lundi 17 janvier 2022

Little Odetta

 


C’est riff de guitare surpuissant qui nous accueille dans ce premier album de la formation. Bienvenue dans l’univers enivrant de Little Odetta, groupe qui n’a de « little » que le nom ! A l’écoute les influences sautent immédiatement aux oreilles et nous ramènent à l’age d’or du rock’n’roll, la fin des années 1960, et le début de la décennie suivant. On pourrait regretter une forme de nostalgie trop prégnante pour laisser la personnalité des musiciens s’exprimer. Mais cela serait prendre la chose par le mauvais côté et nier une forme de plaisir immédiat ressentie à l’écoute de ce premier album (premier, oui, le détail est d’importance tant le disque impressionne par sa maturité) ainsi que la dynamique tout à fait contemporaine qui anime la formation ; et ce dernier point suffit pour distinguer le groupe du tout venant nostalgique sans personnalité. Venu de la scène, et pensé pour cette dernière, le groupe met le paquet pour étreindre l’auditeur dans les entrailles de son déferlement de décibels. Cavalcades de guitares furieuses, appétence certaine pour le groove, et goût suffisamment aventureux pour se laisser aller à la psychédélie sans pour autant enrober la musique de guimauve (cf. « Waiting for the sun »), rien n’est trop, ni trop fou, pour Little Odetta. Produit au millimètre, le groupe prend soin de chaque détail, arrangement, solo, coup de wha-wha, ou accélération subite. Et, au-dessus de la mêlée, plane la voix de la chanteuse Audrey, impériale, qui, outre le rock, cultive la tonalité soul/blues de son chant. On se régale du début à la fin ! Surveillez les dates de concert, l’avis de tempête est annoncé.

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samedi 15 janvier 2022

Cecilya : « Cherry Blossom »

 


Pour son premier album solo, la chanteuse espagnole, installée en France, a trouvé l’inspiration dans son expérience personnelle autant que dans les circonstances qui ont accompagné son déménagement dans l’hexagone. Arrivée en France fin 2019, la chanteuse avait à peine posée ses valises que le confinement avait été décrété. Un coup dur, encore plus pour elle, loin de ses proches, de sa famille et de ses amis musiciens. « Paris night has no stars » chante-t-elle. Solitude, déracinement, éloignement, sont ainsi autant de sentiments profonds qui alimentent ce disque, paradoxalement lumineux. C’est finalement en remontant à la source de ses premiers émois musicaux que la chanteuse a trouvé le réconfort. Country, folk irlandais, rock’n’roll, pop ou airs rétros de comédie musicale, alimentent ce disque au charme suranné aussi réconfortant qu’un ancien doudou. Irrésistible et parfaitement incarné par la voix puissante, aux accents mélodiques et mélancoliques, de Cecilya. Le titre, « Cherry Blossom » contient en lui la promesse d’un printemps primesautier. Puisse-t-il avoir raison...

En concert le 12 février au Triton.

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vendredi 14 janvier 2022

The Excitements : « Keepin’ on »

 


Quatrième album pour le groupe catalan, bien décidé à passer la surmultipliée. Nouvelle chanteuse, la française Kissia San (déjà entendue avec Rumble 2 Jungle) et production assurée par Neal Sugarman (Sugarman 3), rien que ça ! Et bien évidemment tout ceci leur va comme un gant. Sugarman et Marc Tena (le pianiste du groupe) ont fabriqué un son sur-mesure pour le groupe, rétro mais intemporel, alternant entre moments soul tendres (« Find a man » ; « On my way ») et funk rageur (« Mr. Landlord » ; "Carry On") où la chanteuse est poussée dans ses ultimes retranchements, raclage de cordes vocales à la clef, par un groupe survolté, cuivres à l’appui. Poussés par la présence de Sugarman, la formation entretient un cousinage esthétique avec le son du label Daptone, c’est dire le niveau de qualité de ce nouvel album (on jurerait écouter un inédit de Sharon Jones) d’un groupe qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Car, excités, nous le sommes forcément par l’écoute de ce nouveau disque ! Une réussite !

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jeudi 13 janvier 2022

Boogie Beasts : « Love me some »

 


Troisième album pour le quatuor belge, aussi moite que la pochette le laisse supposer. Guitares saturées, entre slide et fuzz, bien mises en avant, groove lourd et puissant de la section rythmique, c’est une version du blues très influencée par le rock qui est pratiquée ici, et propre à faire hurler les puristes du genre. Et pourtant, le passionnant dialogue qui s’installe entre l’harmonica omniprésent et le glissement bien senti de la slide sur les cordes (cf. « Run you down ») n’a de cesse à ramener le quatuor à ses origines bleues et constitue l’élément le plus séduisant de leur proposition musicale. C’est lorsque les watts baissent en intensité, ouvrant grand la porte du blues torride (cf. « Get Away ») que le groupe se révèle le plus convaincant. L’approche pop, le pied au plancher et le groove accrocheur et hypnotique de la batterie leur sied également à merveille et réserve quelque grands moments d’excitation à l’écoute (cf. « Favorite Scene » ; « Get me out of here » ; « Like a Snake »). Avec leur excellents compatriotes de Triggerfinger, à l’esthétique voisine, voici une formation de plus à suivre sur la bouillonnante scène belge !

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mercredi 12 janvier 2022

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats : « The Future »

 


« L’avenir ! » Proclame-t-il dans un redoutable écho Dylanien… Toujours prolifique, en dépit des confinements, pandémies et autres, Nathaniel Rateliff, quelques mois après un album solo enregistré live sans public, renoue avec son groupe pour ce nouvel effort où rock, folk et soul se conjuguent à la perfection. La formation extra-large (huit membres, des cuivres, de l’orgue en veux-tu, en voilà) offre un champ d’action assez large au timbre puissant du chanteur que ce dernier ne se prive pas d’utiliser. Un tel line-up fait inévitablement penser aux grandes heures de la soul que l’album ne manque pas de rappeler mais quelque chose dans l’intensité de l’interprétation évoque un état d’esprit rock in petto ("So Put Out"). Les cordes vocales dans le rouge, Rateliff attaque « Survivor » avec conviction, les cuivres assomment le tout avec l’énergie du désespoir, grand moment ! L’émotion se prolonge avec « Face down in the moment » ponctuée d’envolée épiques sur la coda. Précis dans l’exécution, le groupe explore ainsi une multitude de pistes, jazzy pour « Love me till I’m gone » ou reggae sur « Oh, I » sans jamais perdre son identité mais, au contraire, en réussissant à faire sien les styles abordés. Consistant, varié mais cohérent, intemporel plus que rétro, Rateliff et ses Night Sweats nous offrent un album parfaitement abouti de plus !

En concert au Trianon le 18 mai.

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lundi 10 janvier 2022

Joe Barr with Breezy Rodio : « Soul for the heart »

 


Alors là, c’est un disque que l’on attendait pas et c’est une sacrée surprise ! Début 2007, le chanteur/claviériste Joe Barr débute une résidence hebdomadaire le mardi soir au Kingston Mines (on y était, si, si, que de souvenirs !!!). Dans le même temps, le guitariste Breezy Rodio accompagnait Lindsay Alexander dans un autre club du downtown Chicago (Le Blue Chicago) avant de finir la nuit au Kingston Mines dans le public, et parfois sur scène, avec Joe Barr. Fatalement quinze ans plus tard, les deux partenaires dans le crime se rejoignent pour cet album, le premier enregistrement officiel de Joe Barr (après un disque live autoproduit). Il était temps ! A l’instar du bon whisky, le temps bonifie la voix de Barr, année après année, la patine du temps s’installe sur les cordes vocales, le vécu découle à grandes lampées émouvantes de ses coups de gorges pleins de feeling. Il nous avait déjà scotché il y a 15 ans, c’est encore plus vrai maintenant ! La professionnalisation fait également du bien à Joe. Le grand intérêt de son premier album live résidait surtout dans le chant et son interprétation à fleur de peau qui souvent sauvait la mise d’un accompagnement et de claviers bon marché et trop fauchés pour un tel talent. Rien de tel ici, plongeant la tête la première dans le blues et la soul et l’instrumentation idoine (orgue, cuivres) Joe Barr bénéficie pour la première fois d’un accompagnement à la hauteur et propre à mettre en valeur son organe exceptionnel. Si on peut toutefois regretter que ce premier album se concentre exclusivement sur les reprises, on passe néanmoins un excellent moment en sa compagnie en se prenant à rêver d’un club de blues à Chicago. C’est dire le pouvoir d’évocation de ce premier album. A ce stade, il n’est pas exclu pour Joe Barr d’obtenir ce bout de gloire crépusculaire tant espérée, dans la lignée d’un Lee Fields ou d’un Charles Bradley…



dimanche 9 janvier 2022

Lowland Brothers

 


Plus qu’un nouveau groupe, les Lowland Brothers symbolise un nouveau départ pour le chanteur/guitariste Nico Duportal, désirant se fondre dorénavant dans un collectif (son nom n’est plus mis avant comme naguère avec les Rhythm Dudes ou les Sparks). Musicalement c’est également un pas de côté pour le musicien qui, après avoir arpenté la scène blues des années durant et avoir un peu tâté du rock’n’roll 50s, lorgne dorénavant vers un horizon plus large et mixte où la soul et la country se rejoignent. On y retrouve ainsi ce groove alangui et langoureux qui caresse délicatement l’oreille dans un délicieux écho des années 1960 (« Melania ») et dans lequel se fond le twang d’une guitare western (« Sunburns in december » ; « Driftin’ »). Un mélange des genres délicat et subtil, qui épouse à merveille le grain de voix du chanteur, lequel dégage un timbre chaud au charme suranné à la Dan Auerbach. C’est tout dire du charme vénéneux dégagé par cet album sublime et intemporel.

Sortie le 14 janvier.

En concert le 21 janvier aux Lilas (Le Triton) et le 17 juin 2022 à la Maroquinerie.

https://www.facebook.com/lowlandbrothers/




samedi 8 janvier 2022

Circle of Mud

 


C’est un riff de guitare aussi lourd que le métal (« Free Me From The Devil ») qui nous accueille dans ce premier album. Il ne fait dès lors guère de doute que c’est une version du blues très imprégnée de rock qui nous est proposée sur cet album. Et pourtant, on aurait tort de croire que le quatuor mené par Flo Bauer tue le moindre feeling bleu à grands coups d’électricité saturée. La présence d’une contrebasse, d’une lap-steel et une guitare acoustique placée judicieusement avec parcimonie ramène constamment le groupe à ses bases bleues. « Blues nouvelle génération » proclame le groupe avec acuité. Car c’est véritablement de ça qu’il s’agît (cf. « Victim of Love » ; "Pretty Baby"). Une manière de formule augmentée où les influences rock et métal, ainsi que le bourdonnement de la basse font pendre une épée de Damoclès au-dessus de l’auditeur. Une menace sous-jacente, inquiétante qui ne faiblit jamais, une digue toujours proche de la rupture sous le flot des guitares surchargées d’électricité (« I Remember »). C’est peut-être ça le blues du 21ème siècle finalement.

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jeudi 6 janvier 2022

Los Lobos : « Native Sons »

 


C’est en 1987 que le groupe a explosé auprès du grand public grâce à la reprise de « La Bamba » (Richie Valens) issue de la bande originale du film du même nom. Pour beaucoup, l’itinéraire du groupe s’est arrêté la-dessus, car, en dépit de merveilleux album (le « Kiko » de 1992 ou le « Tin Can Trust » de 2010), le groupe mené par David Hidalgo n’a plus jamais retrouvé l’oreille du grand public. Fortement dommageable car Los Lobos étaient de retour l’été dernier, dans l’indifférence générale, avec un nouvel album de fort belle facture en dépit de son concept risqué. Formé à Los Angeles par des musiciens mexicains dès 1976, Los Lobos est fortement ancré dans sa ville natale où, son mélange de folk, blues, rock et son latino, résonne avec une acuité particulière. D’où le concept de se nouvel effort, composé de reprises de musiciens natifs, comme eux, de Los Angeles. Et il est particulièrement risqué, à ce stade de leur parcours, de se lancer dans un album de reprises qui pourrait signifier, après plus de 40 ans de carrière, que le groupe a fait le tour de la question et n’a plus grand-chose à dire, la créativité en berne. Faux, bien évidemment car il suffit de voir avec quel entrain le groupe s’empare de « Misery », « Love Special Delivery » ou « For what it’s worth » pour constater que Los Lobos a encore de la réserve, impression encore renforcée par la seule composition originale du lot, « Native Son ». Qu’espérer de plus ? Un concert ! Eux que l’on n’a plus revus depuis la première partie de Neil Young à Bercy en 2013

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jeudi 30 décembre 2021

Joon Moon : « Chrysalis »

 


Derrière l’alias de Joon Moon se trouve le multi-instrumentiste Julien Decoret, que l’on croise plutôt sur la scène électro, accompagné pour l’occasion de la chanteuse Liv Warfield. Le duo est l’occasion pour Decoret de renouer avec les sonorités organiques et une diversité d’influences allant de la soul au gospel, incluant toutes les nuances de funk entre deux. La durée, plutôt brève, de la chose, renouant avec la longueur d’un ancien vinyle (soit une grosse demi-heure) pourrait se révéler frustrante pour l’auditeur. Mais, au contraire, la brièveté oblige le duo à une forme d’efficacité sans temps mort. En seulement huit titres, Decoret et Warfield, font étalage d’un nombre impressionnant de qualités, en premier lieu le feeling (« Young », la minimaliste « Lover ») débordant du ton séduisant de la chanteuse et de son timbre chaud, puis l’ingéniosité (les arrangements de cordes de « Bill » tirant vers la musique de film et Bernard Herrmann) et, enfin, un sens du groove funk assez irrésistible (« Feel It ») présent à tous les étages. Plutôt pas mal en 30 minutes !

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mercredi 29 décembre 2021

Tex Perkins & The Fat Rubber Band

 


Figure bien connue du rock australien, Tex Perkins et son partenaire dans le crime Matt Walker se lancent dans ce nouveau projet de groupe à vocation blues et rurale. Doté d’un grain de voix marquant, dans un registre grave, de gorge, transpirant le vécu et le bourbon, mais néanmoins mélodique et intelligible, Tex Perkins trouve ainsi un répertoire idoine pour faire montre de ses qualités de chanteur et de conteur. L’accompagnement se révèle à la hauteur de son interprète et l’écho western, évoquant le grand ouest étasunien, des guitares fantomatiques résonne ainsi longtemps chez l’auditeur. Acoustique ou électrique, quelques poussées de fièvre rock’n’roll ne sont ainsi pas à exclure, le blues existentiel du groupe sonne avec acuité et s’inscrit en digne successeur des pionniers des années 1950. Un des must de l’année sans aucun doute.

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samedi 25 décembre 2021

The Sore Losers : « Ultra Elektric »

 


Attention, le terrible groupe belge est de retour ! Un retour, que le groupe a voulu « ultra électrique » et se distingue, après les errances de leur dernier album, par des guitares autant saturées que véloces, le temps de titres courts et ultra efficaces, menés tambour battant. Douze titres et autant de décharges d’adrénaline, au-dessus desquels plane toujours l’influence du rock des années 1970, esthétique à laquelle le groupe reste fidèle, tout en se détachant du paradigme hérité de Black Sabbath auquel l’album « Skydogs » faisait référence. La recette en est somme toute assez simple, soli saillants, potards des amplis à fond dans le rouge (même leurs tentatives psychédéliques « Birds Of A Feather » et « Magnum Epos » restent marquées par le sceau du gros son) et groove (tout de même!) de la section rythmique. Voilà le genre d’album qui accroche immédiatement l’oreille, réveillant l’excitation rock’n’roll tapie au fin fond de notre être, une sensation salvatrice et qui fait du bien. Au final, une grosse demi-heure galvanisante de bonheur heavy / garage rock, ça réveille !

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vendredi 24 décembre 2021

The Bobby Lees : « Skin Suit »

 


Les hésitations qui marquent l’intro du premier titre de l’album nous disent tout de l’urgence et de la rage de jouer qui habitent The Bobby Lees, tout jeune groupe originaire de Woodstock mené par Sam Quartin. S’en suit une décharge électrique d’une demi-heure absolument implacable ou défile tout ce qui caractérise le gros son étasunien. Guitares dont la saturation flirte avec le métal (« Riddle Daddy »), inspiration rock garage qui ne néglige pas la mélodie (« Redroom » ; « Wendy » ; « Mary Jo » ; la formidable reprise de "I'm a man") et vélocité punk tout du long, surtout perceptible dans le traitement sonore de la batterie, cohabitent ici dans un effort dominé par le chant terrible et incarné de la chanteuse Sam Quartin. Cette dernière apporte un grain de folie à l’album, module sa voix à l’envi suivant les ambiances, tout de même assez variées, et incarne le petit plus propre à distinguer son groupe du tout venant punk. D’une efficacité remarquable l’album file sans temps mort. S’il ne fallait qu’une seule raison de se précipiter, ce serait certainement ce « Ranch Baby », tentative psyché flippante situé en milieu de disque, que n’aurait pas reniée Iggy Pop. Un album qui vient rappeler, fort à propos, qu’une petite décharge électrique rock’n’roll ne fait jamais de mal.

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jeudi 23 décembre 2021

Cedric Burnside : « I Be trying »

 


Etrange parcours que celui de Cedric Burnside, batteur devenu chanteur/guitariste, et petit-fils de R.L. Burnside, une légende du Mississippi Hill Country Blues. Sur ce nouvel album Cedric reprend le flambeau de son grand-père s’illustrant avec maestria dans le même genre tout en mettant en valeur son talent multi-facettes et unique en son genre. A l’aise dans un contexte acoustique, c’est la sublime « The world can be so cold » qui ouvre l’album avec beaucoup de feeling. Mais comme on l’a vu auparavant, Cedric fut également batteur et cela s’entend avec beaucoup de bonheur sur ce nouvel effort tant il imprime un groove terrible aux compositions, avec feeling, au point de faire tourner la tête de l’auditeur et de rendre son blues hypnotique et totalement addictif (« You really love me » ; « Love is the key »). Cedric ne se contente pas d’essayer comme le prouve ce magnifique effort de haute volée !

https://www.cedricburnside.net/

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mercredi 22 décembre 2021

Meskerem Mees : « Julius »

 


Attention talent ! Il ne faut guère que 30 secondes de guitares folk délicatement arpégées avec feeling à la jeune Belge pour mettre l’auditeur sous sa coupe et ne plus le lâcher. Ainsi « Julius » le premier album de la chanteuse Meskerem Mees s’impose par sa simplicité et son caractère intemporel, l’artiste est d’une telle classe que seule une voix et une guitare suffisent pour que la magie opère. Quelques bruits de vagues ici, un violoncelle discret là, soulignent la voix éraillée transpirant le vécu de la chanteuse. Folk assurément mais la soul et l’esprit du blues ne sont jamais bien loin des aspirations de la musicienne, bien plus mature que ses 22 ans (seulement!) ne le laissent supposer. Cet album en forme de joyau sort aujourd’hui comme il aurait pu sortir en 1966, et s’il n’y a qu’une seule chose à retenir de ce bijou, c’est bien que la valeur n’attends point le nombre des années. La beauté n’a pas d’âge, ne cherchez plus la digne héritière de Joni Mitchell ou de Karen Dalton, elle est ici !

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lundi 20 décembre 2021

François Joncour : « Sonars Tapes »



Vous vous souvenez d’« Harvest » de Neil Young ou de « Bryter Layter » de Nick Drake ? Deux disques dont puissance mélodique était si forte qu’ils arrivaient à faire voyager l’auditeur dans les grands espaces de l’ouest étasunien pour l’un ou les vertes prairies anglaises pour l’autre. Et bien, toutes proportions gardées et dans une esthétique électro pop radicalement différente, le nouvel album du Finistérien relève pourtant de la même logique, à savoir transporter littéralement quiconque aura le bonheur d’y jeter une oreille. Elaboré en collaboration avec les chercheurs BeBEST du CNRS, qui a mis a disposition du musicien sa bibliothèque sonore, on retrouve sur le disque les sons maritimes captés en bord de mer, par hydrophones ou par Joncour lui-même, de l’Arctique à la rade de Brest (des glaciers se déchirant par exemple) comme autant de témoignages de la catastrophe du réchauffement climatique actuellement en cours (« la beauté d’une catastrophe » entends-t-on en cours d’album). Quand l’art vient au secours de l’écologie. Le matériau ainsi collecté est riche et François Joncour, par ailleurs adepte de pop, d’expérimentation électronique et de musique répétitive, le met à profit en mélangeant sons, électronique et instruments acoustiques (violons, guitares) dans un amalgame somptueux et hypnotique quoi que légèrement menaçant. Un enregistrement de terrain à classer tout près du « 60°43’Nord » de Molécule. Embarquement immédiat.

http://www.francoisjoncour.com/



dimanche 19 décembre 2021

Olivier Rocabois et Pollyanna, Péniche Antipode, 16 décembre 2021.


Un petit mot tout d’abord pour annoncer la naissance du label Acoustic Kitty dont l’artiste phare Pollyanna ouvre la soirée. Seule à la guitare, tantôt acoustique, tantôt électrique, cette dernière fait preuve d’une belle aisance sur scène dont elle occupe l’espace avec un humour qui transpire le vécu et les petits malheurs, rigolo ou non, du quotidien et les émerveillements de tous les jours. Plutôt d’obédience folk la musique de Pollyanna n’exclut pas quelques poussées de fièvre rock’n’roll et la chanteuse se révèle une guitariste remarquable arpégeant les cordes de son instrument avec beaucoup de feeling.

Vint ensuite notre héros du jour, Olivier Rocabois, qui, une fois n’est pas coutume, se produit ce soir entouré d’un vrai groupe comprenant basse, batterie, piano et, alternativement, trompette et une seconde guitare électrique. Une véritable armada bien décidée à faire honneur au remarquable dernier album du chanteur (« Olivier Rocabois goes too far ») une ode à la pop de chambre, entre baroque et psychédélisme. Pari tenu haut la main tant l’assemblage remarquable de musiciens ainsi regroupés retranscrit sur scène toute la folie douce qui anime l’artiste dans la création de sa musique. Groove terrible de la section rythmique et envolées barrées (selon les propres termes du chanteur) du clavier, sont ainsi au programme le tout souligné par l’ingrédient venu d’ailleurs, une forme de cheveu sur la soupe rock, incarné par la trompette. Sur scène, Olivier Rocabois exprimait le désir que sa « musique serve à quelque chose et au moins à rendre les gens heureux », qu’il se rassure le contrat est rempli au-delà des espérances. Voilà de quoi conclure en beauté une année de concerts, tronquée et bizarre, mais tout de même riche de quelques bons moments malgré tout.



jeudi 9 décembre 2021

The Dead South : « Sugar & Joy »

 


C’est au Canada, dans la province de Saskatchewan, bien loin des collines du Kentucky qui ont vu naître le bluegrass, qu’est né The Dead South, un groupe de bluegrass donc, à l’approche toute personnelle. Petit rappel pour commencer, le bluegrass, la country des collines, est exclusivement jouée sur des instruments à cordes (point de batterie par exemple). Dans le cas qui nous intéresse, banjo, mandoline et violoncelles sont à la fête (on note toutefois l’absence de violon). Mais la note toute personnelle vient de ces refrains d’inspiration pop/rock (cf. « Blue Trash ») qui viennent faire des irruptions impromptues au milieu des chansons, au débotté, avant une de ces accélérations démentielles typiques du genre. Une forme de grand huit au swing infernal (cf. « Black Lung ») où se côtoie folk (la magnifique « Broken Cowboy ») rock et country. L’auditeur finit l’écoute étourdi ! Alors The Dead South, faux groupe de rock ou vrai formation bluegrass ou inversement ? Peu importe dans le fond, « Sugar & Joy » est le genre d’album qui fait voyager, emmène très loin l’auditeur et ça fait du bien !

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mercredi 8 décembre 2021

Howlin' Jaws : « Strange Effect »

 


Howlin' Jaws, soit Mâchoires Hurlantes en français, réussit, par un étrange effet, à faire mentir la promesse de bruit et de fureur contenue dans le nom du groupe. Point de hurlements à la mort ici, ni d’attaques délirantes de guitares saturées. Nous avons droit, au contraire et c’est tant mieux, à un cocktail musical particulièrement fin, très inspiré par les années 60, dont l’influence se fait surtout sentir dans le chant (les voix sont sublimes cf. « Love makes the world go round »), et où le groove règne en maître du clavier à la batterie. Il ne fait point de doute que le trio s’y entend pour écrire et composer de chouettes ritournelles inspirées par le rhythm’n’blues, le blues (« Dust »), le rock garage et traversées d’éclairs de guitare psychédélique (« She lies »). L’idée de génie a été d’enregistrer l’album dans les mythiques studios londonien Toe Rag où le producteur Liam Watson a su magnifier le tout en cet album sublime et intemporel.

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lundi 6 décembre 2021

Sarah Amsellem : « Muses, les filles de la mémoire »

 


Si l’on prend en compte le fait que son premier album est sorti il y a seulement deux ans, tout est allé relativement vite pour Sarah Amsellem, artiste qui, jusqu’à présent, s’était distinguée avec des disques « faits maison » (cf. « Hidden Echoes », « Miracles ») ou acoustiques à l’esthétique dépouillée (l’ep « Sésame »). Ainsi ce nouvel effort de la chanteuse, sa quatrième sortie (en deux ans donc), marque une nouvelle étape avec, pour la première fois, le travail avec un producteur au regard extérieur, Jean-Charles Versari. La collaboration avec ce dernier a véritablement fait passer un cap à l’artiste qui enlumine les compositions et confectionne, à grandes lampées d’arrangements, entre sophistication et expérimentation, l’écrin parfait pour la voix protéiforme de Sarah (également comédienne voix-off) qui chante, récite ou susurre délicatement dans le creux de l’oreille, magnifiquement du début à la fin. Ainsi, ce nouvel effort s’impose comme la somme, la synthèse de tout ce qui a précédé. Les arrangements psychédéliques et barrés vont relativement loin, jusqu’à l’incandescence folle («Le Brasier »), et côtoient une forme d’évidence irrésistiblement pop et addictive (la délicieuse « Le Serment » construite sur une ligne de piano brisée et savamment déconstruite). Les ballades au charme rétro (« Au revoir à présent ») où le piano (jouet?) aigu fait planer un léger air de cabaret (« Ode à la plume de la ménagère ») constituent une autre esthétique prisée par la musicienne qui clôture, comme souvent, son album sur une composition dépouillée aux accents classiques (« L’hiver ») bouleversante à vous retourner le cœur. « Muses » est non seulement son travail le plus abouti à ce jour, mais également son projet le plus ambitieux, inspiré par la littérature (les textes sont signés de poétesses et autant de grandes plumes) et accompagné d’un recueil de neuf poèmes, composés par l’artiste, qui en a également dessiné pochette et couverture.

Sortie numérique le 10 décembre.

https://sarahamsellem.bandcamp.com/

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samedi 4 décembre 2021

Laurence Jones Band, Jazz Club de l’Etoile, Le Méridien, 02/12/2021


Qui de mieux que lui pour accompagner en musique le vernissage de l’exposition « Music Revolution » de Roger Kasparian (visible jusqu’au 2/03/2022 dans le hall de l’hôtel Le Méridien) ? En effet, par son habilité guitaristique, Laurence Jones s’impose comme le digne héritier du Blues British Boom des sixties, une position devenue hélas rarissime dans le pays d’Alexis Korner et de John Mayall. Une influence première que le jeune musicien mélange un son rock typé 60/70, clin d’œil au Rolling Stones et reprise de Jimi Hendrix à la clef, chargé en électricité donc mais auquel le clavier apporte la dose de groove nécessaire. Même s’il a parfois un peu tendance à trop couper les cheveux en quatre et à forcer un peu dans le rock, là où un supplément de feeling serait bienvenu, le concert réserve tout de même quelques chouettes moments où on se prend à taper du pied et à dodeliner de la tête. Et ça fait du bien de retrouver, même de manière artificielle, un peu de l’insouciance capturée sur les clichés de M. Kasparian dans les années 1960.

https://www.laurencejonesmusic.com/

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mercredi 1 décembre 2021

Modern Men : « Partout en France »

 


On peut, à l’écoute, se demander dans quelle faille spatio-temporelle Adrian d’Epinay (MNNQNS) et Quentin Pinçon (Greyfell) sont tombés quand ils ont fondé ce duo radical, dans le fond comme dans la forme. Faisait sien l’idiome punk, le duo en donne une rendition unique remplaçant l’électricité saturée par toute une artillerie électronique évoquant une rave party industrielle voire expérimentale, menée tambour battant sur un beat implacable, quelque part entre les années 1980 et 2021. Sombre, voire nihiliste, le duo met en sons son incompréhension, salutaire, face au monde. On reçoit le résultat comme on se prend une droite et ça fait mal ! Ames sensibles s’abstenir…

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mardi 30 novembre 2021

Dirty Deep : « A wheel in the grave »

 


Pour fêter dignement sa décennie d’existence, Dirty Deep sort ce livre rétrospectif. Et il s’en est passé des choses en dix ans, des premiers concerts en one man band, en passant par le duo guitare/batterie, pour finir en power trio. De l’électricité furieuse à l’acoustique, en collaborations prestigieuses (Jim Jones, James Leg), le groupe n’aura eu de cesse de se réinventer, de renforcer son idiome pour mieux asseoir son identité. Enfin pour que la fête soit complète, le livre est accompagné d’un EP au concept étonnant ou le groupe lâche la bride à ses invités (tous anglophones, ce qui en dit long sur le rayonnement international du trio) qui ont choisis les reprises. Du blues bien entendu (« Jealous Hearted Men » de Muddy Waters) en compagnie de Left Lane Cruiser mais aussi, bien plus surprenant, un essai au flow rap en compagnie de Pete Dio (« Catfish blues ») ou une version déchirée du « You’re gonna miss me » (13th Floor Elevator) avec l’excellent Scott H. Biram. Mark Porckchop Holder, Jim Jones et James Leg complètent le casting pour que la fête soit complète. Chouette !

Sortie le 03/12.

En concert le 10/12 au Supersonic (Paris)

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lundi 29 novembre 2021

Edith Nylon, Le Trabendo, 27/11/2021


Météorite punk/new wave à la toute fin des années 1970 (trois albums entre 1979 et 1982), séparés en 1983, Edith Nylon a remis le contact début 2020. Un retour stoppé net par la calamité qui a mis le monde à l’arrêt. Le nouvel album, le premier depuis 38 ans, est sorti il y a deux semaines et s’intitule « La fin de la vie sauvage ». Le ressenti des anciens punk, survivants dans notre « monde d’après » à la fois masqué et hyper connecté ? Quoi qu’il en soit, c’est masqué (puisque c’est désormais l’usage) que l’on reçoit le message ce soir au Trabendo, dans un étrange choc des époques. Et la musique dans tout ça ? Les cheveux ont certes un peu blanchi chez certains, mais l’efficacité est toujours de mise, les guitares bien en avant, le synthé en soutien, si le punk d’hier a gagné en maturité, en précision, signe d'une ambition musicale revue à la hausse, le geste reste, encore et toujours, imprégné de la rébellion électrique d'antan. Mais c’est bien au niveau des textes et des thèmes abordés que le groupe touche à l’intemporel. De « Mariage dernier délai » à « Attendez-moi » ; de « Femmes sous cellophane » à « Edith Nylon » (la chanson du même nom) les thématiques abordées par le groupe, sont toujours totalement actuelles aujourd’hui. Pas sûr cependant qu’il faille sans réjouir. Tout le contraire de la proposition musicale faite par le groupe, totalement euphorisante en 2021, comme elle l'était en 1979.

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dimanche 28 novembre 2021

Music Revolution, vernissage de l'exposition le 2/12

 


Le vernissage de l'exposition, le 2 décembre prochain, sera suivi d'un concert des Britanniques Laurence Jones Band au Jazz Club Etoile (81 boulevard Gouvion Saint-Cyr).

jeudi 25 novembre 2021

Mô’ Ti Tëi : « Well Dressed Exile : Second Hummin »

 




Derrière le pseudonyme barbare, que l’on se gardera bien d’essayer de prononcer, se cache un premier album tout en nuances folk et rock. Et oui, rock, car, derrière l’acoustique se niche des accès de rage vocaux (« Falling Down ») où une cavalcade de percussions folles (« Distant Madness ») entraîne la musique sur un terrain rugueux pour mieux s’en éloigner par la suite empruntant des sentiers délicatement arpégés (« Dying of boredom » ; « Gently Kissing »). Un album tout en nuances donc, un grand huit émotionnel où la férocité musicale monte redescend aussi vite qu’elle est montée, magnifiquement incarné par un chant renouant avec certaines intonations du regretté Jeff Buckley (c’est dire!) Un soupçon de blues ou de country, voire de flamenco, savamment entretenu et gentiment enivrant (« A brand new start »), achève de nous convaincre du bien fondé de la démarche. C’est album qui va vous faire voyager très loin !

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mercredi 24 novembre 2021

MASSTØ : ĀPĪ

 


A eux trois, Thomas Orlent (chant, guitare), Timothée Poncelet (batterie) et Matthias Colombel (basse) forment le groupe Masstø. Un power trio de facture classique mais qui a l’art de détourner l’habituel sens de la formule. Pas tout à fait rock, pas totalement blues ni franchement soul mais un peu des trois à la fois, le trio n’a pas son pareil pour faire cohabiter un sens du groove ravageur (« Ocean ») avec des guitares vitaminées (« Woman » ; « Misery ») pour un grand numéro de charme blues (« I’m not your man anymore » ; "Black Snake") dont l’apparente économie de moyen sert le propos. En effet, enregistré près l’os et sans ostentation, la musique met en valeur la sincérité des protagonistes dont le feeling vénéneux se propage à chaque note. Réussi !

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mardi 23 novembre 2021

Cancre : « Étrangler »

 


Le trio des frères Millasseau hausse le ton sur ce deuxième EP. Toujours inspirée par les poèmes écrits par leur arrière-grand oncle Marcel Millasseau, en plein cœur des tranchées de la première guerre mondiale, et redécouverts par hasard dans un grenier familial, la fratrie se place dans un étrange entre-deux temporel. La plume, les mots de Marcel Millasseau sont très ancrés dans l’époque où ils ont été posés sur le papier, une ambiance surannée à laquelle la musique prend le contre-pied, avec habileté, dans une dynamique tout à fait contemporaine. Il est tout d’abord captivant, et inquiétant aussi, de constater à quel point les mots du début du vingtième siècle résonnent avec acuité aujourd’hui. Ensuite, force est de constater que Cancre à réussi son coup et à trouvé le juste titre pour ce nouveau disque. « Étrangler », oui c’est tout à fait cela tant la musique prend l’auditeur à la gorge dans ses moments les plus intenses (cf. « Survivants »).

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dimanche 21 novembre 2021

Olivier Rocabois et Pollyanna en concert à La Péniche Antipode le 16/12

 


Phillip-Michael Scales : « Sinner-Songwriter »

 


Neveu du légendaire BB King, Phillip-Michael aurait pu facilement passer pour un enfant de la balle. Erreur, car c’est loin du blues que l’artiste a débuté son parcours musical avant d’être rattrapé à son tour, au décès de son célèbre oncle. Pour se faire, Phillip-Michael a inventé son propre style celui de sinner (pécheur) songwriter (auteur-compositeur) et ce n’est pas par hasard que l’album débute avec le titre « Feels like home ». Car si effectivement le chanteur se sent comme à la maison dans la note bleue ("Troubled Water"), l’envie de passer la porte vers d’autres horizon, gospel (« Send me there ») ou soul (« Lay it on me ») se révèle rapidement irrépressible ; alors que « When they put me in my grave » scelle la rencontre avec un autre célèbre neveu, Archie Lee Hooker. Doté d’un véritable savoir-faire et bien entouré, le chanteur incarne vocalement à merveille les différents styles dévoilant, au fur et à mesure, les différentes nuances et émotions restées planquées dans le fond de sa gorge. Et il y a là largement de quoi passer la déprime hivernale (l’euphorisante « Another man’s sin ») en dépit d’une production parfois un peu trop grandiloquente (« Your love’s working me to the bone »).

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The Lonely Tunes of Pepper White


Lorsque les Madcaps, dont il était le chanteur, ont tiré leur révérence, Thomas Dahyot pensé être définitivement rangé des guitares. Mais c’était sans compter sur ce piano, qui lui faisait de l’œil. Dès lors, deux options se proposaient à Thomas, remiser les rêves artistiques et s’engager sur une autre voie ou alors entamer sa mue. Et Thomas devint Pepper White. Un drôle d’ingrédient que ce poivre blanc, piquant sans avoir l’air d’y toucher. Un peu comme ses nouvelles compositions, remisées du garage rock qui a fait la réputation de son groupe précédent, et dont l’épice rock’n’roll est bien planquée sous le vernis pop. Appelons cela un pas de côté, une incarnation différente des mêmes sources d’inspiration : le rock et la pop des années 60 (l’excellente « Rom Com »), l’acoustique chaleureuse (« Ok Alright ») et un soupçon de blues/soul (« Still in love with you » qui découle de « Fever » ; « Home Alone » comme un Screamin’ Jay Hawkins revisité) comme un grand écart entre le Swinging London et le Delta du Mississippi. Tout ce qui fait qu’un album se dit intemporel se retrouve ici. Le sentiment d’intimité immédiate avec la musique, la chaleur qui découle naturellement des enceintes, alors que les chansons défilent. C’est dans le fond, assez réconfortant.

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mercredi 17 novembre 2021

Komodor

Des Who (dans leur acceptation la plus synthétique) à Peter Frampton, un peu de psychédélisme, de hard rock et beaucoup de glam, c'est le trio gagnant, et tout un pan du rock des années 1970, que le groupe breton se fait fort de faire revivre, en assumant jusqu'au bout leur obsession nostalgique. Après deux vidéos efficaces, et fortes en décibels, on peut d'ores-et-déjà affirmer que la sortie de leur premier album "Nasty Habits", le 17 décembre prochain (pile pour Noël dis-donc !) s'annonce comme l'évènement de cette fin d'année.