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dimanche 17 juin 2012

Paul Weller, Le Bataclan, 13 juin 2012.




C’est un Paul Weller surexcité, sautillant sur place prêt à en découdre tel un boxeur prêt à en découdre que l’on a retrouvé sur la scène du Bataclan. Entouré par son nouveau groupe (batterie, percussions, claviers, basse et guitare) et, comme d’habitude, tiré à quatre épingles dans son costume cravate (Savile Row ?) Paul Weller a donné un concert en deux parties. Après une intro un peu psychédélique où se côtoient guitares rock, batteries énormes et arrangements planant et émaillés par quelques problèmes de son (trop de basse et trop de voix notamment), le groupe est passé faire un court arrêt par les loges. A son retour, changement d’ambiance : alignés sur le devant de la scène et assis sur des tabourets, les musiciens se sont emparés de guitares acoustiques pour un mini set folk. La parenthèse acoustique terminée un set rock pur et dur pour finir, notre modfather est de retour. Fini les problèmes de son, le groupe se fait plaisir et envoi des watts : magnifique ! Pour les rappels, hommage obligatoire aux Jam : Art School/In the city ; le public saute dans tous les sens ! L’ovation fût tellement forte que Paul et son groupe sont revenus pour un deuxième excellent rappel « The changingman ». Concert exceptionnel d’un artiste à la carrière remarquable.

samedi 14 août 2010

Paul Weller : « Wake Up The Nation »

Pour son nouvel album Paul Weller fait un choix étonnant celui de s’assurer les services d’un co-auteur, Simon Dine, qui cosigne tous les titres de l’album. Surprenant de la part de celui qui est unanimement reconnu comme un songwriter hors-pair et de légende dont la carrière entame sa quatrième décennie. Faut-il y voir un effet de cette nouvelle méthode de travail ? Quoi qu’il en soit, sur ce disque Weller renoue avec un son « énervé » oublié depuis les Jam dans les lointaines années 70. Résolument rock, à l’exception de quelques escapades psyché (« Trees ») et vaguement groove (la pépite « aim high »), l’opus porte son titre « Wake up the Nation » à merveille. Weller est très bien réveillé et tente de faire de même avec les consciences au travers de textes engagés. Un effort sec et court, 16 titres en quarante minutes, enregistré avec l’aide des fidèles Steve Craddock, Barrie Cadogan (Little Barrie), Kevin Shields (My Bloody Valentine). Et événement au sein de l’événement, le retour de Bruce Foxton, l’ancien bassiste des Jam, sur un titre « She Said ». Bonne nouvelle ! Un excellent album de plus dans une carrière admirable.
www.paulweller.com

jeudi 20 mai 2010

Paul Weller, le Bataclan, 19 mai 2010.


L’ex-leader des mythiques Jam, plutôt rare dans l’Hexagone, était de retour, hier soir, sur une scène parisienne, quelques jours après la sortie de son nouvel album « Wake up the nation ». Paul Weller sur scène c’est une cure de jouvence, une patate d’enfer, jamais démentie après plus de trente ans de carrière. Monsieur Weller, et ses chaussures bicolores, s’active comme un jouvenceau du rock n’roll, pas de danses avec la guitare et petits bonds de cabri inclus. Son enthousiasme est tout simplement remarquable. D’autant que, sur le plan artistique, Weller est toujours en forme, on l’avait d’ailleurs quitté sur un « 22 Dreams » d’excellente facture. Avec son groupe, guitare, basse, un redoutable batteur et deux claviéristes, enfermés derrière un mur de claviers vintages, Weller a intensément flirté avec l’électricité pendant pratiquement deux heures. Ce n’est que lorsqu’il s’installe derrière le piano pour un intermède psychédélique que le show perd un peu de son mordant. Revenu à la guitare et donc aux affaires, Weller sonne la charge : « Art School », le classique des Jam, est aussi rageur qu’en 1977. Mais avec les années, Weller a également appris le swing livrant un « Wild Wood » hypnotique. A la fin du show, la bande revient pour les rappels sous la forme d’un mini set acoustique à trois guitares et basse, dévoilant là encore une autre facette de son talent. « On devait s’arrêter à 22h30 mais bollocks on en joue une autre et ça sera très bien » ! Et nous revoilà parti pour un nouveau rappel, Weller et son groupe sont revenus par trois fois après le set principal, très enlevé à nouveau. « Ca fait longtemps, je vais revenir plus souvent à Paris ». Espérons-le en tout cas, car il est bien possible que Paul Weller nous ait livré là le concert de l’année…
www.paulweller.com


mercredi 20 août 2008

Paul Weller : 22 Dreams




Le nouvel album de Paul Weller nous donne une fois de plus l’occasion de souligner l’incroyable vivacité de ce musicien après trois décennies passées au service du rock n’roll. J’avais déjà évoquée sa carrière l’année dernière (voir mon message du 24 février 2007) et ce nouveau disque ne fait que confirmer ce que l’on sait déjà : Paul Weller est un grand ! Avec l’aide du fidèle Steve Cradock (Ocean Colour Scene), du légendaire Robert Wyatt (Soft Machine), de ses potes d’Oasis (Noel Gallagher, Gem Archer), des nouveaux venus Little Barrie (voir mes messages des 4 mars, 8 juin 2007 et 5 juin 2008) et Graham Coxon (ex-Blur) ; le « Modfather » nous gratifie d’un grand cru. A l’instar des doubles albums classiques des années 60, le menu est particulièrement copieux cette fois-ci : 21 titres (petite référence au titre dudit opus) et autant d’occasions de varier les plaisirs et les prises de risques. Bien loin de se contenter de ce qu’il sait faire à la perfection, Paul Weller joue sur différents registres. L’album s’ouvre avec « Light Nights », chanson acoustique aux relents de Nick Drake qui est bien loin de donner le ton de cet opus. En effet dès le deuxième titre « 22 dreams » on change de registre pour retrouver le Paul Weller dingue de soul et de rhythm n’blues bien aidé pour l’occasion par le trio Little Barrie, pas spécialement manchot en la matière. Notons également un hommage à John Coltrane sur l’instrumental jazzy « Song for Alice » ; « Invisible » titre interprété seul au piano sous influence Beatles ; la pop rêveuse de « Black River » et « The dark pages of september lead to the new leaves of spring ». Avec « Lullaby für Kinder » Weller ose même s’attaquer à la musique classique, arrangements de cordes à l’appui. « 111 » offre la facette la plus expérimentale de Weller à base d’orgues Moog et Mellotron. Mais la palme revient à mon avis à « Cold Moments », chanson la plus classique du disque mais diablement efficace. Il ne s’agit là évidemment d’un petit aperçu car ce disque n’offre aucun temps mort ou faible, chaque morceau nous emmène vers des nouveaux horizons et mérite d’être écouté tant Weller fait montre d’un impeccable savoir-faire en matière de songwriting. Un album bouillonnant, foisonnant et au final passionnant. La bande-son de vos rêves.

http://www.paulweller.com/
www.myspace.com/paulweller

Paul Weller : "22 Dreams"

Paul Weller : "Have you made up your mind"


Paul Weller : "Echoes around the sun"

samedi 24 février 2007

Paul Weller : Hit Parade


La sortie du coffret rétrospective nous donne l’occasion de revenir sur la carrière remarquable de l’un de mes musiciens favoris, l’anglais Paul Weller. Le coffret se présente sous la forme d’un digipak de quatre CDs avec un livret central. L’objet est fort joli, sur la pochette Paul, assez classe, arbore sa superbe guitare rickenbacker demi-caisse dont j’ai toujours été jaloux. Le coffret compile les 64 singles sortis au cours des trente années de carrière de Weller. Le premier disque est consacré à The Jam, le deuxième à The Style Council et les deux derniers à la carrière solo de Paul Weller.

1 – The Jam :

Paul Weller a formé son premier groupe The Jam alors qu’il était lycéen à Woking dans la banlieue de Londres. En 1974, agé de seize ans il découvre le « my generation » des Who et devient aussitôt mod. En 1977, The Jam sort son premier album « In the city ». Paul Weller a alors 19 ans, mais il affiche une maîtrise et un aplomb étonnants. Trio très énergique composé du bassiste Bruce Foxton et du batteur Rick Buckler, The Jam fut catalogué, faute de mieux, comme « punk ». Certes les guitares (assurées par Weller) sont on ne peut plus électriques mais The Jam est véritablement l’héritier des groupes mod des années 60 : The Who, The Small Faces, The Kinks dont ils reprennent l’esthétique. En effet pas de crête ou de perfectos cloutés chez Weller et sa bande mais de sobres costumes et cravates noirs sur chemises blanches. Au fil des albums (il y en aura six) The Jam s’éloigne de plus en plus du punk pour se rapprocher de la soul tout en gardant son énergie intacte. Le groupe a enregistré de nombreuses reprises R N'B entres autres war (Edwin Starr), fever, in the midnight hour (Wilson Pickett), move on up (Curtis Mayfield), see-saw, malheureusement non incluses ici. Le single « Town called malice » reprend la ligne de basse de « You can’t hurry love » de Diana Ross & The Supremes. Le dernier 45 tours du groupe, « Beat Surrender » est à la limite du disco. Mais Paul Weller tourne en rond et se sent de plus en plus étriqué dans la formule du trio, de nombreux musiciens extérieurs au groupe sont appelés en renfort : cordes, cuivres, claviers. En 1982, le groupe se sépare.

2 – The Style Council :

Formé en 1982, The Style Council ne fut pas vraiment un groupe mais plutôt un collectif autour de l’axe formé par le guitariste Paul Weller et le claviériste Mick Talbot (qui a également joué en renfort avec The Jam). Les fans de la première heure sont déboussolés tellement on est loin du rock n’roll des débuts. L’inspiration est ouvertement jazz, soul et rythm & blues, on pense notamment à The Gap Band. Weller et Talbot s’installent à Paris où ils vont enregistrer le premier album (café bleu sorti en 84) et en profitent pour faire de jolies photos au pied de la Tour Eiffel ou au terrasses des cafés avec une copie du quotidien Le Monde (qu’ils n’ont probablement pas lu) plié en quatre sur la table. La formation se stabilise avec le batteur Steve White et la chanteuse Dee C. Lee (qui sera un temps la compagne de Weller). Entre 1983 et 1986 The Style Council est excellent certains titres « Big Boss Groove », « Solid Bond in your heart » ou « Long hot summer » n’ont pas pris une ride. The Style Council et son mix groove/electro pose les fondations pour les groupes de la décennie suivante : Massive Attack ou Soul II Soul. Weller l’avoue : « A la fin de The Style Council je ne jouait pratiquement plus de guitare », il ne chantait plus tellement non plus. Le dernier album, « Modernism : A new decade», enregistré en 1989 et refusé par la maison de disque est une collection de grooves deep house. Une fois encore Paul à l’impression d’être arrivé au bout de sa route et The Style Council splitte à son tour.

3 – La naissance du Modfather :

1991 : Paul Weller repart de zéro, il n’a ni groupe ni maison de disque, reprend les choses et sa guitare en main et débute sa carrière solo. Les fans de la première heure respirent, Paul renoue avec ses racines rock n’roll. Back to the basics. Son premier disque en solo sort en 1992. Le timing est parfait, l’Angleterre est en ébullition, le rock reprend le dessus dans le sillage du mouvement Britpop. Weller se découvre une nouvelle armée de fans des Jam qui deviendront bientôt plus célèbres que lui. Les plus fervents sont certainement les Mancuniens d’Oasis. Fort de ce soutien et nombreuses collaborations qu’il entraine (plusieurs des musiciens l’accompagnant jouent également avec Ocean Colour Scene), Weller redevient « hip », il est le « Modfather ».