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jeudi 6 août 2026

Bjørn Berge : « Morphine »

 


S’il est bien un groupe qui a marqué son époque, par son instrumentation unique, c’est bien Morphine qui, après réflexion et le recul du temps, est le groupe le plus marquant des années 1990. A ce titre, Mark Sandman (décédé en 1999), le regretté leader du trio a crée un truc unique. A la fois luthier, musicien et auteur-compositeur, ce dernier a inventé un instrument (une basse à deux cordes), écrit le répertoire autour dudit instrument et à fondé le trio (batterie et saxophone) pour l’accompagner dans cette aventure. Très peu de guitare, à l’exception de quelques titres, et pourtant un sacré groupe de rock’n’roll imprégné de swing, de jazz et de blues. Un truc unique vous disait-on ! Il faut donc une bonne de courage, voire d’inconscience, pour s’attaquer au répertoire de ce groupe au son si caractéristique, et ils sont très peu à s’être essayé à l’exercice de la reprise. Il y en a un qui n’a pas eu froid aux yeux, c’est le norvégien Bjørn Berge, qui se distingue déjà par son utilisation très personnelle de la guitare folk (la « stringmachine », la machine à cordes comme il se décrit lui-même). Piochant dans l’intégralité du corpus de Morphine, voire dans des titres obscurs et oubliés (« Potion »), Berge a choisi huit titres qu’il reprend dans une formule plus classique, guitare, basse et batterie. A la fois fidèle aux originaux tout en s’en écartant sensiblement, Berge réussit l’exploit de retrouver le feeling si particulier de Morphine. Sa voix est certes plus grave, de gorge, que celle de Mark Sandman, son approche générale est plus musclée mais le tout n’est pas exempt de swing (une composante essentielle du son Morphine) ni de feeling. Bjørn Berge est un artiste bien trop clivant pour faire l’unanimité chez les fans du trio, néanmoins voici un album propre à séduire les nostalgiques du groupe mais aussi de convertir les autres à ce trio essentiel.

https://www.bjornberge.no/

https://www.facebook.com/stringmachine68







jeudi 10 octobre 2024

Bjorn Berge, l’Archipel, 9 octobre 2024.

C’est avec un artiste déconcertant que l’on a rendez-vous en ce mercredi soir, ô combien pluvieux, sur la scène de l’Archipel. Actif depuis une vingtaine d’année, le bluesman Bjorn Berge, puisque c’est de lui qu’il s’agît, dispose d’une impressionnante technique à la guitare et d’un charisme certain lui permettant de tenir seul la scène avec beaucoup d’aplomb. Marqué dès le début par une forme de brutalité (pour un mec seul à la guitare sèche, s’entend) son approche du blues reste marquée par son côté brut de décoffrage, en particulier à cause de sa grosse voix de gorge, même s’il a beaucoup gagné en subtilité au fil des années en baissant le ton. Sa capacité à jouer sur des tempo rapides, donnant l’illusion de regarder un film en accéléré, impressionne certes mais la démonstration technique se fait parfois au détriment du feeling. Un écueil en parti gommé mais qui refait surface de temps à autre. Maître du bottelneck, posant parfois la guitare à plat sur les genoux telle une lap-steel, ses choix de reprises désarçonnent. Du classique « Spoonfull » à « Can’t get you out of my head » (Kylie Minogue!), les choix trahissent le kid ayant grandi dans les années 1990 (« Buena » de Morphine ; « Give it away » des Red Hot Chili Peppers ; « Ace of Spade » de Motörhead). Des reprises totalement transfigurées, que l’artiste se réapproprie complètement grâce à de longues interventions instrumentales en guise de solo, qu’il gagnerait toutefois à raccourcir un petit peu. Il reste cependant un musicien attachant.