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vendredi 17 février 2017

The Handsome Family + Joana Serrat, Le Divan du Monde, 16/02/2017.



La première partie est assurée par la jeune et talentueuse Joana Serrat que l'on avait déjà pu admirer en ce même lieu en septembre dernier en ouverture des Jayhawks. Seule derrière sa guitare folk, l'harmonica par intermittence autour du cou, la jeune Catalane évoque des paysages désertiques marqués par les Etats-Unis. La réverbération appliquée sur la guitare apporte une ampleur au son tentant de gommer l'aridité de l'acoustique et apportant une note éthérée et rêveuse à la musique. Une très belle prestation qui va, hélas, s'interrompre brusquement de manière assez rocambolesque, Joana quittant précipitamment la scène expliquant qu'elle ne sent pas bien. La jeune chanteuse reviendra quelques minutes plus tard, sous les applaudissements nourris du public, expliquant, toute contrite, que son estomac ne digère pas très bien la cuisine française. Elle tiendra tout de même à terminer son set jouant deux chansons supplémentaires. Classe.

Le virus semblant être le thème de la soirée c'est ensuite The Handsome Family qui arrive sur scène en affirmant qu'ils avaient des « free cold american viruses available in girl or boy version » à offrir au public ! Mais ce n'est pas quelques légères quintes de toux qui va stopper la classe américaine du groupe, le swing raffiné du batteur aux balais, la caresse délicate de la lap-steel et la voix de gorge et chargée d'émotion du chanteur Brett Sparks qui forme un couple explosif avec la bassiste Rennie, son épouse, avec laquelle il se chamaille gentiment comme un ado. Entre folk et country, le groupe revisite ainsi le terroir étasunien pour une prestation propre à ravir tous les fans d'americana. Espérons qu'ils reviennent nous voir bientôt !


dimanche 11 septembre 2016

The Jayhawks + Joana Serrat, Le divan du monde, 9 septembre 2016.



On commence par souligner la prestance de la jeune Joana Serrat, artiste Catalane, originaire de Barcelone que l'on a pu admirer en première partie. Seule avec sa guitare en main, Joana nous a fait voyager le long de routes imaginaires, sur un mode tantôt mélancolique, cordes arpégées, tantôt sur une dynamique plus enlevée les cordes frappées à pleines mains. Visiblement un peu impressionnée par le lieu, son harmonica a failli tomber en plein morceau, la pauvre en était toute contrite, Joana nous a ravit, une petite demi-heure durant, par la variété de paysages qu'évoque sa musique nerveuse et rêveuse à la fois. Tout chez elle est suggéré plutôt que violemment affirmé et se joue sur la retenue. Si les fantômes du passé ne rôdent jamais bien loin, Joana ne recycle pas le folk sixties à l'envie pour autant et réussit à exprimer des émotions personnelles par le biais de sa guitare. Un beau moment et un jeune talent à suivre…

Le show commence avec l'enregistrement du carillon d'une église. « Ce sont les cloches juste sous ma fenêtre à Minneapolis » affirme le chanteur Gary Louris. Les Jayhawks et la France, c'est une histoire en pointillés, la chronique d'une romance ratée tout simplement par ce que les Jayhawks sont très rarement venus nous voir (on a retrouvé les traces de passages au Hot Brass, l'actuel Trabendo, en 1995 et à la boule noire en 2000). Les occasions de voir ce groupe en concert en France étant extrêmement rares autant dire que la prestation du soir revêt un caractère exceptionnel… C'est donc tout ébahis et les yeux grands ouverts que l'on a admiré pendant près de deux heures ce groupe fantastique. En effet les Jayhawks sont avant tout un assemblage d'excellents musiciens, le bassiste Marc Perlman en particulier nous a impressionnés par son sens du placement, le groove inné de ses lignes et la puissance avec lesquelles ces dernières sont délivrées. Le batteur Tim O'Reagan possède un art de la descente à l'avenant : cette section rythmique pratique un swing puissant à toute épreuve !

Lorsqu'on évoque les Jayhawks et ce style de country/rock/folk, les clichés abondent sans tarder, il est alors question de ruralité, de CSN, bla bla bla... Très clairement, les Jayhawks boxent dans une toute autre catégorie. Bien loin d'être de simples revivalistes, le quintet mené par Gary Louris transcende les traditions en injectant une bonne dose de modernité noisy (tout à fait étonnante) dans ses guitares, à la limite du showgaze expérimental, tout en restant fidèles au format chanson. Idem pour les claviers, dont les boucles sont utilisées avec à propos, évitant toute surenchère, toujours à bon escient : c'est fort ! Comme le disait Gary Louris : « On devrait revenir plus souvent ! »...


vendredi 9 septembre 2016

Joana Serrat : « Cross the Verse »



Jeune talent, Joana Serrat s'exprime dans un idiome bien éloigné de sa Catalogne natale, que l'on résume par le terme d'Americana, majoritairement acoustique, entre folk et country. Autant de genres auxquels elle apporte sa sensibilité européenne donnant sa propre version de la chose, (cf. « I saw you », « I Follow you child »), délicate (cf. « Saskatoon », « Cloudy hearts ») et parfois colorée de teintes sombres et fantomatiques (« Lonely hearts Reverd », qui ouvre l'album sur une note dark pas forcément représentative). Ailleurs, ce ne sont que guitares arpégées avec soin et bottelneck glissés avec précision (« Flags », "Solitary Road") parfois rehaussé d'une envolée pop aux guitares nerveuses (« Tug of war »). Enregistré à Montréal avec l'aide précieuse d'Howard Bilerman (un ex d'Arcade Fire) ce troisième album rappelle un chef d’œuvre du folk/rock Canadien « The trinity session » des Cowboy Junkies (1988) reprenant à son compte la lenteur assumée, l'hiératisme conférant un caractère sacré à ce disque. Avec ce nouvel effort Joana Serrat assume sans complexe l'héritage des filles à guitare, ajoutant une nouvelle lignée à cette tradition entamée dans les années 1960. C'est une belle découverte.
https://www.facebook.com/JoanaSerrat
https://twitter.com/joanaserrat
En concert le 09 septembre à Paris (Divan du Monde, première partie des Jayhawks)