mardi 3 février 2026

Stone of a bitch : « Ludwigtory »

 


Reprenant à son compte une esthétique qui fit, naguère, les beaux jours de groupes fameux, et ce depuis Kiss dans les années 1970, Ludwig arbore un sublime masque de tête de mort à crête. Ceci ajouté à la photo d’un ampli après implosion dans l’artwork intérieur du disque pourrait laisser à penser que l’on est en présence d’un nouvel avatar punk. Ce qui est à la fois vrai mais par trop réducteur. Du punk Ludwig en a gardé l’attitude et une certaine appétence pour les guitares saturées, dans une juste mesure, qui parsèment le disque (« Shacket to the royal »). Et qui en l’espèce s’amalgament à des nappes électro (la magnifique « Home » flirtant avec la cold wave), pour un résultat parfois surprenant, comme « ł-Twin », la moins rock et peut-être la meilleure de cette courte livrée.

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dimanche 1 février 2026

The Harlem Gospel Travelers : « Rhaspody »

 


C’est ce bon vieux Eli « Paperboy » Reed qui a suggéré à Ifedayo, George Marage et Dennis Keith Bailey III, un magnifique trio de chanteurs, d’enregistrer cet album de reprises piochées dans le catalogue de Numero Group. N’y allons pas par quatre chemins, le résultat est absolument sublime ! Ancré dans le gospel, mais aussi la soul, dans la grande tradition des années 1960 et 1970, le disque est à la hauteur des grands classiques du genre. Entouré d’un groupe aux petits oignons (dont Eli « Paperboy » Reed à la guitare), le groupe magnifie les reprises, toutes débordantes de soul et de groove. Véritables Temptations des temps modernes, les trois membres des Harlem Gospel Travelers se relaient derrière le micro, le trio en profite pour varier les plaisirs, de la voix de tête parfaite pour les ambiances plus soul au timbre de gorge plus musclé pour les titres débordants de ferveur gospel. Trente et une minutes, c’est presque avec frustration, un sentiment de trop peu, que s’achève l’écoute de ce merveilleux album, dont la moindre seconde est à chérir.

En concert le 2 février à La Maroquinerie (Festival Les Nuits de l’Alligator)

https://www.facebook.com/harlemgospeltravelers




samedi 31 janvier 2026

The Twin Souls + Saint Negus, Supersonic Records, 30 janvier 2026.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, commençons l’année par une bonne claque ! Musicale bien entendu ! La scène se passe dans la petite salle du Supersonic Records, ancien disquaire reconverti en salle de concert, et sur la dite scène nous retrouvons Saint Negus soit trois musiciens guitare, basse, batterie. Très classique. Mais boosté par une énergie hors du commun les trois lascars possèdent ce petit je ne sais quoi qui donne envie de sauter au plafond (coucou les agités du premier rang!) Les compositions, dopées au décibels font le lien entre le classic (hard) rock des années 1970 et les années 1990 (cf. la reprise de « Killing in the name of » de Rage Against The Machine) et le bassiste nous gratifie d’un solo, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Cependant lorsque la tempête de décibels se calme autour de lui Saint Negus laisse transparaître un grain de voix sensible et émouvant (spécialement sur le dernier titre chanté en arabe). Comme quoi il n’est pas seulement question de rage et de fureur mais aussi, surtout, de musique. Le genre de concert qui fait du bien, c’est réjouissant !

https://www.facebook.com/st.negus


Il y a des formations qui possèdent un petit quelque chose en plus qui, au-delà de la musique, sont une famille. C’est le cas avec le duo qui nous occupe aujourd’hui, les Twin Souls, originaire de Toulouse et composé de la fratrie Martin et Guilhem Marcos, fusionnels au point de boire dans la même gourde. Autre originalité, les deux sont multi-instrumentistes et s’échangent régulièrement (tous les deux titres environ) le tabouret derrière la batterie tout comme le chant lead et la guitare. Etre à deux signifie également faire le maximum avec les moyens à disposition comme d’assurer les claviers avec le pied tout en jouant de la guitare (sinon ce n’est pas drôle). Pour le reste, comme il est de coutume, le groupe fait chauffer les amplis et envoie le watt mais pas seulement. Possédant suffisamment de tiroirs leurs compositions sont une sorte de trait d’union entre le rock garage, les guitares abrasives en ingrédient principal, et la pop plus sophistiquée. On décèle même une pointe de groove grâce aux claviers. Les compositions changent souvent de direction, réservent de nombreuses surprises, coupes diverses et break de batterie à la clé. Le tout joué avec enthousiasme, énergie et charisme. Super groupe !

https://www.facebook.com/thetwinsoulsband


vendredi 30 janvier 2026

The James Hunter Six : « Off The Fence »

 

C’est une excellente nouvelle pour bien commencer l’année : The James Hunter Six a sorti un nouvel album ! Une sortie en forme de nouveau départ pour le Britannique, dorénavant signé sur le label de Dan Auerbach, qui inaugure ainsi de fort belle manière cette nouvelle collaboration. Autre bonne nouvelle, la voix de James Hunter, qui semblait cassée, éraillée, sur les derniers disques, retrouve sur ce nouvel effort tout l’éclat (ou presque) de ses jeunes années. Autour de lui, son groupe tresse l’écrin parfait pour le crooner. Il est bien entendu question de soul, voire de blues, mais très largement teintée d’une couleur jazzy toujours aussi raffinée. Une rareté sur la scène soul britannique. L’album dégage ainsi un swing élégant, magnifié par une écriture soignée et produite au millimètre (« Gun Shy »). Les aficionados du Britannique savent qu’il n’y a rien de réellement nouveau ici, mise à part les arrangements calypso sur le titre d’ouverture («Two birds with one stone »). Mais qu’importe, intemporelle, la musique de James Hunter n’a pas d’âge et s’écoute avec toujours autant de plaisir.

En concert le 7 février au New Morning.

https://www.jameshuntermusic.com/

https://www.facebook.com/TheJamesHunterSix/



jeudi 29 janvier 2026

Eric Bibb : « One Mississippi »

 


Incarnation de l’élégance absolue, la classe musicale faîte homme, Eric Bibb sort un nouvel album ! Les fidèles de cette page le savent, le savoir-faire musical et le raffinement d’Eric Bibb n’a que peu d’équivalent et ce n’est pas ce nouvel effort qui nous fera mentir. Habitué des arpèges acoustiques délicats, toujours présents sur ce disque mais de manière plus parcellaire (cf. « Go Down Ol’Hanna » ; « New Window ») Eric a cependant changé de costume optant pour un univers plus orienté funk/pop. Un soupçon de groove supplémentaire habite donc la musique, ce qui convient parfaitement à son timbre de voix, toujours aussi velouté, et lui permet de dominer de la tête et des épaules ces arrangements pop en leur conférant une âme bienvenue. Car si l’habit change un peu sur certains morceaux, le fond reste le même. Toujours fidèle à lui-même Eric Bibb reste ce songwriter pétri de blues, de folk et d’americana (cf. « The Good Life »), genres qu’il aborde avec la sagesse d’un vieux maître et une grande humanité. Une réussite supplémentaire à mettre au crédit de ce grand artiste.

En concert le 20/02 au New Morning.

https://www.ericbibb.com/

https://www.facebook.com/EricBibbMusic





mercredi 28 janvier 2026

Kloé Lang : « Interstices »

 


Sur ce deuxième EP, la chanteuse nous invite à nous glisser dans les interstices, ceux séparant le calme et la tempête, la joie et la peine… Et au bout du tunnel, on l’espère, l’espoir. Ce dernier prend ici la forme de six chansons qu’il soit question de surmonter un deuil (« La peine s’en va ») ou une relation toxique (« Mon Vautour »). La réflexion se poursuit sur le plan musical où les arrangements se glissent également entre des interstices séparant la chanson de l’électro, les sonorités organiques des claviers vintages ou autres audaces sonores (« Sirène »). Une palette sonore assez large, magnifiée par le Britannique Michael Wookey, constituant un magnifique écrin pour le chant émotif et émouvant de Kloé qui n’est pas sans rappeler Barbara.

En concert le 18/03 aux Trois Baudets

Www.kloelang.com




mardi 27 janvier 2026

Telemac

 


Venu de Montpellier, ce jeune quatuor se distingue par une approche oblique du rock où les influences s’amalgament avec bonheur. Ainsi, Telemac se révèle à l’aise dans le maniement expert des guitares, carrées et efficaces, à la manière des groupes garage (cf. « Through My Love ») sans les afféteries sixties inhérentes au genre. Une approche directe qui ne les fait pas renoncer à des arrangements ambitieux, aux claviers de toute sortes donnant une dimension « spatiale » au groupe, psychédélique voire progressive (« Firefly », « A Bit Of Blue Sky ») à leurs compositions. On plane à l’écoute de l’EP (« Two For The Best »), mais attention, c’est parfois dans l’obscurité lorsque la pièce se retourne du côté de la cold/new wave (« Motherland »). Si on rajoute à l’équation une appétence certaine pour le rock anglais, perceptible dans le chant, on n’est pas loin d’obtenir, si ce n’est un graal rock, de fort séduisants débuts. Prometteur !

https://www.facebook.com/telemacmusic




dimanche 25 janvier 2026

BlauBird, Théâtre Antoine Vitez, Ivry, 16 janvier 2026.

C’est très probablement à un acte de naissance que l’on a assisté en ce samedi soir sur la scène du théâtre Antoine Vitez d’Ivry. Masquée derrière un rideau blanc, en ombre chinoise, telle une présence mystérieuse, la chanteuse BlauBird (Laure Slabiak à l’état civil) lance son nouveau projet artistique. La chanteuse apparaît tardivement après une longue introduction instrumentale. Au sein d’un nouveau groupe où se mélangent figures habituelles : Nicolas Beck (tarhu) ou Rémi Fox (saxophone) ; d’autres plus épisodiques (son mari Olivier Slabiak au violon, à la présence scénique plus rare) voire carrément nouvelles (la batterie assurée par Bastian Pfefferli, une première) BlauBird lance la première étape d’un nouveau projet qui doit aboutir à un troisième album sur le thème général de la nuit (au sens propre comme au figuré). D’ici là, la chanteuse teste de nouvelles chansons, en rejoue quelques anciennes, tout en restant fidèle à l’univers qui a fait sa réputation. Les échos du chant lyrique apparaissent lorsque sa voix s’élève au-dessus des contingences, la musique classique (Bizet, Schoenberg) voire baroque (Marin Marais) s’amalgame aux chansons, les langues dialoguent entres elles (arabe, yiddish, français, anglais) dans un geste humaniste, la poésie toujours omniprésente. En ce sens, l’apport de la batterie s’avère fondamental, servant merveilleusement le propos lorsque l’ambiance s’orientalise, et constitue un point d’appui capital pour que la musique s’envole. Enfin, sachons rendre grâce à BlauBird pour ce geste hélas trop rare sur la scène française. Là où d’autres invectivent, vocifèrent, la chanteuse propose une autre voie, plus rare et ô combien précieuse : celle de la tempérance, du dialogue entre les cultures, de l’amitié entre les peuples, de l’acceptation mutuelle, nécessaire étape vers la paix. Qu’elle en soit ici remerciée.

https://blaubird.bandcamp.com/music

https://www.facebook.com/blaubirdmusic/


Martin Dupont + Kas Product Reload, La Marbrerie, 16 janvier 2026.



La foule des grands soirs s’est présentée dans une Marbrerie archi-comble pour une soirée fleurant bon les années 1980.

Soyons honnêtes, personne n’aurait misé un kopeck sur la survie de Kas Product (fleuron cold wave à Nancy dans les années 1980) après le décès du regretté Spatsz en 2019. Loin de passer l’arme à gauche la (toujours aussi sublime) chanteuse/guitariste Mona Soyoc en a décidé autrement relançant la formation en compagnie de Thomas Bouetel (claviers, machines) et du bassiste Pierre Corneau (un vétéran passé par les Nus ou Marc Seberg). C’est donc en trio, et sous le patronyme Kas Product Reload, que la formation s’est présentée sur scène pour un set totalement enthousiasmant mêlant attaque rock frontale, danse gothique et hypnotisme électronique. Magnifique.

https://www.facebook.com/kasproduct.reload


Plus au sud, à Marseille, toujours dans les années 80, se trouvait Martin Dupont (probablement le pire nom de groupe de toute l’histoire) une formation au destin contrarié, un peu oubliée chez nous, mais objet d’un véritable culte à l’international depuis que certaines stars ont samplé sa musique avec un malin plaisir. A la tête du groupe on retrouve Alain Seghir, chirurgien de profession, qui a abandonné la musique pour se consacrer à sa carrière médicale, l’une semblant incompatible avec l’autre. Après un hiatus long de plusieurs décennies, Alain a ressorti les synthés, relancé le groupe avec un bonheur total. Un album magnifique, sorti en fin d’année dernière, sous le bras, le groupe se présente en quatuor sur scène (le saxophoniste manque à l’appel) pour un set merveilleux. Sombre et hypnotique, le groupe enveloppe l’auditeur dans une bulle synthétique dark et envoûtante, mené par la voix de gorge traînante d’Alain Seghir (ce dernier retrouve par la suite son accent marseillais quand il s’adresse au public, le contraste est étonnant!) On trippe en musique à leur écoute, on plane sur leurs nappes synthétiques, tel un gothique perdu dans une immense zone noire dans laquelle il fait bon s’égarer. Superbe !

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jeudi 15 janvier 2026

The Twin Souls : « Highs and Lows »

 


A eux deux, les frères Marcos (prénommés Guilhem et Martin) forment un duo pour le moins atypique. Tous deux chanteurs, guitaristes, batteurs, bassistes et claviéristes, la fratrie s’échange régulièrement les instruments et jouent l’intégralité de l’album en duo. Deux Eps avaient déjà permis de découvrir l’étendue de leur talent que vient confirmer ce premier album assez ambitieux, que les deux frères ont eu l’audace de produire eux-mêmes, sans vraie expérience préalable de l’exercice. Et pourtant point de tâtonnement à l’écoute du résultat ! C’est même l’exact inverse. Partant d’une base relativement commune rock garage et d’un gros son inspiré par d’autres fameux duos (Black Keys, White Stripes ou Royal Blood), les deux frères atteignent une ampleur sonore inédite, assument la prise de risque de leurs arrangements, pour finalement atteindre un firmament pop donnant une toute autre dimension à leurs compositions. L’album est certes riche de guitares saturées et brûle de cette urgence garage, les amplis dans le rouge. Une abrasivité qu’ils tempèrent immédiatement par des sifflotements que l’on jurerait issus du corpus d’Ennio Morricone ou des claviers digne des Beatles. Un grand écart constant qui constitue le sel de cet effort particulièrement consistant. A souligner enfin pour finir l’apparition surprise du français sur le titre « C’est la vie ».

En concert au Supersonic Records le 30/01

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https://thetwinsouls.bandcamp.com/album/highs-lows






dimanche 11 janvier 2026

Atua Blues : « Two Roots »

 


Les histoires les plus improbables sont souvent les plus belles, et celle qui a précédé à l’enregistrement de ce premier album ne nous fera certainement pas mentir. Derrière le patronyme mystérieux d’Atua Blues se cache en fait deux voix bien connues des lecteurs de cette page : Grant Haua et David Noël. Faisant fi des distances folles les séparant, le Néo-Zélandais (fin songwriter et guitariste proprement bluffant) et le chanteur occitan (par ailleurs voix des SuperSoul Brothers) se sont donc lancés dans ce projet de groupe. Un projet bien improbable donc, attendu que la moitié de la surface du globe les sépare. Seul un miracle pouvait les regrouper dans le même studio. Miracle qui n’aura finalement pas lieu puisque tout s’est concocté à distance mais qu’importe puisque l’album est bel et bien entre nos mains et, surtout, qu’il se fraye un chemin entre nos deux oreilles ! Quelques concerts partagés lors des tournées hexagonales de Grant Haua auront suffit aux deux compères pour trouver une alchimie musicale, mais, alors, quelle alchimie ! Two Roots, deux racines, proclament-ils. La formule semble particulièrement heureuse en effet. Voici un album qui coule de source et déroule tranquillement sa chaleur acoustique (« River Blues » ; « I get the blues »), sa ferveur soul/gospel (« No Competition » ; « Amazing Grace » qui ouvre les agapes) et tempère ses velléités rock’n’roll (« Hard Lovin’Woman ») sur un soyeux tapis mélodique (« My Sweet Lord » reprise de George Harrison). Trouvant très probablement ses racines dans les grands classiques des années 60 ou 70, le duo ne fait pourtant pas de la nostalgie le cœur de sa musique. L’alchimie rare de ces deux voix, si particulières, au service d’un jeu de guitare totalement atypique (« Rose ») fait toute la différence et donne son identité au projet. Voici une proposition musicale intemporelle, aussi forte que décalée, qui réchauffe le cœur et les âmes. Un classique instantané, écoutez-le, il fait du bien.



dimanche 4 janvier 2026

Child of Ayin : « Top of the Sinaï »

 


Mené par le chanteur/guitariste franco-américain Jonathan Sellem, Child of Ayin sort son premier album. Un projet bicéphale, le recto est bleu et voit l’artiste incarner le cow-boy, le verso est rouge et voit Sellem se transformer en indien chamanique. Et entre les deux, tout ce que la musique étasunienne racinienne compte de courants, se voit transformer par le prisme cosmique de notre cow-boy. Ainsi, l’album n’est pas avare en arpèges folks délicats où la voix du chanteur se veut caressante, avec un soupçon de country bienvenu. Un voix qui n’a de cesse de se transformer tout du long de l’album : incantatoire quand le gospel s’invite dans les débats, plus affirmée et forte pour escalader le mur de guitares lorsque ces dernières chauffent quitte à flirter avec le métal. Un voyage sonore tourneboulant, et soigné dans les moindres détails. Une réussite.

https://www.facebook.com/childofayin




mercredi 31 décembre 2025

Johnny Blue Skies : « Passage du désir »

 


Un patronyme pour le moins énigmatique et un titre d’album qui fleure bon la France et Paris. Et c’est d’ailleurs avec un air d’accordéon évoquant une capitale qui n’existe plus que débute l’album. Le tout semble trop typique pour être vrai et pour cause ! Le fameux Johnny Ciel Bleu n’est autre que le nouveau nom d’artiste de Sturgill Simpson, un musicien de country alternative bien connu, de retour après une longue période d’abstinence. Nonobstant une pochette « parisienne », l’album est bel et bien un disque de country/americana/bluegrass pur sucre mais façon Sturgill Simpson. C’est a dire à la manière d’un artiste qui autant à cœur de s’inscrire dans une lignée patrimoniale que de s’en défaire. Ainsi, l’idiome revu et corrigé par Simpson se teinte d’une couleur planante, aérienne, les nappes de lap-steel en guise de piste de décollage (les huit minutes et quelques de "One for the road") et d’une tentation soul (« Jupiter’s Faerie ») voir rock au-dessus desquelles plane la voix du chanteur. Produit et arrangé avec soin, cordes à l’appui, « Passage du désir » rappelle surtout l’immense auteur/compositeur qu’est Simpson. Recommandé.



mardi 30 décembre 2025

Floo Flash : « Rose Bonbon »

 


Il y a des noms plus évocateurs que d’autres. En nommant son EP « Rose Bonbon », du nom d’une défunte discothèque mythique située dans le sous-sol de l’Olympia, Floo Flash nous replonge en pleine nostalgie eighties. Et pour cause, Floo Flash n’est autre que la nouvelle incarnation d’une formation mythique du rock français des années 1980, signée chez New Rose et ayant assuré les premières parties de pointures internationales telles que U2 ou REM ! Passé depuis longtemps à autre chose, c’est en exhumant une antique cassette de 1985 (sur laquelle on retrouve le titre « Mon Idole » présente sur ce nouvel EP) qu’Hervé Paul (guitare et chant) a senti l’impérieuse nécessité de relancer son groupe. Et c’est donc avec une certaine émotion que l’on découvre ce nouveau disque, un peu comme on traverserait une passerelle imaginaire entre le passé et le futur. D’obédience power pop, énergique et justement dosé en guitares, l’EP trahit son appartenance aux années 1980, notamment palpable dans les textes du groupe. Mais en appliquant à sa musique une production et une dynamique tout à fait moderne, le trio évite intelligemment le passéisme rance. Ces cinq titres sont autant de petites bombes pop, prêtes à faire pétiller les oreilles. Champagne ! Espérons que ce nouvel EP marque un véritable nouveau départ pour Floo Flash et ne reste pas un coup d’épée dans l’eau. A coup sûr, ces musiciens ont encore beaucoup à offrir.

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lundi 29 décembre 2025

The Guilteens : « Heavy Letters »

 


Entre autres originalités, ce quartet venu d’Irlande, possède la particularité de compter un guitariste / trompettiste en son sein. Loin d’être anodin, ce détail dénote la volonté de sortir des lieux communs pour s’ouvrir à de nouveaux horizons. Ce premier EP nous en apporte la preuve manifeste mélangeant, avec bonheur, le spleen downtempo atmosphérique (« Born Evil ») et le psychédélisme (« Saviour » peut-être le meilleur titre de cette courte livrée) flirtant à l’occasion avec le grand écart expérimental (« Further Down The Channel »). Le tout baigne dans une délicieuse ambiance 90s (« The Monolith »). Concentré sur quatre titres l’EP peut désarçonner l’auditeur tant il donne l’impression de sauter du coq à l’âne. Cependant, l’ensemble est suffisamment prometteur (et produit avec beaucoup de soin) pour que l’on s’autorise à attendre la suite avec curiosité.

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samedi 27 décembre 2025

Dom Mariani : « Apple of life »

 


Voici un album inattendu ! Les nostalgiques des années 1980 se souviennent certainement des Stems, fine fleur du rock garage/psychédélique australien et de leur album « At first sight, violets are blue » (1987). Contre toute attente revoici leur leader Dom Mariani revêtu d’un nouveau costume, celui d’un songwriter power-pop. Mais on ne se refait jamais totalement et l’idiome, revu et corrigé par l’Australien met définitivement l’accent sur le côté « power » de l’affaire, à l’aide de guitares vitaminées (« Apple of life », petit clin d’œil aux Beatles, également en rappel sur la sérigraphie ornant le cd). Dans ses meilleurs moments, l’album n’est pas si éloigné de Big Star (« World on its head ») voire d’un Bowie (« Sad state of affairs »), c’est dire le niveau auquel évolue Mariani. De solides compositions auxquelles la présence d’une lap-steel apporte une petite touche americana du plus bel effet (« Where do lovers go » ; « Jangleland » ; "Jealous Love"). Classique dans sa forme, les 11 plages qui composent l’album font montre d’un impeccable savoir faire à l’ancienne. La confirmation de l’excellence du songwriter, hélas trop méconnu par chez nous. On rêve d’en avoir la confirmation sur scène.

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Romain Podeur : « Le bordel à l’intérieur »

 


Romain, que l’on avait connu autrefois sous le nom de Candide, entame un nouveau projet sous son nom propre dont il s’agit du premier album. Aussi improbable que cela puisse paraître, ce disque inaugural est le résultat de la rencontre entre Romain et Steve Hewitt, l’ancien batteur de Placebo (!) que le chanteur/guitariste qualifie comme « le bon batteur, celui qu’il fallait ». On ignore ainsi par quel miracle les deux compères se sont retrouvés dans le même studio, mais toujours est-il que la paire a enregistré l’intégralité de l’album en duo - une première pour le batteur peu habitué de la scène française - au fil des allers-retours de Romain dans le Surrey. Néanmoins, la connexion a belle et bien eu lieue et l’apport du batteur semble indispensable pour apporter cette touche rock essentielle. Les amplis chauffent, les aiguilles dans le rouge, tous les curseurs sont montés d’un cran : les guitares se font plus abrasives (« Un peu de tout ça »), le chant également (cf. « Comme la Joconde » ; « Sous le viaduc de Morlaix » où le chanteur est poussé dans ses retranchements suivant la pulsion rythmique) et, sans Hewitt derrière les fûts, il y a fort à parier que l’album serait tombé dans le côté obscur de la chanson pop (« On dit oui à tout » ; « Mon Himalaya » présente en deux versions électrique puis acoustique). Si c’est « le bordel à l’intérieur », fort est de constater que sur le plan musical, Romain garde les idées claires. Son nouvel effort est de très haute tenue, produit avec soin (« Chacun son odyssée » sous influence Beatles), aux textes et aux mélodies soignés ("Chérie, Chérie" ; "Jamais Assez"), ce qui n’est pas antinomique avec la haute énergie rock’n’roll déployée. Preuve en est faite sur ces 13 plages.

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jeudi 25 décembre 2025

Loudon Wainwright III, L’Archipel, 22 décembre 2025.




Sacré Loudon ! Annoncé au débotté, Loudon Wainwright s’est produit sur la scène de l’Archipel, trois jours avant Noël, alors que l’on pensait que toutes les salles de concert de la capitale étaient fermées pendant la trêve des confiseurs. Seul avec une guitare folk empruntée à un ami (un certain Michel) Loudon a tenu la scène pendant près de deux heures revisitant ainsi les quelques cinquante années de sa carrière. Du folk, un peu de blues, un peu de country constituent le sel d’un concert en roue libre en partie improvisé. L’Américain s’est ainsi laissé aller, assez rapidement, au petit jeu des suggestions auprès du public, soit autant d’occasion de ravir le public de son sens de l’humour ravageur (cf. ses tirades sur les mots de passe ou la conspiration adulte concernant le Père Noël), instaurant ainsi une connexion quasi intime avec le public. Un concert à la fois émouvant lorsqu’il s’est agi de rendre hommage aux disparus qu’hilarant (« on souffrira ensemble ironise-t-il sur l’absence de bar dans la salle rouge du bas), le tout dans un ambiance débonnaire et à la bonne franquette. Quelle meilleure manière de finir cette année de concerts ?

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mercredi 24 décembre 2025

The Hives forever forever The Hives

 


Les Hives pour toujours ! Près de trente ans (et oui!) après leurs débuts, force est de constater que les Suédois n’ont jamais vraiment dérivé de leur ligne, sans pour autant lasser, un petit exploit en soi, qui fait qu’aujourd’hui leur nouvel album s’écoute comme on écouterait un best-of. En résumé voici un album qui file sur une autoroute sonique, guitares abrasives et tempo échevelé à l’appui (« They can’t hear the music »). L’affaire est pliée en une petite demi-heure environ et entre-temps l’auditeur à l’impression d’être passé à la lessiveuse. Quelques détours par le punk (« O.C.D.O.D. ») et la new-wave énervée (« Legalize Living ») se greffent sur le rock garage teinté de hard-rock seventies (on note une discrète citation d’AC/DC) typique du quintet (« Roll out the red carpet »). Intrinsèquement rythmique, énergique par essence, le groupe réussit à mettre en valeur son sens de la mélodie (« Born a rebel ») maintenant un équilibre constant dans ses compositions. Sans pour autant surprendre, creusant toujours un peu le même sillon, The Hives réussit pourtant à nous scotcher les oreilles, une fois encore, dans ce style fort en décibels, qui nous ravit, et dont ils sont l’un des plus dignes représentants.

https://thehives.com/

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dimanche 21 décembre 2025

Great Lake Swimmers : « Caught Light »

 




Ainsi, le nouvel album du groupe mené par Tony Dekker, voit ce dernier « chercher la lumière ». Et, sans prendre trop de risques, on pourrait bien affirmer qu’ils l’ont bien trouvé, cette fameuse lumière. Alors certes, depuis une vingtaine d’années, les Canadiens ont aligné les albums remarquables avec une admirable constance. On devrait finir par avoir l’habitude. Mais la musique a ceci de magique que l’on ne se lasse jamais des belles choses. Et ce nouvel effort ne dévie pas de la règle. Des guitares folk, de la lap-steel : une fois encore les Great Lake Swimmers nous transportent, en musique, vers les grands espaces fantasmés dans ce territoire nord-américain qui, en musique du moins, ne cesse pas de nous faire rêver. Emprunt d’émotion, le chant de Dekker attrape l’auditeur par l’oreille dès le morceau d’ouverture « One more dance around the sun » pour ne plus lâcher l’auditeur. Ni passéiste, ni révolutionnaire (on s’en fout un peu à vrai dire) juste d’une beauté intemporelle, ce nouvel album est aussi beau qu’un couché de soleil.

https://greatlakeswimmers.com/

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mercredi 17 décembre 2025

Gaspard Royant + Bobbie, La Maroquinerie, 16 décembre 2025.

Elle nous avait charmé avec son premier album, « The Sacred in the Ordinary », en 2024, aussi c’est avec une certaine émotion que l’on découvre Bobbie sur scène pour la première fois. Seule avec sa guitare folk, cette dernière s’attaque à un exercice pour le moins compliqué. En dépit des limitations de la formule qui, soyons honnêtes, ne rend pas vraiment justice à la richesse harmonique de son album, la magie qui entoure la musique de l’artiste fonctionne à plein. Sa voix est superbe et résonne magnifiquement, avec émotion, entre les murs de La Maroquinerie. L’impression de voyager dans le temps vers un lieu, Laurel Canyon, et une époque, les sixties, fantasmés, est palpable. L’artiste nous a réservé deux surprises, une nouvelle composition pleine de promesse pour la suite, et une reprise, de très haute facture en dépit du stress et des doutes de l’artiste, de sa chanteuse préférée, la grande Joni Mitchell. Un très beau moment.

https://www.facebook.com/bobbiemusicofficial


C’est une tradition entamée l’an dernier, au Petit Bain, avec laquelle on renoue avec bonheur en ce mardi soir : le concert de Noël de Gaspard Royant ! Déjà, parce que, en dehors de Gaspard, on ne voit pas très bien qui, dans ce pays, peut se livrer à l’exercice, périlleux, des chansons de Noël avec autant de bonheur artistique. C’est donc dans un décor à l’avenant, des guirlandes partout, et tout de rouge vêtu, que Gaspard nous souhaite de joyeuses fêtes, chapeau, pardessus et fausse neige sur les épaules. Entouré de ses amis, Bobbie, Héléna Noguerra, Talisco, Aurélie Saada (une ex-Brigitte) et Julien (le chanteur/guitariste des excellents After Geography) et autour d’un répertoire allant du folk au rock’n’roll sauvage que Gaspard à fait honneur à cette période de fête. Le concert fut joyeux, festif, et, dans la joie et la bonne humeur, Gaspard à fait montre de tout l’étalage de son talent vocal, charmeur, un véritable crooner (et on ne dira jamais assez à quel point ce statut est atypique sur la scène hexagonale) ! Entouré d’un groupe top niveau, dans lequel se distingue le merveilleusement sobre guitariste Laurent Blot, également capable de fulgurances soniques dingues, Gaspard nous offert un cadeau de Noël bien à lui : un duo inédit de son nouveau groupe, Ravage, formé en compagnie d’Aurélie Saada, dont on devrait reparler bientôt. Et en attendant, joyeuses fêtes !

https://www.facebook.com/gaspardroyant1


vendredi 12 décembre 2025

Little Barrie + Charb-On, Point Ephémère, 2 décembre 2025.



C’est un très beau plateau, cohérent, complémentaire et plein de promesses, qui a été réuni au Point Ephémère en ces premiers jours de décembre. On débute avec le trio français Charb-On. On vous avait déjà entretenu du premier EP du groupe et voici maintenant venu le temps du grand test live. Profitant de la flexibilité de leur formation, entre une originale version à deux guitares et batterie ou une autre, tout aussi originale, guitare, claviers et batterie, le trio pousse les murs du blues pour les agrémenter d’hypnotisme séduisant, de groove entêtant ou plus généralement de guitares abrasives poussant les aiguilles du potentiomètre dans le rouge. Le blues fondateur du groupe se pare ainsi de nouveau atours, au parfum Tex-Mex (l’EP a été enregistré à Austin au Texas ce qui a semble-t-il profondément influencé leur son), avec une apparition surprise du chant en français, ou bien encore, classiquement rock’n’roll. Le passage sur scène confirme donc tout le bien que l’on pensait du groupe, définitivement une formation à suivre dans le paysage hexagonal.

Place ensuite à des revenants que l’on attendait plus, le trio britannique Little Barrie. Toujours ensemble depuis 20 ans (ou presque) Lewis Wharton (basse) et Barrie Cadogan (prodigieux guitariste méritant une plus ample reconnaissance) sont désormais accompagné du batteur Malcolm Catto, plus habitué de la scène groove/soul au sein du groupe Heliocentrics. Des années et des années se sont écoulées depuis la dernière fois que l’auteur de ces lignes avait vu Little Barrie en concert (2012). Que le groupe a évolué depuis ! Qu’il semble loin le temps ou le trio s’ébrouait dans un savoureux cocktail entre rock garage et blues tout en swing ! Au fil du temps, des albums, et de la découverte des possibilités offertes par les pédales d’effet par le guitariste Barrie Cadogan, le trio a ainsi évolué vers des paysages de plus en plus psychédéliques voire abstraits ! Ainsi l’apport du batteur Malcolm Catto, qui n’a rien perdu de sa souplesse groove, s’avère fondamental pour appuyer cette sensation de transe psychédélique, relativement inédite, dans le son du groupe. Bien soutenu par le groove solide de la basse, toujours aussi rock’n’roll, la voie est ainsi pavée pour les envolées de guitares de Barrie, entre fulgurances soniques abrasives et sinuosité psychédélique, les fameuses pédales d’effets à l’appui, une approche qui colle particulièrement bien avec le chant de tête du guitariste. Baigné dans des effets de lumière virevoltante, le public, fort nombreux, a pu ainsi tripper une heure et demie durant, à peine perturbé par les difficultés techniques récurrentes rencontrées par le groupe. Ma foi, on peut appeler cela une soirée réussie !

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jeudi 11 décembre 2025

Loudon Wainwright III en concert le 22 décembre à l'Archipel

 


C'est Noël avant l'heure, le légendaire chanteur folk, Loudon Wainwright III sera en concert à l'Archipel le 22 décembre !

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samedi 29 novembre 2025

Fallen Lillies : « Cran »

 


Du cran il en a fallu à Hélène, Laura, Marine et Ludivine, les quatre musiciennes formant les Fallen Lillies, pour oser se lancer et faire péter les amplis dans le rouge. Ce deuxième album, les musiciennes l’ont concocté en compagnie de Fred Duquesne, grand spécialiste es décibels, de l’hexagone. Il en résulte un album à la fois fort en guitares saturées, quitte à flirter avec le métal, double pédale et chant guttural (mais féminin toujours) à l’appui. Mais aussi une certaine audace dans les arrangements (on pense notamment à « Plaisirs Amers » ou cette manière de grand huit tout en tension/détente qu’est « Rouge Chaos ») ainsi que le parti pris des textes en français, qui restent toujours intelligibles (pas forcément une évidence dans le monde du métal). Pas question en effet de se planquer par facilité derrière l’anglais. Non, non, ces filles ont du cran, et font passer quelques messages biens sentis sans se priver du plaisir de le chanter « Haut et Fort ». Tant mieux !

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vendredi 28 novembre 2025

Healthy Junkies : « Listen to the mad »

 


Venu de Londres, ce quartet a pourtant un petit quelque chose de chez nous en la personne de sa chanteuse Nina Courson, française exilée à Londres depuis 20 ans. Deux décennies d’exil qui n’ont pas effacé la pointe d’accent français qui donne un charme particulier à son chant et dont elle use avec brio. Une originalité de plus pour le groupe qui, bien qu’anglais, semble (et sonne) plutôt américain et dont les racines sont plutôt à rechercher entre punk et grunge. Autant dire que cela dépote, ce qui n’est pas pour nous déplaire, mais sans pour autant négliger l’écriture de vraies (et bonnes chansons) ce qui ne gâche rien. Ainsi cette collection de gros riffs et de guitares abrasives, addictives à souhait, ne tourne pas vain et trouve un sens dans la qualité des compositions et de ses refrains accrocheurs (« Now or Never » ; « Tinnitus »). L’autre aspect prégnant est cette faculté du groupe à maîtriser et de se contenir avant la grande explosion de décibels (« Media Whore »). Un moyen de garder l’auditeur sous pression et de se jouer de la tension/détente. Car loin de se contenter de mettre les amplis dans le rouge, Healthy Junkies sait aussi lever le pied (« Solitaire ») et avec « Son and a daughter » nous livre une étonnante pépite teintée de reggae, pour le coup, très british dans l’esprit. Album ample, solide et copieux, 15 titres, « Listen to the mad » offre bien d’autres trésors cachés, qui se dévoilent au fil des écoutes, et que l’on vous invite à découvrir.

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jeudi 27 novembre 2025

Steve Tallis : « Memory Ghost »

 


Artiste culte s’il en est, l’Australien Steve Tallis enregistre des disques depuis 1979 et a accompagné quelques superstars mondiales telles que Bob Dylan, Van Morrison ou B.B. King. Une pointure donc, mais largement méconnue, la majorité de ses albums étant parus sur de petits labels indépendants, sa discographie se retrouvant dès lors assez difficile d’accès. Ce nouvel effort va donner pas mal de migraines aux chroniqueurs, tant il est difficile de savoir par où commencer ! En effet ce bon vieux Steve a vu les choses en grand, voire, en très très grand. Gargantuesque, ce nouvel album est triple et se décompose en trois cds. Un premier disque en duo avec un batteur, un deuxième enregistré en trio (avec basse et batterie), et, pour finir, le troisième disque est en solo. Chaque disque compile entre 18 et 25 titres, et dépasse l’heure de musique. Pantagruélique, donc ! Un véritable festin de blues à l’os, rêche et abrasif (même en acoustique) où l’artiste flirte avec les musiques du monde, cherchant la transe rythmique, tel un chaman blues se risquant même à cappella (« Rosie ») . De nombreux titres réapparaissent sur les trois disques dans des versions différentes (« Bite the bullet », « I beg your pardon », « Two sides of every story ») donnant à l’ensemble des allures d’expérimentation géante. L’écoute de ce nouvel effort relève de l’expérience mystique et emporte littéralement l’auditeur, 66 titres durant, sans temps mort ni faible, quel exploit !

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mercredi 26 novembre 2025

Martin Dupont : « You Smile When It Hurts »

 




Martin Dupont, un patronyme somme toute assez commun, banal même, derrière lequel se cache un groupe qui ne l’est pas. Un petit rappel s’impose. Né au début des années 1980 à Marseille, Martin Dupont est un groupe pionnier, quoique relativement confidentiel, des mouvement cold et new wave français. En sommeil depuis 1987, et la priorité donné par Alain Seghir (le fondateur du groupe) à sa carrière de chirurgien, Martin Dupont renaît de ses cendres avec ce nouvel album et, mine de rien, il s’agît d’un petit événement dans le rock français ! En effet, bien qu’oublié du grand public, Martin Dupont s’est au cours des années bâti une petite réputation culte underground dans le milieu des musiques électroniques grâce à des reprises, remixes, samples, album hommage ou utilisation de leurs morceaux dans des bandes originales de films d’horreur (« Cuckoo ») ou non (« Chanson douce » de Lucie Borteleau). La voie était donc toute tracée pour une reformation avec un nouveau line-up comprenant les historiques Alain Seghir et Beverley Jane Crew et les nouveaux venus Sandy Casado, Thierry Santoni et Olivier Leroy. Et maintenant ce nouvel album ? Et bien disons qu’il y a deux aspect principaux dans ce nouvel effort. D’une part, Martin Dupont donne l’impression que le temps s’est arrêté et délivre quelques pépites sombres toutes droit sorties des années 1980 (« Arabian Night », « Dreamin », « Time », « Reality ») synthés analogiques et chant dark, traînant et limite goth, à la clé. Mais Loin de se contenter de jouer, avec brio, la carte nostalgique, Martin Dupont a élevé le niveau de ses ambitions musicales avec ce nouveau disque. Une oreille entre deux mondes, « You Smile When It Hurts » ouvre les débats avec classe, les synthés du groupe se mélangeant aux notes d’un orchestre classique, cordes et cuivres, qui intervient régulièrement tout au long du disque, pour un résultat saisissant. Et il ne s’agît là que de la première perle qui ouvre un album particulièrement solide et consistant, de très haute tenue !

En concert le 4/12 aux Trans Musicales de Rennes et le 13/12 à Montreuil (Bal Chavaux)

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mardi 25 novembre 2025

Charb-On : « The Austin Sessions »

 


Le grondement du boogie qui ouvre le disque possède quelque-chose d’impressionnant avant que la scansion de la batterie, dans un roulement groove typique de la Nouvelle-Orleans, ne se mette en route. Ah ça, pour charbonner, ça charbonne ! Groove et son gras, saturé, le mélange est imparable : bienvenue dans ce premier EP des Bordelais ! Une collection de cinq titres inauguraux que le groupe est allé graver sur cire de l’autre-côté de l’Atlantique, à Austin, dans le studio Electric Deluxe Recorders, propriété d’Adrian Quesada (Black Pumas). Loin d’être un détail, l’enregistrement a permis d’imprimer une couleur musicale étasunienne plus vraie que nature au disque, qu’ils contrebalancent habilement par quelques textes en Français, dans un étrange mélange entre-deux unique. Un peu à l’image de leur musique, subtile alliage d’influences blues dans un habit électrique abrasif et saturé, apanage habituel des groupes de rock lourd. Le boogie shuffle ainsi obtenu se révèle particulièrement hypnotique (cf. « Me and my 44 » ; « Loco »). Ravages sur scène attendus…

En concert le 2/12 au Point Ephémère (première partie de Little Barrie et Malcolm Catto).

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dimanche 23 novembre 2025

Manu Lanvin + Fallen Lillies, Le Bataclan, 21 Novembre 2025.



Il est toujours un peu particulier, voire même délicat, de revenir au Bataclan… Une semaine après les célébrations du dixième anniversaire de cette funeste soirée, les décibels vont de nouveau résonner, assez fort, entre ces murs meurtris…

On commence donc avec les Fallen Lillies, un groupe de quatre filles dont le premier album, « Cran », est sorti le mois dernier (on y reviendra bientôt), et qui sont parfaitement conscientes du lieu et du contexte dans lequel elles jouent. Au fil d’un set lourd et électrique, flirtant avec le métal et mené de manière énergique, les musiciennes n’auront de cesse d’en appeler à la mémoire des victimes et se font un devoir de jouer pour ces dernières. Une prise de conscience qui ne plombe absolument pas l’ambiance mais donne de la profondeur à une prestation qui reste enthousiasmante.

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Après avoir accompagné le regretté Calvin Russell pendant plusieurs années (auquel il rendra un hommage acoustique poignant au cours de la soirée) Manu Lanvin (comme le chocolat précise-t-il avec humour) mène dorénavant sa barque en solo. Son nouvel album « Man on a mission » est sorti cet automne dont on fête la sortie ce soir au Bataclan. Nous sommes d’emblée saisis par l’ampleur sonore de l’artiste, fin guitariste, accompagné par une formation large : claviers, deux cuivres, batterie et percussions, sans oublier la basse tenue par Nicolas Bellanger (A l’Ouest) également accompagnateur de Paul Personne. Comme ce dernier Manu évolue dans un genre hybride fait de rock musclé et de blues assaisonné de groove grâce à la présence judicieuse des deux cuivres. S’il peine parfois à convaincre sur disque, la prestation live de Manu est nickel chrome ! Deux heures de rock’n’roll servie avec passion, enthousiasme et énergie, entrecoupées de quelques intermèdes acoustiques bienvenus. L’artiste n’a de cesse d’en appeler à l’énergie collective et à la solidarité, réservant quelques moments émouvant, réclamant des claquements de mains et autres mains en levées en l’air. Un besoin de contact qui le mènera à finir son set dans la fosse au milieu du public, sa guitare finissant même dans les mains d’un spectateur. Un grand moment de partage rock’n’roll.

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samedi 22 novembre 2025

Je t’aime + Une Vraie Gothique, Supersonic Records, 20 novembre 2025.

La soirée débute par une découverte, celle du duo Une Vraie Gothique, qui porte assez bien son nom, vraisemblablement venu de l’Est de la France. Composé d’une chanteuse, qui bien que s’exprimant en Allemand entre les morceaux est semble-t-il française, et d’un chanteur, également en charge d’envoyer le son, Une Vraie Gothique pratique une musique électronique, dark à souhait, entre synth-wave 80s, EBM et post-punk, servie par un chant, en français et en allemand, à deux voix hanté, aux textes nourris de leur expérience personnel. Leur proposition musicale est assez hypnotique et dans l’ensemble plutôt chouette.

https://www.facebook.com/people/Une-Vraie-Gothique/


De manière assez incompréhensible, nous n’avions pas eu l’occasion de recroiser le trio Je t’aime depuis la sortie de leur formidable doublette « Passive / Aggressive » de 2022. C’est donc in-extremis pour la dernière date de leur tournée, suivant la sortie de leur dernier album « Useless Boy » que l’on retrouve le trio sur la scène du Supersonic Records, particulièrement bien remplie. Le line-up du groupe a également évolué depuis la dernière fois et c’est désormais une guitariste, Louise, qui remplace Tall Bastard. Devant un public nombreux, et dévoué à la cause, le trio nous a livré une prestation énergique et enthousiasmante suivant les lignes de basses énormes de Crazy Z, digne descendant de Simon Gallup, et le chant étranglé d’un Dboy survolté. Bien qu’ancré dans les années 80, le répertoire du groupe est varié et alterne entre le spleen aérien des Cure de 1989 ("Marble Heroes" comme un inédit de l'époque « Disintegration »), guitares surchargées d’électricité (« Dirty Tricks »), cold et synth wave pop (« Blood on Fire »). Bien que d’appartenance dark, Je t’aime sait également faire bouger les foules et le prouve avec « Dance », un dernier rappel appelant à la danse (« You’ve got to dance before you die »). Comme quoi nul n’est besoin d’être caverneux pour être crédible, et un concert estampillé gothique peut aussi être festif et enjoué. Ce fut en tout cas une belle soirée.

https://jetaime-music.bandcamp.com/

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Romain Podeur, The Mixtape, 19 novembre 2025.

Il y a une vie après Candide ! Après trois albums sous pseudonyme, le chanteur-guitariste poursuit son parcours musical sous son véritable patronyme et un premier album sous son nom. En attendant, c’est dans le cadre cosy de The Mixtape, à la fois disquaire et concept-store, niché dans le chouette et typique quartier de la butte Montmartre, que l’on découvre ses nouvelles compositions, jouées pour l’occasion en duo avec son fidèle guitariste Guillaume. Sans préjuger de la qualité de l’album (que nous n’avons pas encore écouté soyons honnête), il n’est, à première vue, pas évident de faire la distinction entre ce nouveau projet et le précédent. Le musicien possède une « patte » personnelle, signe de qualité, que l’on retrouve ici. A savoir ce mélange savant entre chanson d’extraction française (aux textes de qualité) et influences pop-rock d’obédience anglo-saxonne (l’Angleterre en particulier n’est jamais bien loin « Comme la Joconde » rappelle les Kinks, une descente similaire à « Sunny Afternoon » en intro). La formule live à deux guitares (une folk et une électrique, son clair) biaise un peu le regard. A n’en point douter, le disque est différent. Néanmoins c’est avec une belle énergie, et un enthousiasme qui fait plaisir à voir, que Romain défend son nouveau répertoire. Ce dernier attaque les cordes de sa guitare folk comme s’il se tenait devant un mur d’amplis saturés, et ses qualités vocales sont à l’avenant. C’était un chouette moment, un peu court, une grosse demi-heure, qui donne envie d’en écouter plus. Affaire à suivre…

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Roadrunners, La Maroquinerie, 16 novembre 2025.

Voilà un retour que l’on n’attendait plus ! Quelques trente années après leur séparation, les Havrais, dans la foulée de la réédition vinyle (déjà sold out) de « Sales Figures » (1995) l’ultime album de leur discographie, remontent sur scène, pour deux soirs dans une Maroquinerie, archi-complète depuis des mois. C’est dire si ils étaient attendus au tournant. Un défi remporté haut la main par Frandol et sa bande, qui nous ont livrés une prestation électrique, enthousiasmante et excitante au possible devant un public chaud bouillant. Il faut dire que le quintet n’a rien perdu de ses qualités : guitares rageuses (« Couteau Naïf »), batterie euphorisante et claviers pour un soupçon de groove garage rock bienvenu, tous les éléments sont en place pour mettre en valeur la voix de Frandol qui ne bouge pas en dépit des années. De la pop (« L.A. Party ») au garage sixties, la prestation du soir est une manière de revisiter l’histoire du rock d’ailleurs mais aussi de chez nous. C’est en effet une grande célébration du rock normand, dans la joie, la bonne humeur et l’électricité, grâce aux invités de la soirée : le claviériste Gene Clarksville (le co-fondateur des Roadrunners) parti ensuite rejoindre les Dogs ou Cyril Doche que l’on voit habituellement aux côtés des excellents François Premiers. Si l’on s’en tient au plan prévu, les choses devraient en rester là pour les Roadrunners. Mais ne perdons pas espoir, comme l’affirmait Frandol au terme de deux heures de show bouillantes : « Never say never ». Car il serait infiniment dommage de voir un groupe de ce niveau rester à l’arrêt. Depuis combien de temps n’étions pas sortis d’un concert aussi galvanisés ? En attendant, quel retour !

dimanche 16 novembre 2025

Gloria + The Big Idea, Petit Bain, 12 novembre 2025.

En pratiquement dix ans d’existence, Gloria entretient une aura mystérieuse qui entoure le groupe, un voile intriguant que son absence scénique ne fait qu’entretenir. Ainsi, la soirée se révèle d’importance, totalement absent lors de la sortie de son deuxième album, le groupe foulera ce soir une scène parisienne pour la première fois depuis 8 ans ! Et, pour l’auteur de ces lignes, il s’agît d’une première ! Très discrets, Gloria est pourtant l’une des plus fines lames psychédéliques de l’hexagone. Une formation atypique mené par trois chanteuses et passée de la psychédélie sixties bon teint à une forme musicale plus dark, mâtinée d’atmosphère orientale, entretenue au bouzouki turc utilisé avec parcimonie, mais à bon escient, sur scène. D’emblée la prestation se révèle envoûtante, les trois chanteuses, à l’unisson, pratiquent une chanson de geste sensuelle et hypnotique à l’avenant de la proposition musicale où se mêlent guitare wha-wha, basse sixties ronde, groove de la batterie et claviers lysergiques. Le spectateur est totalement emporté, un set de très haute tenue.

https://www.facebook.com/gloriagirlgroup


Changement de registre par la suite avec The Big Idea, en provenance de La Rochelle. Formation atypique, The Big Idea n’a jamais rien fait comme tout le monde. Leur premier album « La Passion du Crime 3 » (2017) était un coffret composé de 4 cds et, dans le même ordre d’idée, le groupe n’a pas hésité en 2021 à s’embarquer sur un voilier, Le Grand Vésigue, afin d’y enregistrer un album, en pleine mer ! Impossible pour eux de faire d’envisager la musique de manière habituelle. Ainsi donc le groupe se révèle libre, tout le monde chante et, mis à part le batteur qui reste à sa place du début à la fin, les six membres s’échangent les instruments : basse, claviers ou guitares. Des contours flous et flottants, à l’instar de leur proposition musicale déstabilisante, pour qui n’a pas l’habitude, passant du post rock à des envolées jazzy, trompette à l’appui. Et pourtant, le groupe se révèle tour à tour enjoué et festif, dans un déluge de décibels, voire même touchant lors du rappel.

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dimanche 2 novembre 2025

Dafné Kritharas : « Prayer and Sin »

 




Fruit d’une longue période de maturation, quatre longues années se sont écoulées depuis son dernier disque, ce troisième album voit la proposition musicale de la chanteuse considérablement évoluer. Après deux albums consacrés au répertoire traditionnel, la chanteuse ose, pour la première fois, dévoiler ses compositions personnelles, dont deux en français, renforçant ainsi l’aspect multi-culturel de sa musique, en accord avec son histoire personnelle écrite entre la France et la Grèce. La pochette montre également l’évolution de l’identité visuelle de son projet, plus sombre et agrémentée d’une typographie, une peu trompeuse, digne d’un groupe punk gothique. Rien de tel à l’écoute. Enfin presque. Car si la chanteuse, loin de hurler à la mort, continue de caresser délicatement l’oreille de sa voix douce, la musique semble plus sombre, légèrement teintée de rock et d’électro (« Kaigesai » ; « Xapa »), qu’elle amalgame délicatement avec ses habituelles sonorités grecques et orientales, qu’elle affectionne tout particulièrement. Passant d’une délicate caresse acoustique (« Prayer & Sin ») à une déflagration sonique (ou inversement) ce nouvel effort s’écoute comme on traverse les émotions, un voyage musical faisant fi des frontières, marqué par la joie et la peine. L’émotion à fleur de peau toujours mise en avant. On en ressort bouleversés.

En concert le 19 janvier 2026 au Théâtre du Châtelet

https://www.facebook.com/dafnekritharasofficial/







The Freaky Buds : « Western Smoke »

 


Les couleurs chatoyantes et le design 50s de la pochette ressemblent à une carte postale envoyée par le groupe nantais. De fait, plus qu’un deuxième album, ce nouvel effort des Freaky Buds s’écoute comme le résultat d’une aventure au long cours. C’est que nos gars ont vu les choses en grand ! Cette fameuse authenticité, le groupe l’a trouvé auprès de Kid Andersen au sein de son Greaseland Studio, qu’ils ont rejoint après un road-trip à travers la Californie. Un moment fondateur de leur inspiration. Le reste relève de la magie. A cette excellente collection de compostions, ancrées dans le blues et la tradition, Kid Andersen a su apporter un grain et une profondeur incroyables, une sorte d’abrasivité qui faisait tout le sel d’un RL Burnside par exemple. A la fois rugueux, hypnotique, et portant porté par le groove (« Nothing to lose »), ce nouvel album a vu les Freaky Buds viser en plein dans le mille. Placée en toute fin de programme « She’s nineteen years old », enregistrée en compagnie d’Alabama Mike, fait figure d’exception dans ce cocktail de guitares et d’harmonica en fusion, ce qui explique sa position en clôture d’album, comme une cerise placée en bonus au sommet d’un gâteau électrique. C’est une réussite complète.

https://www.thefreakybuds.com/

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