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lundi 28 novembre 2016

Kanazoé Orkestra + Kandy Guira, Café de la danse, 27/11/2016.

Kanazoé Orkestra, Le Café de la Danse, 27/11/2016 (c) Régis Gaudin

Kandy Guira, Le Café de la Danse, 27/11/2016 (c) Régis Gaudin

A défaut de partir en week-end, on a fait un beau voyage en musique en ce dimanche après-midi sur la scène du Café de la Danse. On commence avec Kandy Guira, magnifique chanteuse originaire du Burkina Faso qui se produit en duo avec un guitariste acoustique. Sa voix est aussi chaude et profonde que celle d'une chanteuse soul. Influence qui transparaît en filigrane, ramenant la soul acoustique à ses influences africaines. Mais on surtout touché par l'engagement de la jeune femme, son appel au respect des personnes handicapées lorsqu'elle évoque, en musique, son petit frère atteint de surdité. Une belle découverte, pleine d'humanisme pour débuter la soirée.

Alors que les sept musiciens du Kanazoé Orkestra déboulent sur scène, c'est une vague de chaleur qui s'empare alors du Café de la danse. Prouvant que la musique est un langage universel, les sept musiciens bâtissent des ponts entre le jazz et la musique africaine, le n'goni prenant le relais du saxophone, le tout sous l'égide d'une percussion rythmique insensée partagée entre percussions latino/cubaines, batterie et les deux balafons (pendant africain du xylophone). La musique dégage une onde positive, les musiciens souriants jusqu'aux oreilles et esquissant des pas de danses endiablés derrière leurs instruments. Un enthousiasme contagieux qui se propage dans la salle, cette dernière se transformant en piste de danse vers la fin du concert. Un beau moment de partage, de musique et d'humanisme perceptible notamment dans le discours du chanteur/griot.



mardi 22 novembre 2016

Kanazoé Orkestra : « Miriya »



Kanazoé Orkestra est avant tout le projet d'un musicien, Seydou Diabaté. Balaphoniste surdoué, ce dernier arrive en France en 2010 en provenance du Burkina Faso. Installé dans la région Toulousaine, Diabaté s'entoure de musiciens venus d'horizons divers. Un métissage remarquable caractérise la musique entre tradition mandingue et improvisations jazz où se mêlent instruments vernaculaires (n'goni) et cuivres que l'on jurerait échappés d'une formation free (« Why ? »). La musique voyage ainsi librement de continent en continent piochant dans chaque tradition au fil de l'inspiration trouvant un terrain d'entente propice au dialogue entre les cultures. Comme souvent en matière de musique africaine, le disque est placé sous le sceau du rythme. L'affaire est en effet menée sur un tempo extatique, proche de la transe (cf. « Faden Yélé ») et tire profit de la multitude d'intervenants rythmiques (signalons la participation de Stéphane Perruchet, percussionniste spécialisé dans les rythmes d'Afrique de l'Ouest et de Cuba). On reste coi devant la virtuosité de Seydou Diabaté ("Nanifa") au balafon (une sorte de pendant africain du xylophone) et ses descentes casse-cou ultra-rapides et d'une précision sans appel. Son dialogue musical riche et incessant avec les percussions et la batterie (cf. « Dianfa ») constitue le point d'orgue d'un album en forme de voyage musical. Dépaysant.
En concert le 27/11 (17h) à Paris (Café de la danse)