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lundi 1 janvier 2018

Lhasa : « Live in Reykjavik »



Ce premier janvier marque le huitième anniversaire de la disparition (à l'age de 37 ans) de Lhasa de Sela, chanteuse que l'on redécouvre avec cet enregistrement live à Reykjavik. A l'époque (2009), ce concert devait donner le top départ d'une tournée mondiale dans la foulée de la sortie de son troisième, ultime et éponyme, album. Il n'en sera finalement rien, la tournée sera annulée après l'annonce de sa maladie qui, hélas, s'avérera létale. Pour cette tournée, Lhasa avait assemblée une équipe de quatre musiciens, réduite et soudée : guitare, basse, batterie et harpe. Une orchestration classique et minimaliste dont le grand mérite est de remettre la voix de Lhasa au centre du jeu et de faire ainsi ressortir toute l'émotion de cette dernière. La chanteuse se savait-elle condamnée ? En tout cas, son chant charrie à lui seul une douleur, une émotivité qui ne peut laisser de marbre. Personnage étonnant, nomade, Lhasa était née aux Etats-Unis d'ascendance latino-américaine avant son installation à Montréal. Un parcours de vie digne d'un roman qui lui avait donné l'opportunité de s'exprimer (et de chanter) en trois langues : l'anglais, l'espagnol et le français en incorporant des éléments de ces trois cultures différentes, qu'elle avait su s'approprier, dans sa musique. Ainsi, le jazz, le blues et le folk ne sont jamais bien loin sans que l'on puisse pour autant classer sa musique dans aucune des trois catégories tant son rendu est unique, parsemé d'influences latines. Un melting-pot de musiques parfaitement rendu ici grâce à l'instrumentation intime rendant toute sa place à la note jouée en sourdine dans un émouvant silence. Lhasa aura traversé notre galaxie musicale telle une comète. Seulement trois albums (tous réédité en vinyle et dans un coffret intégral sorti pour les fêtes) excellents de bout en bout sans la moindre faute de goût. Mais si vous ne deviez posséder qu'un seul disque de Lhasa, c'est celui-ci tant il constitue un magnifique hommage dont la pochette est un auto- portrait de la chanteuse. Sublime, cet album vous retournera le cœur.

mardi 5 janvier 2010

Lhasa (1972 - 2010)


Les récentes annulations de concerts laissaient augurer du pire... Et le pire est effectivement arrivé, la chanteuse américano-mexicaine Lhasa de Sela, plus connue sous son seul prénom, s'est éteinte le 1er janvier à Montréal où elle vivait depuis ses 19 ans, après s'être battue pendant plus de 20 mois contre un cancer du sein.

Durant sa courte carrière, Lhasa n'aura enregistré que trois albums, "La llorona" (1997), un superbe album acoustique entièrement enregistré en espagnol ; "The Living Road" enregistré en français, anglais et espagnol et en partie écrit à Marseille et enfin un dernier opus éponyme sorti au printemps dernier.

Lhasa avait une voix puissante, héritée de son apprentissage à la rude école des bars où il faut avoir du coffre pour s'imposer au public. Sur son dernier disque, sa voix avait changée, son chant devenait plus léger. Sur scène, elle était très touchante, timide et dégageait une fragilité à fleur de peau. Très sensible au point d'en devenir attachante.

Son enfance itinérante entre le Mexique de son père et les Etats-Unis, la patrie de sa mère, où elle est née (à Big Indian, un hameau perdu dans les montagnes Catskill au nord de l'état de New York) à profondément marqué son parcours artistique. Sa musique était un voyage. Un univers de sons évoquant pêle mêle, la chaleur, le soleil, la route et la poussière. La pluie, la nuit et la noirceur aussi. Le froid et la neige. Depuis son départ, il a neigé pendant plus de quarante heures à Montréal...

Sa disparition jette un froid et laisse un vide énorme. A un tel point que, sous le choc, il m'est pour l'instant impossible de réécouter les disques, trop-plein émotionnel oblige...

Elle avait 37 ans. RIP.
http://www.lhasadesela.com/

dimanche 25 octobre 2009

Lhasa


L’énigmatique Lhasa est de retour avec un nouvel album éponyme. Toujours aussi peu prolixe, cette sortie est seulement sa troisième en une grosse dizaine d’années. Un petit regret pour commencer, ce nouvel album est entièrement anglophone ce qui est à la fois réducteur et assez peu représentatif de la richesse culturelle qui est la sienne. Lhasa a eue une jeunesse itinérante est a grandi entre le sud des Etats-Unis et le Mexique avant d’emménager à Montréal, elle aurait aussi vécu en France à Paris et à Marseille et s’exprime couramment en français, anglais et espagnol. Aussi, c’est un peu rageant de l’entendre s’exprimer uniquement en anglais, un peu trop unidimensionnel. Ceci étant, ce choix s’explique aussi par sa nouvelle orientation musicale plus jazzy et finalement assez proche d’une Madeleine Peyroux par exemple mélangé avec une légère couleur baroque à la Tom Waits. Le disque s’ouvre avec une jolie comptine « Is anything wrong », Y a-t-il quelque chose qui cloche ? La plus belle réussite est certainement la jazzy acoustique « Love came here ». Le reste de l’album s’écoule suivant un tempo lent, hiératique, comme marqué par un cérémonial. L’univers décrit est assez sombre. Et c’est en creusant au fond de cette noirceur que Lhasa trouve un rai de lumière, l’espoir peut-être, qu’elle éclaire de sa voix plaintive et contemplative.
www.lhasadesela.com
www.myspace.com/lhasadeselamusic

Communiqué du label : Les concerts de Lhasa prévus à Paris (Olympia le 19/10), Marseille (Dock des Suds le 26/11) et Genève (Victoria Hall le 03/12) sont annulés.
"Lhasa ainsi que son management et ses musiciens annoncent à regret l'annulation des tournées européennes et la plupart des autres dates prévues à partir de l'automne. Lhasa fait face à un sérieux souci de santé depuis plus d'un an et grâce à une gestion rigoureuse de son énergie et à un suivi médical efficace, nous avons été confiants qu'elle pourrait remonter sur scène à partir de l'automne. Ses récents déplacements en Angleterre, France et en Islande nous ont démontrés que son niveau d'énergie n'était peut-être pas encore suffisant pour lui permettre d'affronter les voyages et les tournées qui venaient. Nous avons donc choisi de remettre ces tournées à plus tard par mesure de précaution. "
Souhaitons lui bon rétablissement en espérant la revoir au plus vite.