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mardi 8 mars 2016

Nadéah : « While the heart beats »



Après l'ep « Met a man » sorti à l'automne dernier, Nadéah continue son aventure musicale avec ce deuxième album en forme de rupture. Son premier disque en solo, « Venus gets even », sorti il y a cinq ans, avait séduit par son approche vintage entre rockabilly et jazz swing. Tout ceci appartient au passé à l'écoute de cette nouvelle livraison aux sonorités contemporaines, incarnée par les synthés qui font leur apparition dans son univers. L'album commence fort avec « Met a man » qui nous avait déjà impressionné l'année dernière. De la basse disco 70s balancée sur un rythme d'enfer en intro à la coda aux guitares bruitistes, la chanson, hyper efficace, est un tube en puissance. Comment dès lors que l'on frise la perfection dès les premières secondes de l'album tenir le rythme sur la longueur sans sonner fade ? C'est toute la problématique de ce disque à laquelle l'Australienne a décidé de répondre par la diversité, incarnée par le duo de producteurs convoqués : Rob Ellis d'un côté, Marc Collin (son comparse du collectif Nouvelle Vague) de l'autre. Les deux hommes mettent en son les différentes facettes de l'album : la disco (« Met a man », « Kansas »), le rock (« Unknown », « Darling ») et les ballades, « Run », l'intimiste piano/voix « Pocket full of holes » placée en conclusion. Sur un plan vocal, Nadéah se démène et donne de la voix pour trouver une unité qui fait parfois un peu défaut. Car si l'album possède un peu de tout pour plaire à tout le monde, chacun fera sa sélection personnelle en sautant quelques plages…
En concert le 14/03 à Paris (Café de la danse)
https://twitter.com/nadeah

vendredi 30 octobre 2015

Nadéah + John Ulysses Mitchell, La Boule Noire, 29/10/2015.

Nadéah

Commençons par saluer une vieille connaissance, John Ulysses Mitchell, ex-leader des Bad Mama Dog, auteur d'un excellent album, « Love gone bad » en 2009 et que l'on retrouve en solo ce soir. On avait un peu perdu de vue le Franco-Américain ces derniers temps et l'on est particulièrement heureux de le retrouver. Personnage lunaire, Mitchell est franchement désarmant au point d'oublier le titre des ses propres chansons : « Cette chanson s'appelle (blanc, silence)... Euh, toutes les chansons sont nouvelles, elles ont un titre (re-silence).... » Des années qu'on écume les salles de concert, on n'avait encore jamais vu ça ! Un peu plus tard, alors que le set touche à sa fin, Mitchell refait encore des siennes : « Je n'ai pas bosser d'autres titres alors on va faire une reprise. Bob Dylan ça vous dit ? »... En dépit de ses errements (ou grâce à) le grand gaillard attire la sympathie. Son jeu de guitare sèche est précis et ses arpèges assez fins, mais la chose prend une toute ampleur lorsque Mitchell attaque les cordes, tout de suite le son remplit l'espace. Lorsqu'il chante à propos « d'une ex » il empoigne sa guitare électrique (bah quoi, t'es en colère John?) convoquant de suite l'ombre de Jeff Buckley. Il résulte de l'ensemble un fort parfum folk 60s et de blues, cette petite demi-heure en sa compagnie fût fort agréable.

Alors que la basse ronfle d'un groove énorme, signe que les hostilités vont bientôt commencer, une autre Anglo-Saxonne exilée dans notre Hexagone, Nadéah, fait son entrée en scène. « Met a man », est décidément un tube en puissance ! Ce soir l'Australienne dévoile en avant première les titres de son futur album dont la sortie est prévue pour début 2016. Et ça déménage ! Mettant de côté le swing jazzy acoustique qui était sa signature (exit la contrebasse), Nadéah fait dorénavant le grand écart entre rock noisy, le guitariste est déchaîné, et groove disco. La section rythmique est remarquable, la frappe de la batterie dégage un swing lourd et puissant alors que les lignes de basses sont énormes, au point de chiper toutes les fréquences. Une prestation plutôt électrique donc même si Nadéah nous a réservé quelques beaux moments intimes et remplis d'émotions seule à la guitare folk ou au piano. Même les anciens titres retrouvent des nouvelles couleurs « Ain't got time » est ralentie à l'extrême alors qu' « Odile » est tranfigurée. Ce n'est que lorsqu'une section de vents (clarinette et trombone) débarque que Nadéah renoue avec le style cabaret jazzy caractéristique du premier disque. Il n'y a finalement que la boîte à rythme, surnommée « Roland », qui n'était pas contente. Ses siennes ont contrarié l'artiste toute la soirée « comme un bébé chat qui pisse sur tes vêtements ». Le set se termine avec une version absolument démentielle de « Nobody but you » aussi fulgurante que l'éclair. Si le nouvel album est de ce niveau, ça s'annonce plutôt bien !


jeudi 8 octobre 2015

Nadéah : « Met a man »



Après une longue période de mutation, les choses se précisent quant au retour prochain de Nadéah. En attendant le deuxième album de l'Australienne, prévu pour début 2016, un EP de trois titres sera disponible le 16 octobre prochain. Autrefois marqué par les sons rétros (du rockabilly au jazz des années 1930), l'univers de Nadéah est en pleine mutation. L'EP donne a entendre une nouvelle artiste, plus en connexion avec l'époque. « Met a man » débute par un son de basse, marqué par le disco, très funky et entraînant, puis dérive vers un rock bruitiste faisant le lien avec les loveGods, le précédent groupe de la chanteuse. Le mélange des genre fonctionne et le résultat est assez plaisant à l'oreille. Suffisamment accrocheur, le tube absolu n'est pas très loin. La face B « Get out of your head » est une ballade plus conventionnelle moins marquante mais qui met bien en valeur le chant de Nadéah. Un remix de « Met a man » complète cette nouvelle mini-livraison, on attend la suite avec curiosité.
En concert à la boule noire (Paris) le 29 octobre.
https://fr-fr.facebook.com/nadeahmusic

dimanche 18 août 2013

Rencontre avec Nadéah.


C'est à l'occasion de la sortie de son dernier EP en date, « Whatever lovers say », que nous avons rencontré Nadéah, la plus française des australiennes. L'occasion pour cette dernière d'évoquer son pays natal, son rapport à la musique et ses influences, sur lesquelles elle s'exprime avec passion et érudition.


Tu viens de loin, l'Australie !
Nadéah : Ouais, c'est un long voyage.

Pourquoi la France ?
- Je crois que ma mère est partie quand j'avais sept ans. Elle est venue en France pour trois mois, et elle est tombée amoureuse du pays. Elle m'envoyait des cartes postales, des sachets de chocolat chaud... Je crois que grâce à elle, je suis aussi tombée amoureuse d'un pays que je connaissais pas. J'imaginais les Français comme des gens très sophistiqués, très cultivés. Et puis j'aimais bien la langue. Et les croissants ! Petite, j'adorais la cuisine française, le pâté et tous ces trucs là.

Tu habites en France depuis longtemps, quelle est ta maison maintenant ?
- Je me sens bien ici maintenant. L'Australie c'est toujours chez moi, mais je n'ai pas envie d'y habiter. L'Australie, je peux y aller pour me reposer. Mais la France c'est beaucoup mieux pour travailler, rencontrer des gens. Pour être au cœur de l'action.

Tu as entretien toujours une attitude positive, tu essaye toujours de profite au maximum des choses...
- J'ai longtemps été très déprimée. Je voyais tout le temps ce que je n'avais pas, ce qu'il y avait chez les autres. Au bout d'un moment j'ai commencé à faire des exercices. Toutes les nuits j'écrivais une liste, je disais merci à la vie pour telle ou telle chose. Le bonheur, c'est comme un muscle il faut le faire travailler pour le faire grandir. Un jour tu attends le bus, tu es de mauvaise humeur, tu peux toujours faire une liste de ce qu'il y a de positif dans ton existence. En fait cela change les synapses dans ton cerveau. Tu as un nouveau cerveau, littéralement.

Ta musique sonne de manière très américaine, avec beaucoup d'influences venues du folk et du jazz. Quel est ton background musical ?
- Il y a effectivement un mariage entre folk et jazz. Mais moi mon instrument préféré c'est la contrebasse. C'est un instrument magnifique, depuis toute petite j'adore ça ! C'est le meilleur du monde. J'ai toujours su que je voulais une contrebasse dans le groupe. Alors évidemment cela donne un côté parfois jazz parfois country. L'Australie, c'est un pays très rock AC/DC et tous ces trucs là. Moi je suis plutôt folk, c'est un style dont j'aime aussi les paroles. Moi j'aimais les Beatles, Bob Dylan et Pink Floyd. Mais le groupe que je préférais au dessus de tout c'était le Velvet Underground. Ce n'était peut-être pas un groupe bluffant d'un strict point de vue technique, mais les paroles et la musique étaient d'une grande sincérité. De la pure expression. Et c'est exactement cela que je recherche dans la musique. Je n'ai aucun désir d'inventer quelque chose parce que pour inventer il faut utiliser des ordinateurs. Moi je veux une expression authentique dans tout ce que je fais. Maintenant tout le monde écoute des ipod et passe d'un truc à l'autre. C'est une mauvaise habitude.

Le Velvet c'était un groupe très sombre...
- Oui mais Lou Reed est toujours vivant et fait encore de la musique. Et ce malgré le fait que le Velvet, à l'époque n'a pas marché du tout. Lou Reed cela lui à pris une décennie avant d'avoir du succès après « Transformer ». Et moi je sais ce que c'est de continuer à avoir la foi même si ton projet ne marche pas, de t'accrocher. C'est un beau parcours. D'ailleurs je ne pense pas que Lou Reed était un grand dépressif, il décrivait simplement son époque et ce qu'il a vécu.

Mon titre préféré sur le nouvel EP c'est « Humdrum », j'ai trouvé le passage instrumental final assez impressionnant, cela m'a un peu rappelé Tom Waits...
- J'adore Tom Waits, son univers. L'EP, on l'a enregistré entièrement en live, ce qui nous laisse de la place pour l'improvisation, comme sur le final de « Humdrum ». L'album était très orchestré et n'avait pas été enregistré en direct, c'était une autre approche. Là on pouvait vraiment laisser les musiciens partir et improviser sur le thème. J'adore ça !



Ta façon de chanter est assez particulière, le chant c'est quelque chose que tu travailles beaucoup ?
- Non, je ne suis vraiment pas assez sérieuse. Il y a tellement de choses à faire, la musique, les concerts, les vidéos... Et tout ce bordel d'internet, c'est génial mais ça prends vraiment beaucoup de temps. Donc je ne pratique pas beaucoup mais j'ai un bon prof qui vit en Angleterre. Je l'appelle beaucoup, dès que j'ai besoin d'échauffement.

Tu chantes au téléphone ?
- On skype. Une ou deux fois par an, je vais lui rendre visite à Londres. Ca fait plus de dix ans que je travaille avec lui.

Et ta voix de chant, tu as eu du mal à la trouver ?
- En fait, je ne suis pas sure de l'avoir trouvée. Je suis toujours en recherche. Moi j'aime bien suivre le feeling de la composition. Cela m'ennuie d'avoir à chanter d'une façon bien précise. C'est pour ça que j'aime bien chanter mes propres compositions.

Tu as un nouvel album qui sort bientôt ?
- Non pas vraiment. Pour faire cet EP, on a déjà utilisé trois chansons qui étaient prévues pour le deuxième disque. Ca fait un tiers d'album (rires) ! Je suis actuellement en phase d'écriture. On a treize ou quatorze titres pour le moment. Après on doit trouver un producteur, travailler sur la pochette etc... Ca prend beaucoup de temps. C'est un des mystères de la musique, pourquoi ça prend autant de temps... Enfin c'est comme ça dans la vie en général (soupir)...

Propos recueillis le 20 novembre 2012.
www.nadeah.com 
 
 



vendredi 30 novembre 2012

Nadéah, La Boule Noire, 27 novembre 2012.




Prestation de grande classe de notre Australienne, Française d’adoption sur la scène de la boule noire en ce mardi soir. Superbe, tour à tour aguicheuse, séductrice ou femme fatale, Nadéah fait montre sur scène d’un charisme à toute épreuve. Heureuse tout simplement d’être là, entourée de son groupe de quatre musiciens, Nadéah irradie sur scène d’un bonheur contagieux. Un show aux ambiances très variées, baroque (An aslyum on new year’s eve) parfois rock, parsemé de moments intimes seule à la guitare folk ou au piano, entrecoupé de morceaux très jazzy : une contrebasse pleine de swing avec en renfort quelques vents, un trombone et une clarinette. Le concert est marqué par une intensité de tous les instants, beaucoup plus que sur disque, le public passant par une palette d’émotions assez large, Nadéah se transforme alors en tornade blonde dont les cheveux balayent l’espace. A noter également la présence de Clarika, superbe voix profonde, sur un titre majestueux. Le tout dans le cadre cabaret années 30 de la boule noire qui lui sied particulièrement bien. Une soirée plus que réussie.


dimanche 18 novembre 2012

Nadéah : « Whatever Lovers says »




Jeune Australienne installée en France, Nadéah a une philosophie de vie tout simple : « Positivons » ! Autant dire que « Whatever Lovers says », son nouvel EP, déborde de bonnes vibrations. Ces quatre titres, nourris d’influences assez marquées par les Etats-Unis, qui vont du folk (« Ain’t got time ») au jazz (« Humdrum ») peuvent ainsi s’écouter comme la bande son de l’existence nomade de Nadéah, un peu comme un voyage qui remonterait les racines de la musique étasunienne. Quelque soit le contexte, le chant de Nadéah emporte la mise. Une voix grave, avec un coffre digne d’une chanteuse jazz, on craque devant tant de charme. Un petit mot pour finir sur l’intrigante « Humdrum », morceau jazzy avec un je ne sais quoi d’un peu foutraque dans son final qui n’est pas sans rappeler Tom Waits. De la belle œuvre.