mardi 31 août 2021

Eliz Murad : « Apocalypsna »

 


C’est pendant le confinement qu’est né cet EP surprise, le premier en solo de la chanteuse, entre deux projets de groupe, et après la découverte d’un nouvel instrument, la guitare, pratiqué pendant ces semaines confinées. L’esthétique est bien différente de celle de Teleferik, le groupe précédente de la chanteuse, et un peps électro pop nouveau habite la musique d’Eliz, une espèce de groove, moderne et tranquille, sur lequel rebondit la guitare électrique avec agilité (cf. « 7oriyé »). Chanté en arabe libanais, autant pour rendre hommage à ses racines que pour donner une autre image de la femme arabe, libre et créative, cette première livraison en solo est assez variée. De la mélancolie poignante du premier single « Beirut » à l’assaut furieux du rock garage futuriste de l’excellente « Lockdown » (le seul titre qui aurait pu être de Teleferik) voilà la bande son idéale pour entrer gentiment dans l’automne. Une réussite.

Sortie le 10 septembre.

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dimanche 29 août 2021

Lukas Nelson & Promise Of The Real : « A few stars apart »

 


Et un troisième album, en autant d’années, pour Lukas Nelson et son groupe ! Ce nouvel effort commence par un titre de circonstance « We’ll be alright » une jolie ballade acoustique qui donne le ton du disque. Et qu’importe que le monde marche sur la tête, gardons la foi en la musique et tout ira bien. Lukas et son groupe, eux ne se posent pas de question et plongent la tête la première. Une manière comme une autre de se protéger de l’angoisse rampante. D’une facture assez classique, mais réjouissante, l’album agrège les sons issus des musiques terriennes étasuniennes, un tiers de folk, un tiers de country, un tiers de rock’n’roll. Un orgue utilisé judicieusement apporte un note soul de circonstance alors que les guitares acoustiques arpégées avec délicatesse ouvrent grand la clé des champs sur l’ambiance rustique qui sied si bien à l’accent traînant, typiquement sudiste, du chanteur. La musique accompagne les bons et les mauvais moments et cet album, le plus réussi du groupe depuis l’éblouissant disque éponyme de 2017, constitue un excellent compagnon.

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samedi 28 août 2021

Pokey LaFarge : « In The Blossom of their shade »

 


A peine un an après son sublime « Rock Bottom Rhaspody », Pokey LaFarge est déjà de retour avec un nouvel effort. Toujours aussi élégant, Pokey n’a pas son pareil pour sublimer des ambiances surannées des années 1930 à 1950 dans un cocktail somptueux de jazz, de folk et de country. Pour ce nouveau disque (et il y a là peut-être une conséquence du confinement?) Pokey a eu envie de prendre l’air dans un grand bain exotique. A l’instar de sa pochette, le chanteur y développe une nouvelle, et très fournie, palette de couleurs, créant ainsi un univers pastel, où les sonorités chaudes des instruments acoustiques, ukulélé et autres, s’intègrent naturellement dans son mix habituel jazz et country-blues (« To love or be alone »). Toujours aussi remarquablement écrit (cf. la sublime « Fine to me »), Pokey nous offre l’album idoine pour cette fin d’été à écouter en sirotant son tequila sunrise sous la paillote en bord de mer. Un disque de plage donc qui fonctionne très bien en compagnie du « Baja Sessions » de Chris Isaak.

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lundi 23 août 2021

Amythyst Kiah : « Wary + Strange »

 


A l’instar de la pierre précieuse évoquée par son prénom, la musique d’Amythyst Kiah scintille de mille feux là où ne l’attendait pas forcément. Afro-américaine, et dotée d’une voix puissante de laquelle ruisselle le vécu par vagues successives toutes plus émouvantes les unes que les autres, on attendait Amythyst dans un registre soul (bien que cette dernière composante ne soit pas tout à fait absente de l’album) auquel son talent naturel la prédestinait. Mais, dégommant les clichés les uns après les autres à grands coups de pieds dans la fourmilière, Amythyst évolue dans un registre entre americana, country (« Soapbox » ; « Firewater »), blues (« Fancy Drones » ; « Tender Organs ») et rock garage (« Hangover Blues » ;« Black Myself » cette dernière rappelant les BellRays) genres auxquels elle apporte un incontestable supplément d’âme. Méfiante (wary) et étrange (strange), donc. Le constat s’applique également à la production de l’album à la fois respectueuse du passé tout en ayant le regard résolument tourné vers l’avenir, débordante de trouvailles sonores étonnantes. Il est finalement vain d’essayer de classifier sa musique. Le pari est perdu d’avance tant la chanteuse transcende tous les styles auxquels elle s’attaque.

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samedi 21 août 2021

Joy Denalane : « Let yourself be loved » (Deluxe Edition)

 


Elle était, en 2006, une des plus sûres espoirs de la scène soul avant de disparaître, plus ou moins, de la scène. Dans les faits, Joy Denalane n’a jamais arrêté de chanter mais après un premier essai en langue anglais (« Born and Raised » en 2006 qui était déjà son troisième album), l’Allemande s’est consacrée à son territoire national sortant deux disques dans sa langue maternelle qui ne sont pas arrivés jusqu’à nos oreilles. Et c’est peu dire que son retour fait plaisir à écouter ! Depuis la quinzaine d’années qui nous sépare, sa voix a changé. Toujours aussi soulful, avec sa petite cassure émouvante dans le fond de la gorge, la chanteuse a depuis appris à mieux maîtriser son organe, dans un registre moins fort et plus posé mais avec toujours autant de feeling. Une aptitude naturelle qu’elle met au service de compositions soul de haute tenue. Autrefois inspirée par le hip-hop, il ne reste quasiment rien aujourd’hui de cette influence première sur ce nouveau disque. D’approche classieuse, à la fois d’hier et d’aujourd’hui, ce nouvel effort fait la part belle à une soul classique au-dessus de laquelle plane les fantôme de la Motown de la grande époque, teintée d’arrangements de cuivres funk (c’était déjà le cas à l’époque) enrobée de cordes soyeuses dignes du Philly Sound (une autre influence déjà présente il y a 15 ans). Un album en forme de classique instantané, produit au millimètre qui devrait permettre à la chanteuse de retrouver sa place dans le cœur du public, toujours orphelin après les disparitions tragiques d’Amy Winehouse et de Sharon Jones. Ah oui, on a aussi très hâte de la revoir sur scène !

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vendredi 20 août 2021

The Tremolo Beer Gut : « You Can’t Handle »

 


Ah la bande de petits malins, le doigt tendu vers l’objectif, qui nous met au défi : Toi tu ne peux pas gérer notre groupe, les Tremolo Beer Gut. Bon, soyons honnêtes, leurs têtes de petites teignes ne nous donne pas particulièrement envie de nous essayer à l’exercice, mais cependant, l’aspect rétro de la pochette ne nous inspire que de bonnes choses avant même d’avoir écouter la moindre note. Et cela tombe plutôt bien, car de notes, il y en a beaucoup sur ce disque instrumental. Beaucoup et de très bon goût qui plus est, dans ce savoureux cocktail de surf music, de western et de rock garage. Les titres sont courts et efficaces, évoquent avec beaucoup de talent tantôt une plage des fifties, le longboard planté dans le sable tantôt la bande originale d'un improbable navet d'espionnage, ou de SF, des années 1960, avec ce qu’il faut de groove et d’électricité. Et cette attaque des guitares qui déferle sur vos oreilles comme une vague casse sur le rivage ! On ne peut peut-être pas gérer le groupe, certes, mais on l’écoute avec beaucoup de plaisir !

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Sweet Gum Tree : "Lifelines"


 

Premier extrait d'un nouvel album, "Silvatica" à venir en novembre prochain, "Lifelines" de Sweet Gum Tree est une magnifique ballade nostalgique, accompagné d'un clip tout en collages réalisés par Charlie Stopford. D'obédience folk britannique, la chanson est comme lien, imaginaire et rêvé, manquant entre Bill Pritchard et les Beatles.

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jeudi 19 août 2021

GA-20 : « Dose Hound Dog Taylor Try it… You might like it !»

 


Pour son deuxième album, le trio blues de Boston à trouvé l’inspiration dans le répertoire de Hound Dog Taylor et c’est d’ailleurs la fameuse main à 6 doigts du bluesman atteint de polydactylie qui s’affiche sur la pochette du disque. Ainsi, comme son nom l’indique, GA-20 reprend (impeccablement) sur ce nouvel effort 10 chansons écrites ou interprétées par Hound Dog Taylor. Un album que l’on pourrait facilement considérer mineur, comme il est souvent d’usage avec les disques de reprises. Mais avec ce qu’il faut de groove dans la batterie (le trio a la particularité de ne pas avoir de bassiste) et de vécu dans la voix la chose s’écoute avec plaisir et un intérêt d’autant plus croissant que les musiciens sont souvent pris de transe. Mais le point le plus intéressant de l’album réside dans son duo de guitares pratiquant un savant mélange, le feeling de l’une répondant à l’agressivité de l’autre (« cf. « Phillips goes Bananas », «Give me back my wig», « It’s alright ») dans un festival constant de son gras, saturé et cradingue ! Et « Let’s get funky » comme ils le chantent eux-mêmes, sur l’une des meilleurs pistes du disque !

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lundi 16 août 2021

Superdownhome

 



Ils sont originaires de la vieille Europe et, pourtant, bien que nés si loin du Delta du Mississippi, ils ont le blues dans le cœur. Le duo italien Superdownhome, Henry Sauda (cigar box) et Beppe Facchetti (batterie), formé en 2016, est encore assez peu connu dans nos contrées mais cela devrait changer rapidement avec la sortie de la compilation « No Balls, no blues chips » chez Dixiefrog, regroupant les meilleurs moments de leur parcours, débuté en 2016, et qui fait office de présentation officielle du groupe. On en avait déjà eu un premier aperçu l’an dernier avec la sortie de l’album « Blues case scenario » (déjà une compilation) et la présente sortie ne fait que confirmer tout le bien que l’on pensait du duo. Italiens dans le style, ils affichent des costards d’une élégance impeccable en toute circonstance, le duo a adopté le paradigme américain dans le son, un mélange entre une dynamique rock/garage voire punk (cf. la reprise du MC5 « Kick out the jam »), et un son crade et gras, néanmoins très roots. En effet, le duo évite soigneusement d’utiliser des guitares et préfère les instruments improbables fabriqués à partir de boites à cigares (les cigar box) et autres contenants cylindriques, sur lesquels Henry Sauda fait glisser son médiator d’une main experte. Nourri par le vécu de la voix rauque et de son chant graveleux, le duo est dopé par la batterie, entre groove et puissance, qui fournit le carburant nécessaire pour faire tourner la machine sur un rythme d’enfer (« Booze is my self-control device »). Entre autres grands moments, « No Balls, no blues chips », permet de retrouver quelques amis, rencontrés sur la route, le temps de collaborations prestigieuses. Ainsi Charlie Musselwhite prête son harmonica sur la reprise de « I’m your hoochie coochie man », deux autres compos sont enregistrées avec Popa Chubby (« Stop breaking down blues » / « Long time blues ») et Nine Below Zero est venu prêter main forte pour faire les devoirs (« Homework »). A l’instar d’une tornade Superdownhome s’apprête à faire souffler la tempête sur vos enceintes, cependant, le duo n’a pas oublié que c’est dans l’œil du cyclone que l’on retrouve un peu de calme et met parfaitement en sons la formule, entre Black Keys et Seasick Steve. A découvrir.

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vendredi 13 août 2021

Sloper : « Pulverise »

 


Nouveau super groupe européen, Sloper a la particularité de compter dans ses rangs deux batteurs légendaires, Mario Goossens de Triggerfinger, que l’on retrouve ici à la guitare et à la basse, et Cesar Zuiderwijk (Golden Earring). Un line-up fortement ancré dans le Benelux auquel s’ajoute le chanteur britannique Pete Shoulder et le guitariste Fabio Canini. Les fans de Triggerfinger ne seront pas déstabilisé par ce premier album à la fois riche en guitares musculeuses (« Dance Monkey Dance ») tout en entretenant le côté lancinant des compositions (« Painting Open Windows » ; « The Thin Line » sous influence Foo Fighters). Le résultat, tout à fait fascinant, est aussi agressif qu’hypnotique (voire expérimental par moments), n’occulte pas la mélodie et paye son tribut au blues (« Learn To Love »). Une approche qui touche à son point culminant en fin d’album avec le piano mélancolique de la coda du dernier titre, « Pulverise ». Brut, sec et cru, voici un excellent album stoner ; on en attendait pas moins de musiciens aussi expérimentés. Mission accomplie !

Sortie le 20 août

https://sloperband.com/

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jeudi 12 août 2021

L’Ambulancier

 


Dans le film « Bringing out the dead » (Martin Scorsese, 1999), l’acteur Nicolas Cage conduit, « à tombeau ouvert », une ambulance, de nuit, dans les rues blafardes. Un périple qui pourrait également s’appliquer à Palem Candillier (chant, guitares, claviers) dont le nouveau projet se meut, avec habilité, à travers les genres et les époques. Ainsi, ce premier EP, file, le pied au plancher, entre guitares ciselées, boîtes à rythmes et nappes synthétiques, une manière de post-punk chanté en français (et ça fait une énorme différence cf. « Anti-Système Solaire »), mâtiné de rock et d’électro, aux influences des années 1990 parfaitement digérées en un dogme contemporain. Que les guitares (« Evidemment » ; « Qu’est-ce qu’on s’amuse ») ou les claviers (« Alignement Désastre ») dirigent la manœuvre, la tension va crescendo et anime les compositions habitées par une voix au rupteur, toujours à la limite de l’étranglement. Remarquable d’efficacité ! Les concerts (si seulement!) devraient être dévastateurs.

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mercredi 11 août 2021

BILBAO KUNG-FU : « L’arc-en-ciel »

 


Pour sa première sortie, Bilbao Kung-Fu s’immisce dans un espace aussi subtil que réduit alors que, dans le même temps, une vertigineuse faille temporelle se dérobe sous les oreilles de l’auditeur. Influencé par hier, mais totalement d’aujourd’hui, le quatuor offre une version rythmiquement musclée et riche en guitares saturée de l’idiome psychédélique, alors que le chant, et ses nombreuses harmonies, vocales nous ramène immanquablement aux années 60/70 et à la chose progressive. Il est impossible de passer sous silence l’effronterie dont fait preuve l’écriture du groupe, jamais avare d’accélérations et de coupes brutales qui font décoller les compositions dans une autre dimension (« Emmenez-la »), le tout chanté en français, rappelant les grandes heures du rock des 70s (cf. « Jeu, set et match » qui nous donnerait presque envie de jouer au tennis !) Et puisque le jeu de mot à deux balles est la base même du métier, affirmons bien haut et en cœur : « Bilbao Kung-Fu, le groupe qui tabasse ; « L’arc-en-ciel, le disque qui en fait voir de toutes les couleurs à l’auditeur » !

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jeudi 5 août 2021

The Murlocs : « Bittersweet Demons »

 


Émanation des fameux King Gizzard and The Lizard Wizard, The Murlocs semble parti sur les mêmes traces stakhanovistes multipliant les sorties (cinq albums en sept ans) sous des pochettes toutes plus immondes les unes que les autres. Et de la même façon que l’on ne juge pas de la qualité d’un livre d’après sa couverture, nous pouvons affirmer que derrière ces rogatons visuels se cachent d’authentiques trésors musicaux. Car, contrairement à certains collègues, les Australiens baignent dans le blues le plus pur, le vrai de vrai, qui traverse leur nouvel album tel l’éclair d’un harmonica particulièrement inspiré (« Francesca »). Une appétence pour la chose bleue que le groupe mélange avec un soupçon, convenu, d’americana mais aussi, plus étonnant, de sunshine pop (« Eating at you » ; « No self control ») voire de bizarrerie psychédélique (« Illuminate the shade »). En résumé un album parfait, non pas pour prendre la route (encore que), mais les chemins de traverse où tout reste à découvrir et à inventer.

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mercredi 4 août 2021

Shannon and The Clams : « Year of the Spider »

 


Relativement peu connu dans nos contrées, hélas, le groupe mené par la chanteuse/bassiste Shannon Shaw est pourtant à la tête d’une discographie forte de cinq albums. Le sixième sort le 20 août prochain et pourrait bien changer la donne. Accoquiné avec Dan Auerbach, qui joue et produit le disque, enregistré dans son studio de Nashville, le groupe donne toute son ampleur sur ce nouvel effort grâce à la production aux petits oignons du leader des Black Keys. C’est, en effet, un son sur mesure que leur a concocté Auerbach. Subtil mélange de soul et de rock garage, Shannon & The Clams n’est pas sans rappeler toute une cohorte de formations (cf. The BellRays) qui nous tiennent chaud aux oreilles depuis des années. Mais, tout en restant fidèle à la formule, le groupe réussit à trouver son identité propre dans des délires psychédéliques (« Midnight Wine » ; « Godstones ») complètement barrés et en ajoutant à l’équation un soupçon de surf music et de doo-wop (« I need you bad » ; « Year of the spider »). Cette dernière influence étant particulièrement sensible dans le chant, car, pour la première fois, la chanteuse laisse au guitariste Cody Blanchard la responsabilité du micro sur la moitié de l’album ; le mélange des voix obtenu permettant de retrouver ce feeling si particulier. Ainsi, contrairement à certains groupes garages cités plus avant, jamais Shannon & The Clams ne lâchent les décibels. Toujours un peu sur la retenue, ces derniers privilégient une démarche pop (« In the hills, in the pines ») léchée et élégante qui fait des merveilles sur cet album classieux et intemporel (« Snakes Crawl »).

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mardi 3 août 2021

Eliz Murad : « Beirut »

 


C’est le 4 août que sortira « Beirut » le premier single en solo de l’ex-chanteuse de Teleferik. Tout sauf un hasard, la date marquant le premier anniversaire de la dramatique explosion qui a ravagé la capitale libanaise. Désormais guitariste, la musicienne œuvre dans un style pop bien différent de celui de son ancien groupe. Mais seule la forme diffère car, dans le fond, le chant du cœur d’Eliz charrie toujours autant d’humanisme et d’émotion, que l’on ressent à l’écoute de ce vibrant hommage intime à la terre de ses ancêtres dont la totalité des bénéfices sera reversé à l’association Live Love Beirut.

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mardi 27 juillet 2021

ZOË : « Back into the light »

 


Retour vers la lumière chante le groupe nordiste ! Une chose est cependant certaine, l’amateur de rock puissant la verra lui, cette fameuse lumière, à l’écoute de ce nouvel album, très dense. Car, avec le temps, le groupe s’impose comme une machine redoutable, balayant tout sur son passage au rythme d’un son saturé puissant. A la fois d’hier et d’aujourd’hui, ce nouvel effort se situe aux confins du rock des années 1970 (un petit salut/hommage à Lemmy au passage) et du rock stoner tel qu’il se pratique dans le désert californien. La chant, grave, pose les choses avec autorité à l’avenant des guitares grasses et saturées et des sautes de rythmes (breaks, ralentissements et fulgurantes accélérations) de la batterie. Ainsi cette vieille antienne blues est parfaitement digérée au fil de compositions qui, aussi chargées d’adrénaline soient-elles, n’oublient pas la composante hypnotique inhérente au style. Un album en forme de radeau ivre dérivant le long de compositions intenses au rendu vertigineux. Réussi de bout en bout, même la pochette est magnifique !


lundi 26 juillet 2021

The Lords of Altamont : « Tune in, Turn on, Electrify »

 


Reprenant à son compte la célèbre antienne de Timothy Leary (« Turn On, Tune In, Drop Out »), vantant les mérites, so sixties, du LSD, les Californiens sont retour et ils sont en forme ! Pour reprendre une analogie mécanique, à laquelle le groupe n’est pas insensible, ce nouvel album vrombit comme un moteur turbocompressé, tel un gros cube prêt à fendre l’air pour un voyage en musique dans un énorme tube à remonter le temps. En effet, le groupe ne se contente pas de reprendre à son compte les codes du rock garage/psychédélique, comme le prouve la magnifique pochette (qui rappelle Blue Cheer), mais incarne lesdits codes avec une telle perfection qu’ils rendent au genre ses lettres de noblesse, c’est, à la fin, un sentiment d’intemporalité qui habite la musique du groupe. Evoluant sur une ligne fine, le quatuor trouve le feeling juste, le groove s’échappant des notes subtilement tirées de l’orgue compensant l’agressivité folle des guitares. Ajoutant à l’équation un angle psychédélique complètement barré, le groupe compose ainsi un magma sonore fascinant (« Levitation Mind ») qui matraque le cerveau aussi sûrement que les baguettes frappent les peaux de la batterie. Le tout mis au service de compositions solides, évoquant tout un tas de choses connues par ailleurs, mais trouvant malgré tout une voie originale (cf. « Million Watts Electrified »), ce nouvel effort se révèle aussi addictif que les drogues en vogue dans les sixties. Pas sûr que l’on ait envie de redescendre…

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dimanche 25 juillet 2021

Delgres : « 4 Ed Maten »



Quatre heures du matin, c’est l’heure à laquelle le père de Pascal Danae, chanteur et guitariste du trio, se levait pour aller travailler. En choisissant l’horaire comme titre de son deuxième effort, le groupe entend célébrer les cols bleus anonymes, restant fidèle à ses principes d’engagement et de résistance auquel le patronyme même du groupe rend hommage. Ainsi, chez Delgres, le fond et la forme ne font qu’un, le blues caribéen joué par les musiciens trouve sa justification, sa substance même, dans la parole chantée. Parole qui dans ce deuxième disque s’ouvre, un peu, au français et à l’anglais (le ragtime « Just vote for me ») sans renier le moins du monde le créole qui reste le moyen d’expression privilégié du groupe. Après un premier disque, « Mo Jodi », brut de décoffrage, Delgres polit quelque peu sa production (cf. « Assez Assez » ; « Ke Aw »). Ainsi, la guitare se pare d’effets alors que la frappe du batteur Baptiste Brondy modère sa puissance sans rien perdre de sa précision. Une guitare slidée avec feeling ici (« Se Mo La »), un riff implacable là (la bombinette « Lundi Mardi Mercredi ») et, surtout, le souaphone de Rafgee (en lieu et place de la basse) assurent la continuité sonore du groupe et sa créolité musicale, comme un lien rêvé entre la Caraïbe, la Louisiane voire l’Afrique (la magnifique acoustique « Ban Mwen on Chanson »).

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samedi 24 juillet 2021

Crowdfunding The Sugarsweets


Officiellement rebaptisés Yulia and The Sugarsweets, consécutivement au départ de la chanteuse Elise vers de nouveaux horizons, Les Sugarsweets se projettent vers 2022 et la sortie d'un nouvel album intitulé Queen. Ayant souffert financièrement de la pandémie, le groupe a lancé une campagne de crowdfunding que l'on retrouve ici. A votre bon cœur ! 

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vendredi 23 juillet 2021

Highway Butterfly, The Songs of Neal Casal

Nous sommes heureux, et émus, d'apprendre la sortie, le 12 novembre 2021, d'un coffret / compilation hommage, de 3 CDS ou 5 LPS, formant un corpus monumental de 41 reprises du regretté Neal Casal par autant d'artistes prestigieux !





Lux the band : "The Day's Begun"

 


En attendant la sortie de leur deuxième album (normalement prévu pour 2022) le groupe connu sous le nom de Lux, et officiellement devenu Lux the band nous envoie cette jolie ballade acoustique estivale, entre Paris et New York, inédite et, d'après nos informations, hors-album. Bonne écoute !


vendredi 16 juillet 2021

Projections : « Dreamtime »

 


Lorsqu’ils ont décidé de se lancer, Arthur et Ronan, n’ont pas choisi le nom de Projections par hasard. Erudits, formés de manière académique, à l’université ou au conservatoire, le duo a par le passé souvent travaillé pour le cinéma. Il leur est resté de cette approche une forme d’ambition où la musique n’est pas seulement affaire de chansons, mais aussi de sensations, d’où cette impression d’entre-deux que procure l’écoute de leur musique. Organisée autour de synthés analogiques et de guitares, la musique de Projection n’est pourtant, en aucun cas, une affaire vintage ou revival. Seul reste le sentiment de nostalgie persistant. Les synthés rappellent les années 1980 mais d’une manière diffuse et vague qui tient plutôt de la sensation abstraite. L’auditeur est alors comme happé dans un espace-temps, indéfini, ni hier, ni d’aujourd’hui, mais de demain peut-être puisque, par essence, on ignore toujours de quoi l’avenir sera fait. La mélancolie vertigineuse qui s’échappent de ces sons poétiques habitent l’oreille de l’auditeur bien après l’écoute et fait des merveilles sur des titres comme « Lights gone », « Out of lunch » ou « There’s no end ».

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jeudi 15 juillet 2021

Dolorès accompagnée par le Vrooming Crew : « Caresse mes cheveux »

 


A mi-chemin de la chanson et des yéyés, la jeune impétrante, petit cœur éploré, chante son espoir, son désespoir, dans une ambiance délicieusement rétro. Une chanson d’amour, poignante car sentant le vécu, dans laquelle il est tellement facile de se reconnaître et, au bout une folle espérance : Caresse mes cheveux ! On ignore encore si un prétendant s’est déclaré mais on ne souhaite qu’une chose, que le timbre plaintif de la chanteuse vienne de nouveau nous caresser les oreilles sur la durée d’un album.

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mercredi 14 juillet 2021

AWEK

 


Sortir un album éponyme après 26 ans d’existence est chose peu commune. C’est pourtant le choix fait par le groupe toulousain mené le chanteur guitariste Bernard Sellam. Collé le dos au mur par la pandémie, le groupe n’a eu, en effet, d’autre choix que celui de se concentrer sur ses forces vives. Un studio local près de Toulouse, à rebours de la démarche du groupe qui avait pris l’habitude d’enregistrer aux Etats-Unis, et peu d’invités, deux seulement, amis du groupe, présents sur trois titres. L’album s’intitule sobrement Awek, car il s’agît d’eux et seulement eux comme le figure le recto de la pochette où le groupe pose fièrement au milieu de son matériel de tournée. Et ce qui s’annonçait comme un album mineur, passe-temps entre deux confinements, enregistré en deux sessions entre juin et décembre 2020, se révèle être bien plus que cela, c’est un nouveau départ pour le groupe, une renaissance après une longue période d’introspection confinée. Bien entendu, cette calamité de Covid a eu un impact sur la création (cf. « I’m staying home ») mais le groupe a tenté de prendre la chose du bon côté et affirme, sur la plage d’ouverture « We gonna make it through ». Pour le reste c’est une collection de grooves soyeux, élégant mélange de blues teinté d’influences soul gouleyantes (« Smokin’Mambo » ; « Black Night »). Le quatuor a-t-il trouvé une sorte de refuge dans la musique ? S’est-il bâti un cocon protecteur à coups de riffs de guitares ? C’est en tout cas le feeling prégnant qui habite le disque et lui confère le supplément d’âme qui fait toute la différence, du souffle chaud de l’harmonica au chant éraillé et soulful. De la section rythmique chaloupant au fil du groove à la caresse de la guitare. Un album réconfortant et ça fait du bien.

Www.awekblues.com

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Chaîne youtube d'Awek




mardi 13 juillet 2021

Pete Byrd : « See you smile »

 


Pour son premier essai en solo, Pete Byrd signe des débuts des plus impressionnants. Autour d’une recette regroupant peu d’ingrédients, guitare et voix principalement, Pete Byrd retire une poignée de chansons intemporelles, poignantes, mais aussi très variées. Qu’elle soit arpégée ou attaquée d’une poigne de fer, la guitare acoustique se retrouve au centre de l’expression artistique de Pete brossant un portrait allant du folk d’obédience britannique (« I’m here », « Shelter’s road » évoquant Nick Drake) aux influences étasuniennes, country et bluegrass, qui se font jour sur les dernières pistes (« See you smile », « Cross the border ») ouvrant la perspective à des instruments tels que la guitare slide. Mais ce que l’on retient surtout du gros quart d’heure que dure l’écoute c’est le sentiment d’intimité partagée et l’émotion prégnante qui se dégage des compositions comme si le musicien nous invitait dans son salon pour partager un moment au bord de la cheminée.

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En écoute sur la chaîne You Tube de l'artiste







dimanche 11 juillet 2021

Jessie Lee & The Alchemists : « Let it Shine »

 


Alors que la voix de la chanteuse Jessie Lee s’envole vers les hautes sphères dès « Another » la première piste qui ouvre ce nouvel album, il ne fait point de doute que Jessie Lee et son groupe d’alchimistes ont mis la main sur la formule parfaite. Ce n’est rien de dire qu’on s’y régale. Certes, le chemin entre le blues et la soul est archi-balisé et Jessie s’y ballade, la marguerite au coin des lèvres (cf. « But you lie » ; « Let it Shine »), c’est plaisant mais toutefois attendu. Non, là où l’album fait la différence c’est dans les étapes visitées entre le blues et la soul, les gros riffs de guitares rappelant tantôt Led Zeppelin (« Another ») ou la syncope rythmique digne d’AC/DC (« You Gotta ») sans oublier ces structures complexes qui ouvrent (« Another ») et ferment (« I don’t mind to say », neuf minutes au compteur) l’album et le rapproche de l’expérimentation progressive. Le tout servi à merveille par la voix, forte et affirmée, de la chanteuse, et un sens du groove certain (« The Same »). Il est sûr qu’avec de tels alchimistes le blues n’a pas fini de briller de mille et une nuances, traditionnelles comme inédites.

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vendredi 9 juillet 2021

John Hiatt with the Jerry Douglas Band : « Leftover Feelings »

 


Il pose là, serein, un tasse de café à la main, du haut de ses 68 ans. John Hiatt, monument du songwriting étasunien depuis les années 1970 est de retour accompagné d’un autre géant de la musique américaine, Jerry Douglas. Méconnu du grand public, ce dernier œuvre dans la coulisse, virtuose anonyme, spécialiste du Dobro et autres lap-steel (guitare jouée à plat à l’aide d’un bottelneck, un cylindre glissé sur les cordes) qui a fait glisser ses cordes sur plus de 1 500 albums (!) accompagnant les plus grands, de Ray Charles à James Taylor. La rencontre, prédestinée, a eu lieu dans le cadre du mythique RCA Studio B de Nashville qui a vu naître tant de chefs d’œuvres de la country (Willie Nelson, Dolly Parton) et du rock’n’roll (Elvis Presley). Accompagné uniquement d’instruments à cordes (basse, violon, guitares) la musique jouée ici pourrait faire penser au bluegrass (la country des collines) qui utilise la même instrumentation. Pourtant, le disque n’appartient pas à ce registre. Il est autre, d’une acoustique intemporelle, et scelle un moment unique, celui de la rencontre entre les différents protagonistes qui construisent, une note après l’autre, un écrin apaisé autour des compositions d’Hiatt, auteur de la totalité du répertoire de l’album. Ainsi « I’m in Nashville » ou « The Music is hot », petites merveilles folk, constituent la bande son idéale d’un soir d’été, alors que le soleil se couche, rougissant, sur la prairie. Magnifique.

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dimanche 4 juillet 2021

Archie Lee Hooker : « Living in a memory »

 


Neveu de l’immense John Lee, Archie Lee Hooker a vécu avec son oncle de 1989 à 2001, période fondatrice pour le chanteur pendant laquelle il a pu observer le « Boogie Man » himself à l’œuvre et faire la connaissance de la pléthore de talents qui entouraient son oncle et qui, aujourd’hui encore, continue d’influencer sa musique. C’est en 2011 que le natif de Lambert (Mississippi) s’installe en France, pays dans lequel il est arrivé par accident, à l’origine pour rejoindre la tournée européenne de Carl Wyatt & The Delta Voodoo Kings. Dix ans plus tard, Archie est non seulement toujours en France mais aussi à la tête de son propre groupe, dont le deuxième album est sorti ce printemps. Composé de nationalités multiples, un bassiste français (Nicolas Fageot), un batteur luxembourgeois (Yves Ditsch) et deux brésiliens respectivement guitariste (Fred Barreto) et claviériste (Matt Santos) ; le line-up international confirme la thèse selon laquelle la musique est un langage universel et que le blues transcende les frontières. Mais aussi que le genre est increvable ! Car ce nouvel album est pétri d’une classe absolue lorgnant avec élégance aussi bien du côté du jazz (« Sorry, Baby ») que de la soul ("Give it with a smile"), autant de styles dont la voix éraillée du chanteur habitent les contours avec une aisance rare accompagné par un geste musical précis et classieux, débordant d’âme. Un classique instantané.

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jeudi 1 juillet 2021

Same Player Shoot Again : « Our King Albert »



Trois ans après un premier album hommage à Freddie, le groupe remet le couvert autour du répertoire d’un autre King, Albert (même si assez peu de compositions d'Albert King sont au programme). Et c’est donc reparti pour un tour : Same player shoot again ! Et comme il y a trois ans, la bande menée par le chanteur Vincent Vella a su s’approprier avec beaucoup de classe et de feeling ce répertoire archi-connu par ailleurs (« Born under a bad sign », « My Babe », « Get out of my life woman »). Une gageure donc dont le groupe a su s’acquitter autour du timbre chaud et éraillé du chanteur à qui les compositions vont comme à un gant de velours. Le geste musical de haute tenue fait le reste. On ne parle pas seulement des guitares inspirées et virtuoses d’un bout à l’autre (Romain Roussouliere) mais aussi de tout le travail d’arrangement effectué par le groupe qui, à force saxophones et claviers, entraîne le blues vers des horizons jazzy et soul (« I’ll play the blues for you ») de fort bon aloi. Ainsi les interventions et les soli des différents musiciens sont toujours pertinents, élégants, et transforment ce petit moment d’écoute en grand bonheur en compagnie de cet album. A écouter le soir pour en saisir toute la saveur.

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samedi 26 juin 2021

Fredda, Studio de l’Ermitage, 25 juin 2021.


Venue de la chanson française, Fredda a évolué vers des sonorités plus rock après un séjour prolongé dans l’Arizona, tout en conservant l’habitude d’écrire ses textes en français. Sur scène, elle se présente en duo en compagnie du guitariste Pascal Parisot (et de sa magnifique guitare vintage ressemblant à une jazzmaster) pour défricher ces espaces musicaux entre pop et chanson sur lesquels souffle le vent du désert de l’Arizona, surtout quand un harmonica fait son apparition. Une sonorité chaude assez indéfinissable où résonnent les fantômes du blues ou de la musique western mais qui, bien évidemment, ne ressemble à rien de tout cela. C’est une note intrinsèquement rock’n’roll qui habite la musique du duo. Régulièrement, la musique est entrecoupée de lectures, de poèmes, renforçant l’essence littéraire (et surtout poétique) de la musique de Fredda. La complicité entre les deux musiciens, pratiquant tous deux la guitare et les claviers, saute aux oreilles des spectateurs. Une approche intime qui sied particulièrement bien aux compositions et qui trouve l’écrin idoine dans l’ambiance cosy du Studio de l’Ermitage. Le retour dans les salles de concert fut magnifique, merci !


mercredi 23 juin 2021

Jay and The Cooks : « Le Cœur Sec »

 


Parmi tout le contingent de musiciens/chanteurs étasuniens exilés en France, Jay Ryan (résident français depuis 1980) fait figure d’exception : il écrit et chante en français ! Actif auprès de fines gâchettes de 1980 à 1999 (Elliott Murphy, Jesse Garon, Jacno, Johan Asherton), Jay s’est ensuite éloigné de la musique, pour se consacrer aux fourneaux, afin de mieux y revenir il y a une dizaine d’années accompagné d’un nouveau groupe, les bien nommés The Cooks. Ce nouvel effort, le quatrième, de la formation propulse l’auditeur en terra incognita. Car si Jay a adopté le français, il a aussi gardé intacte sa dévotion aux idiomes typiquement américains : country ou blues, teintés de rockabilly, tous chantés dans la langue de Molière, on a rarement entendu ça (cf. la reprise improbable du « Je suis venu te dire que je m’en vais » de Serge Gainsbourg) ! Finalement, les seules références existantes seraient à rechercher du côté du Québec. Ainsi, l’album se révèle rare mais surtout passionnant à plus d’un titre. Outre le geste musical impeccable (tous les fans de country, de blues ou de rockabilly peuvent plonger les yeux fermés), le chant rocailleux transpirant le vécu, les textes en français ouvrent une perspective extérieure sur les vicissitudes de notre beau pays (cf. « Travailleurs essentiels »), forcément intéressante. Au-delà de son angle curieux ou exotique, l’album éveille l’intérêt et décloisonne l’oreille. A découvrir, forcément !

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dimanche 20 juin 2021

Popa Chubby : « Tinfoil Hat »



Le plus beau des héritages laissé par le confinement sera certainement toute cette série d’albums « fait à la maison ». Un disque entièrement solo où l’artiste assure lui-même tous les instruments, Paul McCartney l’a fait, Popa Chubby aussi ! Ce dernier, bien esseulé après l’arrêt de sa tournée, du jour au lendemain, après une dernière date en Floride, a plongé la tête la première dans l’inconnu, imposé par la pandémie, en faisant ce qu’il fait de mieux : un disque ! Et « Baby put on your mask » tel qu’il le chante sur ce nouvel effort ! Retrouvant l’usage d’instruments qu’il ne pratique pas en temps ordinaire (on pense notamment à la batterie) Popa assure, avec le minimum de technique nécessaire mais le plus de cœur possible. Ainsi ce nouvel effort s’inscrit dans la lignée récente de l’artiste où, enfin apaisé à l’aube de sa sixième décennie, il sort ses meilleurs disques, avec le supplément d’âme qui fait toute la différence (« No justice, no peace ») muselant ses envies électriques pour enfin trouver la note juste (« You ain’t said shit »). Un cri, du cœur, d’amour, de rage et de colère aussi, bref, un album humain et attachant. Solide !

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