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dimanche 28 janvier 2024

Israel Nash + Jimmy Diamond, Festival Les Nuits de l’Alligator, La Maroquinerie, 27 janvier 2024.



Parti sur des bases élevées avec une première soirée consacrée aux one-man bands, l’édition 2024 des Nuits de l’Alligator continue en élevant toujours la barre avec une deuxième soirée plus rock. On commence avec le power-trio hollandais Jimmy Diamond et c’est un petit évènement en soi, car il s’agît de leur tout premier concert français ! On s’était extasiés sur leur album et le passage en live confirme cette excellent première impression. Nous sommes d’entrée assommés par la puissance dégagée, et l’excellence de la section rythmique (une autre première puisqu’ils sont accompagnés d’un nouveau batteur). En effet la basse et la batterie tiennent la baraque, laissant ainsi le champ libre à la guitare pour explorer d’autres terrains plus psychédélique. Ainsi la puissance qui nous avait mis KO dès les premières notes s’efface peu à peu, surtout lorsque la lap-steel remplace la guitare et la musique devient roots et planante à la fois. Une première partie de très haute tenue !

Le dernier album d’Israel Nash (« Ozarker ») en revanche nous avait laissé un goût un peu amer. Non que le talent soit remis en question mais plutôt les choix de production effectués, trop proche des années 80 avec des synthés un tantinet envahissant. Et c’est d’ailleurs comme cela que le concert commence, avec un clavier solo, avant que l’excellent batteur ne remette les pendules à l’heure. Ainsi le set du soir nous réconcilie totalement avec l’artiste à mi-chemin du rock et de l’americana. Mur de trois guitares, option lap-steel, la rythmique solide permet des batailles de guitares entre autres dérives sonores. Grand gaillard, par la taille, habitant l’espace de la scène, Israel Nash est aussi un chanteur de talent aux intonations parfois proches de Neil Young. Un excellent set, généreux, dépassant l’heure et demie qui lui avait été accordée.

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mardi 24 octobre 2023

Israel Nash : « Ozarker »

 


A bien des égards, Israel Nash appartient à cette catégorie de songwriters, typiquement étasunienne, dont les influences raciniennes, country, se fondent dans un format teinté de rock, voire pop dans une certaine mesure, propre à séduire le grand public : le heartland rock. Chant à la virilité assumée autant que nuancée, nappes synthétiques dans le fond assurant le lit sur lequel se posent les mélodies, batteries propres et carrées, pour le groove on repassera, et saillies millimétrées à la guitare en constituent les principaux éléments ; fournissant autant de points de comparaisons avec Bruce Springsteen ou John Mellencamp, un compagnonnage prestigieux auprès duquel Israel Nash fait bonne figure. Dans cette collection d’hymnes fédérateurs, faîte pour résonner dans les stades et autres arénas de grande ampleur, on a tendance a surtout apprécier les intros. C’est à dire ce moment crucial où l’intimité transperce, juste avant que la machinerie lourde ne se mette en marche. C’est au travers de ces interstices que l’on aperçoit la trempe de l’artiste qu’est Israel Nash, le songwriter précieux, le guitariste inspiré. Ces mêmes interstices qui laissent deviner le grand album qu’aurait pu être « Ozarker », si seulement quelqu’un avait mis la pédale douce sur les effets et tempéré l’artillerie lourde. Ah si tout l’album avait pu sonner comme « Lost in America », « Midnight Hour », "Travel On" voire « Firedance » (nos préférées) ! On rêverait d’une version acoustique dépouillée. Navré, mais en l’espèce la chose sonne à nos oreilles comme datée et figée dans le temps. Et c’est bien dommage…

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