lundi 16 février 2026
Une Nuit dans le désert, Festival Sons d'Hiver, Maison des Arts, Créteil, 14 février 2026.
dimanche 9 février 2025
Nino de Elche + Jorge Prado Ensemble, Festival Sons d'Hiver, Maison des Arts de Créteil, 8 février 2025.
Cette année, le festival Sons d'Hiver met le cap sur l'Espagne et une tradition musicale séculaire, celle du Flamenco dont plusieurs versions modernes, et ouvertes à d'autres sonorités, seront délivrées tout au cours de la soirée.
Nino de Elche dont le spectacle s'intitule sobrement "Flamenco" et s'ouvre tel un film au cinéma, livre une interprétation brute de décoffrage de l'idiome. Entouré de deux guitaristes et de deux autres chanteurs, Nino de Elche livre une performance à vif, où les émotions sont livrées sans masque, ne s'exonérant pas de la douleur. Comme le sous-titre l'indique "Mausoleo de Celebration Amor y Muerte", l'amour et la mort se côtoient, le chanteur se livre corps et âme, les guitares expriment à la fois une grande douceur mais aussi une puissance phénoménale, proche, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, du heavy-metal. On ne sort pas totalement indemne d'une telle décharge émotionnelle, creusant profondément au fin fond de l'âme, celles des musiciens mais aussi des spectateurs.
Ancien compagnon de route de Paco de Lucia, auquel le spectacle rend hommage, Jorge Prado a à coeur de sortir le flamenco des sentiers battus pour l'emmener sur des chemins autres, suivants d'autres influences. Lui-même, saxophoniste et flûtiste, présente un profil atypique pour ce genre musical, basé sur les guitares et les percussions "palmas". C'est donc une grande formation qui prend possession de la scène. Un bassiste électrique, des percussions (cajon, cymbales, caisses), une guitare électrique et la flûte traversière de Jorge Prado, en constituent les éléments les plus surprenants. Mais la tradition est tout de même respectée. Une guitare classique, la sublime chanteuse Bego Salazar et la danseuse Karen Lugo (rappelant au passage la transversalité de cet art qui se joue, se chante et se danse) complètent le line-up. Nous constatons donc que deux formations se superposent dans le même ensemble, une classique et une autre plus aventureuse. Si aucun musicien n'a été présent sur la totalité du set, cela ne signifie en rien que le groupe manque de cohérence. Il s'agit plutôt de voyager entre plusieurs influences, sons et couleurs et d'adapter la composition musicale suivant le besoin de l'instant. Ainsi le groupe varie les plaisirs se rapprochant du jazz, du blues ou de la soul, avec un swing prononcé, se situant au confluent du jazz latin (on pense parfois au Brésil) ou manouche. Une longue dérive instrumentale à la guitare électrique flirte avec le free jazz et le blues, à certains moments la magnifique chanteuse Bego Salazar fait montre d'un coffre digne d'une chanteuse soul. Une sublime divagation.
dimanche 18 février 2024
Leyla McCalla + Rihannon Giddens, Festival Sons d’Hiver, Maisons des Arts de Créteil, 10 février 2024.
jeudi 24 février 2022
Sons d’hiver, Maison des Arts, Créteil, 19/02/2022
samedi 4 février 2017
Archie Shepp + Matt Wilson Quartet, Festival Sons d'Hiver, Maison des Arts de Créteil, 03 février 2017.
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| Matt Wilson (c) John Abbott |
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| Archie Shepp (c) Monette Berthomier |
Avec le sens de l'à-propos qu'on lui connaît habituellement, le Festival Sons d'Hiver fête le centenaire de l'arrivée du jazz en France avec une soirée hommage à Sidney Bechet avec deux réinterprétations complémentaires de l’œuvre du musicien natif de la Nouvelle-Orléans.
lundi 16 février 2015
Festival sons d'hiver, Maison des Arts de la Culture, Créteil, 13 et 14 février 2015.
dimanche 24 février 2013
Tortoise, Festival sons d’hiver, Maison des arts et de la culture, Créteil, 24 février 2013.
samedi 23 février 2013
Rainbow Shadow + David Murray + James Blood Ulmer, Maisons des Arts, Créteil, Festival Sons d’hiver, 23 février 2013.
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| Jef Lee Johnson |
dimanche 19 février 2012
Archie Shepp et Joachim Kühn + Defunkt Millenium feat. Joe Bowie, Maison des Arts de Créteil, festival sons d’hiver, 18 février 2012.
mercredi 16 février 2011
Carmen Linares, Maisons des Arts de Créteil, Festival sons d’hiver, 11 février 2011.

La programmation toujours impeccable du festival sons d’hiver nous a mené cette année du côté de l’Espagne en compagnie de la chanteuse flamenco Carmen Linares et de son spectacle Verso à Verso, divisé en deux parties : la première consacrée au chant ; la deuxième à une interprétation chantée des textes des poètes Lorca, Hernandez, Machado, Jimenez... Installés en arc de cercle, les musiciens sont aux nombre de cinq entourant Carmen Linares : deux guitaristes, les jambes croisées dans la position typique du joueur de flamenco, un percussionniste jouant du cajon (cette percussion en forme de cube sur laquelle on joue assis), la choriste et le dernier musicien accompagnant la musique par des frappements de mains. Carmen Linares habille de sa voix grave et éraillée les délicats arpèges de guitares, un timbre déchirant qui prend souvent la forme d’un cri de douleur. La musique nous ramène parfois du côté du blues dont le flamenco est peut-être un lointain cousin. La formule est évolutive parfois la voix est accompagnée d’une seule guitare mais c’est lorsque le groupe est au complet, et le son plus dense, que la séduction fonctionne à plein. Le flamenco est aussi un art de la danse et l’accompagnateur frappant le rythme des mains danse, sur un tapis installé au devant de la scène, dans une gestuelle ample accentuant la dimension dramatique, accompagnée de petits pas saccadés faisant office de claquettes ponctuant le rythme. Eprouvés par tant de tension le groupe relâche la pression en toute fin de soirée finissant le concert totalement débranchés, a cappella loin des micros, improvisant de petits pas de danse caractéristiques chacun à tour de rôle, un seul guitariste échappant finalement à l’ignominie.
dimanche 15 février 2009
Festival sons d’hiver 2009, maison des arts de Créteil, 13 et 14 février 2009.
Changement radical d’ambiance avec Saul Williams l’autre slammeur qui a la lourde tâche de succéder sur scène à Anthony Joseph. Vous-vous souvenez peut-être de « Slam », film qui il y a une dizaine d’année a révélé Saul Williams. J’avoue que je l’avais un peu perdu de vue depuis. Pour son dernier opus Williams a été chercher une collaboration inédite avec Trent Reznor, le leader de Nine Inch Nails, qui artistiquement parlant est à son opposé. Donc sur scène, cela se résume à un déluge sonore entre électro et métal phrasé slam/rap en plus. A noter toutefois une reprise étonnante de « Sunday, bloody Sunday » de U2. Cependant il y eu dans l’œil du cyclone, alors l’énorme machinerie s’arrête, de véritables moments de poésie où Saul Williams déclame ses textes avec ardeur. Par contre la sécurité n’est pas à la fête, la scène est envahie par les spectateurs qui sautent dans tous les sens, les pauvres types de la sécurité sont complètement débordés, génial ! Saul Williams, pas un mauvais gars, congratule un par un le public venu le rejoindre sur scène et remercie tout le monde de s’être déplacé, c’est rafraîchissant et agréable. Et c’est sur cette note que s’achève cette avant dernière soirée.
Samedi 14 février : Comme l’année dernière, la dernière soirée du festival est consacrée à la Black Rock Coalition Orchestra qui délègue deux formations cette année. Tout d’abord, et il s’agit là du deuxième coup de cœur du week-end, The Yohimbe Brothers, le nouveau projet de la star, le guitar-hero, ex-Living Colour, Vernon Reid associé pour la circonstance à DJ Logic. Avec ce nouveau groupe, les deux partenaires dans le crime, revisitent la musique noire américaine du rock n’roll au hip-hop en passant par toutes les variantes jazz, soul et reggae qui soient. Et surtout, ils ont trouvé, tour de force, le point d’équilibre parfait entre efficacité, brute de décoffrage, binaire et expérimentation sonore, nappes synthétiques et scratches. La chanteuse à une très belle voix, soulful à souhait et le MC, Taylor McFerrin, apporte une touche hip hop plus moderne. Le résultat est assez irrésistible et échevelé à souhait. Les claviers, basse et batterie sont à l’unisson et nous ramènent dans des structures connues que DJ Logic se charge de faire exploser de l’intérieur à grands coups de scratches ravageurs. Un petit mot pour finir sur l’excellent batteur Don McKenzie, une montagne de muscles, entre force brute et swing.
Après cette excellente mise en patte vint ensuite l’événement du soir avec la toute première européenne de la dernière création de la Black Rock Coalition Orchestra, The Daughters of Nina, conçu comme un hommage (après celui à James Brown de l’an dernier) à Nina Simone. Elles sont donc 19 femmes, menées par la délicieuse Tamar-Kali, à mille lieues de ses assauts afro-punk-métal de l’an dernier, à rendre hommage à la grande Nina. Les 19 protagonistes n’interviennent pas en même temps, ce qui pourrait rapidement virer à la cacophonie, mais l’une après l’autre. Cela occasionne quelques flottements mais permet de varier avantageusement les ambiances, du quatuor à cordes à la section de cuivres. Seule la pianiste, Angela Johnson, est restée sur scène du début à la fin. Cette dernière s’est taillée un joli succès lorsque son tour de chant fut venu grâce à une interprétation toute en émotion chaleureusement saluée par le public. La pauvre, chavirée d’émotions, a fini le cœur au bord des lèvres et a aussitôt fondue en larmes. Autres grands moments les reprises de « Lilac Wine » avec les cordes et « Feeling good », interprété avec classe par Tamar-Kali. La batteuse Lauren Sevian a également été assez impressionnante, toute la soirée, c’est assez rare de voir des filles oser s’attaquer à cet instrument, il faut donc la saluer avec respect. C’est assez injuste pour les autres protagonistes mais la place manque pour les saluer toutes, elles ont été, cependant toutes excellentes sans exception. Et c’est donc sur cette soirée exceptionnelle que le rideau est tombé sur ce cru 2009 du festival sons d’hiver. A l’année prochaine.
www.myspace.com/yohimbebrothers
dimanche 24 février 2008
Festival Sons d’Hiver #2, Tamar-Kali + Black Rock Coalition Orchestra, Maison des Arts de Créteil, 23 février 2008.
Je me répète peut-être, mais je suis cette année encore, épaté par l’organisation du festival sons d’hiver, qui a, de nouveau, réussi un coup fumant pour cette soirée de clôture de l’édition 2008. La soirée new-yorkaise de samedi a tout simplement été exceptionnelle avec par ordre d’apparition la chanteuse Tamar-Kali puis The Black Rock Coalition Orchestra dans un concert « Salutes to James Brown ». Vraiment, réussir à attirer dans cette banlieue de Créteil des musiciens américains de classe internationale, cela relève de l’exploit. Exploit qui rend malgré tout, criant le manque d’actualité dans cette belle salle de la maison des arts le reste de l’année.
Donc, Tamar-Kali accompagnée de son groupe les « 5ive-Pieces » a assurée une première partie rageuse et franchement emballante. Chanteuse Noire, Tamar-Kali a une voix superbe soul. Ceci pour le fond. La forme, elle déroute, car son groupe est très rock voire même franchement métal. C’est assez étonnant, mais on accroche facilement, car les musiciens sont excellents. Ce mélange est issu d’un mouvement typiquement new-yorkais que l’on appelle l’afropunk. On pense aux BellRays (voir mes messages des 4 février et 4 juillet 2007) ou aux Noisettes (voir mes posts des 19 mars et 12 novembre 2007) mais en version encore plus rentre dedans. Pourtant, sous le déluge de décibels, c’est pourtant de la soul music que l’on entend, le batteur en particulier possède le sens du groove.
Groove, le mot est lâché et la transition toute trouvée pour évoquer la suite de la soirée et le concert hommage au soul brother number one. Derrière son clavier, Gene Williams donne le ton : « Nous sommes tous là pour la même raison, on adore James Brown ». Collectif à géométrie variable fondé en 1985 par Vernon Reid (le guitariste de Fishbone, absent ce soir) The Black Rock Coalition Orchestra est en mission pour remettre le rock n’roll à la place qui lui revient de droit, au sein de la communauté Noire, car sans le peuple Noir, il n’y aurait pas de rock n’roll aujourd’hui. Après avoir rendu hommage à Jimi Hendrix, Sly Stone et Stevie Wonder, le nouveau projet de la Coalition est consacré à James Brown. Et c’est un véritable big band qui a fait le déplacement jusqu’à Créteil. Trompette (Wayne Cobham), saxophone (Roger Byam), batterie (Fred Alias, à la frappe aussi impressionnante que celle de Buddy Miles), clavier, basse (Ron Munroe) et deux guitares. Bien évidemment, pour n’importe quel chanteur, il n’est pas aisé de se glisser dans les mocassins de Mr Dynamite. En sus des deux guitaristes (Michael Hill et Kelvyn Bell), il seront deux (Manchild Black et George Thomas O’Bryant aka GTO) plus une chanteuse (Queen Aminah) a tenter de relever le défi à tour de rôle. Des cinq vocalistes que l’on a entendu, GTO, qui possède une voix qui rugit autant que le moteur de la voiture du même nom, a le timbre qui se rapproche le plus de celui de James. Il est également le plus expansif sur scène et paye de sa personne pour assurer le show : roulades, grands écarts, sprints dans le public, l’athlète a probablement fini la soirée sur les rotules. Queen Aminah est la plus jolie du lot, talons haut et petites robes sexy comme tout, elle est aussi une chanteuse remarquable. Manchild Black a lui eu la faveur de la gente féminine, sa voix évolue plus dans un registre crooner, très émouvante par exemple sur « Try Me ». Musicalement le rendu brownien est impeccable, funky et rageur, aussi bon que les concerts de Fred Wesley (voir mes messages des 14 mai et 1er septembre 2007) auxquels j’ai assisté. J’ai particulièrement aimé « Payback », « Cold Sweat », « It’s a man’s world » (dans une version à tirer les larmes), « I feel good », « Get on the good foot »… Il ne faut cependant pas croire que l’on a assisté à un simple copié/collé. Le groupe s’est vraiment approprié la musique de James et s’est lancé dans des jams impressionnantes, chaque musicien aura ainsi droit à son solo. Cette impressionnante prestation s’est terminée dans la liesse avec « Sex Machine ». Plus personne n’est assis, le concert se termine à cappella et même le batteur s’est emparé du micro, avec pour seul accompagnement les battements de mains du public. Ouah, quelle soirée…
samedi 23 février 2008
Festival Sons d’hiver #1, Massacre, Maison des arts de Créteil, 22 février 2008.
Donc, le trio Massacre est un peu esseulé ce soir. Massacre a été formé au début des années 80 par le guitariste anglais Fred Firth accompagné par le bassiste américain Bill Laswell et le batteur, étasunien également Fred Maher. Leur premier album « Killing Times » deviendra culte, car pendant longtemps il sera le seul du groupe. Ce n’est que depuis 1998 que Laswell et Firth, accompagné d’un nouveau batteur Charles Hayward, ont décidé de réactiver Massacre.
C’est dans l’obscurité et dans un silence quasi religieux, tranchant avec l’ambiance habituelle des salles de concert, que le trio fait son entrée sur scène. Des ronds de lumière crue délimitent la place réservée à chacun. Maintenant, que faut-il retenir de cette heure et demie instrumentale et expérimentale. D’abord des moments de pure mélodie avant que le groupe ne s’engage dans un tunnel sans fin, malstrom sonore indescriptible. Dans une réminiscence zeppelinienne, Firth, les pieds nus, triture ses cordes de guitare à l’aide d’un archer. Bill Laswell, le bonnet sur la tête, donne aussi dans l’expérimentation, j’ai rarement entendu une basse aussi peu orthodoxe. Les trois musiciens sont virtuoses mais le batteur Charles Hayward, m’a réellement impressionné. Il a un jeu très fin et pose des fondations bien utiles aux deux autres qui me semblent un peu barrés. Musicalement Massacre se situe dans des eaux troubles entre finesse jazzy, groove funk et un torrent de guitare noise. J’avoue avoir un peu décroché par moment, tellement ce groupe demande une attention de tout les instants. Ce fut néanmoins une soirée intéressante.
samedi 17 février 2007
TORTOISE / THE EX, Festival sons d’hiver 2007, Maison des arts de Créteil, 16 février 2007

La programmation du festival est en général excellente. L’année dernière Linton Kwesi Johnson, la légende vivante du reggae avait donné un concert d’anthologie pour une très rare apparition scénique. En 2005, le brésilien Seu Jorge avait mis le feu créant une ambiance comme on n’en a jamais connu ici et enfin en 2004, le guitariste de Philadelphie Jef Lee Johnson et son trio de blues avait donné un excellent concert terminé avec une reprise du « spanish castle magic » de Jimi Hendrix. Cette année encore, l’équipe qui organise le festival a réussi un coup fumant en invitant Tortoise, groupe/collectif de Chicago, qui n’est même pas en tournée mais qui a fait le déplacement pour deux concerts européen et une unique apparition en France, ici à Créteil, chapeau bas ! Les vétérans néerlandais de The Ex (le groupe existe depuis 1979) complètent une affiche qui s’annonce un tantinet plus rock qu’à l’accoutumée, mais peut-on encore parler de rock en évoquant Tortoise ?
The Ex joue son set en premier, ils sont quatre : batterie, deux guitares et le chanteur, à noter l’absence de basse. The Ex est un groupe essentiellement rythmique et assez peu mélodique, déstructuré et somme toute assez expérimental. Avec eux, même la guitare devient un instrument de percussion. Les deux guitaristes, l’un est gaucher, l’autre droitier, jouent sur de superbes Fender jazzmasters et s’opposent dans une étrange symétrie. Ça frappe dans tous les sens jusqu'à atteindre une sorte de transe rythmique. Les vitupérations du chanteur dominent l'ensemble. Le groupe trouve un point d’équilibre entre Sonic Youth et Television. Le chanteur et les deux guitaristes n’hésitent pas à se lancer dans des acrobaties assez risquées, ouh là là les garçons, gare à la fracture ! L’un des guitaristes frotte ses cordes du plat de la main avant de mordre à pleines dents les cordes de sa guitare. Mais qu’est-ce qu’il fout ? Mon Dieu, mon prof de gratte ferait une syncope en voyant ça. L’ensemble est assez bruyant mais pour peu que l’on soit dans le bon état d’esprit c’est sympa.
A l’autre bout du spectre se trouve Tortoise. Depuis 1990, Tortoise, groupe totalement instrumental construit autour du batteur/producteur/ingénieur du son John Mac Entire, explose les structures du rock indé. Tortoise emprunte au Jazz (mais le plus free possible), à la musique électronique et enfin au rock indépendant. Ils sont cinq, disposés en arc de cercle. A chaque extrémité du demi-cercle, deux batteries se font face. Chaque musicien change régulièrement d’instrument. Aux classiques guitares, basses et claviers/samplers s’ajoutent vibraphone et marimba pour la note exotique. Le groupe est assez statique et commence son set avec une intrigante formation à deux basses avant d’utiliser une intéressante formule à deux batteries pour « Swing from the gutters » extrait du sublime album TNT (sorti en 1998). Le concert est excellent, évidemment avec un groupe aussi expérimental et difficile d’accès que Tortoise, on aurait pu craindre quelque chose d’assez clinique. Mais ce n’est absolument pas le cas, le groupe réussit à créer du swing en pleine expérimentation sonore, les trois musiciens se succédant à la batterie sont tous excellents.A la fin, on assiste à la réunion, les quatre de The Ex rejoignant les cinq de Tortoise sur scène. Trois batteries et autant de guitares, le chanteur est obligé d’utiliser un mégaphone pour se faire entendre ! Très franchement on se situe là à la limite de l’écoutable, tellement c’est bruyant.






