thin Line » sous influence Foo Fighters). Le résultat, tout à fait fascinant, est aussi agressif qu’hypnotique (voire expérimental par moments), n’occulte pas la mélodie et paye son tribut au blues (« Learn To Love »). Une approche qui touche à son point culminant en fin d’album avec le piano mélancolique de la coda du dernier titre, « Pulverise ». Brut, sec et cru, voici un excellent album stoner ; on en attendait pas moins de musiciens aussi expérimentés. Mission accomplie !

Sortie le 20 août

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jeudi 12 août 2021

L’Ambulancier

 


Dans le film « Bringing out the dead » (Martin Scorsese, 1999), l’acteur Nicolas Cage conduit, « à tombeau ouvert », une ambulance, de nuit, dans les rues blafardes. Un périple qui pourrait également s’appliquer à Palem Candillier (chant, guitares, claviers) dont le nouveau projet se meut, avec habilité, à travers les genres et les époques. Ainsi, ce premier EP, file, le pied au plancher, entre guitares ciselées, boîtes à rythmes et nappes synthétiques, une manière de post-punk chanté en français (et ça fait une énorme différence cf. « Anti-Système Solaire »), mâtiné de rock et d’électro, aux influences des années 1990 parfaitement digérées en un dogme contemporain. Que les guitares (« Evidemment » ; « Qu’est-ce qu’on s’amuse ») ou les claviers (« Alignement Désastre ») dirigent la manœuvre, la tension va crescendo et anime les compositions habitées par une voix au rupteur, toujours à la limite de l’étranglement. Remarquable d’efficacité ! Les concerts (si seulement!) devraient être dévastateurs.

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mercredi 11 août 2021

BILBAO KUNG-FU : « L’arc-en-ciel »

 


Pour sa première sortie, Bilbao Kung-Fu s’immisce dans un espace aussi subtil que réduit alors que, dans le même temps, une vertigineuse faille temporelle se dérobe sous les oreilles de l’auditeur. Influencé par hier, mais totalement d’aujourd’hui, le quatuor offre une version rythmiquement musclée et riche en guitares saturée de l’idiome psychédélique, alors que le chant, et ses nombreuses harmonies, vocales nous ramène immanquablement aux années 60/70 et à la chose progressive. Il est impossible de passer sous silence l’effronterie dont fait preuve l’écriture du groupe, jamais avare d’accélérations et de coupes brutales qui font décoller les compositions dans une autre dimension (« Emmenez-la »), le tout chanté en français, rappelant les grandes heures du rock des 70s (cf. « Jeu, set et match » qui nous donnerait presque envie de jouer au tennis !) Et puisque le jeu de mot à deux balles est la base même du métier, affirmons bien haut et en cœur : « Bilbao Kung-Fu, le groupe qui tabasse ; « L’arc-en-ciel, le disque qui en fait voir de toutes les couleurs à l’auditeur » !

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jeudi 5 août 2021

The Murlocs : « Bittersweet Demons »

 


Émanation des fameux King Gizzard and The Lizard Wizard, The Murlocs semble parti sur les mêmes traces stakhanovistes multipliant les sorties (cinq albums en sept ans) sous des pochettes toutes plus immondes les unes que les autres. Et de la même façon que l’on ne juge pas de la qualité d’un livre d’après sa couverture, nous pouvons affirmer que derrière ces rogatons visuels se cachent d’authentiques trésors musicaux. Car, contrairement à certains collègues, les Australiens baignent dans le blues le plus pur, le vrai de vrai, qui traverse leur nouvel album tel l’éclair d’un harmonica particulièrement inspiré (« Francesca »). Une appétence pour la chose bleue que le groupe mélange avec un soupçon, convenu, d’americana mais aussi, plus étonnant, de sunshine pop (« Eating at you » ; « No self control ») voire de bizarrerie psychédélique (« Illuminate the shade »). En résumé un album parfait, non pas pour prendre la route (encore que), mais les chemins de traverse où tout reste à découvrir et à inventer.

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mercredi 4 août 2021

Shannon and The Clams : « Year of the Spider »

 


Relativement peu connu dans nos contrées, hélas, le groupe mené par la chanteuse/bassiste Shannon Shaw est pourtant à la tête d’une discographie forte de cinq albums. Le sixième sort le 20 août prochain et pourrait bien changer la donne. Accoquiné avec Dan Auerbach, qui joue et produit le disque, enregistré dans son studio de Nashville, le groupe donne toute son ampleur sur ce nouvel effort grâce à la production aux petits oignons du leader des Black Keys. C’est, en effet, un son sur mesure que leur a concocté Auerbach. Subtil mélange de soul et de rock garage, Shannon & The Clams n’est pas sans rappeler toute une cohorte de formations (cf. The BellRays) qui nous tiennent chaud aux oreilles depuis des années. Mais, tout en restant fidèle à la formule, le groupe réussit à trouver son identité propre dans des délires psychédéliques (« Midnight Wine » ; « Godstones ») complètement barrés et en ajoutant à l’équation un soupçon de surf music et de doo-wop (« I need you bad » ; « Year of the spider »). Cette dernière influence étant particulièrement sensible dans le chant, car, pour la première fois, la chanteuse laisse au guitariste Cody Blanchard la responsabilité du micro sur la moitié de l’album ; le mélange des voix obtenu permettant de retrouver ce feeling si particulier. Ainsi, contrairement à certains groupes garages cités plus avant, jamais Shannon & The Clams ne lâchent les décibels. Toujours un peu sur la retenue, ces derniers privilégient une démarche pop (« In the hills, in the pines ») léchée et élégante qui fait des merveilles sur cet album classieux et intemporel (« Snakes Crawl »).

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mardi 3 août 2021

Eliz Murad : « Beirut »

 


C’est le 4 août que sortira « Beirut » le premier single en solo de l’ex-chanteuse de Teleferik. Tout sauf un hasard, la date marquant le premier anniversaire de la dramatique explosion qui a ravagé la capitale libanaise. Désormais guitariste, la musicienne œuvre dans un style pop bien différent de celui de son ancien groupe. Mais seule la forme diffère car, dans le fond, le chant du cœur d’Eliz charrie toujours autant d’humanisme et d’émotion, que l’on ressent à l’écoute de ce vibrant hommage intime à la terre de ses ancêtres dont la totalité des bénéfices sera reversé à l’association Live Love Beirut.

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mardi 27 juillet 2021

ZOË : « Back into the light »

 


Retour vers la lumière chante le groupe nordiste ! Une chose est cependant certaine, l’amateur de rock puissant la verra lui, cette fameuse lumière, à l’écoute de ce nouvel album, très dense. Car, avec le temps, le groupe s’impose comme une machine redoutable, balayant tout sur son passage au rythme d’un son saturé puissant. A la fois d’hier et d’aujourd’hui, ce nouvel effort se situe aux confins du rock des années 1970 (un petit salut/hommage à Lemmy au passage) et du rock stoner tel qu’il se pratique dans le désert californien. La chant, grave, pose les choses avec autorité à l’avenant des guitares grasses et saturées et des sautes de rythmes (breaks, ralentissements et fulgurantes accélérations) de la batterie. Ainsi cette vieille antienne blues est parfaitement digérée au fil de compositions qui, aussi chargées d’adrénaline soient-elles, n’oublient pas la composante hypnotique inhérente au style. Un album en forme de radeau ivre dérivant le long de compositions intenses au rendu vertigineux. Réussi de bout en bout, même la pochette est magnifique !


lundi 26 juillet 2021

The Lords of Altamont : « Tune in, Turn on, Electrify »

 


Reprenant à son compte la célèbre antienne de Timothy Leary (« Turn On, Tune In, Drop Out »), vantant les mérites, so sixties, du LSD, les Californiens sont retour et ils sont en forme ! Pour reprendre une analogie mécanique, à laquelle le groupe n’est pas insensible, ce nouvel album vrombit comme un moteur turbocompressé, tel un gros cube prêt à fendre l’air pour un voyage en musique dans un énorme tube à remonter le temps. En effet, le groupe ne se contente pas de reprendre à son compte les codes du rock garage/psychédélique, comme le prouve la magnifique pochette (qui rappelle Blue Cheer), mais incarne lesdits codes avec une telle perfection qu’ils rendent au genre ses lettres de noblesse, c’est, à la fin, un sentiment d’intemporalité qui habite la musique du groupe. Evoluant sur une ligne fine, le quatuor trouve le feeling juste, le groove s’échappant des notes subtilement tirées de l’orgue compensant l’agressivité folle des guitares. Ajoutant à l’équation un angle psychédélique complètement barré, le groupe compose ainsi un magma sonore fascinant (« Levitation Mind ») qui matraque le cerveau aussi sûrement que les baguettes frappent les peaux de la batterie. Le tout mis au service de compositions solides, évoquant tout un tas de choses connues par ailleurs, mais trouvant malgré tout une voie originale (cf. « Million Watts Electrified »), ce nouvel effort se révèle aussi addictif que les drogues en vogue dans les sixties. Pas sûr que l’on ait envie de redescendre…

http://lordsofaltamont.com/

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dimanche 25 juillet 2021

Delgres : « 4 Ed Maten »



Quatre heures du matin, c’est l’heure à laquelle le père de Pascal Danae, chanteur et guitariste du trio, se levait pour aller travailler. En choisissant l’horaire comme titre de son deuxième effort, le groupe entend célébrer les cols bleus anonymes, restant fidèle à ses principes d’engagement et de résistance auquel le patronyme même du groupe rend hommage. Ainsi, chez Delgres, le fond et la forme ne font qu’un, le blues caribéen joué par les musiciens trouve sa justification, sa substance même, dans la parole chantée. Parole qui dans ce deuxième disque s’ouvre, un peu, au français et à l’anglais (le ragtime « Just vote for me ») sans renier le moins du monde le créole qui reste le moyen d’expression privilégié du groupe. Après un premier disque, « Mo Jodi », brut de décoffrage, Delgres polit quelque peu sa production (cf. « Assez Assez » ; « Ke Aw »). Ainsi, la guitare se pare d’effets alors que la frappe du batteur Baptiste Brondy modère sa puissance sans rien perdre de sa précision. Une guitare slidée avec feeling ici (« Se Mo La »), un riff implacable là (la bombinette « Lundi Mardi Mercredi ») et, surtout, le souaphone de Rafgee (en lieu et place de la basse) assurent la continuité sonore du groupe et sa créolité musicale, comme un lien rêvé entre la Caraïbe, la Louisiane voire l’Afrique (la magnifique acoustique « Ban Mwen on Chanson »).

https://www.delgresmusic.com/

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samedi 24 juillet 2021

Crowdfunding The Sugarsweets


Officiellement rebaptisés Yulia and The Sugarsweets, consécutivement au départ de la chanteuse Elise vers de nouveaux horizons, Les Sugarsweets se projettent vers 2022 et la sortie d'un nouvel album intitulé Queen. Ayant souffert financièrement de la pandémie, le groupe a lancé une campagne de crowdfunding que l'on retrouve ici. A votre bon cœur ! 

https://www.facebook.com/sugarsweets.fr

https://sugarsweets.fr/




vendredi 23 juillet 2021

Highway Butterfly, The Songs of Neal Casal

Nous sommes heureux, et émus, d'apprendre la sortie, le 12 novembre 2021, d'un coffret / compilation hommage, de 3 CDS ou 5 LPS, formant un corpus monumental de 41 reprises du regretté Neal Casal par autant d'artistes prestigieux !





Lux the band : "The Day's Begun"

 


En attendant la sortie de leur deuxième album (normalement prévu pour 2022) le groupe connu sous le nom de Lux, et officiellement devenu Lux the band nous envoie cette jolie ballade acoustique estivale, entre Paris et New York, inédite et, d'après nos informations, hors-album. Bonne écoute !


vendredi 16 juillet 2021

Projections : « Dreamtime »

 


Lorsqu’ils ont décidé de se lancer, Arthur et Ronan, n’ont pas choisi le nom de Projections par hasard. Erudits, formés de manière académique, à l’université ou au conservatoire, le duo a par le passé souvent travaillé pour le cinéma. Il leur est resté de cette approche une forme d’ambition où la musique n’est pas seulement affaire de chansons, mais aussi de sensations, d’où cette impression d’entre-deux que procure l’écoute de leur musique. Organisée autour de synthés analogiques et de guitares, la musique de Projection n’est pourtant, en aucun cas, une affaire vintage ou revival. Seul reste le sentiment de nostalgie persistant. Les synthés rappellent les années 1980 mais d’une manière diffuse et vague qui tient plutôt de la sensation abstraite. L’auditeur est alors comme happé dans un espace-temps, indéfini, ni hier, ni d’aujourd’hui, mais de demain peut-être puisque, par essence, on ignore toujours de quoi l’avenir sera fait. La mélancolie vertigineuse qui s’échappent de ces sons poétiques habitent l’oreille de l’auditeur bien après l’écoute et fait des merveilles sur des titres comme « Lights gone », « Out of lunch » ou « There’s no end ».

https://www.facebook.com/projections.musique/